Incubateur, la poule aux oeufs d'or ?

Publié le par Jacques SAMELA.

D’un point de vue technique, et d’après le dictionnaire, un incubateur est un endroit qui favorise l’incubation des œufs, facilitant en cela leur éclosion.

A l’échelle plus économique, un incubateur, d’entreprises cette fois-ci, est une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprises, avec comme objectif d’apporter un soutien en terme de conseil, de financement, et d’hébergement durant les premières étapes de la vie de leur vie (aux entreprises).

Et, avec plus de 200 lieux référencés en France aujourd’hui, les incubateurs, qui existent depuis une vingtaine d’années, ont accueillis entre 2000 et 2014 près de 4 000 projets d’entreprises innovantes, permettant la création de plus de 2 500 entreprises.

La ville référence en France, en est Paris, avec plus de 40 incubateurs pour 1 500 start-up hébergées, et de grands projets en passe d’être finalisés, comme celui du Bd Mc Donald avec 15 000 m2 dédiés aux start-up, celui du stade jean Bouin, devant accueillir pour l’Euro 2016 des start-up dédiées au monde du sport, sans oublier celui de la halle Freyssinet, porté par Xavier Niel, le créateur de Free, censé accueillir pour la fin 2016 près de 1 000 sociétés et plus de 3 000 entrepreneurs sur 30 000 m2, devenant pour l’occasion le plus grand incubateur de France.

Mais, loin d’être homogènes, les incubateurs peuvent se différencier entre eux par les services qu’ils proposent, leur caractère lucratif ou pas, le type de projets qu’ils accompagnent, ou leur statut.

En effet, ils peuvent par exemple être publics. Créés dans le cadre de l’appel à projets prévu par la loi Allègre du juillet 1999, leurs missions est de favoriser le transfert de technologies développés dans les laboratoires de recherche publique vers le monde économique par la création d’entreprises innovantes. Ils sont actuellement au nombre de 28, et Belle de Mai à Marseille, Paris Biotech Santé à Paris ou encore Eurasanté à Loos dans le Nord Pas de calais en sont quelques exemples significatifs.

Ensuite, ils peuvent provenir d’écoles ou d’organismes de recherche, avec comme but d’accompagner les projets de création d’entreprises de leurs anciens étudiants ou chercheurs.

Mais, ils peuvent aussi être liés au développement économique local, provenant d’agences de développement économique ou de pôles de compétitivité (lire ou relire mon article sur le sujet, en date du 03/01/13).

Sans pour autant oublier les privés ou semi-privés (pouvant être portés également par des fonds publics), permettant à de grands groupes industriels de se rapprocher de l’innovation par l’intermédiaire des start-up, comme par exemple, la SNCF avec son incubateur consacré au voyageur connecté, Renault la mobilité connectée ou encore Gdf Suez, Engie maintenant, consacré lui à trouver une meilleure énergie pour la ville, faisant donc figure de pionniers, et entrainant avec eux des projets dans tous les secteurs industriels ou non comme le transport, le tourisme, ou le secteur de la cosmétique.

Donc, au vu de ces différents exemples, les incubateurs paraissent être de vrais accélérateurs de projets, mais ont-ils pour autant prouvés leur efficacité ?

Apparemment oui, car même si il est encore tôt pour avoir une idée précise de la réussite de ce dispositif, il s’avère quand même qu’une grande majorité des start-up passées par ces structures, passent plus facilement le cap tant redouté de la pérennité, avec un taux de mortalité faible, et que certaines obtiennent des succès foudroyant comme par exemple Critéo (lire ou relire l’article sur le sujet, en date du 19/11/13), connu pour avoir levé au Nasdaq de New York la modique somme de 182 millions de dollars, et né dans les locaux d’Agoranov (www.agoranov.com), l’un des plus anciens incubateurs de la ville de Paris, ou encore Pretty Simple (www.prettysimplegames.com), fondé à Paritech Entrepreneurs (www.telecom-paritech.fr), et dont la notoriété s’est appuyé sur le jeu vidéo Criminal Case (pour les aficionados), séduisant près de 100 millions d’utilisateurs dans le monde sur Facebook.

Donc oui, le modèle parait viable, mais pour être vraiment pérenne et encore plus efficace aujourd’hui, un accès de ces structures à des projets internationaux, Paris en espère près de 30 % sur son territoire, leur permettrait d’attirer les entreprises les plus innovantes. Mais avec les arrivées récentes du géant japonais du commerce électronique Rakuten (www.rakuten.com), ouvrant son centre de recherche à Paris, de Google, ouvrant, toujours à Paris, son centre culturel, unique au monde, et récemment Facebook, avec son idée d’ouvrir un centre de R&D consacré à l’intelligence artificielle à Paris, car assuré de trouver sur place des écoles et des universités reconnues pour former dans ce cas les meilleurs ingénieurs, cela démontre justement que le mouvement est déjà en marche, que la France n’est pas aussi à la traine que certains veulent le dire, et qu’au contraire, l’excellence française, reconnue de par le monde, y est recherchée.

Quant aux start-up, cela ne peut qu’être bénéfique pour leur avenir, avec l’assurance pour elles, de se confronter à ce qui se fait de mieux aujourd’hui dans le domaine de l’innovation au sens large du termes.

La prochaine étape ?

Que des groupes français, sortis d’incubateurs puissent à leur tour jouer le rôle de précurseur, mais cette fois-ci à l’étranger.

Jacques Samela

Sources :

. www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid5739/les-incubateurs-dentreprises-innovantes-lies-a-la-recherche-publique.html

. www.retis-innovation.fr

. www.mon-incubateur.com

. Wikipedia

. Les Echos du 05 juin 2015 : Start-up academy.

Incubateur, la poule aux oeufs d'or ?

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