L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois

Publié le par Jacques SAMELA.

De 165 000 emplois directs et indirects aujourd’hui, l’industrie de défense pourrait dépasser les 200 000 en 2018.

Et avec 16,9 milliards d’Euros de commandes à l’exportation en 2015, un record, le double de 2014 et quatre fois plus qu’en 2012, le secteur de l’armement dans son ensemble est largement porteur aujourd’hui, plaçant la France dans le trio de tête des principaux vendeurs d’armes dans le monde avec la Russie et les Etats-Unis, loin devant avec 45 milliards de dollars de vente.

Et quand on sait que les exportations mondiales ont progressé de 9 % en 2014, et certainement autant en 2015, cela n’est pas prêt de s’arrêter, et là, la France aura justement un rôle de premier plan à jouer.

Alors il est vrai que les ventes tant attendues du Rafale (voir le dossier du 17 février 2015 ) ont largement apportées à ce record, et il est également vrai qu’elles apporteront à l’ensemble de l’industrie de défense, car avec 90 % de son équipement élaboré en France, c’est l’assurance d’années de travail pour les entreprises françaises, des plus grandes aux plus petites, mais aussi la garantie pour la France de conserver un savoir-faire justement reconnu, de garder une autonomie stratégique fondamentale pour son avenir, de bénéficier d’une balance commerciale positive et récurrente, mais aussi de conserver des emplois, et bien sûr d’en créer.

Car, derrière ce record, déjà battu grâce au méga-contrat de 34,4 milliards d’Euros signé par DCNS (www.dcnsgroup.com) pour la construction de 12 sous-marins pour la marine australienne, c’et l’assurance pour la France de lancer de nouveaux programmes militaires au bénéfice des armées françaises, mis en œuvre par un acteur incontournable appelé la DGA (www.defense.gouv.fr/dga) ou Direction générale de l’armement, considéré comme le maillon indispensable entre le ministère de la défense et les industriels.

Son rôle exacte, conduire des programmes (80 en cours) décidés dans les plus hautes instances de l’Etat, afin d’équiper les forces armées en apportant son expertise technique et en testant les nouveaux systèmes d’armement dans ses 15 centres, avec l’apport de ses 9 700 salariés, dont plus de 51 % sont des ingénieurs et des cadres.

Son budget, en 2015 il était de 10,7 milliards d’Euros. Et comme l’innovation est son cheval de bataille, elle se garde chaque année près de 700 millions d’Euros pour la R&D, avec depuis quelques années, le souhait d’ouvrir ses portes aux PME, près de 4 000 dédiées à ce secteur, en créant notamment un dispositif de financement Rapid, déjà utilisé par plus de 250 d’entre elles.

Considéré donc comme le premier investisseur de l’Etat auprès de l’industrie, et avec la finalisation de programmes d’armement comme le Scorpion, véhicule blinder léger, qui doit remplacer l’AMX 10 RCR, le missile de moyenne portée (MMP) de MBDA, qui lui doit remplacer le Milan, ou encore le système fantassin à équipement et liaisons intégrées plus connu sous le nom de FELIN, et aussi l’avènement de nouveaux comme l’élaboration des drones Patroller et nEUROn, et le remplacement des hélicoptères Gazelle, Puma, Fennec et autre Dauphin, du fusil d’assaut FAMAS et du véhicule de l’armée de terre, le Peugeot P4, la DGA n’est pas près de perdre son rôle qui est le sien dans le renouvellement des forces armées françaises, avec justement comme souhait pour suivre ce rythme de recruter près de 600 personnes, dont près d’une centaine pour les activités d’exportation.

Car, comme vous l’avez compris, c’est bien grâce à l’exportation, dont 75 % concerne encore aujourd’hui le Proche et le Moyen-Orient, mais avec une forte poussée vers l’Asie, que la programmation militaire envisagée pour les années à venir, représenté par le célèbre livre blanc, connu pour fixer l’ambition stratégique de la France, est élaborée.

Et ce sujet, il en sera largement question durant la nouvelle édition du salon international de défense et de sécurité Eurosatory (www.eurosatory.com) qui ouvre ses portes aujourd’hui, avec comme objectif pour les entreprises présentes, d’y présenter leurs nouveaux matériels, de se confronter aux besoins des délégations étrangères (172 en 2014), nombreuses encore cette année, et au final, de vendre.

Donc oui, le record de l’année dernière sera bel et bien battu, suivi certainement par d’autres années on ne peut plus prolifique pour les entreprises françaises, et donc la balance commerciale du pays.

Jacques Samela

Sources :

. Capital du 22/10/15

. La Tribune du 27/10/15

. Les Echos du 30/12/15, 18/01/16, 11/02/16

. La Tribune du 10/03/16

. L’Usine Nouvelle n° 3461 du 24/03/16

Publicité
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois

Publié dans Les dossiers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article