La petite histoire du plus grand musée du monde

Publié le par Jacques SAMELA.

La compétitivité se niche vraiment partout, j’en veux pour preuve l’importance prise par le Musée du Louvre (www.louvre.fr) aujourd’hui dans l’attractivité de la ville de Paris bien sûr, de la France également, mais aussi dans le solde plus que positif des visiteurs étrangers venant chaque année dans notre pays, avec en 2015, près de 85 millions de touristes, dont 8,6 millions pour le Louvre.

En effet, il est considéré à juste titre comme le musée le plus visité au monde devant le British Museum de Londres (6,8 millions), dont l’entrée est gratuite, et le Metropolitan Museum of Art de New York (6,5 millions), le deuxième musée français quant à lui étant vous l’imaginiez certainement, Versailles avec plus de 7 millions de visiteurs, suivi d’assez loin par le Musée national d’art moderne ou Centre Beaubourg avec plus de 3 millions de visiteurs.

Alors bien sûr, on y trouve des œuvres d’art uniques et reconnues de par le monde, mais il faut savoir aussi que c’est l’un des plus grand musées du monde par sa surface d’exposition avec 60 600 m2, et bien sûr par ses collections, qui comprennent près de 460 000 œuvres dont seulement 38 000 exposées, allant de l’art occidental du Moyen âge, en passant par les civilisations antiques, les arts premiers chrétiens et musulmans, sans oublier également les collections de peintures et de sculptures, sachant justement que dans ses sous-sols, des œuvres et des collections par centaines attendent avec impatience d’être présentées un jour.

Ce qui sera peut-être chose faite avec l’ouverture vers la fin de l’année du Louvre d’Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis, après un accord signé en 2007, sans oublier le Musée du Louvre-Lens, ouvert lui depuis décembre 2012, et accueillant en moyenne près de 400 000 visiteurs chaque année, avec une pointe à 900 000 en 2013, soit un an après son inauguration.

Mais que dire également de l’importance de la pyramide du Louvre sur son aura, œuvre de l’architecte sino-américain Leoh Ming Pei, et inaugurée en 1989 dans le cadre du projet du Grand Louvre malgré les critiques acerbes des puristes (comme Beaubourg), et qui aujourd’hui joue plus que son rôle dans l’attractivité du lieu, devenant même l’une des œuvre les plus visitées avec la Joconde et la Vénus de Milo.

Donc oui, son positionnement est aujourd’hui incontournable dans le parcours touristique lambda, mais connaissez-vous vraiment son histoire, celle de l’avant musée ? Non ?

Comme beaucoup de monde en fait, moi compris.

Voici donc un court aperçu d’une épopée dont l’origine remonte quand même à la fin du 12ème siècle.

En effet, c’est sous l’impulsion de Philippe Auguste (1165-1223) que l’histoire du Louvre commence, avec en 1190, la construction d’une enceinte fortifiée pour protéger Paris avant son départ pour les croisades. Elle servira donc au début comme forteresse de garnison, avec en son sein une grosse tour servant elle de coffre-fort royal et de prison pour personnages importants.

Ce n’est donc qu’au sortir de la guerre de Cent Ans, en 1528, que François 1er (1545-1547), par une déclaration officielle décida d’en faire sa principale résidence, détruisant l’ancien édifice au profit de nouveaux bâtiments plus confortables pour cette nouvelle fonction.

Ensuite, c’est durant les 72 ans que dure le très long règne de Louis XIV (1638-1715), et notamment son départ pour le château de Versailles, qu’une partie des collections royales de tableaux et de sculptures antiques sont entreposées dans l’ancien palais royal, avec comme idée d’en faire un dépôt d’œuvres d’art appartenant à la couronne de France, avec en 1793, l’ouverture du « Muséum central des arts de la République », où étaient exposées près de 650 œuvres.

Sous Napoléon (1769-1821), il prend le nom de Musée Napoléon avec un certain Dominique-Vivant Denon comme premier directeur, s’enrichissant du butin des campagnes militaires de l’empereur, suivi après la fin de son règne, par le Musée royal du Louvre, fondé lui par l’ordonnance du 22 juillet 1816 Louis XVIII (1755-1824) son successeur.

La III ème République (1870-1940) le consacrera comme propriété de l’Etat, et en 1938, suite aux rumeurs d’une guerre imminente, les chefs d’œuvres comme la Joconde ou la Victoire de Samothrace seront évacués et éparpillés dans divers lieux en France, soit près de 200 voyages et près de 5 400 pièces déplacées.

Elles firent le voyage inverse au sortir de la guerre, grâce notamment à la Commission de récupération artistique (CRA), dont faisait partie Rose Valland, conservatrice du musée du Jeu de Paume, et rendu célèbre par son action consistant à répertorier toutes les œuvres volées aux juifs aisés par les allemands et notamment Hermann Göring à l’origine d’une véritable razzia d’œuvres d’arts inestimables dans toute l’Europe en guerre. Je vous conseille en passant de voir le film de George Clooney intitulé « The Monuments Men » relatant de cette équipée d’hommes chargés de retrouver ces trésors dérobés.

Et c’est sous le premier mandat de François Mitterrand (19882-1988) qu’est décidée l’extension du Musée du Louvre, en libérant notamment l’aile Richelieu, occupé pendant de nombreuses années par le ministère des Finances et relogé sur le nouveau site de Bercy, permettant le réaménagement et l’agrandissement du lieu, complété par cette nouvelle entrée sous la désormais célèbre pyramide (voir plus haut), donnant l’occasion au musée de devenir l’un des plus grands au monde sous l’appellation désormais incontournable de Grand Louvre.

Incontournable oui, mais aussi recherché, notamment par le cinéma et la télévision, devenant le premier site filmé de Paris avec des films comme le Da Vinci Code de Ron Howard, Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Luc Besson, et pour les moins jeunes, la série Belphégor avec Juliette Greco dans le rôle principal, adaptée au cinéma en 2001 par Jean-Paul Salomé, avec cette fois-ci Sophie Marceau dans le rôle- titre, avec à la clé une visibilité nationale et internationale de premier plan, mais aussi des recettes non négligeables, sachant qu’une journée de tournage coûte 10 000 € hors taxe, ce qui obligea par ailleurs les producteurs du film Da Vinci Code de débourser la somme de 2,5 millions d’Euros pour pouvoir tourner dans le Louvre.

En tout cas, c’est peut-être ce qui a permis au Louvre de compléter l’opération financière de 60 millions d’Euros censée repenser l’entrée principale du musée en modernisant et fluidifiant les déplacements, passant notamment de trois à cinq points d’accueil, car prévue à sa conception pour accueillir 4,5 millions de visiteurs, l’entrée en question, située donc sous la pyramide, était vous l’aviez compris on ne peut plus dépassée.

Et quand on sait que l’objectif de la France est d’accueillir 100 millions de touristes par an pour les prochaines années (85 millions en 2015), il est clair que l’affluence du musée est loin de se tarir, et ce même si il a perdu près de 600 000 visiteurs à la fin de l’année dernière, dû certainement aux évènements du 13 novembre 2015.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. https://fr.vikidia.org/wiki/Mus%C3%A9e_du_Louvre

. http://www.louvre.fr/histoire-du-louvre

. http://www.linternaute.com/histoire/motcle/2690/a/1/1/louvre.shtml

. http://www.aufeminin.com/sortir/louvre-histoire-du-louvre-secrets-du-louvre- d6169x29464.html

. Capital / Janvier 2016

. La Croix du 07 janvier 2016

. Le Figaro du 04 avril 2016

. Direct Matin du 05 juillet 2016

. Les Echos du 06 juillet 2016

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