Glowee, et la lumière (bioluminescente) fût

Publié le par Jacques SAMELA.

Glowee, et la lumière (bioluminescente) fût

Dans le cadre de la semaine de l’industrie (www.entreprises.gouv.fr/semaine-industrie), dont le Focus cette année consacre tout ce qui a attrait à la transition énergétique, j’ai choisi de présenter une start-up française dont la particularité est de développer un système d’éclairage biologique, utilisant les propriétés naturelles bioluminescentes d’organismes marins.

Elle s’appelle Glowee (www.glowee.fr), elle a été créée en 2013, et elle souhaite repenser la manière de produire et de consommer la lumière.

Comment me direz-vous ?

Apparemment assez simplement, et je vous dirai même, il suffisait d’y penser, et c’est ce qu’a fait sa créatrice de 25 ans, Sandra Rey.

Mais tout d’abord, qu’est-ce que la bioluminescence ?

Eh bien c’est une réaction chimique régie par un gène, qui permet à certains organismes vivants de produire de la lumière, ce qui est le cas de 90 % des organismes marins comme les algues, les méduses, les calamars, les poissons ou les crevettes.

Et c’est justement durant un reportage sur les poissons des hautes profondeurs que la fondatrice découvrit que des espèces marines avaient la faculté de produire de la lumière.

Donc, à la suite de ce reportage, et alors qu’elle est encore étudiante en Design, elle et deux de ses camarades créent une première structure appelée Organight, et postule aux prix Artscience, dont le thème de cette année est justement consacré à la biologie synthétique.

Un signe, en tout cas un succès, car ils en obtiennent le prix, suivi du prix 101Projets, organisé conjointement par Xavier Niel (dossier en préparation pour le mois d’avril prochain), Marc Simoncini (fondateur du célèbre Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (fondateur de Ventes-privees.com).

Ensuite, après quelques défections malgré le succès naissant, Sandra Rey continue seule l’aventure en intégrant plusieurs incubateurs, créant au passage sa nouvelle structure (fin 2014) que vous connaissez à présent sous le nom de Glowee, et en obtenant un premier résultat qui est de produire quelques secondes de lumière.

Sa nouvelle équipe s’étoffant, la société lève près de 700 000 Euros en 9 jours grâce à une campagne de financement participatif (crowdfunding), mais surtout parvient à produire 72 heures de lumière stable, ce qui l’amène à être choisie comme ambassadrice de la FrenchTech à la Cop 21, présentant à l’occasion le résultat de ses travaux sous la forme d’une coque ronde en résine organique d’un diamètre de 10 cm, dans laquelle se trouve justement cette lumière dite bioluminescente.

Et pour rentrer dans les détails, la coque en question est transparente, adhésive, avec à l’intérieur des bactéries dont des gènes codant pour la bioluminescence ont été insérées, couplé à une solution nutritive, leur permettant de se développer avec tout ce dont elles ont besoind’émettre une lumière naturelle, et ce jusqu’à la fin de vie de ces micro-organismes.

Car justement, à la différence des lumières artificielles, elle ne consomme aucune électricité, étant froide, elle émet peu de CO2 (deux fois moins qu’un système LED équivalent), et peu de pollution lumineuse.

Et avec la mise en place du décret du 25 janvier 2013, cherchant à limiter les nuisances lumineuses de l’éclairage nocturne des bâtiments résidentiels, il est clair que cette jeune société à de l’avenir, surtout qu’avec l’apport des 100 000 dollars d’investissements qu’elle a obtenue après avoir remporté le prix de la 4ème édition de l’Elevator World Tour de Paris (www.elevatorworldtour.com), compétition mondiale de pitchs, elle pourra continuer ses actions de R&D, avec au jour d’aujourd’hui, un objectif avoué et recherché, générer de la lumière pendant près de quatre semaines.

Mais, on peut également compter sur sa fondatrice, qui, auréolée de sa nomination à la sélection des 10 innovateurs de moins de 35 ans par le célèbre Mit Technology Review (www.technologyreview.com), pense déjà à l’avenir et à d’autres utilisations que les vitrines des magasins de son système innovant, comme l’éclairage urbain en tablant notamment sur la réduction d’un lampadaire sur 5, la signalétique, l’intégration dans les matériaux de construction, la peinture, mais aussi dans le domaine des transports, sur les chantiers, dans les zones souterraines ou reculées, permettant par exemple aux populations des pays en voie de développement d’avoir un accès à la lumière.

Donc oui, de quoi faire, avec des perspectives plus que lumineuses, surtout après avoir réglé la problématique liée à son produit, micro-organisme génétiquement modifié (MGM), destiné à sortir du laboratoire, mais sans pour autant à être disséminé dans la nature.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.glowee.fr

. La tribune du 23/01/15 et du 19/08/16

. Le Parisien Economie du 07/12/15

. L’Usine Nouvelle n° 3461 du 24/03/16

. We Demain du 14/04/16

 

A découvrir :

. www.eldom.fr

 

 

 

Vus et lus dans Le Parisien Economie du 07 décembre 2015, l'Usine Nouvelle du 24 mars 2016, Les Echos du 07 décembre 2016, et Télérama n° 3497 du 18 janvier 2017
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Publié dans L'entreprise du mois

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