Le Cognac, à l'export toute
Après avoir traité du champagne, voici cette fois-ci un nouveau sujet sur un alcool estampillé « SoFrenchy », j’ai nommé le Cognac.
En effet, cette eau de vie de renommée mondiale, représente ni plus ni moins depuis de nombreuses années un symbole fort de la France et de son « Art de vivre ».
Issu d’un vignoble de qualité dit de Poitou, faisant le bonheur dès le XIIIème siècle des anglais, des hollandais et des scandinaves, les vins produits dans ce cheptel seront dès le XVIIème siècle transformés en eau de vie et bonifié en fût de chêne, donnant ce qui est aujourd’hui le Cognac.
Et ce sont les hollandais, avec leur connaissance de l’art de la distillation, qui incitèrent les vignerons charentais à distiller leur vin chez eux, afin de mieux le conserver. Ils le nommèrent « brandwijn » (vin brulé en français), ce qui donnera plus tard le nom de « brandy ».
Ensuite, au XVIIème siècle, apparaîtra la double distillation, permettant au breuvage de supporter le voyage, avec une ascension fulgurante des ventes de Cognac, à partir d’un traité de commerce signé entre la France et l’Angleterre en 1860.
Mais, en raison de l’apparition du phylloxéra en 1875, de la même manière que pour le champagne (voir le dossier du 29 décembre 2017), la plus grande partie du vignoble sera détruit, avec une remise à flot rendue effective après plusieurs années d’efforts.
Ce n’est qu’au début du siècle dernier que le cheptel reprendra le dessus, avec en 1909 la mise en place de la zone géographique de production, en 1936, la reconnaissance comme appellation d’Origine Contrôlée, et en 1938, la délimitation des appellations régionales, soit l’ensemble des six crus reconnus (Grande champagne, Petite champagne, Borderies, Fins bois, Bons bois, Bois ordinaires ou à terroir).
Aujourd’hui, le Cognac, ou Eau de vie de Cognac, ou encore Eau de vie des Charentes, reste un produit d’exportation, avec 97,8 % de sa production expédiée à l’étranger, et, est considéré comme un symbole fort de la France et de son art de vivre incontournable.
Et ce sont les Etats-Unis qui arrivent en tête des amateurs de ce nectar, avec 86,5 millions de bouteilles importées entre août 2017 et juillet 2018 sur les 206 millions expédiées dans le monde, soit une progression de 9,9 % sur un an, et ce notamment grâce au rap américain, qui dès le début des années 90, apparurent des bouteilles de Cognac dans les clips des rappeurs Puff Daddy, 50 Cent, ou encore Busta Rhymes, connu entre autres par sa chanson intitulée « Pass the Courvoisier », célèbre marque de Cognac, créée en 1836 à Jarnac en Charente, faisant de la communauté afro-américaine un vivier important d’amateurs outre-Atlantique.
Ensuite, c’est l’Asie qui arrive en seconde position, avec sur la même période, 60,9 millions de bouteilles expédiées, dont 26,6 millions à Singapour, et 26,2 millions en Chine. Quant au marché européen, stable en valeur avec une progression de 3 %, il a subi une baisse de 2 % en volume, ce qui représente quand même 41,3 millions de bouteilles.
Mais, loin de rester cantonné à ces marchés bien établis, de nouveaux s’annoncent avec une progression constante notamment dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Vietnam ou les zones Caraïbes et Océanie, soit 12,2 % en volume et 5,3 % en valeur.
Ce ne sont certainement pas les 16 800 emplois directs qui s’en plaindront, et encore moins les 50 000 habitants de la région délimitée, profitant à divers degrés et à plein de la prospérité du filon que représente le Cognac.
Et comme la maturation du breuvage en question peut durer des décennies, bien à l’abri, la place de numéro 1 des spiritueux lui est assurée encore pour de nombreuses années, avec pour les amateurs, toujours plus nombreux, l’assurance de bénéficier encore pour longtemps d’un nectar de qualité exceptionnel.
Donc, à celles et ceux qui savent en reconnaître son côté convivial, surtout après un bon repas, je leur souhaite une excellente dégustation, tout en rappelant quand même que l’abus d’alcool est toujours dangereux pour la santé. Tchin-tchin.
Jacques Samela
Sources :
. Le Monde du 09/08/18
. Les Echos du 16/08/18
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