La filière bio, Le marché de Rungis, Phenix (suites) & Autres
Le bio en berne
Par Tanguy Patoux / Le 28 novembre 2022
L’alerte retentit depuis déjà un moment. En 2021, le marché du bio semblait poussif et reculait de 3,1 % par rapport à 2020. À l’aube de 2022, cette tendance s’était encore accentuée. Aujourd’hui, il est temps de faire le bilan.
Légume, fruit, œuf, lait … Tout y passe. Le recul des ventes dans le bio n’épargne aucun produit. -18 % pour la farine, -12 % pour le beurre… Au final, l’ensemble du marché recule de 10 % sur un an, le tout à l’approche des fêtes. À l’heure où l’inflation enflamme les prix dans les grandes surfaces, les premiers produits à en pâtir sont évidemment les plus onéreux. Les clients reviennent – peu à peu – à un mode de consommation moins responsable… mais plus économique.
La fin du rêve
Le marché du bio a été lucratif pour beaucoup d’agriculteurs et de revendeurs ces dernières années. De plus en plus de producteurs ont pris ce virage. Finalement, tout cela a mené à une bulle spéculative qui commence à montrer quelques limites. Tous les acteurs de ce marché doivent maintenant faire face au même problème : la surproduction.
Pourtant le bio a longtemps été encouragé par certains acteurs politiques et idéologiques. Les produits labellisés ont pris de plus en plus de place dans nos grandes surfaces. Sauf que les consommateurs ne suivent plus. Ces aliments, qui peuvent être jusqu’à 50 % plus chers que leur équivalent sans label, n’intéressent plus grand monde.
« Personne ne nous a dit de faire attention, que le bio concernait seulement 4 % des achats, et que l’offre ne devait pas dépasser la demande », témoignait déjà une agricultrice arboricole à l’AFP en août dernier. Comme elle, des centaines de fermiers et d’agriculteurs se retrouvent aujourd’hui avec un stock trop important sur les bras. Ce qui met en péril leur santé financière.
Une image qui s’érode
Après le green washing, doit-on s’attendre au bio washing ? En tout cas, certaines affaires pourraient l’évoquer. En 2021, la chaîne de magasin Biocoop se retrouve au beau milieu d’un conflit social. Dans plusieurs enseignes, les salariés révèlent que les conditions de travail ne sont pas bonnes. Les méthodes de gestion et management ressembleraient trait pour trait à celles des grandes surfaces traditionnelles. Une trahison pour le client qui fait confiance à Biocoop en raison des valeurs véhiculées par l’enseigne…
Le « consommer responsable » s’inscrit dans une démarche plus large que le seul label bio. Les consommateurs qui ont encore les moyens de s’offrir des produits plus chers – mais de meilleure qualité – se penchent vers des labels qui rémunèrent plus équitablement les producteurs et qui garantissent des produits de saisons. Les circuits courts sont également plébiscités. Aujourd’hui, le label AB (Agriculture biologique) ne garantit aucun de ces critères.
Les nouvelles étiquettes BFE (Bio Français Équitable) et Bio cohérence tendent à se démocratiser, allant dans le sens des nouvelles priorités des consommateurs. Le désamour pour le bio n’est donc pas si catégorique. Il suffit juste de l’englober dans une démarche encore plus responsable…
Le marché de Rungis veut se développer avec plusieurs plateformes logistiques
le 07/02/2022
LOGISTIQUE. La société gestionnaire du marché de Rungis, au nord de Paris, aimerait voir les locaux s'étendre. Plusieurs constructions sont en discussion.
Le célèbre marché de gros de Rungis, au nord de Paris, pourrait s'agrandir. À l'étroit dans les murs qu'il occupe depuis plus de 50 ans, le marché pourrait bientôt voir la construction de plateformes logistiques adossées à des activités de production agricole et de transformation, selon un rapport remis ce lundi 7 février au Premier ministre. "Le marché a fortement besoin de surfaces supplémentaires d'entrepôts alimentaires frais", révèle le rapport. Le projet, intitulé "Agoralim", devrait créer "4.000 à 5.000 emplois directs non-délocalisables" et couvrir les besoins "de la terre à l'assiette". Il prendrait pour épicentre le triangle de Gonesse une enclave verte de 700 hectares dans l'est du Val-d'Oise, entre les aéroports de Roissy et du Bourget. 280 hectares sont potentiellement urbanisables.
C'est à cet endroit qu'un mégacomplexe de commerces et de loisirs Europacity, finalement enterré fin 2019 par Emmanuel Macron, devait être bâti. Le devenir du site suscite de nombreux débats. En effet, des défendeurs de l'environnement s'opposent à la création d'une gare de métro du Grand Paris express et d'une zone d'activités. À la place d'Europacity, la société gestionnaire du marché de Rungis, la Semmaris, propose de "sanctuariser" la centaine d'hectares de terres agricoles dans le sud du triangle et de permettre la création d'une plaine céréalière, où des projets de maraîchage, d'horticulture et d'élevage "selon les principes de l'agroécologie", adaptés aux besoins locaux, se côtoieraient. La société imagine également la construction d'une légumerie et des "équipements de formation, d'innovation et de sensibilisation au bien-manger".
Des millions d'euros nécessaires
La Semmaris a repéré trois sites autour de Gonesse qui pourraient convenir pour abriter des activités de distribution et de transformation de produits frais : Goussainville, Roissy-en-France et Bonneuil-en-France. Elle a affirmé à l'AFP ne pas souhaiter artificialiser de nouvelles terres. "On intervient sur des terrains qui sont déjà classés comme constructibles. La plupart du temps ce sont des friches ou des endroits où il y a eu des projets qui ont été abandonnés", a ajouté le président de la Semmaris, Stéphane Layani. "Si les conditions sont réunies par les pouvoirs publics, on pourra commencer à construire des choses dès 2025. Dès 2027, on aura engagé la majeure partie des travaux." La Semmaris dit être prête à débourser 700 millions d'euros pour "l'acquisition du foncier, la construction et l'aménagement des activités de transformation et de distribution". Mais pour que le projet puisse voir le jour, il faudrait que des acteurs publics et privés soient prêts à investir 700 millions d'euros supplémentaires.
Ouverture en 2027 de la Cité de la Gastronomie Paris-Rungis
le 08/12/2022
Prochainement construite dans le Val-de-Marne, la Cité de la gastronomie Paris-Rungis a pour vocation de réunir gastronomie, arts, patrimoine, transmission, formation et innovation, à proximité du marché international de Rungis.
- Un lieu unique pour explorer toutes les facettes de la gastronomie
- Une Cité à l'impact carbone limité
- L'investissement du Département dans le projet
Un lieu unique pour explorer toutes les facettes de la gastronomie
Depuis 2010, le "repas gastronomique des Français" est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
La Cité de la gastronomie Paris-Rungis sera organisée en cinq espaces distincts :
- Le Cœur de la Cité présentera un parcours expérientiel innovant, des expositions, des ateliers immersifs et un jardin pédagogique.
- Le Campus proposera à la fois des ateliers ludiques pour le grand public et et des cours pratiques et théoriques, destinés aux étudiants et aux professionnels du secteur.
- Les Pavillons régionaux présenteront la restauration et les artisans régionaux tandis que les pavillons par filières présenteront les différents savoir-faire de la gastronomie (boucherie, charcuterie, fromagerie etc. ).
- Le Lab accueillera des bureaux et des espaces d'agricultures urbaines pour les entreprises de l'agro-alimentaire.
- Le Hub comprendra un centre de conférences et un auditorium pouvant accueillir des congrès et des salons et disposera d'une offre hôtelière originale et hybride.
Une Cité à l'impact carbone limité
Le groupement lauréat pour la construction et la gestion de la Cité a été désigné le 6 décembre 2022 : il associe Pitch Immo, marque du groupe Altarea, la société Gaïa Promotion, la foncière Hibrid et Ametis group. Quatre axes sont privilégiés pour orienter la construction et le fonctionnement de la Cité :
- La conception bioclimatique et performance énergétique : les eaux pluviales seront gérées à la source, afin de limiter les rejets et de réduire l’utilisation d’eau potable.
- La préservation des ressources : 80 % des déchets de construction seront valorisés.
- La biodiversité et la nature en ville : des sols fertiles seront reconstitués sur ce terrain longtemps resté en friche.
- Le confort, la santé et bien-être : une attention particulière sera portée au confort acoustique du site.
L'investissement du Département dans le projet
Membre du Syndicat mixte de la Cité de la Gastronomie Paris-Rungis, aux côtés de la Région Ile-de-France, de la Métropole du Grand Paris, de l'EPT Grand-Orly Seine Bièvre, de la Ville de Paris, de la Ville de Thiais, de la Ville de Chevilly-Larue et de la Ville de Rungis, le Département a investi 6 millions d'euros dans la création du site. Le Département est également engagé dans la requalification de la RD7 qui desservira la Cité, afin de conférer à cet axe un profil de boulevard urbain attractif.
« Nous sommes heureux d’accompagner ce projet, car il répond vraiment aux défis de notre temps : il porte les valeurs fortes de l’alimentation durable et de la gastronomie responsable. C’est un projet qui a été pensé par et pour tous les territoires : il va porter haut les couleurs de la France et fera aussi la fierté de notre Département. » explique Olivier Capitanio, Président du département.
La Cité de la Gastronomie Paris-Rungis sera accessible via la ligne de métro 14, dont le prolongement sera mis en service dès 2024 (à 10 minutes de Paris, 20 minutes de la Gare de Lyon et 5 minutes de l'Aéroport international d'Orly), et via l'A6 et l'A86 (liaison Paris-Roissy).
Calendrier
2027 : Ouverture
2024 : Début des travaux de construction
2022 : Désignation du groupement lauréat
2021 : Consultation d’opérateurs
2018 : Création de la Cité hors-les-murs Paris-Rungis
2016 : Création du Syndicat Mixte de la Cité de la gastronomie Paris-Rungis
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/12/le-marche-de-rungis-origine-france.html
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