Waga Energy, en leader de la « Greentech » à la française
Pas encore dix ans, mais déjà leader mondial de sa spécialité, soit la valorisation du biogaz, issu de l’installation de stockage de déchets non dangereux, au profit du biométhane, pur à 98 %, et dont la particularité est de pouvoir être injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel.
Et même si le biométhane est considéré comme l’un des pires gaz à effet de serre, manifestement responsable de 40 % du réchauffement de la planète, les créateurs de la société, pour la plupart d’anciens du groupe Air Liquide, au sein duquel ils purent réfléchir pendant plusieurs années sur des solutions technologiques d’épuration et de filtration du méthane, n’ont pas hésité en 2014 au moment de se lancer dans cette aventure.
Qui se concrétisera même très rapidement, en participant l’année suivante comme start-up à un programme d’incubation, tout en bénéficiant d’une première levée de fonds, suivie d’une seconde en 2019, et pour finaliser l’ensemble, et surtout financer le développement de leur technique phare, une entrée en bourse en 2021.
Technique, qui en passant, s’appelle « Wagabox », et dont le modus operandi est qu’elle soit justement entièrement financée, construite et exploitée par la société elle-même dans le cadre de contrats de longue durée avec des opérateurs de sites de stockage pour la fourniture de gaz brut.
D’où l’importance de fonds permanents, car la société ne génère des revenus qu’après la fin de la mise en place du processus, en revendant le biométhane, ou en fournissant un service d’épuration.
Et de financements, elle n’a pas l’air d’en manquer, puisqu’elle vient de faire une nouvelle levée de 52 M€, qui lui permettra justement d’accompagner, presque exclusivement à l’étranger, les 120 projets d’extraction de gaz de sites d’enfouissements en cours.
Mais pourquoi l’étranger me direz-vous, c’est qu’en fait le potentiel français par rapport à celui hors Hexagone est moindre, avec si je puis dire seulement 20 millions de tonnes par an de déchets stockés, non dangereux je le rappelle, alors que pour le reste du monde, c’est déjà un potentiel de 2 milliards de tonnes, avec une prospective à horizon 2050, de 3,5 milliards de tonnes.
Mais en attendant, et avant d’en bénéficier totalement, en termes d’exploitation, elle revendique déjà une vingtaine de sites, partagés entre la France, les Etats-Unis, l’Espagne et le Canada, lui assurant une capacité installée de près de 700 GWh/an, ce qui représente au bas mot près de 100 millions de mètres cubes de biométhane injectés directement dans les réseaux de distribution de gaz, soit l’équivalent de 100 millions de litres d’essence économisés, et l’émission de 180 000 tonnes de CO2 évitée, complétés d’ici peu par la quinzaine d’autres en cours de finalisation dans ces mêmes pays, dont les Etats-Unis, faisant office de terre promise, avec très récemment la signature de divers contrats pour la construction, et donc l’exploitation d’unités de production.
Unités reconnues également d’un point de vue qualité, puisqu’en 2023, le procédé utilisé, obtint les normes ISO 9001, ISO 14001 et ISCC EU, ce qui ne peut que servir l’entreprise dans sa quête de nouveaux marchés, complétant en cela les nombreux prix obtenus depuis le début de sa création, comme celui reçu l’an dernier, en l’occurrence « l’Efficient Solution Label » de la Fondation Solar Impulse (www.solarimpulse.com), récompensant une innovation alliant protection de l’environnement et viabilité économique, ou encore le fait d’avoir eu l’honneur d’être sélectionné, avec 19 autres sociétés, au sommet économique mondial de Davos (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/01/davos-que-s-ouvre-la-50eme.html) de janvier dernier par la délégation présidentielle.
Et cette reconnaissance, naissante, n’est pas près de se tarir, car le biométhane est vraiment considéré comme une énergie d’avenir, 100 % renouvelable, avec d’excellentes performances environnementales, notamment quant à sa production et sa consommation, émettant seulement 23,4 g CO2eq/kWh PCI1, soit jusqu’à 10 fois moins que le gaz naturel, tout en réduisant également jusqu’à 90 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), par rapport toujours au gaz naturel, mais également à l’essence ou le diésel.
Donc, à moins d’un retournement des politiques de l’environnement à l’échelle nationale, européenne et mondiale, malgré la prise de conscience des populations sur les effets, déjà visibles, du dérèglement climatique, il y a des chances que Waga Energy devienne dans les années à venir un véritable leader, non seulement dans son domaine de prédilection, mais aussi de la « Greentech » française, dont Bpifrance ( https://presse.bpifrance.fr/les-greentech-francaises-une-dynamique-forte-pour-accelerer-la-decarbonation) estime le potentiel à plus de 2 000 entreprises, faisant de la France un des pays phare dans l’innovation en faveur de la transition écologique.
Jacques Samela
Sources :
. https://waga-energy.com/fr/groupe/
. https://www.brefeco.com/actualite/energie/waga-energy-boostee-par-le-marche-mondial-du-biomethane
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