Brandt n'a peut être pas dit son dernier mot
Le fabricant d’électroménager Brandt mis en liquidation, 700 emplois supprimés
Publié le 11 décembre 2025
Le projet de reprise de Brandt n’a pas été retenu par le tribunal des activités économiques de Nanterre, qui met l’entreprise en liquidation judiciaire. Une offre de reprise, montée avec un renfort financier des pouvoirs publics, aurait permis de sauver près de 400 emplois sur 700.
Le tribunal des activités économiques de Nanterre a placé le fabricant d’électroménager Brandt en liquidation judiciaire ce 11 décembre, malgré une offre de reprise qui permettait de sauver une partie de l’effectif. 700 emplois sont supprimés, les deux sites de production situés près d’Orléans et de Vendôme (Centre-Val de Loire) sont fermés, tout comme le centre de service après-vente et le siège social implantés en région parisienne. Depuis 2014, l’entreprise appartenait au conglomérat algérien Cetival et fabriquait des appareils des marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich.
Le projet de Scop n'a pas été retenu
Le tribunal a examiné le projet de société coopérative et participative (Scop), soutenue par Revive, un groupe spécialisé dans la reprise et à la transformation d'entreprises et par les collectivités locales et l'État.
Au total, 20 millions d'euros de financements publics étaient engagés selon un dernier décompte de la radio Ici. La Région Centre-Val de Loire entendait participer à hauteur de huit millions d'euros, la métropole d'Orléans de sept millions et l'État pour cinq millions. Ce projet aurait permis de sauvegarder près de 400 emplois.
Avant cette décision judiciaire, cinq sites français de Brandt ont été fermés depuis 2005 dont ceux d'Aizenay et de La Roche-sur-Yon en Vendée, de Lyon, de Nevers dans la Nièvre ou encore de Lesquin dans le Nord.
"Une profonde tristesse"
"Nous apprenons avec une profonde tristesse la liquidation judiciaire de Brandt, c’est un fleuron français qui s’éteint", a déclaré Sébastien Martin, ministre chargé de l’Industrie. "Nous avons fait feu de tout bois en soumettant cinq millions d’euros de soutien pour permettre une reprise. Les collectivités se sont aussi mobilisées. Malgré cela, les autres acteurs indispensables n’ont pas souhaité se positionner pour sauver Brandt", a regretté le ministre.
De nombreuses réactions
François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire a fait part sur BFMTV de sa "consternation" et de sa "colère". "Ce sont plus de 700 emplois qui disparaissent dans notre pays et une grande partie dans la région Centre-Val de Loire", a-t-il regretté.
Le président de région s’interroge : "Nous avons [avec la Scop] un projet industriel et tout cela n’est pas pris en compte, c’est l’industrie, le made in France et l’emploi industriel qui recule", a-t-il ajouté.
Le Groupement des marques d'appareils pour la maison (Gifam), qui rassemble une centaine d'entreprises du secteur, se dit "profondément préoccupé par les conséquences de cette décision pour les salariés". Selon le Groupement, "cette situation illustre la difficulté croissante pour l'industrie de l'électroménager de rester compétitive en France et plus largement en Europe face à la montée en puissance des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine".
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Liquidation de Brandt : le ministre de l’industrie, Sébastien Martin, promet de "retravailler le projet"
Publié le 12 décembre 2025
Après la mise en liquidation judiciaire du fabricant d’électroménager Brandt, entraînant la suppression de 700 emplois, les réactions sont nombreuses. À commencer par celle de Sébastien Martin, ministre chargé de l’industrie, qui assure "ne pas laisser tomber le sujet Brandt" et promet de se remettre au travail avec les acteurs publics et privés.
L’avenir des sites industriels de Brandt, situés près de Vendôme et d'Orléans, pourrait ne pas être scellé malgré la mise en liquidation du judiciaire de l’entreprise par le tribunal des activités économiques de Nanterre. Sébastien Martin, ministre chargé de l’industrie, a longuement fait part de son "incompréhension" ce 12 décembre sur TF1.
Le "pari" de la reprise sous forme de Scop
L’État, les collectivités territoriales et des partenaires privés portaient en effet un projet de Scop pour l’entreprise d’électroménager. "En seulement 10 jours, nous avons réussi à monter un projet et mobiliser 30 millions d’euros", a expliqué le ministre, qui précise ne pas critiquer la décision de justice pour autant. Néanmoins, il dit s’interroger. "Une reprise d’entreprise est toujours un pari quand elle est en difficulté, et le plan d’affaires proposé est consolidé dans le temps", a-t-il détaillé.
Le projet de reprise sous forme de Scop prévoyait la participation financière de la région Centre-Val de Loire à hauteur de huit millions d’euros, de la métropole d’Orléans pour sept millions d’euros et de l’État pour cinq millions.
Une entreprise qui doit "continuer d’exister"
Au niveau local, les élus n’ont pas hésité à témoigner de leur colère. "C’est plus qu’un gâchis, c’est un système qui ne fonctionne plus et qui est vérolé", a dénoncé Serge Grouard, maire (divers droite) d’Orléans. Pour l’édile, "on a une super boîte qui va couler, elle pouvait être sauvée et doit continuer d’exister".
Selon lui, quatre millions d’euros manquaient pour la reprise du projet. Serge Grouard a regretté, dans une vidéo notamment relayée par le quotidien local La Montagne, avoir été "mis devant le fait accompli" par la direction de Brandt, les services centraux de l’État et le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (Ciri), les banques "qui se sont toutes défilées" et l’Europe "qui interdit à Bpifrance d’aider les entreprises de plus de 250 salariés".
Un autre projet à définir pour préserver l’outil industriel
Pour tenter de rebondir, Sébastien Martin va "prendre le temps d’ici la fin de l’année de se revoir avec les acteurs locaux". Objectif : porter "un autre projet, avec plus d’investissements privés sans doute".
"Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt"
"Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt, je ne laisse pas tomber le fait qu’on puisse avoir sur le territoire français un acteur de l’électroménager comme celui-ci", a promis le ministre chargé de l’industrie.
Interrogé, le cabinet du ministre précise qu’il s’agit avant tout de "remettre autour de la table l’ensemble des acteurs" pour réfléchir à un "avenir industriel pour ce site". Le gouvernement entend donc capitaliser sur l’outil industriel pour assurer une deuxième vie aux sites Brandt, pas forcément dans le secteur de l’électroménager. L’objectif est notamment d’éviter la transformation des lieux en friches industrielles.
Dans l’immédiat, Sébastien Martin assure que les salariés seront accompagnés dans la construction du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Certains d’entre eux pourraient être recrutés par d’autres entreprises du bassin économique d’Orléans.
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