Poma, de la montagne à la ville.

Publié le par Jacques SAMELA.

Le leader mondial du téléphérique est français, et il s'appelle Poma (www.poma.net).

Créé en 1947 à Grenoble par Jean Pomagalski, ingénieur de son état, Poma, anciennement Pomagalski comme son créateur, est devenu au fil du temps l'acteur incontournable du secteur. En fait, l'aventure commença même en 1936 avec l'élaboration du premier téléski débrayable à l'Alpe d'Huez, remarqué jusqu'au Etats-Unis, car aujourd'hui encore, les américains emploient toujours le mot "poma-lift" pour désigner un tire-fesses. Ensuite, en 1966, arrivent les premières télécabines automatiques, et en 1982, c'est le premier télésiège débrayable qui suscite l'intérêt général. La notoriété de Poma est définitivement assise.

Aujourd'hui, appartenant au groupe italien HTI (High Technology Investments), mais produisant toujours en France, notamment pour garder ses secrets technologiques, Poma, avec 4 % de son chiffre d'affaires dédié à la recherche, revendique plus de 700 installations dans plus de 70 pays, compte plus de 800 employés, dont une bonne partie en France, et a déclaré en 2013 un chiffre d'affaires de 230 millions d'Euros, dont 60 % à l'international.

Mais, ce positionnement de leader n'est pas le seul fait des remontées mécaniques. En effet, même si elles représentent encore près de 70 % de son activité, avec comme exemple récent l'aménagement de six remontées mécaniques pour les jeux de Sotchi, le marché de la "neige" marquant le pas depuis quelques années, c'est vers le transport par câble en milieu urbain que le groupe s'est tourné, avec aujourd'hui près de 20 % de ce marché d'avenir, car la mobilité urbaine s'impose comme l'un des grands défis de demain.

Et dans ce domaine, avec des références internationales de renom comme le téléphérique de Roosevelt Island à New York, celui du Pain de sucre à Rio, ou encore à Medellin en Colombie, où l'installation de cinq lignes à permis de désenclaver plusieurs quartiers représentant plus de 2 millions de personnes, et sans parler des chantiers en phase de finalisation en Algérie, Nouvelle-Zelande, ou encore au Brésil dans le cadre de l'organisation de la prochaine coupe du monde de football, ou des jeux olympiques de Rio, le groupe peut donc se permettre de revendiquer la moitié du marché mondial.

Le seul pays où Poma n'a pas encore réussi à concrétiser des réalisations de ce type, c'est la France. Mais, optimiste, son vice-président Christian Bouvier estime qu'avec une première installation, cela pourrait déboucher sur un vrai marché. Cela rappelle le retour du tramway en France. En tout cas, plusieurs villes comme Toulouse, Brest, Grenoble, murissent des projets de ce type, car ce mode de transport a de sérieux atouts pour lui, comme par exemple le coût au kilomètre, deux fois inférieur à celui du tramway justement, ou encore l'absence de gros travaux de voiries, indispensables dans la construction de lignes de tramway.

Donc, l'avenir, plutôt rose pour le groupe, passera bien sur par l'international, mais ne manquera pas on l'imagine de s'arrêter quelques temps en France, et d'être enfin prophète dans son propre pays. En tout cas dans ce domaine, car dans celui des remontées mécaniques, c'est déjà fait et ce depuis longtemps.

Jacques Samela

Publié dans L'entreprise du mois

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