La French Fab

Publié le par Jacques SAMELA.

La French Fab

Bruno Le Maire lance la French Fab pour relancer l'industrie Par Erick Haehnsen  /  02/10/2017 / La tribune

 

Lancé en grandes pompes aujourd'hui à Bercy par Bruno Le Maire, le label "French Fab", représenté par un coq bleu, a vocation à devenir la vitrine des savoir-faire industriels français. Avec l'espoir de réitérer dans l'industrie le succès acquis dans le numérique avec la French Tech.

 

Avec le label de la French Tech, lancé fin 2013 par Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'économie numérique, la France est passée de la poussiéreuse "informatique" au "numérique" - bien plus sexy.

On ne parle plus de TPE ou de PME, mais de "startup"... On ne compte plus les prix gagnés par des "jeunes pousses françaises" fortement représentées au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas. Certains patrons de la French Tech ont même acquis une notoriété de "rock star", tel Frédéric Mazzella (Blablacar) ou Ludovic Le Moan (Sigfox).

Inspiré par ce succès, le président fraîchement élu, Emmanuel Macron, a fait part de son rêve en juin dernier lors du salon VivaTech où exposaient 5.000 startups :

« Je veux faire de la France une Startup Nation. Une nation qui pense et bouge comme une startup. »

Nouvelle vitrine internationale des savoir-faire industriels français

Pour concrétiser ce rêve, il fallait jouer sur un nouveau terrain, remodeler la Nouvelle France Industrielle d'Arnaud Montebourg, rebaptisée "Industrie du futur" par Macron lorsqu'il lui a succédé à Bercy. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances d'Emmanuel Macron, a repris le flambeau en lançant aujourd'hui ce lundi 2 octobre la "French Fab" en présence de nombreux patrons de l'industrie et de représentants des grandes filières industrielles. Ce mouvement a vocation à devenir la nouvelle vitrine internationale des savoir-faire industriels français et de remettre la France parmi les leaders mondiaux de l'industrie.

 

 

 

Il était temps ! Selon un rapport d'Accenture, EY et Roland Berger, daté de juin dernier, la valeur ajoutée de l'industrie française est restée stable depuis les années 2000.

Pis, elle souffre d'un sous-investissement chronique ainsi que d'un outil obsolète - d'un âge moyen de 19 ans ! Bref, on est loin de l'intelligence artificielle, de la cobotique, des nanomatériaux et de l'industrie 4.0 d'Angela Merkel...

A l'inverse, « c'est une réalité méconnue, mais il existe une industrie française moderne, internationale avec des ETI qui réalisent 30% de leur chiffre d'affaires à l'export, fait valoir Élizabeth Ducottet, co-présidente du Mouvement des entreprises intermédiaires (ETI) et Pdg de l'entreprise Thuasne, présente à la conférence, qui ajoute :

"L'année dernière, il s'est créé plus de nouvelles usines qu'on n'en a vu disparaître. »

Chasser en meute pour grandir

Encore faut-il aider les PME-PMI à grandir. Clémentine Gallet, directrice de Coriolis Composites (25 millions d'euros de chiffre d'affaires, 130 salariés) qui fabrique des machines de production de pièces en composites, en témoigne :

« J'ai créé mon entreprise en sortant de mon école d'ingénieur il y a 15 ans. Nous sommes un pur produit de l'écosystème du financement de l'innovation et nous réalisons 80% de notre chiffre d'affaires à l'export. Mais je vends plus en Turquie qu'à mes copains français. »

Doubler le nombre d'ETI

Chasser en meute sous la même bannière pour grandir, c'est justement l'un des enjeux majeurs de la French Fab qui nourrit l'ambition de fédérer toutes les entreprises industrielles : de la TPE jusqu'aux grandes multinationales en passant par les acteurs du développement local dans les régions.

Si, avec le coq bleu de la French Fab, le gouvernement réussit ce rassemblement, il pourra rééditer le succès de la French Tech et de son coq rose. Il faut dire que cette initiative a longuement mûri au sein, entre autres, de l'Alliance pour l'Industrie du Futur, du Cercle de l'Industrie, du Conseil national de l'industrie, du groupe des fédérations industrielles et de Bpifrance, qui cherchait à mettre en avant les ETI hébergées dans ses accélérateurs. Avec l'objectif de créer « 2.000 ETI qui sont accompagnées aujourd'hui par Bpifrance aujourd'hui et demain : 4.000 », détaille Bruno Lemaire.

Un fonds de 10 milliards pour l'innovation de rupture

Le ministre de l'Économie et des Finances a dressé une liste de sept défis à relever pour que réussisse la French Fab : la priorité à la formation (notamment en rappelant le dispositif de 15 milliards d'euros déjà annoncé dans le Grand plan d'investissement) ; la compétitivité fiscale, en ramenant l'impôt sur les sociétés de 33,33% à 25% « comme celui de nos voisins » ; la baisse du coût du travail, notamment en sanctuarisant le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ; l'innovation, en simplifiant le processus d'accès du crédit d'impôt recherche (CIR) en faveur des TPE et PME.

A cet égard, Bruno Le Maire annonce la création « d'un fonds de 10 milliards d'euros pour [financer] l'innovation de rupture. Dont 200 à 300 millions seront disponibles dès 2018 ».

Cinquième défi, la mise en cohérence des filières, du simple rivet jusqu'au système de communication en passant par des microprocesseurs toujours plus sophistiqués. Concernant le défi européen, attendu au tournant sur les affaires Alstom-Siemens et STX-Fincantieri, le ministre invoque la nécessité, pour les Européens, de peser lourd face aux concurrents américains et chinois.

Dernier défi, et pas le moindre, retrouver une culture industrielle française pour que « ce coq bleu [chante] haut et fort à l'échelle de la planète toute entière. »

 

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