Starburst, l'ambition d'un visionnaire

Publié le par Jacques SAMELA.

Starburst, l'ambition d'un visionnaire
Starburst, l'ambition d'un visionnaire

Au départ, un homme pressé et féru d’aéronautique, François Chopard, ingénieur diplômé de Supélec, ayant débuté sa carrière chez Airbus, avant de passer deux ans dans les laboratoires de l’US Air Force, et d’embrasser pendant près de 20 ans les domaines du conseil en stratégie, l’innovation, l’entrepreneuriat et le développement d’entreprise. A l’arrivée, le premier incubateur d’entreprises mondial entièrement dédié au secteur aéronautique et spatial intitulé « Starburst Accelerator » (www.starburst.aero).

Créé à l’origine pour inciter les grands acteurs du secteur aéronautique à rencontrer des startups susceptibles de répondre à leurs problématiques ainsi qu’à leurs besoins du moment.

Ces pépites, tout d’abord sélectionnées et choisies en fonction de leur aptitude à répondre aux solutions recherchées, elles bénéficient de deux ans d’incubation au sein de la structure, avec comme souhait au final, de trouver des investisseurs pour accompagner leur croissance.

Tandis que ceux, en attente donc de ces réponses, considérés comme partenaires, ils paient une cotisation annuelle pouvant aller de 100 000 dollars à plus, leur permettant de participer aux comités de sélection, tout en leur assurant une priorité sur les technologies misent en évidence et développées par la suite.

Et comme partenaires, s’entends des acteurs de renom comme Airbus, Boeing, Air France, Safran, Thalès, la NASA ou encore le CNES. J’en oublie certainement.

Quant à son mode de fonctionnement et de financement, unique en son genre, il est basé sur ce que l’on appelle un modèle ouvert, différent d’une entité similaire, intitulée « Airbus Bizlab », émanant elle directement du constructeur aéronautique, et considéré comme son concurrent direct, mais ne l’empêchant par pour autant d’être l’un de ses principaux partenaires.

Et depuis me direz-vous ?

Des bureaux à Los Angeles, San Francisco, Montréal, Munich et Singapour, en attente de l’ouverture de ceux de Tel Aviv en Israël et Sao Paulo au Brésil, un écosystème enrichi de plus de 4 000 startups, des comités de sélection réguliers de par le monde, ayant permis l’incubation de plus de 200 startups, sans oublier en 2016, la levée de fonds et la création de son fonds de capital-risque intitulé "Starburst Venture", avec l’apport de de la société singapourienne Léonie Hill Capital (www.leoniehillcapital.com), pour un montant de 200 millions de dollars, et plus récemment, la labellisation "French Tech Seed", lui conférant le statut d'apporteur d'affaires pour ce nouveau fonds de pré-amorçage de jeunes pousses technologiques géré par Bpifrance à hauteur de 400 millions d'Euros, ainsi que le lancement aux Etats-Unis, d'un nouvel accélérateur essentiellement dédié aux startups dans le domaine spatial, avec l'apport entre autres de la NASA, de l'US Air Force, de Loockheed Martin, ainsi que de l'accélérateur américain Techstars.

Et, comme son aura commence à gagner d’autres sphères que celles de l’aéronautique, l’incubateur gagna l’an dernier l’appel d’offres du Ministère de la défense, consistant à installer et à animer pendant trois ans et pour plus de trois million d’Euros (4,8 millions d’Euros), «  l’Innovation Défense Lab ou ID Lab », c’est son nom, la future vitrine R&D de la politique pro-innovation de la défense, avec comme idée principale, d’anticiper très en amont les technologies de demain ou disruptives (Deeptech) au profit des armées, cherchant notamment à provoquer la rupture à tous les points de vue, mais aussi à modifier un mécanisme jugé quelque peu freiné par des modus operandi porté par la DGA (Direction Générale de l’Armement), ayant largement fait leurs preuves, mais qui aujourd’hui, à l’ère de cette accélération technologique exceptionnelle que nous vivons, et afin de rester dans la course face à une concurrence nouvelle, multiple, et plus vive que jamais, oblige à ne négliger aucunes sources d’innovations pour préserver une compétitivité primordiale, à même de garantir une indépendance dans les choix de demain.

Composée d’acteurs de tous horizons, cette nouvelle structure aura donc pour but d’accompagner la nouvelle Agence de l’Innovation de la Défense (www.defense.gouv.fr/aid), dont le budget global est de 758 millions d’Euros, avec la mise en place d’un espace dédié et tout équipé pour l’organisation de séances de travail, de conférences et de mini-salons, tout en proposant des prestations intellectuelles, des études de marchés ou des accompagnement spécifiques pour initier des projets depuis l’idéation jusqu’au prototypage.

Cependant, il faudra prendre en compte le ressentiment de certaines des équipes de la DGA, percevant cette nouvelle structure comme une atteinte à leurs savoir-faire, alors que l’idée, ou en tout cas celle de la ministre de la défense, tout en y facilitant la coopération, est plutôt de bénéficier d’idées nouvelles, hors cadres, permettant, et c’est bien la finalité, aux armées françaises de se trouver dans des conditions optimum pour répondre aux problématiques futures avec des programmes, des équipements et des systèmes militaires de haute technicité.

Mais, déjà loin de ces querelles franco-françaises, se donnant l’occasion de prouver à ses détracteurs de lever leurs doutes d’ici la fin du contrat, l’incubateur continue lui son internationalisation, en annonçant récemment qu’il rejoindra d’ici la fin de l’année l’écosystème d’innovation de Hub71 (www.hub71ad.com) à Abu Dhabi, dirigé par fond souverain Mubadala, en collaboration avec Microsoft, le SoftBank Vision Fund, et Abu Dhabi Global Market, afin de créer selon les partenaires, un écosystème mondial de renom.

Et il est fort à parier que le Salon du Bourget (http://competitiviteinfrance.overblog.com/le-dossier-du-mois-le-salon-du-bourget), qui ouvrira ses portes le 17 juin prochain, jouera pleinement le rôle de terrain de jeu idéal pour Starburst, afin notamment de nouer de nouveaux contacts, tout en lui permettant de peaufiner ceux déjà établis.

Les rendez-vous sont certainement déjà pris depuis longtemps, mais ne le sachant pas particulièrement, car n’étant pas dans le secret, je suivrai avec attention la suite des évènements et des annonces dans la presse, pour comme d’habitude, vous en faire part.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.starburst.aero

. Wikipedia

. Industrie & Technologies du 29/11/16

. Le Figaro du 29/11/16

. www.journaldunet.com du 10/02/17

. Challenges n° 554 du 22/02/18

. www.opex360.com du 28/09/18

. www.frenchweb.fr du 07/05/19

Vu et lu dans Challenges n° 554 du 22/02/18
Vu et lu dans Challenges n° 554 du 22/02/18

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Publié dans L'entreprise du mois

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