Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)

Publié le par Jacques SAMELA.

Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)
Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)

Certainement dû à des problèmes d’influences au sein de la cour du roi Louis XV, initiée par Madame de Pompadour, la favorite du roi, la Manufacture de Sèvres est créée en 1740, sous l’appellation Manufacture de Vincennes, avec comme souhait de concurrencer d’autres manufactures de renoms comme la Manufacture royale de Meissen dans la région de Saxe en Allemagne, mais surtout semble-t-il, celle de Chantilly (http://www.ville-chantilly.fr/wp-content/uploads/2011/09/porcelaine-internet.pdf), créée elle en 1725 par Louis IV Henri de Bourbon Condé, propriétaire également du château de Chantilly, dont j’ai pu vous compter l’histoire il y a de cela quelques mois (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/05/le-chateau-de-chantilly-son-domaine-et-ses-a-cotes.html), et dont la particularité était qu’elle produisait de la porcelaine tendre, grâce notamment à la mise au point d’une nouvelle formule par le chimiste Cicaire Cirou pour le compte de cette maison, contrairement à celle de Meissen, produisant elle de la porcelaine dure, élaboré à base de kaolin.  

Devenu très rapidement l’un des premiers lieux de production de la porcelaine en France, avec des années de succès à son actif, le décès de son instigateur principal (voir plus haut) sonnera par-contre le début de son déclin, avec une production en diminution flagrante, et surtout le départ de ses meilleurs ouvriers, qui pour la plupart, après en avoir revendu les secrets de fabrication, rejoindront la nouvelle Manufacture de Vincennes en création, par un certain Jean Louis Henri Orry de Fulvy, transférée par la suite à Sèvres, près du château de Bellevue de Madame de Pompadour, prenant là son appellation définitive.

Rattachée par la suite à la Couronne royale en 1759, elle produisit également de la porcelaine tendre jusqu’en 1770, date à laquelle les premières productions de porcelaine dure commencèrent en France, grâce notamment à la découverte de gisements français de kaolin du côté de Limoges (Saint Yrieix la Perche), matériau jalousement gardé depuis longtemps par la Manufacture Royale de Meissen.

Quant à sa renommée, elle l’acquiert surtout durant la période de gouvernance d’Alexandre Brongniart, scientifique de renom, chimiste, et minéralogiste, de 1800 à 1847, avec à la clé un nouveau déménagement de l’établissement en bordure du parc de Saint-Cloud, encore aujourd’hui, et la création du Musée céramique et vitrique en 1824, dont l’ambition, sous l’égide cette fois-ci d’un certain Champfleury (1821-1889), homme de lettres et critique d’art,  sera de présenter l’ensemble de la création céramique à travers les âges et des quatre coins du monde, tout en inventant une nouvelle discipline scientifique du nom de céramologie (https://www.inrap.fr/les-sciences-de-l-archeologie/La-ceramologie), soit l’étude systématique des objets en terre cuite.

Vu et lu dans Télérama n° 3717 du 07/04/21

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Quant à sa renommée, elle l’acquiert surtout durant la période de gouvernance d’Alexandre Brongniart, scientifique de renom, chimiste, et minéralogiste, de 1800 à 1847, avec à la clé un nouveau déménagement de l’établissement en bordure du parc de Saint-Cloud, encore aujourd’hui, et la création du Musée céramique et vitrique en 1824, dont l’ambition, sous l’égide cette fois-ci d’un certain Champfleury (1821-1889), homme de lettres et critique d’art,  sera de présenter l’ensemble de la création céramique à travers les âges et des quatre coins du monde, tout en inventant une nouvelle discipline scientifique du nom de céramologie (https://www.inrap.fr/les-sciences-de-l-archeologie/La-ceramologie), soit l’étude systématique des objets en terre cuite.

Et aujourd’hui encore, le Musée national de céramique (www.sevresciteceramique.fr) conserve une collection de référence de près de 50 000 œuvres diverses, extra-européennes et chinoises, sans oublier bien évidemment les créations propres de la Manufacture. Reconnu à juste titre comme une institution de référence en ce domaine, il accorde de nombreux prêts en France et à l’étranger, tout en participant également à des expositions en dehors des murs de l’établissement.

Cependant, le règne de Napoléon, dont on fête cette année le bicentenaire de sa mort, permis à la Manufacture, alors en perte de vitesse, de retrouver une certaine vigueur, avec notamment un rattachement à la Maison de l’Empereur en 1805, occasionnant pour elle une production essentiellement dédiée à la gouvernance, la propagande, les victoires et l’extension de l’empire, et donc à ses palais, des cadeaux familiaux, ainsi que des cadeaux diplomatiques.

Alors, pour celles et ceux qui sont des connaisseurs, je ne leur apprendrai pas, mais pour les autres (moi en l’occurrence), la porcelaine de Sèvres est aussi reconnu pour sa couleur référence, que l’on appelle communément le bleu de Sèvres, élaborée à base d’oxyde de cobalt.

Mais, dans un souci permanent d’être perçu comme un lieu de création en perpétuel mouvement, la Manufacture s’est depuis de nombreuses années associé à des artistes de renom comme Alexandre-Evariste Fragonard, Rodin, Hector Guimard, Alexandre Calder, Ettore Sottsass, Arman, Pierre Soulages, ou encore Louise Bourgeois, démontrant en cela un réel désir de suivre l’air du temps, en s’ouvrant à différentes inspirations créatrices.

Ce qui fait que grâce à ses collaborations, des milliers de pièces sont produites chaque année, destinées pour une grande part aux grands corps de l’Etat comme le Palais de l’Elysée, l’Hôtel Matignon, dans ses galeries à Sèvres et à Paris, ainsi que durant de grands salons d’art comme la Fiac, le Pavillon des Arts et du Design à Londres, ou encore à Bruxelles, dans le cadre du Brafa.

Vu et lu dans Le Figaro du 07/09/20

Vu et lu dans Le Figaro du 07/09/20

Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)

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