MagREEsource, recyclage et souverainetés
Vous vous souvenez certainement de la phrase apparue au moment du choc pétrolier de 1973, « la France n’a pas de pétrole, mais des idées » (https://www.tf1info.fr/societe/sobriete-energetique-le-jour-ou-la-france-a-adopte-le-slogan-on-n-a-pas-de-petrole-mais-on-a-des-idees-2234987.html).
Eh bien pour le sujet du jour, c’est un peu la même chose, à quelques exceptions près il est vrai quand même (voir les documents présentés), car en ce qui concerne les métaux ou terres rares, devenant de plus en plus primordiaux pour la transition énergétique en cours, il est clair que notre pays ne fait pas parti des plus dotés.
Soit dit en passant, l’Europe n’est pas mieux lotie, à quelques exceptions près également.
Mais pour en rester à notre pays, qui donc fourmille d’idées, il est une société qui se positionne fortement sur le marché naissant du recyclage des aimants, avec le développement d’une technologie appelée « magnet to magnet », censée permettre la récupération des terres rares, pour la fabrication de nouveaux aimants.
Et, comme vous avez pu le voir dans le titre, cette société s’appelle MagREEsource *, et compte mettre en place une filière de recyclage de déchets d’aimants, à la fois pour limiter l’impact environnemental de l’exploitation des terres rares, mais aussi pour devenir la 1ère alternative française et européenne à une hégémonie chinoise, représentant aujourd’hui 98 % de l’extraction mondiale des terres rares, lui donnant pour le coup, toute liberté de réguler à sa guise les prix en vigueur, voire leur disponibilité, par des mesures de rétorsion à toute action allant selon son point de vue, à l’encontre de ses intérêts.
Ne l’à t’on point vue durant le Covid, où certains pays restreignirent l’exportation de produits considérés comme primordiaux pour répondre à ses effets, occasionnant ailleurs, et donc chez nous des pénuries de médicaments ou de masques ?
Quant à la fabrication des aimants, elle en rafle (toujours la Chine) également la quasi-totalité du marché mondial.
D’où cette volonté en 2020 pour Sophie Rivoirard, à l’œuvre sur ce domaine depuis dix ans au sein de l’Institut Néel (www.neel.cnrs.fr) du CNRS (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2023/02/le-cnrs-par-de-la-les-frontieres-de-la-connaissance.html), Stéphane Mazerand, Eric petit, et Daniel Fruchart, de créer cette structure censée donc répondre aux besoins croissants de l’utilisation des aimants, mais sans pour autant contaminer les sols et les eaux par des acides et des effluents radioactifs, et donc les populations, ce qui est malheureusement le cas dans l’exploitation des terres rares.
Et comme on devrait atteindre près de 350 000 tonnes de production annuelle d’aimants à l’horizon 2030, aujourd’hui elle est à 130 000 tonnes, et que le volume mondial de rebuts devrait lui rejoindre à la même échéance les 80 000 tonnes par an, il est clair que cette société arrive à point nommé, en fin de tests aujourd’hui concernant la mise en place d’une ligne de production pouvant atteindre de 40 à 50 tonnes d’aimants par an.
Ligne de production en principe effective d’ici la fin de cette année, aidée en cela par la levée de fonds de 5 millions d’Euros effectuée en début d’année.
Et ce n’est que le début, car l’ambition des dirigeants est d’ouvrir une MagFactory d’une capacité de 500 tonnes par an en 2027, appuyée en cela par la mise en place d’un deuxième procédé de fabrication sur le principe de l’impression 3D, le premier, déjà acté et en œuvre aujourd’hui, étant un procédé de frittage d’anciens aimants pour en extraire les terres rares, et les réduire en poudre par hydrogénation, plutôt technique non ?
Et encore, je ne m’étends pas sur le néodyme**, le dysprosium***, le praséodyme****, ou comment les aimants sont réellement recyclés (voir dans les sources ci-dessous), car mon manque de savoirs dans ce domaine altérerait la fin de cet article.
Par-contre, et donc plus simple à retranscrire, comme ceux-ci (les aimants) représentent des réponses de plus en plus importantes à l’utilisation des voitures électriques, des éoliennes, de la robotique, de l’aéronautique, ou encore dans ce que l’on appelle l’électrification de la société, il est clair que nous allons en entendre parler, avec comme satisfaction (pour ma part), qu’une entreprise française y prenne sa place, voire je l’espère la 1ère ?
A suivre donc, mais comme vous le savez désormais, je ne manquerai pas de le faire avec attention.
* Mag pour Magnet et REEsource (Rare Earth Eléments) ou terre rare, un des composants des aimants qui devient une nouvelle ressource issue du recyclage.
**Très proche du praséodyme sous forme oxydée, le néodyme tient son nom de deux mots grecs, nêos et dîdymos (« nouveau » et « jumeau »), car les chimistes ont longtemps pensé que les deux oxydes ne formaient qu'un seul et même corps simple. Il fait partie des terres rares. www.futura-sciences.com
***Le nom du dysprosium est dérivé du grec dusprósitos, « difficile à obtenir ». Son découvreur le nomma ainsi à cause du grand nombre de tentatives nécessaires pour réussir son isolation. www.futura-sciences.com
****Les chimistes ont longtemps cru que le praséodyme et le néodyme ne formaient qu'une seule terre rare, jusqu'à leur séparation effectuée en 1885. www.future-sciences.com
Jacques Samela
Sources :
. https://www.magreesource.org/
A lire :
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