La France a le sixième palmarès de la coupe du monde de football avec 1 victoire et trois podiums. Elle est également la troisième nation européenne dans la hiérarchie et l’histoire de cette compétition.
Tout commença donc en 1930 en Uruguay, avec pour l’équipe de France, un périple de deux semaines en bateau et des entrainements sur le pont, le premier match de cette première coupe du monde de football, contre le Mexique, avec à la clé une victoire 4 buts à 1, et également le premier but de l’histoire de cette compétition, marqué par Lucien Laurent. Par-contre, ensuite, ce furent deux défaites consécutives contre l’Argentine et le chili sur le même score de 1 but à zéro, ce qui occasionna une élimination dès le 1er tour. Et en ce qui concerne la victoire finale, c’est le pays organisateur qui l’emporta sur l’Argentine par 4 buts à 2, complétant là son palmarès, car elle était déjà double championne olympique en 1924 et 1928.
La deuxième coupe du monde se déroula elle en Italie en 1934. La France s’y qualifia facilement en battant notamment le Luxembourg. Seize équipes furent qualifiées, et la compétition se déroula sur une seule phase à élimination directe, soit à partir des 8èmes de finale. Par malchance, l’équipe de France y rencontra l’une des équipes favorites, l’Autriche. C’était le 27 mai 1934 au stade Benito Mussolini de Turin, devant 16 000 personnes, dont le 1er club de supporters de l’équipe de France, qui pour l’occasion organisa un voyage en train entre Paris et Turin avec une visite de la ville le matin du match. Ils furent près de 10 000 français à venir supporter leur équipe. Malheureusement, ce fut une défaite par 3 buts à 2, et donc une élimination directe. A leur retour en France, les joueurs français furent accueillis en héros par près de 4 mille personnes. Quant à la victoire finale, c’est L’Italie qui l’emporta, permettant au Duce, Benito Mussolini, d’encenser les vertus de l’homme italien, héritier des légionnaires romains.
4 ans plus tard, c’est au tour de la France d’organiser la coupe du monde. Pourtant, ce ne fut pas une évidence pour tous. Sauf pour Jules Rimet, dirigeant incontournable du football français de l’époque, et un des créateurs avec Henri Delaunay de ce tournoi international, qui imposa avec force son pays pour cette troisième édition. L’équipe de France cette fois-ci battit la Belgique 3 buts à 2 en huitième de finale, et rencontra par la suite, le tenant du titre, l’Italie. Pas de miracle, elle fut défaite 3 buts à 1, et l’Italie gagna pour la deuxième fois consécutive la coupe du monde en battant la Hongrie 4 buts à 2. L’arbitre fut quant à lui un français du nom de Mr Capdeville.
Après l’intermède malheureux de la seconde guerre mondiale, la coupe du monde revint en 1950 au Brésil, mais cette fois-ci sans la France, battue par la Yougoslavie durant les qualifications. Et pourtant, elle aurait pu y aller, car repêchée après que trois équipes se retirèrent, elle dût finalement déclarer forfait par manque de temps pour préparer la compétition. Elle y reviendra donc en 1954 en Suisse, mais, battu à nouveau par la Yougoslavie 1 à 0, et malgré sa victoire sur le Mexique par 3 buts à 2, elle fut éliminée rapidement. Cependant, malgré cette élimination prématurée, une nouvelle génération de joueurs de talents arriva. Ils s’appelaient Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Jonquet, Penverne, etc…
Et effectivement, en 1958, en Suède, l’équipe de France, avec ces joueurs, ne fût jamais aussi proche d’atteindre les sommets, avec notamment un record qui tient encore aujourd’hui, les 13 buts marqués par Just Fontaine. La coupe du monde débuta donc avec une victoire contre le Paraguay par 7 buts à 3, une nouvelle défaite contre la Yougoslavie par 3 buts à 2, véritable bête noire durant ces années, et une nouvelle victoire contre l’Ecosse par 2 buts à 1, permettant à l’équipe d’obtenir sa qualification pour les quarts de finale. Son adversaire fut l’Irlande du Nord, qu’elle battit facilement par 4 buts à 0. Ensuite, en demi-finale, elle y rencontra le Brésil d’un tout jeune joueur appelé Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pelé, et malheureusement elle s’inclina par 5 buts à 2, notamment après la blessure de Joncquet, non remplacé. Après ce match mémorable, elle rencontra pour le compte de la troisième place l’équipe de la RFA, qu’elle battit 6 buts à 3, terminant justement à cette troisième place, ainsi que meilleure attaque de la compétition.
Après, les années 60 et 70 furent plus difficiles avec une non qualification en 1962 et un barrage perdu en Italie par 1 à 0. Qualifiée en 1966 en Angleterre, elle tomba dans un groupe difficile (Mexique, Uruguay et Angleterre), l’Angleterre devenant même championne du monde chez elle. Pour la coupe du monde 70, elle perd à domicile 1 à 0 contre la Norvège, composé de joueurs amateurs, et sombre contre l’Angleterre perdant 5 buts à 0. Et elle n’est pas qualifiée non plus pour la coupe du monde 74, éliminée par l’URSS cette fois-ci.
Il faudra donc attendre 1978 et la coupe du monde en Argentine pour revoir une équipe de France digne de ce nom, avec notamment comme sélectionneur Michel hidalgo, et comme joueurs, Didier Six, Maxime Bossis, Bernard Lacombe, et bien sûr Michel Platini. Et c’est en battant la Bulgarie que la France s’envola pour sa 6ème coupe du monde. Seulement, n’étant pas tête de série, elle tomba dans un groupe très relevé avec L’Argentine, l’Italie et la Hongrie. Le premier match, contre l’Italie, vit pourtant la France ouvrir le score à la 1ère minute par Bernard Lacombe, mais elle perdit au final par 2 buts à 1. Le match contre l’Argentine devint donc primordial pour envisager une suite favorable, mais là aussi, l’expérience jouant en faveur de l’Argentine, c’est une nouvelle défaite à laquelle à droit l’équipe de France, aidé il est vrai par l’arbitre, coupable d’avoir sifflé une faute de main non évidente de Marius Trésor, occasionnant un penalty synonyme de défaite, soit 2 buts à 1. Le dernier match, sans enjeux, restera malgré tout dans l’histoire, en raison notamment du problème des maillots manquants, obligeant la France à jouer avec un jeu de maillot rayé du club local. Victoire quand même par 3 buts à 1.
Pour le mondial suivant, en Espagne, l’équipe de France, toujours composé des joueurs comme Platini, Bossis, Six, Rocheteau, s’adjoint quelques nouveaux comme Giresse, Tigana, Genghini, ou encore le tout jeune Manuel Amoros, et revient avec d’autres ambitions. Seulement, elles sont vite douchées par la défaite contre l’Angleterre (3 à 1). La victoire contre le Koweit par 4 buts à 1 ramena un peu plus d’allant dans le groupe, et ce, malgré l’intrusion sur le terrain du sheikh de ce pays, exigeant et obtenant l’annulation du but de Alain Giresse, ce qui provoqua une colère noire de la part du sélectionneur français. Et c’est par un match nul (1-1) contre la Tchécoslovaquie que ce premier tour se termina, avec l’assurance de passer au suivant. Et là, ce fut plus facile avec deux victoires contre l’Autriche (1-0) et l’Irlande du nord (4-1), où pour la 1ère fois quatre joueurs à vocation offensive furent associés (Platini, Genghini, Tigana, Giresse) au milieu de terrain, donnant naissance au fameux carré magique. Donc, après 24 ans, c'est la deuxième demi-finale pour les Bleus, avec comme adversaire de choix, la RFA de Karl Heinz Rummenigge et consorts. Et quelle demi-finale. 1 à 1 à l’issue du temps réglementaire, la prolongation fut perturbée par l’agression non sanctionnée du gardien allemand Harald Schumacher sur Patrick Battiston, ce qui aura pour conséquence de survolter les français avec deux buts coup sur coup de Marius trésor et Alain Giresse. Seulement, ne sachant pas garder ce résultat, ils se font rejoindre en quelques minutes, et ne peuvent éviter la séance des tirs au but, première du genre dans cette compétition. Maxime Bossis et Didier Six ratant leurs tirs respectifs, les allemands réussissant les leurs, la France rata donc l’occasion d’aller en finale pour la première fois de son histoire. Amertume, déception haine, la presse française se déchaina, on fut proche de la 3ème guerre mondiale. Mais grâce aux italiens, la coupe du monde échappa aux allemands, battue par 3 buts à 1. Grazie Italia. Quant à l’équipe de France, fatiguée, démotivée, elle perdit ce match des perdants contre la Pologne par 3 buts à 2, mais ce parcours rappela celui de ses glorieux ainés de 1958.
Pour la coupe du monde suivante, au Mexique, la France, après avoir conquis son premier titre majeur, l’Euro 84, fit donc office de favorite. Entrainé cette fois-ci par Henri Michel, ancien de la campagne 78, elle peina malgré tout à passer le 1er tour en battant le Canada par 1 but à 0, fit match nul contre l’URSS (1-1), et gagna contre la Hongrie 3 but à 0. Ensuite, le huitième de finale se solda par une victoire méritée sur l’Italie, 2 à 0, dont un but de Platini, joueur de la Juventus, menant tout droit vers une confrontation contre le Brésil du pelé blanc, Zico. Surnommé les brésiliens de l’Europe, c’est donc à une partie spectaculaire auquel nous avons le droit, Pelé, le vrai cette fois-ci, qualifiera même ce match de partie du siècle. 1 à 1 à la fin du temps réglementaires, rien durant les prolongations, ce fut de nouveau les tirs au but pour l’équipe de France, mais cette fois-ci, les bleus se qualifièrent grâce au dernier tir au but de Luis Fernandez, faisant oublier celui manqué par Michel Platini. Les portes de la demi-finale s’ouvrirent, et de nouveau la France retrouva la RFA. La revanche était dans toutes les têtes, sauf que, après des efforts importants contre le Brésil, les jambes elles ne suivirent pas, et ce fut une nouvelle défaite par 2 buts à 0. Mais malgré cette nouvelle désillusion, la petite finale contre la Belgique (4-2 ap) permit malgré tout à la France d’accéder à la troisième place du tournoi, comme en 1958.
Après cette coupe du monde somme toute réussie, nous assisterons à la fin d’une génération d’exception, ce qui aura pour effet de rater la coupe du monde en 1990 en Italie, et surtout celle quatre ans plus tard aux Etats-Unis, en raison notamment d’un de ces matchs inoubliables, soit la défaite 2 buts à 1 contre la Bulgarie de Stoichkov au Parc des Princes. A quelques minutes de la fin du match. Le sélectionneur était Gerard Houiller, et son second, un certain Aimé Jacquet, dont on va parler par la suite.
Effectivement, en 1998, la coupe du monde retrouva la France après celle organisé en 1938, Aimé Jacquet en était donc le sélectionneur, et une équipe, qui deviendra par la suite un groupe d’exception était en train de naitre. Est-ce bien nécessaire de les nommer tous ? En tout cas, ils resteront dans l’histoire comme ceux qui ont permis à la France d’atteindre enfin la consécration. Et pourtant, la presse sportive, en l’occurrence l’Equipe, fut loin d’être confiante, doutant même des capacités techniques d’Aimé Jacquet à aller loin dans cette compétition. Ce fut bien sur tout autre. Pas si facile, des adversaires de choix, le Paraguay, l’Italie, la Croatie, et bien sur le Brésil, mais au final une victoire sans appel, avec un score également sans appel, 3 buts à zéro, dont deux de Zinedine Zidane et d’un d’Emmanuel Petit, marquant là le millième buts de l’équipe de France, et devenant un slogan connu, « et un et deux et trois zéro », et surtout avec pour la première fois un capitaine français levant la coupe, en l’occurrence Didier Deschamps. Cette équipe dite « black, blanc, beur » dépassa donc ses glorieux ainés, et enchanta tout un peuple, descendu dans les rues de France. Du jamais vu depuis la libération.
Passant cet évènement exceptionnel, l’équipe de France repris donc sa marche pour la coupe du monde en Corée et au Japon, après avoir conquis un autre titre majeur, l’Euro 2000. Le sélectionneur était Roger Lemerre. Ultra favorite, avec comme ambition non cachée de réussir un exploit en alignant trois résultats majeurs de suite, la préparation et le début de la compétition furent tout autres. En effet, Robert Pires étant forfait pour blessure, Zidane se blessant durant un match amical contre la Corée, et une préparation bâclée, dû certainement à un sentiment d’invincibilité, la France fut battue par le Sénégal (1-0) durant le match d’ouverture. Elle fit match nul contre l’Uruguay (0 à 0), et, de nouveau battue par le Danemark cette fois-ci(2 à 0). Conséquence sans appel, retour difficile et incompréhensible à la maison, étant donné l’engouement populaire et l’ambition affichée par tous. Grosse désillusion donc, mais pour la petite histoire, l’Argentine sortit également dès le 1er tour. On se rassure comme on peut.
Ensuite, après cette sortie inopinée, s’ouvrit l’ère Domenech. Certainement celle qui laissera le plus de regret, même si durant la coupe du monde de 2006 en Allemagne, après avoir repêché quelques retraités (Zidane, Bartez, Thuram), le parcours de l’équipe de France fut exceptionnel avec à la clé une finale contre l’Italie. Effectivement, après un 1er tour difficile, les Bleus enchaineront des matchs de prestiges contre l’Espagne tout d’abord (3-1), le Brésil ensuite (1-0), avec un Zidane au sommet de son art, réalisant là son meilleur match en équipe de France, écoeurant au passage les brésiliens par la technique affichée, le Portugal , battu 1 à 0 sur un penalty de Zizou, et enfin la finale contre l’Italie, la revanche de l’Euro, mais avec cette fois-ci un tout autre scénario, puisque Zidane, répondant aux insultes de Materazzi, répondit par un coup de tête, alors que le résultat était à un but partout, mais avec un ascendant des français. La France termina donc à dix, et n’arrivant pas à tuer le match, arriva encore une fois aux tirs au but. Et là, l’issue fut donc favorable aux italiens, après que Trezeguet rata son tir au but. Question, avec Zidane, quel aurait été l’issue de ce match ? Une deuxième étoile ? Je pense que oui, mais c’est juste mon avis. Et Domenech une autre destinée.
Donc, après cette place de vice-champion du monde, et malgré une déroute durant l’Euro 2008, l’équipe de France est toujours coaché par Raymond Domenech. Une erreur selon moi. Qualifiée pour la prochaine coupe du monde en Afrique du Sud, une nouvelle génération de joueurs complètent les anciens que sont Thierry Henry, Gallas, Abidal ou encore Malouda, avec comme idée de réitérer le parcours de 2006, dixit le sélectionneur. Seulement voilà, au-delà, des trois matchs joués contre l’Uruguay (0-0), le Mexique (0-2), et l’Afrique du Sud (1-2), c’est surtout l’histoire du bus de Knysna qui restera dans toutes les mémoires, conséquence directe ou indirecte de l’affaire Anelka, et pour moi, d’une perte de leadership de la part de Raymond Domenech sur son groupe, voir même l’absence d’un homme qui aurait dû être le leader sur le terrain, mais lâché par sa hiérarchie après le match de barrage contre l’Irlande, où sa main permit quand même à la France de gagner, en l’occurrence Thierry Henry. Tellement forte cette histoire, que le sujet revient à chaque fois sur le tapis, encore aujourd’hui. Et, après ce séisme pour le football français, Raymond Domenech sera cette fois-ci bel et bien limogé, remplacé par un ancien champion du monde, Laurent Blanc. Mais, ne restant que deux ans, et ce malgré un parcours plus qu’honorable, si ce n’est la sortie de l’Euro en Ukraine,
c’est aujourd’hui un autre champion du monde qui mène la destinée de l’équipe de France actuelle, Didier Deschamps. Le capitaine d’un soir inoubliable, de bon augure pour la suite ? Et justement, concernant cette nouvelle coupe du monde organisé par le Brésil, les bleus s’y retrouvent donc après un barrage stressant contre l’Ukraine, où nous avons dû attendre le match retour et la victoire par 3 buts à zéro, après une défaite par 2 buts à zéro, afin de savoir si cette équipe allait passer à côté d’un tel évènement ou attendre gentiment l’Euro 2016 en France. Et un et deux et trois zéro, le passé resurgit.
Seulement, sans Ribéry blessé, et avec un groupe jeune, le plus jeune jamais engagé, l’équipe de France va entamer une nouvelle campagne en rencontrant le Honduras ce soir, la Suisse par la suite, et l’Equateur pour finir, mais sans pour autant savoir pour l’instant si l’esprit de la gagne de Didier Deschamps, le talent des joueurs, et leur envie, la mènera loin, sachant que cette fois-ci l’ambition est limitée, car le but avoué, est d’aller au moins en huitième ou en quart de finale, et, de gagner de l’expérience afin de préparer dans les meilleurs conditions l’Euro 2016. Mais, avec la dèche, la surprise peut être totale, et une nouvelle page de l’histoire de l’équipe de France de football s’inscrire en grand. Résultat dès ce soir. Allez les Bleus, allez la France.
Jacques Samela
Sources :
. Wikipedia.
. FFF (www.fff.fr)
A lire :
. L’intégrale de l’équipe de France de football de Jean-Michel Cazal.
. Les Bleus : Tous les joueurs de l’équipe de France de 1904 à nos jours de Denis Chaumier.
. Les Bleus : le livre officiel de l’équipe de France de football de Dominique Grimault.
. L’aventure des Bleus : Les 50 plus belles histoires de l’équipe de France de football de Alain Mercié et Cyril Pocréaux.
. Le journal de Jules Rimet de Renaud Leblond.