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Incubateur, la poule aux oeufs d'or ?

Publié le par Jacques SAMELA.

D’un point de vue technique, et d’après le dictionnaire, un incubateur est un endroit qui favorise l’incubation des œufs, facilitant en cela leur éclosion.

A l’échelle plus économique, un incubateur, d’entreprises cette fois-ci, est une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprises, avec comme objectif d’apporter un soutien en terme de conseil, de financement, et d’hébergement durant les premières étapes de la vie de leur vie (aux entreprises).

Et, avec plus de 200 lieux référencés en France aujourd’hui, les incubateurs, qui existent depuis une vingtaine d’années, ont accueillis entre 2000 et 2014 près de 4 000 projets d’entreprises innovantes, permettant la création de plus de 2 500 entreprises.

La ville référence en France, en est Paris, avec plus de 40 incubateurs pour 1 500 start-up hébergées, et de grands projets en passe d’être finalisés, comme celui du Bd Mc Donald avec 15 000 m2 dédiés aux start-up, celui du stade jean Bouin, devant accueillir pour l’Euro 2016 des start-up dédiées au monde du sport, sans oublier celui de la halle Freyssinet, porté par Xavier Niel, le créateur de Free, censé accueillir pour la fin 2016 près de 1 000 sociétés et plus de 3 000 entrepreneurs sur 30 000 m2, devenant pour l’occasion le plus grand incubateur de France.

Mais, loin d’être homogènes, les incubateurs peuvent se différencier entre eux par les services qu’ils proposent, leur caractère lucratif ou pas, le type de projets qu’ils accompagnent, ou leur statut.

En effet, ils peuvent par exemple être publics. Créés dans le cadre de l’appel à projets prévu par la loi Allègre du juillet 1999, leurs missions est de favoriser le transfert de technologies développés dans les laboratoires de recherche publique vers le monde économique par la création d’entreprises innovantes. Ils sont actuellement au nombre de 28, et Belle de Mai à Marseille, Paris Biotech Santé à Paris ou encore Eurasanté à Loos dans le Nord Pas de calais en sont quelques exemples significatifs.

Ensuite, ils peuvent provenir d’écoles ou d’organismes de recherche, avec comme but d’accompagner les projets de création d’entreprises de leurs anciens étudiants ou chercheurs.

Mais, ils peuvent aussi être liés au développement économique local, provenant d’agences de développement économique ou de pôles de compétitivité (lire ou relire mon article sur le sujet, en date du 03/01/13).

Sans pour autant oublier les privés ou semi-privés (pouvant être portés également par des fonds publics), permettant à de grands groupes industriels de se rapprocher de l’innovation par l’intermédiaire des start-up, comme par exemple, la SNCF avec son incubateur consacré au voyageur connecté, Renault la mobilité connectée ou encore Gdf Suez, Engie maintenant, consacré lui à trouver une meilleure énergie pour la ville, faisant donc figure de pionniers, et entrainant avec eux des projets dans tous les secteurs industriels ou non comme le transport, le tourisme, ou le secteur de la cosmétique.

Donc, au vu de ces différents exemples, les incubateurs paraissent être de vrais accélérateurs de projets, mais ont-ils pour autant prouvés leur efficacité ?

Apparemment oui, car même si il est encore tôt pour avoir une idée précise de la réussite de ce dispositif, il s’avère quand même qu’une grande majorité des start-up passées par ces structures, passent plus facilement le cap tant redouté de la pérennité, avec un taux de mortalité faible, et que certaines obtiennent des succès foudroyant comme par exemple Critéo (lire ou relire l’article sur le sujet, en date du 19/11/13), connu pour avoir levé au Nasdaq de New York la modique somme de 182 millions de dollars, et né dans les locaux d’Agoranov (www.agoranov.com), l’un des plus anciens incubateurs de la ville de Paris, ou encore Pretty Simple (www.prettysimplegames.com), fondé à Paritech Entrepreneurs (www.telecom-paritech.fr), et dont la notoriété s’est appuyé sur le jeu vidéo Criminal Case (pour les aficionados), séduisant près de 100 millions d’utilisateurs dans le monde sur Facebook.

Donc oui, le modèle parait viable, mais pour être vraiment pérenne et encore plus efficace aujourd’hui, un accès de ces structures à des projets internationaux, Paris en espère près de 30 % sur son territoire, leur permettrait d’attirer les entreprises les plus innovantes. Mais avec les arrivées récentes du géant japonais du commerce électronique Rakuten (www.rakuten.com), ouvrant son centre de recherche à Paris, de Google, ouvrant, toujours à Paris, son centre culturel, unique au monde, et récemment Facebook, avec son idée d’ouvrir un centre de R&D consacré à l’intelligence artificielle à Paris, car assuré de trouver sur place des écoles et des universités reconnues pour former dans ce cas les meilleurs ingénieurs, cela démontre justement que le mouvement est déjà en marche, que la France n’est pas aussi à la traine que certains veulent le dire, et qu’au contraire, l’excellence française, reconnue de par le monde, y est recherchée.

Quant aux start-up, cela ne peut qu’être bénéfique pour leur avenir, avec l’assurance pour elles, de se confronter à ce qui se fait de mieux aujourd’hui dans le domaine de l’innovation au sens large du termes.

La prochaine étape ?

Que des groupes français, sortis d’incubateurs puissent à leur tour jouer le rôle de précurseur, mais cette fois-ci à l’étranger.

Jacques Samela

Sources :

. www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid5739/les-incubateurs-dentreprises-innovantes-lies-a-la-recherche-publique.html

. www.retis-innovation.fr

. www.mon-incubateur.com

. Wikipedia

. Les Echos du 05 juin 2015 : Start-up academy.

Incubateur, la poule aux oeufs d'or ?

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FabLab, la création collaborative au service de l'innovation

Publié le par Jacques SAMELA.

Avant la 1ère édition du FabLab festival (www.fablabfestival.fr) de Toulouse (6 au 10 mai), je souhaitais vous, nous, faire découvrir ce qu’était réellement un « fabLab ».

Alors, qu’est-ce qu’un « fabLab », et à quoi cela peut-il servir ?

Pour ceux qui savent, gardez-le pour vous (le temps de votre lecture), et ensuite, n’hésitez-pas à m’écrire pour me faire part d’éventuelles erreurs, voir d’oublis.

Donc, un fabLab qu’est-ce donc ?

Défini en 2004 par un certain Neil Gershenfeld, directeur du Center for Bits and Atoms au Massachussets Institute of Technology (MIT), le premier FabLab a été créé à Boston (USA). Le premier FabLab français fut quant à lui créé à Toulouse, et c’était en 2009. Depuis, de nombreux se sont créés de par le monde.

Donc, un FabLab est un laboratoire de fabrication, contraction de l’anglais « fabrication laboratory, ouvert au public, il s’adresse aux entrepreneurs, designers, artistes, bricoleurs, étudiants, vous, moi, et on y trouve toutes sortes d’outils comme des machines à commande numérique peu coûteuses, et de plus en plus des imprimantes 3D. Le FabLab constitue aussi un espace de création dite collaborative, où l’on peut fabriquer divers objets, transformer ou réparer des objets de la vie courante.

Mais attention, pour être considéré comme un vrai FabLab, il faut respecter la charte en vigueur, mise en place par le MIT de Boston, et qui implique d’intégrer le réseau mondial des laboratoires locaux, partager le catalogue évolutif pour fabriquer n’importe quel objet, tout en permettant aux personnes et aux projets d’être partagés, fournir une assistance opérationnelle, technique, financière, logistique et d’éducation, permettre un accès libre à tout individu désirant créer, sans omettre également des responsabilités comme la sécurité (ne rien endommager et ne blesser personne), le fonctionnement (nettoyer, maintenir et améliorer le laboratoire), et les connaissances (contribution à la documentation, ainsi qu’aux autres).

Alors, même si la France paraît, je dis bien, paraît en retard, il faut quand même savoir que dès la fin des années 90, des espaces publiques numériques (EPN) ou cyberbases ont été ouverts, avec depuis juin 2013, une incitation du gouvernement pour que ces structures, plus de 4 000, puissent se métamorphoser en FabLab. Sur 154 dossiers déposés, 14 projets furent retenus. Gageons que ce n’est qu’un début, car aujourd’hui, ce sont les entreprises qui s’y mettent également.

En effet, des groupes comme Renault (Le Créative Lab), Airbus (Le Protospace), Orange (L’Orange Fab France), ou encore EDF (L’I2R), ont donc ouverts leur propre structure, avec justement comme idée de donner, voire de redonner un élan à leurs processus d’innovation, libérer la créativité de leurs salariés, repérer les potentiels entrepreneurs, augmenter le nombre de brevets, et donc innover en rupture totale avec leur activité. Et, pour être encore plus efficaces, les FabLabs industriels français, se fédèrent en association appelée « Fab&Co », avec comme but de mettre en commun leurs ressources, afin de monter des projets.

Ensuite, après l’explosion de ces FabLabs dits Corporate, il y a aussi ceux que l’on nomme FabLabs académiques, qui occasionnent des approches collaboratives entre les étudiants et les entreprises, permettant à celles-ci de de renouer avec un esprit start-up quelque peu perdu. On peut citer comme exemple L’Ideaslab de l’Insa (www.ideaslab.insa-strasbourg.fr), le FabLab de la cité Descartes (www.fablab-descartes.com) ou encore le Coh@bit de l’IUT de Bordeaux (www.iut.u-bordeaux1.fr). Les FabLabs interentreprises comme l’Usine IO (www.usine.io), soutenu par Free, Parrot (lire l’article du 23/02/15), et Venteprivée.com, ou encore le FabMake de l’IRT de Jules Verne (www.fabmake.fr), parrainé par le pôle EMC2 (www.pole-emc2.fr) et la start-up Fabshop (www.lefabshop.fr), et dont l’idée phare, est de permettre à tout porteur de projets, d’être accompagné afin de réaliser un projet ou un prototype de produit jusqu’à l’éventuelle industrialisation.

Sans oublier également les FabLabs indépendants, qui émanent eux plutôt d’associations ou d’entreprises ne souhaitant pas investir dans leur propre structure, mais souhaitant malgré tout bénéficier d’une dynamique innovante, grâce à la mise à disposition gratuite d’installations de premier choix. Et dans cette catégorie, le Fablab ICI Montreuil (www.icimontreuil.com) fait office d’exemple, car avec près de 1 750 m2 d’ateliers pour près de 58 savoirs artisanaux, artistiques et technologiques, il est actuellement le plus important de France, mais sans oublier pour autant L’Artilect Lab de Toulouse (www.artilect.fr), premier FabLab de l’hexagone, qui de 1 000 m2 devrait passer à près de 3 900 m2, et donc dépasser largement celui de Montreuil.

Les jeux sont donc loin d’être fait dans cette compétition, qui n’en est pas vraiment une en plus, mais qui par contre, par cette quête nouvelle (enfin) vers plus d’innovation, démontre d’un certain regain national pour la création, et permettra certainement à la France et à son économie d’en tirer des résultats plus que positifs pour son avenir.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia.

. L’Usine Nouvelle du 01 mai 2014.

. L’Usine Nouvelle du 29 mai 2014.

. L’Usine Nouvelle du 18 septembre 2014.

. L’Usine Nouvelle du 19 octobre 2014.

. Industrie & Technologies du 25 mars 2015.

. Le Parisien Economie du 20 avril 2015.

En savoir plus :

. www.fablab.fr

A lire :

. Fab Lab : L’avant-garde de la nouvelle révolution industrielle. FYP Editions, collection « La fabrique des possibles ».

. L’âge du faire « Haking, travail, anarchie » de Michel Lallement. Edition Seuil.

A retenir :

. Empowerment : Etre acteur plutôt que consommateur.

. Prototypage rapide : Ensemble de machines à commande numérique de niveau professionnel.

. Do It Yourself (DIY) : Fais-le toi-même.

. Do it With Others (DIWO) : On ne le fait même plus “soi-même”, mais avec les autres.

. User Innovation : L’innovation ascendante.

. Open Lab : L’accès au FabLab est gratuit et ouvert à tous.

. Failure is always an option : L’échec est toujours une option. Faire par erreurs successives.

. Fab manager : La personne à tout faire du FabLab.

. Fab Academy (www.fabacademy.org) : Offre de formation en ligne et distribuée, avec travaux pratiques dans les FabLabs.

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Le Rafale, des mirages à l'éclaircie

Publié le par Jacques SAMELA.

Le 16 février 2015 restera certainement une date charnière dans la vie du Rafale.

En effet, de par la signature de l’Egypte pour l’achat de 24 exemplaires de l’avion de combat français, imaginé et élaboré par le groupe Dassault Aviation (www.dassault-aviation.com), créateur également des Mirages, et après quinze ans d’échec, cet évènement tant attendu, moqué également (voir photo), aura certainement pour effet de débloquer bien des situations en attente aujourd’hui.

Pour dire que l’on attendait la signature finale de L’Inde pour honorer sa commande de 126 appareils, voir celle du Qatar, intéressé lui par 36 appareils, et qui maintenant se fait passer devant par l’Egypte, ce qui à l’échelle du Moyen Orient et d’un antagonisme vivace, pourra peut-être justement ouvrir des portes quelques peu fermées dans le royaume de Doha. Suite aux prochains épisodes.

Et l’Egypte, avec cet achat on ne peut plus rapide (3 mois de discussions), devient pour la deuxième fois après 1981 et l’acquisition de Mirage 2000, devient aujourd’hui un client historique, voire peut-être comme la dernière fois le précurseur de succès à venir. De bonne-augure pour la suite ?

Lancé en 1988, le programme Rafale, a donc mis du temps avant d’obtenir son premier contrat à l’export. Par-contre en France, après une commande en 1994, la Marine Nationale réceptionna sa première flottille de Rafale F-12 dès 2004, et l’armée de l’air son 1er escadron en 2006.

Utilisé en Afghanistan, en Lybie dans le cadre de l’opération Harmattan, au Mali dans le cadre de l’opération Serval, et en Irak aujourd’hui contre « Daech », le Rafale a largement démontré ses capacités exceptionnelles au combat, avec l’ultra polyvalence comme une de ses principales qualités, sans oublier sa conception aérodynamique inédite, basée sur une aile delta.

Seulement, malgré ses réels atouts, et son haut degré de maturité opérationnel, suivi pourtant de très près par la plupart des armées de l’air du monde entier, ses ventes à l’extérieur étaient toujours égales à zéro. Les raisons, diverses. Tout d’abord, son coût. En effet, considéré à tort ou à raison comme l’avion de combat le plus cher du monde, dû certainement à son concentré d’innovations technologiques de premier plan, permit à ses principaux concurrents de jouer au maximum sur cet aspect. Ensuite, ce ne fut qu’une longue série de déconvenues, avec des raisons diverses, comme par exemple le poids des Etats-Unis aux Pays-Bas, à Singapour, ou encore en Corée du Sud, où après avoir surpassé l’avion américain F-15 à l’issue des évaluations, un appel de George Bush changea la donne et empêcha donc le Rafale d’équiper l’armée de l’air de ce pays.

Mais, il ne faut pas oublier les erreurs de la France elle-même, qui après avoir mené des campagnes commerciales prometteuses, anéantit ces mêmes opérations par des maladresses incroyables, comme par exemple au Maroc en 2007, où une demande récurrente de financement du royaume pour l’achat de 18 Rafale à 2,1 milliards d’Euros ne fût pas prise en compte à temps, en Suisse en 2011, où après avoir donné sa préférence pour le Rafale, elle revint sur sa décision après une intervention de Nicolas Sarkozy l’accusant d’être toujours un paradis fiscal, et enfin le Brésil, qui après un intérêt de l’ancien président Lula, fût stoppé par la présidente actuelle, prétextant le peu d’intérêt de la France à appuyer son initiative dans les discussions avec l’Iran sur le nucléaire, mais plus certainement dû au peu d’intérêt de l’Etat-Major de l’armée de l’air brésilien pour le Rafale. Depuis, ce pays a acquis des avions de combat suédois Gripen.

Donc, passé ces années plus que compliquées, il faut savoir qu’au-delà de l’utilisation du rafale, ce que d’aucuns commencent à dire (un peu comme pour le porte-avions Charles De Gaulle), ce 1er contrat à l’export va garantir un modèle industriel élaboré par le groupe Dassault et l’Etat français, ce qui dans la loi de programmation militaire 2014-2019, prévoit 40 Rafale vendus à l’export permettant la cadence d’assemblage de 11 appareils par an, jugé minimal pour que ce programme garde justement un sens économique, sachant que le constructeur doit livrer d’ici 2019, 55 appareils.

Ensuite, c’est aussi un poids économique non négligeable qui perdurera pendant de nombreuses années, avec tout d’abord le GIE Rafale, composé donc de Dassault Aviation (60 %), de Thalès (22 %), et de Snecma-Safran (18 %), fleurons de l’industrie aéronautique française, accompagné par près de 500 PME sous-traitantes, ce qui correspond à près de 7 000 emplois directs (combien d’indirects ?), mais surtout, l’assurance de garder en France des technologies de pointes, d’un savoir-faire reconnu, tout en privilégiant une innovation de qualité, permettant à la France de garder son indépendance, primordiale pour les années à venir, notamment dans le cadre de l’après Rafale, déjà en point de mire.

Quant à l’Egypte, avec cette acquisition rapide, elle pourra dès le mois d’août présenter cet outil de combat hors norme durant l’inauguration de l’extension du Canal de Suez, mais surtout répondre aux attaques récurrentes sur ses frontières.

Jacques Samela

Sources :

. La Tribune du 05/12/14.

. Les Echos du 09/02/15.

. Challenges du 12/02/15.

. Le Figaro du 13/02/15.

Le Rafale, des mirages à l'éclaircie
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Le pacte de responsabilité et de solidarité, mais qu’est-ce donc ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Oui, qu’est-ce donc, et à quoi cela doit-il servir ?

Car, au-delà des postures et querelles partisanes, et dans l’attente du vote définitif de la loi Macron, sensé redonner du punch à l’économie française, il est un sujet auquel nous devons adhérer justement, c’est la santé économique de notre pays, au même titre que d’autres combats à mener que vous connaissez bien.

Et justement, ce début d’année voit donc la mise en application du fameux pacte de responsabilité, tant promis par l’exécutif, qu’attendu par les entreprises.

Donc, lors de ses vœux à la nation en 2013, François Hollande proposa un pacte de responsabilité destiné à redresser la compétitivité des entreprises, avec comme objectif avoué, faire reculer le chômage. Destiné également à gagner 0,5 % de croissance, et donc de créer près de 200 000 emplois à l’horizon 2017, le pacte représentera 41 milliards d’Euros d’aides accordées aux entreprises, afin notamment de les inciter à embaucher et à investir, tout en réduisant les impôts et les cotisations sociales, en simplifiant les procédures administratives comme la simplification de la fiche de paie ou encore à faciliter l’accès à la commande publique, mais aussi et surtout à baisser le coût du travail, déjà en partie acté par la mise en place du Crédit impôt compétitivité emploi, plus connu sous l’appellation CICE.

Par-contre, ce pacte ne sera pas sans contreparties.

Il sera effectivement demandé aux entreprises des créations d’emplois, avec notamment le développement de formations en alternance, l’apprentissage et les contrats de génération, la qualité des emplois à travers la formation des salariés, l’amélioration des grilles de classification et la réduction de la précarité du travail, ou encore l’investissement en France, leur permettant notamment de tenter autant que faire se peut la relocalisation de leurs activités.

Quant au financement de ce pacte, le premier ministre détailla le 16 avril 2014 un plan d’économies de 50 milliards d’Euros sur la période 2015-2017, avec des mesures phares d’économies budgétaires comme la baisse des prestations sociales, ou encore l’accentuation de la lutte contre la fraude fiscale (1 milliard d’ Euros de recettes supplémentaires) permettant justement d’en assurer son financement, mais aussi de permettre à la France de respecter ses engagements européens.

Les efforts seront donc répartis entre les dépenses de l’Etat (près de 18 milliards), les collectivités territoriales (11 milliards), la protection sociale (11 milliards), et l’assurance maladie (10 milliards).

Cependant, et avant de terminer ce sujet, il serait fautif de ne pas relater du deuxième volet de ce pacte, celui qui concerne la partie solidarité, et qui, par son action, permettra d’augmenter le pouvoir d’achat des foyers les plus modestes, tout en réduisant leurs impôts, soit un allègement pour près de 4 millions de ménages, une revalorisation des prestations sociales comme le minimum vieillesse, ou encore la mise en œuvre d’un plan de lutte contre la pauvreté, avec par exemple une augmentation du RSA.

Donc, il est vraiment important que ce pacte donne des résultats rapides, car la situation sur le marché du travail est loin d’être positif, avec notamment les derniers chiffres du mois de décembre, qui porte à 3,5 millions de demandeurs d’emplois, record absolu, car, malgré ce que disent certains, c’est bien en en accompagnant les entreprises à retrouver leur compétitivité, que nous pourrons assister à un retournement de situation, et faire que le chômage commence à baisser.

Et ce n’est pas faire du lobbying pour le patronat que de dire cela, c’est juste une réalité, car si les entreprises gagnent des parts de marchés, retrouve de la compétitivité, elles auront besoin de main d’œuvre, et donc d’embaucher.

Et comme le dit le gouvernement (je ne roule pas pour lui, mais pour la France), c’est bien dans l’intérêt de tous.

Jacques Samela

. Pour en savoir plus :

www.gouvernement.fr/pacte-responsabilite-solidaire

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Allemagne, autre modèle à suivre ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Au moment de la célébration de la chute du mur de Berlin, 25 ans déjà, et après l’accord entre les ministres français et allemands des finances, concernant l’élaboration d’un programme d’investissements, il me paraît aujourd’hui nécessaire de donner une vraie idée de ce que représente vraiment l’Allemagne, considérée à tort ou à raison par beaucoup comme le modèle à suivre pour réussir.

Mais avant cela, il faut quand même se rappeler qu’il y a 10 ans, l’Allemagne était considéré comme l’homme malade de l’Union Européenne. En effet, dans la plupart des Länder (Etats fédéraux), le taux de chômage atteignait les 15 % voire les 20 %, les coûts du travail, élevés, rendaient l’économie peu compétitive, et les actions engagés par le gouvernement de l’époque associé aux partenaires sociaux, débouchaient sur peu de résultats concrets. L’atmosphère était donc des plus moroses.

Donc, pour remédier à cette situation, le 14 mars 2003, le chancelier de l’époque Gerhard Schröder, annonçait au Bundestag (le parlement allemand) le lancement de l’agenda 2010, ambitieux programme de réformes, sensé contribuer à redresser l’économie allemande, la rendre prospère, compétitive, et capable d’affronter le défi de la mondialisation.

Les premières mesures concernèrent surtout le marché du travail, avec un paquet de réformes appelées « Hartz I-IV », visant à rendre ce dernier plus flexible, à accroitre l’efficacité des services de placement des chômeurs, en les incitant notamment à reprendre un emploi plus rapidement. Le slogan de l’agenda ne s’appelait pas pour rien " Fordern und Förder " (exiger et encourager).

Ensuite, ce furent d’autres mesures qui s’enchainèrent entre 2003 et 2004, améliorant les services de placement des chômeurs via le placement privé et l’intérim, soutenant de nouvelles formes d’emplois faiblement rémunérés, la création d’entreprises individuelles (« Ich-Ag »), et la transformation des bureaux d’emplois locaux (« Arbeitsämter ») en guichets uniques (Job center).

Et enfin, pour achever les fondations, l’entrée en vigueur de la loi « Hartz IV » durcit les conditions d’indemnisation du chômage, en réduisant à 12 mois la durée de perception de l’allocation chômage, 18 mois pour les plus de 57 ans, et, pour toute personne capable de travailler, l’assurance de percevoir l’ALG II Arbeitslosengeld II »), une nouvelle indemnité de longue durée. Aujourd’hui, ses bénéficiaires touchent 382 Euros par mois, avec le paiement par l’Etat du loyer et des frais de chauffage.

Soutenu dès le début par l’opposition au parlement, ce que l’on peut appeler le consensus à l’allemande, cette réforme n’eut pas par contre l’adhésion de la rue, au contraire. En effet, une vague de contestation massive provoqua une cassure au sein du parti social-démocrate (SPD), donnant naissance au parti Die Linke, mais surtout obligea le père de la loi en question, Gerhard Schröder, de convoquer en 2005 des élections législatives anticipées, qu’il perdit au profit d’Angela Merkel, actuelle chancelière.

Cependant loin d’arrêter le processus, les gouvernements suivant suivirent la route tracée par l’agenda 2010, avec dès 2006 des résultats positifs, comme une croissance à la hausse, et surtout une baisse accrue du chômage.

Et aujourd’hui, 10 ans après, où en est vraiment l’Allemagne ?

Déjà, elle n’est plus qualifiée d’homme malade de l’Union Européenne, mais plutôt d’homme fort (le pays). Elle s’est désendettée, avec aujourd’hui un déficit budgétaire proche du zéro (2013 et 2014), une compétitivité retrouvée avec notamment un excédent commercial atteignant en 2013 près de 198 000 millions d’Euros, et surtout un taux de chômage au plus bas depuis 20 ans, soit près de 6 % de sans-emplois, s’approchant même du plein emploi à 5 %.

Cependant, et cela va rassurer les sceptiques, la situation n’est peut-être pas aussi rose que cela. En effet, les inégalités sociales ont augmentées, les salaires eux, moins, et les bénéficiaires de l’allocation ALG, créée par la loi Hartz IV (voir plus haut), semblent avoir d’énormes difficultés pour se sortir de leur situation précaire. Et cette situation, surtout à gauche, continue de cristalliser le débat contre cette réforme. Par-contre, pour les autres, ils estiment qu’il faut continuer à réformer et à innover pour que l’Allemagne reste la championne tout catégorie qu’elle est devenue. Gerhard Schröder lui-même, plaidant pour un agenda 2020.

Et l’idée est peut-être la bonne, car quand on voit les derniers chiffres de l’économie allemande, on peut se dire que rien n’est gagné. En effet, avec une baisse de 4 % de la production au mois d’août, des commandes à l’industrie qui ont chuté de 5,7 %, soit le plus fort recul depuis 2009, et une progression de l’économie allemande qui ne devrait être que de 1,4 % cette année au lieu de 1,9 % initialement prévu, la situation peut devenir problématique.

Et en tant que moteur de l’Europe, un point de croissance en moins, c’est un demi-point en moins pour la zone euro, et donc l’Europe entière qui s’inquiète.

Alors, la raison est peut-être passagère, mais en tout cas, le fait d’être aussi dépendante de ses exportations, ce qui aujourd’hui, dans un contexte de retournement économique de la conjoncture internationale, en particulier dans les pays émergents comme la Russie par exemple, donne comme conséquence immédiate une baisse de commande. Mais aussi, et cela est plus étonnant, un sous-investissement intérieur chronique (17 % du PIB), notamment dans des domaines comme les infrastructures (routes, ponts, voies ferrées), l’éducation, car que ce soit à l’échelle de l’Etat fédéral, des Länder ou des villes, l’obsession première étant l’équilibre budgétaire, les empêchent justement toute action d’investissement à plus ou moins long termes.

Et, avec 12 % de la population active, soit 4,5 millions de personnes touchant moins de 8,50 €uros de l’heure, des créations d’emplois limités en Allemagne de la part des entreprises allemandes, plus portées vers l’export, la situation macroéconomique du pays peut se détériorer rapidement.

Alors, vouloir s’inspirer de l’Allemagne pourrait être judicieux pour l’avenir de notre pays, notamment pour la compétitivité des entreprises, par-contre, la copier en totalité serait une erreur, car comme pour la Suisse (voir dossier du mois de septembre 2014), l’histoire de ce pays, qui plus est économique, est quelque peu différente de la nôtre, sachant par exemple qu’en France on s’appuie depuis de nombreuses années sur un état centralisateur fort, à l’origine des grandes idées économiques, alors qu’en Allemagne, les Länder sont plus ou moins indépendants, sans oublier également cette culture germanique, très loin de la nôtre, sauf peut-être en Alsace (est-ce bien vrai ?), et donc difficilement transposable.

Cependant, et afin de clôturer ce dossier sur une note d’espoir, le Daily Telegraph, quotidien britannique de renom et donc jamais avare de « french bashing », prétend que la France sera dans les dix prochaines années la 1ère puissance économique de l’Europe continentale, s’appuyant notamment sur une natalité forte, lui permettant d’ici quelques années de passer devant l’Allemagne, qui elle perd des habitants chaque année.

Haro donc sur nos déclinistes récurrents, faites-vous donc votre avis, et réponse en 2024, voir pourquoi pas plus tôt ?.

Jacques Samela

Sources :

. www.allemagne.diplo.de

. L’Opinion du 18 septembre 2014.

. Le Figaro du 23 septembre 2014.

. Le figaro du 08 octobre 2014.

. Le Monde du 09 octobre 2014.

. Challenges du 14/10/2014.

A lire :

. Bien communiquer, travailler et négocier avec vos interlocuteurs de langue allemande de Cristina Cazorzi, Silvia Didier et Vincent Montenero. Editeur : AFNOR Editions.

Allemagne, autre modèle à suivre ?
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Délocalisations, relocalisations ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Après la mode des délocalisations, assisterons-nous à celle des relocalisations ?

Oui, même si la dynamique n’est pas encore aujourd’hui à même de surpasser un mouvement largement destructeur d’emplois. Car, ne l’oublions pas, les délocalisations, permettant certainement à de nombreuses entreprises de ne pas disparaître, car synonyme de coûts de production moindre, et donc de compétitivité préservée vis-à-vis des pays émergents, ont par-contre enclenchées une série non négligeable de plans sociaux plus ou moins médiatisés, au détriment quand même d’informations plus positives, d’où l’idée de ce blog, rendant donc la situation de l’industrie française encore plus compliquée, car déjà en perte de vitesse depuis de nombreuses années. On passera donc d’un savoir-faire qualitatif à un savoir-faire quantitatif.

Seulement, après plusieurs années d’expériences, plusieurs entreprises décident de faire le chemin inverse. En effet, au-delà d’une main d’œuvre toujours aussi peu chère, la question aujourd’hui, est de savoir si les critères qui ont poussés hier ces entreprises à délocaliser sont toujours d’actualités ?

Pas sûr, et prenons le cas de deux entreprises ayant fait ce double chemin.

Le premier concerne donc l’entreprise Loiselet (www.loiselet.com), spécialisée dans le domaine de la fonderie, et dont justement la fermeture de son site de production à Nogent-Le-Roi (Eure et Loire) en 2001 au profit d’une unité de production en Chine, permit à l’entreprise de ne pas disparaître. Seulement, après quelques années, son jeune PDG, Sylvain Loiselet, peu satisfait de sa situation, envisagea un autre scénario. En effet, après mûres réflexions, une analyse objective des coûts réels, en sept points (prix, qualité, technicité et équipements, réactivité et stock, métallurgie, environnement et proximité), il s’avèrera qu’un retour en France ne serait pas une erreur, au contraire.

Et, après avoir déterminé que la matière première, importée d’Europe, était plus couteuse car l’acheminement et la tva étaient plus élevés, que le transport des produits finis, coutaient eux environ 1 millions d’Euros par an, que la durée des voyages obligeait l’entreprise à disposer d’un stock important en France, soit une immobilisation de près de 2,5 millions d’Euros, et surtout, que la qualité des produits restait inférieure aux standards européens, le choix fût donc de fermer l’unité de production en Chine, pour créer un nouveau site à Dreux cette fois-ci, considéré comme le plus compétitif.

Ensuite, pour accompagner ce retour, Loiselet est devenue la première entreprise à bénéficier d’une aide à la ré-industrialisation dans le cadre des investissements d’avenir sous la forme d’un prêt à taux zéro de 6,5 millions d’Euros, et l’entrée dans le capital à hauteur de 17 % du Fonds stratégique d’investissement (FSI). Et, grâce à cet apport, l’entreprise à put investir dans un outil industriel moderne, ce qui permit à son dirigeant de dire qu’aujourd’hui, avec une seule personne, il fabrique autant qu’avec une dizaine de personnes. Et le résultat ne s’est pas fait attendre, car aujourd’hui, son carnet de commande lui assure près de trois ans d’activités.

Le second, concerne quant à lui la marque de luxe Mauboussin (www.mauboussin.com) qui en 2002, décida de délocaliser la fabrication de ses bijoux en Asie, choquant au passage ses principaux concurrents, et qui douze ans plus tard décida lui aussi de faire le chemin inverse en rapatriant d’abord 20 % de sa production en France, avec comme souhait et objectif de viser d’ici 2016 les 50 % et donc de retravailler avec des sous-traitants du crus, privilégiant justement la qualité à la quantité, mais également d’améliorer les délais de production, le service après-vente et les procédures de contrôle.

Et heureusement, les exemples ne manquent pas, car que ce soit le groupe Rossignol (www.rossignol.com), la coopérative Atol (www.opticiens-atol.com), ou encore Lectra (www.lectra.com), leurs choix et leurs stratégies ont été plus que positifs avec des retours largement payants en termes d’emplois, d’innovation, et surtout de compétitivité.

Mais, pour comprendre l’enjeu véritable d’une relocalisation, il faut déjà savoir qu’il en existe trois types, qu’elles sont suivi de logiques économiques, et que douze leviers d’actions sont obligatoires pour réussir le processus.

Commençons donc par les relocalisations d’arbitrage. Elles sont opérées par les grands groupes, et interviennent plutôt à l’occasion du lancement d’un nouveau projet, d’une technologie innovante ou d’une nouvelle gamme de produits.

Ensuite, les relocalisations de retour. Consécutives à des délocalisations, elles reposent sur des déceptions documentées et l’évolution des marchés, ou des positionnements de l’entreprise sur ces mêmes marchés, mais aussi sur des opportunités d’investissements en France comme le rachat d’un concurrent ou d’un partenaire, la mise en place d’un nouveau procédé ou d’une nouvelle technologie.

Et, pour terminer, les relocalisations de développement compétitif. Résultat d’une étude de terrain après une délocalisation à l’étranger avant que la relocalisation puisse être envisagée dans une étape dite de maturité et d’approfondissement des positions de marchés ainsi établies.

Ensuite donc, les logiques économiques, qui au nombre de cinq, détermine l’envie ou pas de passer à l’étape suivante. Les voici :

1/ Les logiques d’optimisation de la production, dont le but est de saturer les sites existants dans une logique de développement de la production ou d’optimisation des capacités de production ou de recherche.

2/ Les logiques de repositionnement dans la chaine des valeurs, passant par l’intégration et l’optimisation de la chaine de valeur de l’entreprise, dans un esprit de renouvellement des gammes, de l’innovation et de l’amélioration de la rentabilité.

3/ Les logiques de sécurisation d’un écosystème qualitatif et créatif, nécessitant un écosystème fiable et de qualité, impliquant un réseau actif de sous-traitants, de fournisseurs et de services inhérents à toute activité industrielle.

4/ Les logiques de valorisation et de communication, s’appuyant sur la valeur spécifique de la production française (Made in France), et la traduisant en communication valorisée.

5/ Certaines logiques de coûts, unissant l’ensemble des coûts associés à une production lointaine.

Et, pour finir, ces leviers d’actions que sont l’investissement, l’immobilier, le financement, l’organisation, la chaîne de réactivité, la qualité, la sécurité juridique, l’intégration dans un écosystème, le repositionnement en gamme, le développement de services associés à la production, l’innovation et la mobilisation sociale, et enfin les ressources humaines.

Quant aux instances gouvernementales, et afin d’appuyer ce mouvement, elles ont installées depuis l’année dernière le logiciel Colbert, permettant justement aux PME désireuses de relocaliser leur outil de production, de réaliser un autodiagnostic, et de simplifier les démarches inhérentes à cette opération en mois de 30 minutes.

Et, comme le disait Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), grand argentier et initiateur d’une politique industrielle sous Louis XIV, et dont le logiciel prend son nom, « si nos fabriques imposent à force de soins la qualité supérieure de nos produits, les étrangers trouveront avantage à se fournir en France, et leur argent affluera dans les caisses du royaume ».

Donc, l’idée de relocaliser des outils de production expatriés au bout du monde, avec au bout de l’emploi, de l’innovation, de la compétitivité, et d’un certain savoir-faire à la française, est un vaste chantier qui n’en est qu’à ses débuts, mais qui je l’espère, donnera des résultats plus que positifs, avec comme idée surtout, d’éviter de nouvelles délocalisations dans l’avenir.

Jacques Samela

Sources :

. L’Usine Nouvelle n°3316 du 16 janvier 2013

. J’automatise n° 89 / juillet –aout 2013.

. Le Figaro du 12 mai 2014

. Les Echos du 11 juin 2014 : Comment les usines françaises de Legrand résistent à la délocalisation).

. Synthèse : Le choix de la France « Relocalisations d’activités industrielles en France » de Monsieur Mouhoud du cabinet Sémaphores (www.semaphores.fr) / DGCIS-DATAR-PIPAME (www.redressement-productif.gouv.fr).

. Logiciel Colbert 2.0 (www.entreprises.gouv.fr).

Délocalisations, relocalisations ?
Délocalisations, relocalisations ?

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Et si l’exemple à suivre était…la Suisse ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Petit pays de 41 000 km2 et de 8 millions d’habitants, au cœur de l’Europe, mais sans être membre de l’Union Européenne, la Suisse est peut être aujourd’hui l’un des modèles à suivre pour la France, si ce n’est le modèle ? Voyons.

Affichant un excédent de près de 20 milliards d’Euros (3,33 milliards d’Euros en juillet 2014), un taux de chômage de l’ordre de 2,3 %, soit son plus bas niveau, elle est depuis de nombreuses années numéro un mondial de l’innovation, et obtient le deuxième rang pour le nombre de brevets déposés par tête d’habitant.

Ce positionnement de premier de la classe n’est pas comme on pourrait le croire dû à son système bancaire, qui représente malgré tout 20 % de son PIB, mais bien à son tissu industriel, qui lui représente 22 %, lui permettant également de détenir également le poste de numéro un mondial (encore) pour la production industrielle par habitant avec 12 400 dollars.

En effet, car au-delà des clichés (voir photos) sur ce pays voisin, l’industrie suisse s’appuie justement sur des multinationales reconnues de par le monde comme Swatch, Nestlé, Roche, Richemont, Novartis ou encore ABB, leaders dans des secteurs de pointe comme les biotechnologies, la nutrition, l’horlogerie, l’hygiène ou encore le high-tech.

Ensuite, une autre de ses particularités, primordiale pour son industrie, concerne l’importance de l’apprentissage. En effet, loin de pousser les élèves à entreprendre des études longues (comme en France), 35 % seulement passent leur maturité fédérale (l’équivalent du bac), les autorités helvétiques ont depuis longtemps privilégiée ce modèle, tant est si bien que près de 50 % des patrons de la partie alémaniques sont passés par là, et que près de 30 % des patrons de la partie francophone également.

Vu sous cet aspect, on peut comprendre pourquoi les suisses disent que leur pays est le seul au monde à considérer que l’herbe est plus verte chez lui que chez le voisin (notamment la France). Cependant, avec les éléments qui vont suivre, tout n’est peut-être pas si vert, et ce sera à vous mes chers abonnés et lectrices et lecteurs de vous faire votre idée.

Donc, en premier lieu, la durée moyenne d’une semaine de travail est de 42 heures, avec dans certaines branches (entreprises industrielles, commerces de détail) des moyennes arrivant à 45 heures, voire même 50 heures. Par-contre, en ce qui concerne les salaires, la moyenne helvétique dépasse légèrement les 5 000 €, avec des pointes à 8 000 € pour un cadre moyen dans l’administration cantonale de Genève par exemple.

Alors oui les salaires sont élevés, mais la vie également. Par exemple, pour acquérir un logement, c’est pratiquement impossible, à moins d’être millionnaire. Résultat, 70 % des suisses sont locataires, avec depuis quelques années une ruée vers l’autre versant alpin, ce qui a pour effet de pénaliser les frontaliers français en raison des prix en hausse dans le domaine de l’immobilier.

Ensuite, la santé est également chère. En effet, sans sécurité sociale, mais avec une assurance maladie obligatoire (LAMal), le coût moyen des primes grimpe à 458 € par mois pour un adulte, et à 120 € pour chaque enfant. Quant aux impôts, pas de bol. Le suisse moyen paie davantage d’impôts que son homologue français (eh oui), ce qui, et là c’est une surprise, le pousse à soustraire près de 18 milliards de Franc suisse (14,4 milliards d’Euros) aux caisses de l’état. Ils sont même considérés, les suisses, comme les champions du monde de cette catégorie. Encore un titre, mais celui-ci moins connu.

Et, pour continuer sur les particularités phares de ce pays, sachez que la grève n’est pas un sport national, au contraire. Car, même si elle autorisée (encore heureux), les partenaires sociaux ont depuis très longtemps (1918) optés pour la paix au travail, et mis en avant le compromis (comme en Allemagne). La rupture de cet état de fait peut même être un motif de licenciement. Vous imaginez chez nous. Ensuite, revenant sur le licenciement, sachez qu’en Suisse il peut être très rapide, du jour au lendemain, sans pour cela obliger le dirigeant d’entreprise à motiver sa décision. Une perte de confiance envers son employé peut être suffisante. L’embauche y est également rapide.

Et pour finir, la retraite. Sujet récurrent en France, elle est en Suisse à 65 ans pour les hommes (depuis 1948), et à 64 ans pour les femmes. Le gouvernement actuel envisage même de repousser l’âge à respectivement 67 et 65 ans. A suivre. Mais avec peu de chances que cela fasse descendre les citoyens dans la rue.

Donc, voilà une petite idée de notre chère voisine qui, comme vous le savez certainement est partagée en quatre entités linguistiques bien distinctes et pas trois (l’allemand, le français, l’italien et le romanche), ce qui vous l’imaginez bien occasionne des interprétations différentes sur des sujets de sociétés importants pour la vie de la confédération, notamment durant les initiatives populaires (référendums).

Il est vrai par exemple qu’il est courant de dire que le suisse alémanique parait moins ouvert (d’après nous, français) que ses concitoyens francophones et tessinois (italien), et qu’il représente vraiment ce que l’on appelle parfois la « suissitude », c'est à dire la ponctualité, la propreté, l’amour de l’ordre, la discrétion, le sens de la tradition, sans oublier l’autorité, se rapprochant par là d’une autre voisine que d’aucuns souhaiterait prendre également comme modèle, l’Allemagne. Peut-être un prochain sujet, mais pour ma part, je pense qu’il y a effectivement des idées à prendre, d’autres à laisser, tout en sachant quand même que certaines auraient du mal à être utilisées chez nous en raison justement d’une histoire et d’une culture différente.

A vous donc de vous faire une idée.

Jacques Samela

Sources :

. Le Point du 17 juillet 2014 : Mais comment font les Suisses ?

. www.swissworld.org

Et si l’exemple à suivre était…la Suisse ?
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Le crowdfunding : Une chance pour nos entreprises ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Tout d’abord, qu’est-ce que ce mot ?

La traduction littérale serait « financement par la foule », mais les termes les plus utilisés sont plutôt « financement participatif », « financement collectif », ou « financement populaire ».

Dans la langue de Shakespeare, on parle également de « crowdfinancing » ou de « crowdsource capital ».

Et après, à quoi cela sert ?

A remplacer les banques par des plateformes (j’y reviendrai), où l’échange d’information est automatisé.

Bien sûr, on connait déjà les formules dans le cinéma, la musique, mais moins dans le monde industriel. Et pourtant, près de 30 000 entreprises françaises y ont déjà recourues en 2013. Mais avec 2 % de volume mondial, soit près de 4 milliards levés en 2013, la France est encore loin de rattraper ce retard (c’est malheureusement une habitude), même si de 2012 à 2013, les financements participatifs sont passés de 7,9 à 78,3 millions d’Euros.

Et justement, afin de rattraper ce retard, et permettre aux entreprises françaises (start-up, tpe, PME) de bénéficier de ces nouveaux modes de financement, le gouvernement a rendu le 30 mai dernier une ordonnance encadrant ces nouvelles pratiques. Elle sera applicable dès le 1er octobre, et aura pour but de faire de la France un modèle de l’économie alternative, car premier pays à se doter d’une telle réglementation.

Et, en plus d’être unique, cette ordonnance sera également innovatrice. En effet, imposant une dérogation au monopole bancaire, elle permettra le prêt de particuliers à des personnes morales (entreprises, associations). Ensuite, avec la création de statuts régulés pour les plateformes de crowdfunding, les opérateurs de prêts participatifs en ligne seront tenus d’adopter le nouveau statut d’intermédiaire en financement participatif (IFP), obligeant l’inscription au registre des intermédiaires financiers (ORIAS), ainsi que le respect des règles de bonne conduite et de transparence.

Sinon, pour revenir aux plateformes en question, on peut en ressortir trois. En premier, les plus nombreuses, les plateformes de don ou reward-based crowdfunding. Basées sur l’idée de financer un projet, les donateurs reçoivent en contrepartie l’objet que l’argent a aidé à fabriquer, ou, une rencontre avec le porteur du projet en question, rarement un retour financier comme un pourcentage sur les ventes par exemple. La plus connue en France aujourd’hui est MyMajorCompany (www.mymajorcompany.com). En deuxième, les plateformes de prêt ou peer-to-peer lending. Les moins nombreuses, et les plus risquées. Elles proposent des prêts rémunérés ou à taux zéro, avec comme risque justement de ne pas récupérer la somme prêtée. Et en troisième, les plateformes d’investissements ou equity based crowdfunding. Celles-ci sont particulièrement spécialisées dans l’investissement dans les entreprises. Elles aident notamment les start-up à lever des fonds, permettant aux investisseurs de devenir finalement des actionnaires, et de toucher des dividendes par la suite.

Donc, même si en France le crowdfunding est bien moins développé que dans les pays anglo-saxons, plusieurs indices indiquent que ce mode de financement devrait dans les années à venir représenter une manne financière importante pour les entreprises. En effet, vu que les français sont des champions de l’épargne, que les PME françaises innovantes tiennent largement leur rang (malgré ce l’on entend ou lit), et qu’il existe également une culture institutionnelle de l’investissement vers les PME, accentuée notamment par l’incitation fiscale connue sous l’appellation de loi dite TEPA, il est fort à parier que ce modèle aura une croissance élevé.

Ce qui bien sûr ne peut qu’être bénéficiaire pour les PME françaises, à la recherche de financements pour se développer, mais ne trouvant pas ou peu l’écoute des banques. Et, comme la tendance des futurs épargnants est de privilégier l’investissement local ou à circuit court, sans pour autant donner l’image d’un repli sur soi, mais au contraire avec comme souhait d’appuyer les projets ou les produits fabriqués sur son territoire, le rapprochement devrait être porteur de confiance et d’échange gagnant-gagnant pour chacun.

Et, sans attendre cet essor attendu et souhaité, des start-up françaises ont déjà pu bénéficier de ce mode de financement comme par exemple la société grenobloise Squadrone System (www.squadrone-system.net) qui a levé dernièrement auprès de la plateforme kickstarter (www.kickstarter.com) près de 1 million de dollars pour son drone Hexo+.

Et comme les start-up ont également besoin de visibilité, une autre spécificité de crowdfunding vient de se révéler, cela s’appelle le « media for equity ». C’est une forme de capital-risque qui consiste à proposer à ces structures en devenir de financer leurs campagnes publicitaires en cédant une partie de leur capital aux médias qui en font la promotion. En France, c’est le jeune fond d’investissement 5M Ventures (www.5m-ventures.com) qui le propose, avec la levée il y a de cela peu, de près de 500 000 €uros de fonds.

Donc, dans l’état actuel des choses, soit cette prise de risques minime de la part des établissements bancaires français (c’est malheureusement pas nouveau), ces nouveaux modes de financement permettront justement aux entreprises françaises de pallier ce manque, car, ce qui fait qu’une entreprise passe ou ne passe pas les caps inhérents à sa construction et surtout à sa pérennisation, c’est justement cette problématique fondamentale qui est l’absence de fonds suffisants.

Et, comme on parle de créer des champions industriels ou de la nouvelle économie au même titre que certains grands groupes mondiaux, il faudra bien que nos entreprises puissent justement trouver le carburant nécessaire pour envisager l’avenir avec succès.

Souhaitons donc que cela prenne enfin son essor.

Jacques Samela.

. Sources :

. www.decideursenregion.fr/National/Financer-Pour-innover/entreprises

. La Tribune du 03/04/14 : Vers un modèle de crowdfunding à la française.

. La Tribune du 12/03/14 : Le crowdfunding, une vraie source de financement

des PME.

. Les Echos du 11/06/14 : Les internautes s'invitent dans le financement des

entreprises.

. Le Figaro du 16/07/14 : Les médias séduisent les start-up à moindre frais.

. Autres :

. www.crowdfunding.fr

. www.tousnosprojets.fr

. www.financeparticipative.org

. www.uniland.fr

Baromètre 2013 du crowdfunding en France.

Baromètre 2013 du crowdfunding en France.

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L'équipe de France et la coupe du monde

Publié le par Jacques SAMELA.

La France a le sixième palmarès de la coupe du monde de football avec 1 victoire et trois podiums. Elle est également la troisième nation européenne dans la hiérarchie et l’histoire de cette compétition.

Tout commença donc en 1930 en Uruguay, avec pour l’équipe de France, un périple de deux semaines en bateau et des entrainements sur le pont, le premier match de cette première coupe du monde de football, contre le Mexique, avec à la clé une victoire 4 buts à 1, et également le premier but de l’histoire de cette compétition, marqué par Lucien Laurent. Par-contre, ensuite, ce furent deux défaites consécutives contre l’Argentine et le chili sur le même score de 1 but à zéro, ce qui occasionna une élimination dès le 1er tour. Et en ce qui concerne la victoire finale, c’est le pays organisateur qui l’emporta sur l’Argentine par 4 buts à 2, complétant là son palmarès, car elle était déjà double championne olympique en 1924 et 1928.

La deuxième coupe du monde se déroula elle en Italie en 1934. La France s’y qualifia facilement en battant notamment le Luxembourg. Seize équipes furent qualifiées, et la compétition se déroula sur une seule phase à élimination directe, soit à partir des 8èmes de finale. Par malchance, l’équipe de France y rencontra l’une des équipes favorites, l’Autriche. C’était le 27 mai 1934 au stade Benito Mussolini de Turin, devant 16 000 personnes, dont le 1er club de supporters de l’équipe de France, qui pour l’occasion organisa un voyage en train entre Paris et Turin avec une visite de la ville le matin du match. Ils furent près de 10 000 français à venir supporter leur équipe. Malheureusement, ce fut une défaite par 3 buts à 2, et donc une élimination directe. A leur retour en France, les joueurs français furent accueillis en héros par près de 4 mille personnes. Quant à la victoire finale, c’est L’Italie qui l’emporta, permettant au Duce, Benito Mussolini, d’encenser les vertus de l’homme italien, héritier des légionnaires romains.

4 ans plus tard, c’est au tour de la France d’organiser la coupe du monde. Pourtant, ce ne fut pas une évidence pour tous. Sauf pour Jules Rimet, dirigeant incontournable du football français de l’époque, et un des créateurs avec Henri Delaunay de ce tournoi international, qui imposa avec force son pays pour cette troisième édition. L’équipe de France cette fois-ci battit la Belgique 3 buts à 2 en huitième de finale, et rencontra par la suite, le tenant du titre, l’Italie. Pas de miracle, elle fut défaite 3 buts à 1, et l’Italie gagna pour la deuxième fois consécutive la coupe du monde en battant la Hongrie 4 buts à 2. L’arbitre fut quant à lui un français du nom de Mr Capdeville.

Après l’intermède malheureux de la seconde guerre mondiale, la coupe du monde revint en 1950 au Brésil, mais cette fois-ci sans la France, battue par la Yougoslavie durant les qualifications. Et pourtant, elle aurait pu y aller, car repêchée après que trois équipes se retirèrent, elle dût finalement déclarer forfait par manque de temps pour préparer la compétition. Elle y reviendra donc en 1954 en Suisse, mais, battu à nouveau par la Yougoslavie 1 à 0, et malgré sa victoire sur le Mexique par 3 buts à 2, elle fut éliminée rapidement. Cependant, malgré cette élimination prématurée, une nouvelle génération de joueurs de talents arriva. Ils s’appelaient Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Jonquet, Penverne, etc…

Et effectivement, en 1958, en Suède, l’équipe de France, avec ces joueurs, ne fût jamais aussi proche d’atteindre les sommets, avec notamment un record qui tient encore aujourd’hui, les 13 buts marqués par Just Fontaine. La coupe du monde débuta donc avec une victoire contre le Paraguay par 7 buts à 3, une nouvelle défaite contre la Yougoslavie par 3 buts à 2, véritable bête noire durant ces années, et une nouvelle victoire contre l’Ecosse par 2 buts à 1, permettant à l’équipe d’obtenir sa qualification pour les quarts de finale. Son adversaire fut l’Irlande du Nord, qu’elle battit facilement par 4 buts à 0. Ensuite, en demi-finale, elle y rencontra le Brésil d’un tout jeune joueur appelé Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pelé, et malheureusement elle s’inclina par 5 buts à 2, notamment après la blessure de Joncquet, non remplacé. Après ce match mémorable, elle rencontra pour le compte de la troisième place l’équipe de la RFA, qu’elle battit 6 buts à 3, terminant justement à cette troisième place, ainsi que meilleure attaque de la compétition.

Après, les années 60 et 70 furent plus difficiles avec une non qualification en 1962 et un barrage perdu en Italie par 1 à 0. Qualifiée en 1966 en Angleterre, elle tomba dans un groupe difficile (Mexique, Uruguay et Angleterre), l’Angleterre devenant même championne du monde chez elle. Pour la coupe du monde 70, elle perd à domicile 1 à 0 contre la Norvège, composé de joueurs amateurs, et sombre contre l’Angleterre perdant 5 buts à 0. Et elle n’est pas qualifiée non plus pour la coupe du monde 74, éliminée par l’URSS cette fois-ci.

Il faudra donc attendre 1978 et la coupe du monde en Argentine pour revoir une équipe de France digne de ce nom, avec notamment comme sélectionneur Michel hidalgo, et comme joueurs, Didier Six, Maxime Bossis, Bernard Lacombe, et bien sûr Michel Platini. Et c’est en battant la Bulgarie que la France s’envola pour sa 6ème coupe du monde. Seulement, n’étant pas tête de série, elle tomba dans un groupe très relevé avec L’Argentine, l’Italie et la Hongrie. Le premier match, contre l’Italie, vit pourtant la France ouvrir le score à la 1ère minute par Bernard Lacombe, mais elle perdit au final par 2 buts à 1. Le match contre l’Argentine devint donc primordial pour envisager une suite favorable, mais là aussi, l’expérience jouant en faveur de l’Argentine, c’est une nouvelle défaite à laquelle à droit l’équipe de France, aidé il est vrai par l’arbitre, coupable d’avoir sifflé une faute de main non évidente de Marius Trésor, occasionnant un penalty synonyme de défaite, soit 2 buts à 1. Le dernier match, sans enjeux, restera malgré tout dans l’histoire, en raison notamment du problème des maillots manquants, obligeant la France à jouer avec un jeu de maillot rayé du club local. Victoire quand même par 3 buts à 1.

Pour le mondial suivant, en Espagne, l’équipe de France, toujours composé des joueurs comme Platini, Bossis, Six, Rocheteau, s’adjoint quelques nouveaux comme Giresse, Tigana, Genghini, ou encore le tout jeune Manuel Amoros, et revient avec d’autres ambitions. Seulement, elles sont vite douchées par la défaite contre l’Angleterre (3 à 1). La victoire contre le Koweit par 4 buts à 1 ramena un peu plus d’allant dans le groupe, et ce, malgré l’intrusion sur le terrain du sheikh de ce pays, exigeant et obtenant l’annulation du but de Alain Giresse, ce qui provoqua une colère noire de la part du sélectionneur français. Et c’est par un match nul (1-1) contre la Tchécoslovaquie que ce premier tour se termina, avec l’assurance de passer au suivant. Et là, ce fut plus facile avec deux victoires contre l’Autriche (1-0) et l’Irlande du nord (4-1), où pour la 1ère fois quatre joueurs à vocation offensive furent associés (Platini, Genghini, Tigana, Giresse) au milieu de terrain, donnant naissance au fameux carré magique. Donc, après 24 ans, c'est la deuxième demi-finale pour les Bleus, avec comme adversaire de choix, la RFA de Karl Heinz Rummenigge et consorts. Et quelle demi-finale. 1 à 1 à l’issue du temps réglementaire, la prolongation fut perturbée par l’agression non sanctionnée du gardien allemand Harald Schumacher sur Patrick Battiston, ce qui aura pour conséquence de survolter les français avec deux buts coup sur coup de Marius trésor et Alain Giresse. Seulement, ne sachant pas garder ce résultat, ils se font rejoindre en quelques minutes, et ne peuvent éviter la séance des tirs au but, première du genre dans cette compétition. Maxime Bossis et Didier Six ratant leurs tirs respectifs, les allemands réussissant les leurs, la France rata donc l’occasion d’aller en finale pour la première fois de son histoire. Amertume, déception haine, la presse française se déchaina, on fut proche de la 3ème guerre mondiale. Mais grâce aux italiens, la coupe du monde échappa aux allemands, battue par 3 buts à 1. Grazie Italia. Quant à l’équipe de France, fatiguée, démotivée, elle perdit ce match des perdants contre la Pologne par 3 buts à 2, mais ce parcours rappela celui de ses glorieux ainés de 1958.

Pour la coupe du monde suivante, au Mexique, la France, après avoir conquis son premier titre majeur, l’Euro 84, fit donc office de favorite. Entrainé cette fois-ci par Henri Michel, ancien de la campagne 78, elle peina malgré tout à passer le 1er tour en battant le Canada par 1 but à 0, fit match nul contre l’URSS (1-1), et gagna contre la Hongrie 3 but à 0. Ensuite, le huitième de finale se solda par une victoire méritée sur l’Italie, 2 à 0, dont un but de Platini, joueur de la Juventus, menant tout droit vers une confrontation contre le Brésil du pelé blanc, Zico. Surnommé les brésiliens de l’Europe, c’est donc à une partie spectaculaire auquel nous avons le droit, Pelé, le vrai cette fois-ci, qualifiera même ce match de partie du siècle. 1 à 1 à la fin du temps réglementaires, rien durant les prolongations, ce fut de nouveau les tirs au but pour l’équipe de France, mais cette fois-ci, les bleus se qualifièrent grâce au dernier tir au but de Luis Fernandez, faisant oublier celui manqué par Michel Platini. Les portes de la demi-finale s’ouvrirent, et de nouveau la France retrouva la RFA. La revanche était dans toutes les têtes, sauf que, après des efforts importants contre le Brésil, les jambes elles ne suivirent pas, et ce fut une nouvelle défaite par 2 buts à 0. Mais malgré cette nouvelle désillusion, la petite finale contre la Belgique (4-2 ap) permit malgré tout à la France d’accéder à la troisième place du tournoi, comme en 1958.

Après cette coupe du monde somme toute réussie, nous assisterons à la fin d’une génération d’exception, ce qui aura pour effet de rater la coupe du monde en 1990 en Italie, et surtout celle quatre ans plus tard aux Etats-Unis, en raison notamment d’un de ces matchs inoubliables, soit la défaite 2 buts à 1 contre la Bulgarie de Stoichkov au Parc des Princes. A quelques minutes de la fin du match. Le sélectionneur était Gerard Houiller, et son second, un certain Aimé Jacquet, dont on va parler par la suite.

Effectivement, en 1998, la coupe du monde retrouva la France après celle organisé en 1938, Aimé Jacquet en était donc le sélectionneur, et une équipe, qui deviendra par la suite un groupe d’exception était en train de naitre. Est-ce bien nécessaire de les nommer tous ? En tout cas, ils resteront dans l’histoire comme ceux qui ont permis à la France d’atteindre enfin la consécration. Et pourtant, la presse sportive, en l’occurrence l’Equipe, fut loin d’être confiante, doutant même des capacités techniques d’Aimé Jacquet à aller loin dans cette compétition. Ce fut bien sur tout autre. Pas si facile, des adversaires de choix, le Paraguay, l’Italie, la Croatie, et bien sur le Brésil, mais au final une victoire sans appel, avec un score également sans appel, 3 buts à zéro, dont deux de Zinedine Zidane et d’un d’Emmanuel Petit, marquant là le millième buts de l’équipe de France, et devenant un slogan connu, « et un et deux et trois zéro », et surtout avec pour la première fois un capitaine français levant la coupe, en l’occurrence Didier Deschamps. Cette équipe dite « black, blanc, beur » dépassa donc ses glorieux ainés, et enchanta tout un peuple, descendu dans les rues de France. Du jamais vu depuis la libération.

Passant cet évènement exceptionnel, l’équipe de France repris donc sa marche pour la coupe du monde en Corée et au Japon, après avoir conquis un autre titre majeur, l’Euro 2000. Le sélectionneur était Roger Lemerre. Ultra favorite, avec comme ambition non cachée de réussir un exploit en alignant trois résultats majeurs de suite, la préparation et le début de la compétition furent tout autres. En effet, Robert Pires étant forfait pour blessure, Zidane se blessant durant un match amical contre la Corée, et une préparation bâclée, dû certainement à un sentiment d’invincibilité, la France fut battue par le Sénégal (1-0) durant le match d’ouverture. Elle fit match nul contre l’Uruguay (0 à 0), et, de nouveau battue par le Danemark cette fois-ci(2 à 0). Conséquence sans appel, retour difficile et incompréhensible à la maison, étant donné l’engouement populaire et l’ambition affichée par tous. Grosse désillusion donc, mais pour la petite histoire, l’Argentine sortit également dès le 1er tour. On se rassure comme on peut.

Ensuite, après cette sortie inopinée, s’ouvrit l’ère Domenech. Certainement celle qui laissera le plus de regret, même si durant la coupe du monde de 2006 en Allemagne, après avoir repêché quelques retraités (Zidane, Bartez, Thuram), le parcours de l’équipe de France fut exceptionnel avec à la clé une finale contre l’Italie. Effectivement, après un 1er tour difficile, les Bleus enchaineront des matchs de prestiges contre l’Espagne tout d’abord (3-1), le Brésil ensuite (1-0), avec un Zidane au sommet de son art, réalisant là son meilleur match en équipe de France, écoeurant au passage les brésiliens par la technique affichée, le Portugal , battu 1 à 0 sur un penalty de Zizou, et enfin la finale contre l’Italie, la revanche de l’Euro, mais avec cette fois-ci un tout autre scénario, puisque Zidane, répondant aux insultes de Materazzi, répondit par un coup de tête, alors que le résultat était à un but partout, mais avec un ascendant des français. La France termina donc à dix, et n’arrivant pas à tuer le match, arriva encore une fois aux tirs au but. Et là, l’issue fut donc favorable aux italiens, après que Trezeguet rata son tir au but. Question, avec Zidane, quel aurait été l’issue de ce match ? Une deuxième étoile ? Je pense que oui, mais c’est juste mon avis. Et Domenech une autre destinée.

Donc, après cette place de vice-champion du monde, et malgré une déroute durant l’Euro 2008, l’équipe de France est toujours coaché par Raymond Domenech. Une erreur selon moi. Qualifiée pour la prochaine coupe du monde en Afrique du Sud, une nouvelle génération de joueurs complètent les anciens que sont Thierry Henry, Gallas, Abidal ou encore Malouda, avec comme idée de réitérer le parcours de 2006, dixit le sélectionneur. Seulement voilà, au-delà, des trois matchs joués contre l’Uruguay (0-0), le Mexique (0-2), et l’Afrique du Sud (1-2), c’est surtout l’histoire du bus de Knysna qui restera dans toutes les mémoires, conséquence directe ou indirecte de l’affaire Anelka, et pour moi, d’une perte de leadership de la part de Raymond Domenech sur son groupe, voir même l’absence d’un homme qui aurait dû être le leader sur le terrain, mais lâché par sa hiérarchie après le match de barrage contre l’Irlande, où sa main permit quand même à la France de gagner, en l’occurrence Thierry Henry. Tellement forte cette histoire, que le sujet revient à chaque fois sur le tapis, encore aujourd’hui. Et, après ce séisme pour le football français, Raymond Domenech sera cette fois-ci bel et bien limogé, remplacé par un ancien champion du monde, Laurent Blanc. Mais, ne restant que deux ans, et ce malgré un parcours plus qu’honorable, si ce n’est la sortie de l’Euro en Ukraine,

c’est aujourd’hui un autre champion du monde qui mène la destinée de l’équipe de France actuelle, Didier Deschamps. Le capitaine d’un soir inoubliable, de bon augure pour la suite ? Et justement, concernant cette nouvelle coupe du monde organisé par le Brésil, les bleus s’y retrouvent donc après un barrage stressant contre l’Ukraine, où nous avons dû attendre le match retour et la victoire par 3 buts à zéro, après une défaite par 2 buts à zéro, afin de savoir si cette équipe allait passer à côté d’un tel évènement ou attendre gentiment l’Euro 2016 en France. Et un et deux et trois zéro, le passé resurgit.

Seulement, sans Ribéry blessé, et avec un groupe jeune, le plus jeune jamais engagé, l’équipe de France va entamer une nouvelle campagne en rencontrant le Honduras ce soir, la Suisse par la suite, et l’Equateur pour finir, mais sans pour autant savoir pour l’instant si l’esprit de la gagne de Didier Deschamps, le talent des joueurs, et leur envie, la mènera loin, sachant que cette fois-ci l’ambition est limitée, car le but avoué, est d’aller au moins en huitième ou en quart de finale, et, de gagner de l’expérience afin de préparer dans les meilleurs conditions l’Euro 2016. Mais, avec la dèche, la surprise peut être totale, et une nouvelle page de l’histoire de l’équipe de France de football s’inscrire en grand. Résultat dès ce soir. Allez les Bleus, allez la France.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia.

. FFF (www.fff.fr)

A lire :

. L’intégrale de l’équipe de France de football de Jean-Michel Cazal.

. Les Bleus : Tous les joueurs de l’équipe de France de 1904 à nos jours de Denis Chaumier.

. Les Bleus : le livre officiel de l’équipe de France de football de Dominique Grimault.

. L’aventure des Bleus : Les 50 plus belles histoires de l’équipe de France de football de Alain Mercié et Cyril Pocréaux.

. Le journal de Jules Rimet de Renaud Leblond.

L'équipe de France et la coupe du monde
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La France, sa place aujourd'hui

Publié le par Jacques SAMELA.

La France a-t-elle encore son mot à dire ?

Oui, et ce malgré les campagnes récurrentes de « french bashing », les informations négatives (délocalisations, plans sociaux) au détriment de celles plus positives (voir mes revues de presse), parce que jugées moins vendeuses, mais dont la conséquence aujourd’hui est un manque évident de confiance d’une partie de nos compatriotes sur les capacités de la France à rebondir et à relever le défi d’une mondialisation qui fait peur, car synonyme pour eux de déclassement.

Considérée aujourd’hui comme une puissance moyenne à vocation mondiale, elle n’est pour autant pas dépassée, au contraire. En effet, et même si il est vrai que son image parait brouillée, en raison notamment de ses problèmes actuels (chômage, dette), confortant malheureusement les pessimistes de tous poils sur un certain déclin du pays, qui soit dit en passant n’est pas nouveau, son rayonnement actuel est loin d’être négligeable, car en dehors des pays anglo-saxons, toujours à l’affut des faiblesses françaises, le reste du monde, en particulier les pays que l’on nomme encore aujourd’hui émergents, sont plutôt enthousiastes à son encontre, faisant crédit de ses compétences technologiques, d’un certain esprit d’entreprendre et d’innover, et d’un « je ne sais quoi de français » toujours présent pour eux. Moins pour les français apparemment.

Et pourtant, avec un PIB de plus de 2 000 milliards d’Euros, La France se place encore aujourd’hui au 5ème rang économique mondial, et au 2ème rang européen derrière l’Allemagne, grâce notamment à des secteurs d’activités forts comme l’aéronautique, le spatial, l’agro-alimentaire, la santé, l’énergie, la gastronomie, la mode ou le luxe, sans oublier pour autant les nouvelles technologies comme internet, où justement elle est leader en Europe, avec Paris comme deuxième capitale mondiale.

Egalement 1ère puissance agricole en Europe, elle est encore aujourd’hui un acteur clé de l’Union Européenne avec un positionnement très central, bénéficiant d’infrastructures de bon niveaux, d’une natalité forte, ainsi que d’un niveau d’éducation et de formation élevés et appréciés, synonyme d’une attractivité naturelle et intéressante pour l’avenir.

Et, au-delà de l’aspect économique, n’oublions pas que la France est également présente à l’échelle mondiale en raison de son poids historique, son rôle stratégique, diplomatique et politique. Membre permanent de l’ONU, elle participe à toutes les organisations internationales gouvernant le monde, ainsi qu’à la gestion des affaires économiques, militaires, sans oublier l’aide aux pays en difficultés ou en voie de développement.

Sans négliger également le rayonnement de la culture française, reconnue de par le monde pour son histoire, sa littérature, son cinéma, ses arts, de la table ou non, faisant de la France le 1er pays touristique dans le monde avec près de 60 millions de touristes chaque année, et bien évidemment la langue française, parlé par près de 300 millions de personnes, ce qu’on appelle la francophonie, et dont le nombre devrait atteindre les 700 millions en 2050, faisant de cette langue la troisième derrière l’anglais et le mandarin.

Donc, non la France n’est pas un pays en déclin, elle est plutôt à la croisée de chemins, qui la porteront à nouveau vers le devant de la scène comme durant ce que l’on a appelé les 30 glorieuses, car à bien y regarder, et au-delà d’une volonté politique, je pense et je l’espère, que les champions de demain seront français, et que peut-être, nos « amis » anglais notamment, se demanderont comment ce pays fait-il pour rebondir à chaque fois, alors que les prédictions (les leurs et quelques- unes françaises également) étaient plutôt mauvaises, voire sombres.

Jacques Samela

Sources :

. Actualité en France (Direction de la communication et de la presse du Ministère des affaires étrangères) N°19 / Mai 2013.

. Télérama n° 3333 du 27/11/13.

. Le Nouvel Economiste n° 1707 du 28/03/14.

A lire :

. Atlas de l’influence française au XXI siècle de Michel Foucher. Ed. Institut français / Robert Laffont.

. La France dans le monde. Ed. La documentation française.

. L’action culturelle et de coopération de la France à l’étranger : Un réseau, des hommes de Daniel Haize. Ed. L’harmattan.

. Cap sur l’avenir : A contre-courant, les raisons d’être optimistes de Christian Buchet. Ed. Du moment.

. Le rebond économique de la France de Vincent Lorphelin. Ed. Pearson.

La France, sa place aujourd'hui
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