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L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois

Publié le par Jacques SAMELA.

De 165 000 emplois directs et indirects aujourd’hui, l’industrie de défense pourrait dépasser les 200 000 en 2018.

Et avec 16,9 milliards d’Euros de commandes à l’exportation en 2015, un record, le double de 2014 et quatre fois plus qu’en 2012, le secteur de l’armement dans son ensemble est largement porteur aujourd’hui, plaçant la France dans le trio de tête des principaux vendeurs d’armes dans le monde avec la Russie et les Etats-Unis, loin devant avec 45 milliards de dollars de vente.

Et quand on sait que les exportations mondiales ont progressé de 9 % en 2014, et certainement autant en 2015, cela n’est pas prêt de s’arrêter, et là, la France aura justement un rôle de premier plan à jouer.

Alors il est vrai que les ventes tant attendues du Rafale (voir le dossier du 17 février 2015 ) ont largement apportées à ce record, et il est également vrai qu’elles apporteront à l’ensemble de l’industrie de défense, car avec 90 % de son équipement élaboré en France, c’est l’assurance d’années de travail pour les entreprises françaises, des plus grandes aux plus petites, mais aussi la garantie pour la France de conserver un savoir-faire justement reconnu, de garder une autonomie stratégique fondamentale pour son avenir, de bénéficier d’une balance commerciale positive et récurrente, mais aussi de conserver des emplois, et bien sûr d’en créer.

Car, derrière ce record, déjà battu grâce au méga-contrat de 34,4 milliards d’Euros signé par DCNS (www.dcnsgroup.com) pour la construction de 12 sous-marins pour la marine australienne, c’et l’assurance pour la France de lancer de nouveaux programmes militaires au bénéfice des armées françaises, mis en œuvre par un acteur incontournable appelé la DGA (www.defense.gouv.fr/dga) ou Direction générale de l’armement, considéré comme le maillon indispensable entre le ministère de la défense et les industriels.

Son rôle exacte, conduire des programmes (80 en cours) décidés dans les plus hautes instances de l’Etat, afin d’équiper les forces armées en apportant son expertise technique et en testant les nouveaux systèmes d’armement dans ses 15 centres, avec l’apport de ses 9 700 salariés, dont plus de 51 % sont des ingénieurs et des cadres.

Son budget, en 2015 il était de 10,7 milliards d’Euros. Et comme l’innovation est son cheval de bataille, elle se garde chaque année près de 700 millions d’Euros pour la R&D, avec depuis quelques années, le souhait d’ouvrir ses portes aux PME, près de 4 000 dédiées à ce secteur, en créant notamment un dispositif de financement Rapid, déjà utilisé par plus de 250 d’entre elles.

Considéré donc comme le premier investisseur de l’Etat auprès de l’industrie, et avec la finalisation de programmes d’armement comme le Scorpion, véhicule blinder léger, qui doit remplacer l’AMX 10 RCR, le missile de moyenne portée (MMP) de MBDA, qui lui doit remplacer le Milan, ou encore le système fantassin à équipement et liaisons intégrées plus connu sous le nom de FELIN, et aussi l’avènement de nouveaux comme l’élaboration des drones Patroller et nEUROn, et le remplacement des hélicoptères Gazelle, Puma, Fennec et autre Dauphin, du fusil d’assaut FAMAS et du véhicule de l’armée de terre, le Peugeot P4, la DGA n’est pas près de perdre son rôle qui est le sien dans le renouvellement des forces armées françaises, avec justement comme souhait pour suivre ce rythme de recruter près de 600 personnes, dont près d’une centaine pour les activités d’exportation.

Car, comme vous l’avez compris, c’est bien grâce à l’exportation, dont 75 % concerne encore aujourd’hui le Proche et le Moyen-Orient, mais avec une forte poussée vers l’Asie, que la programmation militaire envisagée pour les années à venir, représenté par le célèbre livre blanc, connu pour fixer l’ambition stratégique de la France, est élaborée.

Et ce sujet, il en sera largement question durant la nouvelle édition du salon international de défense et de sécurité Eurosatory (www.eurosatory.com) qui ouvre ses portes aujourd’hui, avec comme objectif pour les entreprises présentes, d’y présenter leurs nouveaux matériels, de se confronter aux besoins des délégations étrangères (172 en 2014), nombreuses encore cette année, et au final, de vendre.

Donc oui, le record de l’année dernière sera bel et bien battu, suivi certainement par d’autres années on ne peut plus prolifique pour les entreprises françaises, et donc la balance commerciale du pays.

Jacques Samela

Sources :

. Capital du 22/10/15

. La Tribune du 27/10/15

. Les Echos du 30/12/15, 18/01/16, 11/02/16

. La Tribune du 10/03/16

. L’Usine Nouvelle n° 3461 du 24/03/16

L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
L'industrie de défense : Innovations, exportations, emplois
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Iran, des opportunités à ne pas rater

Publié le par Jacques SAMELA.

Iran, des opportunités à ne pas rater

Samedi 16 janvier 2016, la communauté internationale lève les sanctions économiques misent en place en 2006, afin de forcer l’Iran à stopper son programme nucléaire, soupçonné d’ambitions militaires.

Le 28 janvier 2016, durant la visite du président iranien Hassan Rohani à Paris, une première depuis 1998, le groupe Airbus décroche un accord pour l’achat de 118 appareils, Aéroports de paris et le groupe Bouygues signent eux un protocole d’accord pour l’extension de l’aéroport de Téhéran, la capitale du pays, et le groupe Vinci a été choisi lui pour développer les aéroports de Mechhed et d’Ispahan.

Mais, qu’en est-il vraiment de ce que d’aucuns appellent déjà aujourd’hui le nouvel eldorado ?

Tout d’abord, la 4ème réserve mondiale de pétrole, la 2ème de gaz, et un PIB avoisinant les 400 milliards de dollars.

Ensuite, avec près de 80 millions d’habitants, avides de produits de consommation occidentaux, dont la moitié est âgé de 20 à 45 ans, avec plus de 200 000 ingénieurs formés par an, et près de 800 000 diplômés de l’enseignement supérieur, ce pays, grand comme trois fois la France, bénéficie de bonnes infrastructures ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, s’appuyant également sur un réseau de télécommunication bien développé.

Le secteur industriel est également de bonne facture, avec des points forts dans le secteur automobile, la sidérurgie, le textile, la plasturgie, sans oublier le secteur des mines, avec un potentiel peu soupçonné de 43 milliards de tonnes de réserve de minéraux, composés de charbon, de cuivre, d’or, et de minerai de fer.

Seulement, avec les sanctions économiques, l’Iran a justement besoin aujourd’hui de restructurer et de moderniser ses capacités de production, ses infrastructures, et c’est là que la France peut y jouer, voire y rejouer son rôle, car, les relations commerciales franco-iraniennes s’étant développées dès le moyen-âge, sous la dynastie des Safavides (1501-1736), c’est donc avec une sensibilité à la culture française, une bonne image glanée au fil du temps, et une appréciation non démentie pour le savoir-faire à la française qui permettra ce rapprochement souhaité de parts et d’autres.

Mais, de 4 milliards d’Euros d’échanges commerciaux en 2004, à 500 millions d’Euros en 2013, il est indéniable que la France fut la grande perdante des sanctions contre l’Iran, avec en 2013, 0,82 % de parts de marché et en 2014, 0,68 %, la plaçant au septième rang en tant que fournisseur de ce pays. La Chine, la Corée du sud et l’inde s’adjugeant eux les trois premières places, car n’étant pas assujettis aux sanctions.

Et, pour rattraper ce temps perdu, il faudra donc à la France de patienter, car ce marché en devenir, dont les investissements sont estimés entre 30 et 50 milliards, est assez difficile d’accès pour celui qui compte venir seul, car encore assez protectionniste, l’Iran n’est qu’à la 118ème place dans le classement sur la facilité des affaires, avec une administration tatillonne, et des clivages politiques importants, dont il faut connaître, et surtout ne pas négliger.

Donc, c’est plutôt en privilégiant les partenariats que la France et l’Iran pourront reconstruire des relations économiques quelques peu malmenées ces dernières années, avec comme exemple, le secteur automobile et notamment Renault qui a su malgré les aléas garder des contacts plus que poussés, le secteur pharmaceutique avec Sanofi qui dispose lui d’un bureau de représentation, et qui vend ses produits par un réseau de grossistes, ou encore le secteur agroalimentaire, avec le groupe Belem>, présent depuis 2007 sous la forme d’une co-entreprise avec une société locale.

Et, s’il est un secteur sur lequel la France peut s’appuyer pour accompagner sa reconquête, c’est bien celui de la cosmétique, car avec le positionnement de septième marché mondial, deuxième marché du Moyen-Orient évalué à 3,5 milliards de dollars, et l’absence des marques américaines, il serait pertinent que nos champions se placent rapidement, en tenant compte bien sur des spécificités du pays, mais en faisant jouer un savoir-faire reconnu partout ailleurs.

Mais bien évidemment, d’autres secteurs, déjà bien représentés aujourd’hui, permettront certainement à la France de poser des jalons pour l’avenir, en l’occurrence l’agroalimentaire, les services, l’industrie manufacturière, la santé, le secteur pharmaceutique.

Et pour appuyer l’ensemble des entreprises désirant se confronter à ce marché prometteur, l’agence gouvernementale Business France (www.businessfrance.fr) y a ouvert un bureau en septembre dernier, avec comme actions notamment, d’accompagner des délégations d’entreprises sur des salons phares, comme par exemple la Foire industrielle de Téhéran en octobre prochain, et la Coface (www.coface.fr) a rouvert elle ses lignes d’assurance-crédit, étant donné que les banques iraniennes sont à nouveaux connectées aux échanges Swift.

Donc, tout n’est pas acquis, loin de là même, car les trois pays cités plus hauts ne se laisseront pas faire aussi facilement, mais contrairement à ceux-ci, la qualité des produits français, garant d’un savoir-faire reconnu, et répondant aux désirs de consommation des iraniens, sauront certainement faire la différence.

Jacques Samela

Sources :

. L’Usine Nouvelle n° 3 449 du 17 décembre 2015.

. Les Echos du 18 janvier 2016.

. Challenges du 04 février 2016.

. Mécasphère du mois de mars 2016.

. L’Usine Nouvelle n° 3 459 du 10 mars 2016.

. Le Monde du 04 mai 2016.

. www.tresor.economie.gouv.fr/pays/iran >

. www.senat.fr >

Iran, des opportunités à ne pas rater
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Le CEA, au service de l'industrie française

Publié le par Jacques SAMELA.

2015 fût l’année de son 70 ème anniversaire, 2016, l’année de sa reconnaissance internationale, en obtenant la 1ère place du « Top Global Innovators » du groupe Reuters (www.reuters.com).

De qui je parle ?

Eh bien du CEA, ou plus précisément du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables.

Mais qu’est-ce-donc et à quoi cela sert ?

Eh bien, au sortir de la 2ème guerre mondiale, après le largage des deux bombes atomiques américaines sur le Japon (Hiroshima et Nagasaki), les deux seules heureusement, et après une rencontre organisée entre le général de Gaulle (1890-1970) et le président américain de l’époque Harry Truman (1884-1972) pour discuter de l’après-guerre et de ses conséquences, le général, sentant une effervescence et un optimisme autour de l’atome et de ses applications possibles, décida à son retour à Paris de créer un organisme de recherche consacré à cette nouvelle énergie.

Le CEA fût donc créé le 18 octobre 1945, avec à sa tête Frédéric Joliot-Curie, directeur du CNRS (www.cnrs.fr), et Raoul Dautry, ministre de la reconstruction et de l’urbanisme, et avec comme objectif, de poursuivre des recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les domaines de la science, de l’industrie, et bien sûr à des fins militaires, avec dès 1948, l’élaboration de la 1ère pile atomique à eau lourde française appelée Zoé, et en 1968, l’explosion de la 1ère bombe H (thermonucléaire ou à hydrogène) au-dessus de l’atoll de Fangataufa dans le pacifique, avec une puissance équivalente à 170 fois celle de la ville d’Hiroshima.

Quand on sait qu’au moment de l’impact, 80 000 personnes y sont décédés, et qu’au final, ce sont près de 250 000 personnes qui y ont succombés, cela fait un peu froid dans le dos.

Mais, et ce depuis 1996 et la signature par la France du Traité d’interdiction des essais nucléaires (TICEN), c’est grâce au programme « Simulation », chargé de recréer les mêmes conditions d’un essai nucléaire à l’aide d’un supercalculateur appelé « Téra 100 » et validé à petite échelle par le laser Mégajoule (LMJ) situé près de Bordeaux, que notre pays maintient sa capacité de dissuasion nucléaire, garante de sa sécurité depuis de nombreuses années.

Quant à aujourd’hui, et comme son nouveau nom l’indique, le CEA n’est plus essentiellement axé vers le nucléaire, même si la fusion y tient une place prépondérante pour le futur avec le programme international Iter (www.iter.org) installé à Cadarache (Bouche du Rhône), sans oublier bien sur son utilisation dans les 19 centrales françaises, mais donc aussi vers les énergies renouvelables comme le stockage d’énergie ou l’efficacité énergétique, la recherche fondamentale avec l’informatique quantique, la recherche technologique pour l’industrie avec notamment la mise en place de cette industrie du futur, sans oublier les micro-nanotechnologies ou la robotique, et j’en oublie certainement.

Ce qui veut dire qu’il est devenu au fil du temps un acteur primordial pour l’industrie française, avec notamment son entité de recherche technologique appelé le CEA Tech (www.cea-tech.fr), proposant des technologies innovantes aux entreprises, et en tant que 3 ème déposant français de brevets, il apporte également sa contribution (essaimage et spin-off) à la création de start-ups (178 depuis 1972), et de sociétés innovantes (115 depuis 2000), grâce notamment à la loi Allègre de 1999 sur l’innovation et la recherche, permettant aux chercheurs de créer leur propre entreprise, suite logique de leur travaux de recherche.

Et avec ses 16 000 employés, ses 500 partenaires industriels, l’allocation de 4 milliards d’Euros versée chaque année par l’Etat, il est indéniable que le CEA continuera à apporter des réponses innovantes aux challenges de demain, avec par exemple l’utilisation des techniques d’imagerie cérébrales utilisées pour diagnostiquer les maladies neurodégénératives, comme la plateforme NeuroSpin (http://i2bm.cea.fr/drf/i2bm/NeuroSpin/Plateforme), et dont la TEP (tomographie par émissions de positions) et l’IRM (imagerie par résonnance magnétique) en sont les précurseurs, la mise en place de l’industrie du futur, gage de compétitivité accrue pour les entreprises, tout en restant axé sur l’humain, ou encore la course aux supercalculateurs, permettant déjà aujourd’hui à la France d’être l’un des quatre grands pays au monde avec les Etats-Unis, le Japon et la Chine, à être producteur de super ordinateurs, garant d’une souveraineté primordiale pour assurer une indépendance totale dans le domaine des essais nucléaires par exemple, mais aussi dans la conception de porte-avions, de sous-marins (nucléaires ou classiques), d'avions, voire de TGV ou tout simplement d’automobiles, assurant donc une place prépondérante dans la compétitivité de l’industrie française d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Et comme demain c’est déjà aujourd’hui, il est fort à parier que le CEA restera celui par qui arriveront les nouveaux usages scientifiques, techniques, industriels, à la hauteur de ses précédents découvertes que sont la mécanique quantique, le magnétisme nucléaire, la radiobiologie ou encore la découverte du boson de Higgs, caractérisant bien là sa devise qui est : De la recherche à l’industrie.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. www.cea.fr

. La Tribune du 01/08/14, du 13/03/15, du 16/10/15, et du 17/03/16

. La Croix du 12/11/15

. Les défis du CEA de Décembre 2015 - Janvier 2016

. Le Parisien Economie du 21/03/16

Le CEA, au service de l'industrie française
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Les IAA, de nombreux challenges à relever

Publié le par Jacques SAMELA.

Au-delà de l’accueil plus que mouvementée de François Hollande à l’ouverture du salon de l’agriculture, dû à la problématique des coûts, de production ou finaux, car oui, le problème majeur est bien celui-ci, avec notamment une grande distribution considérée à tort ou à raison comme responsable, mais aussi avec nous, consommateurs, en embuscade, ne souhaitant ou ne pouvant pas, pour beaucoup, acheter plus cher.

Il faudrait donc trouver une bonne fois pour toutes un accord qui satisferait tout le monde ? Mais comme souvent, difficile à faire en France, sans passer par des tensions.

Donc, il m’apparaissait aujourd’hui, dans le cadre également de la 20ème édition du Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire (www.cfiaexpo.com), s’adressant lui aux professionnels de la filière, de présenter le vrai visage du secteur de l’agroalimentaire en France, son positionnement actuel et réel, ses difficultés récurrentes et nouvelles, et son avenir, pas si noir que prévu.

Car, avec près de 16 000 entreprises, 158 milliards d’Euros de chiffre d’affaires, près de 500 000 emplois, et 9 milliards d’Euros d’excédent en 2014, le secteur des IAA (Industries Agro-Alimentaires) est bien un des fleurons de l’économie française, et le premier secteur industriel du pays, largement devant celui de l’automobile et de l’aéronautique.

Alors oui, il y a des soucis, des interrogations même, mais il y a surtout des challenges à relever, notamment celui de l’exportation des produits français à l’étranger.

En effet, Je me suis toujours demandé, à la vue d’actions menées par des producteurs mécontents contre l’importation de produits alimentaires étrangers, souvent moins chers, si eux vendaient également leurs produits dans d’autres pays autre que le nôtre ?

Eh bien en fait, très peu. Car, avec deux entreprises françaises sur dix qui abordent les marchés étrangers, par manque notamment de poids, car souvent petites, voire très petites, par manque de visibilité, en raison de structures d’aides jugées inadaptées, voire par manque de volonté, il faudrait vraiment s’atteler à ce manque à gagner, en privilégiant notamment le regroupement d’acteurs par secteurs d’activités, par territoires, en faisant fi d’une concurrence productive sur le territoire national, enfin surtout pour nous consommateurs en termes de prix, mais contre-productive à l’extérieur face à une concurrence plus organisée.

Pourtant, avec les perspectives offertes par une population de 9 milliards d’individus en 2050, il n’y a pas de raison que la France ne soit pas de la partie, notamment en appuyant sur ses différences, son savoir-faire, la qualité et la diversité de ses produits, tout en haussant les standards de la sécurité alimentaire et de la qualité, primordiaux aujourd’hui pour satisfaire les souhaits de ces nouveaux consommateurs, et sans oublier également la démarche environnementale, déjà enclenchée dans cette filière.

Donc, il faut qu’elle gagne en compétitivité, ce qu’elle entreprend malgré tout déjà, avec par exemple la réduction de la dette globale de ses acteurs durant ces trois dernières années, sachant qu’en 2014, en raison de cette problématique, une entreprise du secteur disparaissait chaque jour, avec depuis 2009, près de 200 disparitions par an pendant cinq ans.

Ensuite, les dépenses dans l’innovation et la recherche de débouchées ont augmentées d’un point en 2015, et devraient augmenter de deux points cette année, sachant que pour éviter le vieillissement des installations, il faut investir 5 % du C.A., ce qui veut dire quand même qu’il y a encore de la route à faire afin de contrer la concurrence espagnole, italienne et allemande, et ce, même si la France avec près de 10 % de la dépense publique de R&D consacrée à l’agriculture et à l’agroalimentaire, est un des pays européens investissant le plus.

Et avec la mise en place du plan « agriculture innovation 2025 », co-piloté par les ministères de l’agriculture, de la recherche et de l’économie, dont les 4 priorités sont, le développement du numérique et l’agriculture connectée, le renforcement de la recherche sur les sols agricoles, l’agriculture et le climat, le positionnement de l’agriculture au cœur de la « Stratégie Nation de Recherche (S.N.R.) », et la création de laboratoires vivants favorisant l’innovation ouverte au sein des territoires, on peut donc penser que l’avenir n’est pas si noir, car l’ambition est que la France devienne aussi le leader dans le domaine de l’agritech (voir exemples ci-dessous : Allflex (www.allflex-europe.com) ; Medria (www.medria.fr) ; Naïo (www.naio-technologies.com)), sans oublier le bio, car avec 1,25 millions d’hectares cultivés en agriculture biologique, dépassant l’Allemagne, et se plaçant en troisième position derrière l’Espagne et l’Italie, elle pourrait effectivement se retrouver d’ici dix ans à la première place.

Donc oui, il faut préserver l’agriculture française, et en cela le secteur agroalimentaire dans son ensemble, car avec 70 % de la production agricole transformé, ils ne peuvent être dissociés, devenant même un des éléments fort de cette conquête française en termes de part de marché, et donc d’emplois, mais sans démagogie aucune, ce que d’aucuns ne manquent pas de faire, en accusant également l’Europe, facile il est vrai, en souhaitant revenir à une agriculture à l’ancienne, sympa et nostalgique à voir dans les films d’époques, mais certainement pas souhaité par les acteurs eux-mêmes, souhaitant juste vivre de leur labeur dans de bonnes conditions, mais en utilisant les outils d’aujourd’hui.

Et pour en revenir à l’Europe, je rappellerai juste que la France fut l’un des plus grand bénéficiaire en termes de subventions, et que même si cela a tendance à baisser, elle touchera jusqu’en 2020, 56 milliards d’Euros, soit 8 milliards par an, au lieu des 65 milliards touchés jusqu’en 2013.

Alors, entendez-vous, n’avancez-pas en solitaire, soyez, soyons solidaires, c’est l’ensemble de la filière qui en ressortira grandie, avec à la clé une compétitivité retrouvée. On compte sur vous. Jacques Samela

Sources :

. Les Echos du 30 juin 2015

. L’Usine Nouvelle n° 34 371 du 24 septembre 2015

. Les Echos du 22 octobre 2015

. Les Echos du 27 novembre 2015

. Le journal de la production de novembre / décembre 2015

. Les Echos du 06 janvier 2016

. Vipress.net du 02 mars 2016

. Frenchweb du 03 mars 2016

. Ania (www.ania.net)

. www.ifrap.org

Vus et lus dans La tribune du 04 septembre 2015, et les Echos du 24 et 26 février 2016
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Le luxe français, savoir-faire, rayonnement et avenir

Publié le par Jacques SAMELA.

Après le dossier consacré à la maison Longchamp (dossier du 29 octobre 2015), et celui plus récent sur Vuitton (dossier du 15 février 2016), je souhaitai, afin de boucler la boucle sur le sujet, représenter l’ensemble d’un secteur phare de l’économie française, au même titre que l’aéronautique ou l’agro-alimentaire (prochain dossier à venir), et qui bon an mal an, représente un quart du marché mondial du luxe avec 40 milliards d’Euros de recettes, et exporte près de 80 % de sa production.

Et en effet, au-delà des marques, largement représentées, dont la renommée n’est plus à faire, c’est bien de l’ensemble de ce secteur dont je vais tenter de vous relater, et ce que ce soit des créateurs, des artisans, des sous-traitants, jusqu’aux consommateurs finaux.

Représenté par le Comité Colbert (www.comitecolbert.com), créé par Jean-Jacques Guerlain en 1954, et rassemblant près de 80 grands noms du luxe, il représente donc près de 5 000 PME-PMI et TPE, soit plus de 160 000 emplois directs et indirects.

Et ce grâce justement à l’aura de ces maisons prestigieuses, car avec je me répète, près de 40 milliards d’Euros de ventes en 2013, profitant à plein de la mondialisation, c’est bien toute une industrie qui en profite, avec comme règle au sein du Comité Colbert, d’enterrer la hache de guerre au profit d’une entente entre les adhérents, pour défendre ce savoir-faire français à l’international, mais aussi par exemple pour combattre la contrefaçon, synonyme de baisses de chiffres d’affaires, et d’emplois perdus.

Et justement, en termes d’emplois, il faut savoir qu’une majeur part de ces maisons élaborent et sous-traitent en France, facilitant en cela la préservation de certains métiers par l’apport d’actions de formation et de transmission, comme la création en 2011 de la Chaire Colbert, destinée à former les créateurs de demain, mais aussi la mise en place du master 2 « stratégie du design » de l’ENSAAMA (www.ensaama.net), également appelée Ecole Olivier de Serres, soit le premier diplôme supérieur d’arts appliqués, homologué par une université, en l’occurrence celle d’Evry-Val-d-Essonne.

Sans oublier également les actions de découverte auprès des collégiens et des lycéens, par le biais de visites d’ateliers, la mise en place de stages, débouchant pour beaucoup par une première embauche, faisant de ce secteur l’un des premiers, si ce n’est le premier, à afficher un taux exceptionnellement haut en termes d’insertion professionnelle.

Comme quoi, avec des idées, des actions, de l’envie également, ne se pourrait-il pas que cet exemple puisse être repris par d’autres, des secteurs en mal de main d’œuvre ? Une idée à creuser peut-être ?

En tout cas, ce sujet, le comité stratégique de filière mode et luxe (CSF), rassemblant les professionnels du secteur, les pouvoirs publics et les organisations syndicales représentant les salariés de la filière, l’a bien intégré, en l’incluant dans ses actions permanentes que sont la consolidation et la préservation des maillons de la chaine industrielle du textile, de la mode et du luxe, l’amélioration de la sous-traitance en consolidant les liens avec les donneurs d’ordres, la préparation de l’avenir en soutenant l’émergence et le développement de nouveaux créateurs, de nouvelles marques, et pour finir, la valorisation et la promotion du Made in France.

Et l’avenir, il est déjà en action, avec notamment la généralisation de l’utilisation par les marques de l’outil internet, pas complètement acquise il y a encore cinq ans, mais qui apporte aujourd’hui une ouverture vers une nouvelle génération d’acheteurs peu touché par la communication classique comme la presse spécialisée, ou peu enclins, par manque de moyens ou d’habitudes, à pousser les portes des boutiques, mais aussi pour relever le défi du ralentissement de la croissance de leurs ventes dans les pays émergents, avec notamment comme point de mire la Chine, où la baisse des achats est significative avec une perte de 2 % à 4 % en 2015, conséquence de taxes plus ou moins élevées, et donc d’un choix de la clientèle chinoise, délaissant leurs achats sur leur marché intérieur, au profit d’autres pays à l’étranger. Ce dernier point obligeant une refonte totale dans la stratégie des marques en trouvant une cohérence dans les prix, d’un pays à un autre.

Mais surtout, pour continuer à gagner de nouvelles parts de marché (l’Iran, l’Inde ?), avec une filière française continuant à jouer, et je pense que le Comité Colbert en est conscient, sur sa différence, son savoir-faire, et son je ne sais quoi de français, que bien des pays nous envies, mais que d’autres souhaiteraient également copier.

Donc, malgré cette longueur d’avance, il est primordial pour le luxe français de se projeter en avant, ce que le Comité Colbert n’a pas manqué de faire, avec son projet « Penser 2074 », lancé en 2013.

Jacques Samela

Sources :

. Le Parisien Economie du 03 décembre 2012

. Les Echos du 14 février 2013

. Le magazine du Monde du 27 avril 2013

. Le Figaro du 13 novembre 2013

. Le Parisien Economie du 09 décembre 2013

. Les Echos du 19 mars 2014

. Les Echos du 03 novembre 2014

. Le Figaro du 04 novembre 2014

. Capital / Janvier 2016

. Les Echos du 06 janvier 2016

. http://www.entreprises.gouv.fr/conseil-national-industrie/la-filiere-mode-et-luxe

. www.rever2074.com

Vus et lus dans Les Echos du 06 janvier et du 10 février 2016
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FinTech, de la confrontation à la complémentarité

Publié le par Jacques SAMELA.

Le numérique s’attaque aussi au secteur bancaire.

En effet, depuis quelques années, notamment suite à la crise des subprimes aux Etats-Unis, on voit apparaitre des startups spécialisées dans les technologies financières, appelées FinTech, contraction des mots « Finance et Technologie ».

En effet, dès 2008, de nombreux banquiers ou traders, ayant quittés les grands centres financiers, ont décidés de se lancer dans des aventures entrepreneuriales, et, ont repensés le modèle de la finance en utilisant les nouvelles technologies, afin de rendre le secteur plus simple, accessible, tout en proposant des services de meilleurs qualités, et surtout, moins onéreux.

Et depuis, les FinTech se développent dans la gestion d’épargne au prêt par les particuliers, le paiement en ligne, ou le financement des entreprises.

En voici les familles principales :

La première, concerne le financement participatif ou crowdfunding (voir le dossier du 25 juillet 2014), permettant via une plateforme, le financement de projets divers par les particuliers, le prêt aux PME, appelé lui « crowdlending », ou le P2P Lending, qui lui concerne le prêt de particuliers à particuliers (voir le dossier du 21 mai 2015, consacré à la société Lending Club).

La deuxième quant à elle, concerne les applications mobiles et les plateformes permettant de gérer ses activités financières, avec comme exemple en France, le Compte-Nickel (www.compte-nickel.fr), disponible chez les buralistes.

La troisième, s’intéresse par-contre aux monnaies virtuelles, comme le système de paiement par internet bitcoin (www.bitcoin.fr).

Et enfin la dernière, qui concerne le paiement électronique via internet, sur smartphone chez des commerçants ou via les plateformes de e-commerce, dont le système le plus connu s’appelle Paypal (www.paypal.com).

Donc, très présent aux Etats-Unis, ainsi qu’en Grande-Bretagn, où ce secteur emploie déjà près de 150 000 personnes, ce phénomène récent commence à peine à dépasser la barre des 10 % en Europe, avec comme souvent, un retard pris par la France, mais en hausse aujourd’hui, avec notamment sur le 1er trimestre 2015, 56 millions d’Euros levés par des fonds de capital-risque, soit 7 % des 759 millions d’Euros investis dans des startups françaises.

Et avec 8 milliards de dollars d’investissements attendus en 2018, le marché français, ne souhaitant pas rester à la traine, a justement décidé de se fédérer au sein d’une association appelée France FinTech (www.francefintech.org), dont les missions, allant de la promotion de la FinTech française en France et à l’étranger, à la représentation du secteur auprès des pouvoirs publics, des médias, des investisseurs, des banques historiques, au partage des connaissances, de l’expérience et de l’information au sein de la nouvelle communauté, et à assurer les relations avec les autres acteurs du digital en France et à l’étranger, permettront certainement à ce secteur encore émergent de trouver sa place entre d’un côté ses principales concurrentes, les banques, et d’un autre, un public (particuliers et entreprises), à l’écoute, et en attente de prestations nouvelles, moins chères, mais surtout de transparence, avec notamment l’absence de frais cachés.

Et justement, les banques commencent à se rendre compte du danger que peuvent apporter à l’avenir l’avènement de nouveaux acteurs.

Leurs réponses aujourd’hui, le rachat. En effet, Boursorama (www.boursorama.com), filiale de banque en ligne de la société générale, qui a mis la main sur Fiduceo, ou encore le crédit mutuel Arkea, qui lui, a pris 86 % du capital de Leetchi (www.leetchi.com).

Cependant, loin de représenter la panacée pour elles, si ce n’est juste brider la créativité et le dynamisme de ces nouveaux acteurs, il serait préférable qu’ils puissent justement s’allier, car l’air de rien, ils ont plutôt besoin les uns des autres.

Les banques, pour relever le défi de la révolution numérique, les FinTech, pour le manque d’une surface financière suffisante, et ne disposant pas des agréments nécessaires à l’encaissement de fonds pour le compte de tiers.

Quoique pour l’aspect financier, en dehors du secteur bancaire, c’est bien le capital-risque (voir plus haut), en l’occurrence Truffle Capital (www.truffle.com), qui vient de poser ses jalons en inaugurant en juin 2015, à Paris, le premier incubateur FinTech de France, appelé Truffle FinTech Incubator, et dont l’objectif sera justement de répondre aux besoins financiers de ces acteurs en devenir.

Et ces acteurs, non contents de bousculer le secteur bancaire, souhaitent également dépoussiérer celui des assureurs, en leur apportant grâce à l’utilisation des nouvelles technologies, de nouveaux usages comme la dématérialisation des documents, la diminution des coûts de gestion, l’optimisation de la gestion du risque, ou l’amélioration de la relation client.

Et là, à la différence des banques, les assurances considèrent plutôt ces nouveaux acteurs, appelés « Insurtechs », comme des facilitateurs, leur permettant même de concurrencer directement le secteur bancaire sur ses marchés, ce qu’ont bien compris le groupe Axa, en allouant notamment 200 millions d’Euros dans un fonds de capital-risque pour les technologies dites de rupture, ou encore le groupe Allianz, en créant en juin également à Nice, au sein même du nouveau stade de l’OGC Nice, un incubateur pour les start-up innovantes.

Donc, c’est bien vers des alliances que doivent s’engager ces acteurs, car les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon), maitrisant la partie data, deviendront à l’avenir les leaders du secteur bancaire. D’où la nécessité de rechercher des complémentarités plutôt que la confrontation, car avec l’apport des FinTech, les banques françaises, soit dit en passant, les plus solides d’Europe, pourront rester dans la course face à ces concurrents autrement plus dangereux.

Et ce n’est pas la FinTech de l’année, Aston i Trade (www.astonitradefinance.com) qui s’en plaindra, et ce même si son offre (plateforme en ligne collaborative de valorisation de poste clients et fournisseurs) s’adresse en priorité aux entreprises, car elle pourra peut-être s’appuyer sur un grand du secteur, voire sur le pôle de compétitivité, Finance Innovation (www.finance-innovation.org), soutenu par l’ensemble des acteurs du secteur financier français, et dont l’objectif affiché, est justement de conforter la position de la place de Paris en Europe, développant des actions de recherche et d’innovation.

Jacques Samela

Sources :

. La tribune du 20 mars 2015

. La tribune du 03 avril 2015

. La Tribune du 09 octobre 2015

. La Tribune du 13 novembre 2015

. Décideurs en région (www.décideursenrégion.fr) du 17 décembre 2015

. www.francefintech.org

. www.planet-fintech.com

. http://news.efinancialcareers.com/fr-fr/228467/les-15-personnalites-des-fintech-qui-ont-marque-lannee-2015-en-france/

. www.goodmorningcrowdfunding.com/comprendre-mais-en-fait-les-fintech-cest-quoi-0402152/

. http://blog.bolden.fr/les-fintech-definition-evolutions-ambitions/

Evènements :

. www.ft-community-finance-innovation.org

. www.parisfintechforum.com

. www.inbanque.com

FinTech, de la confrontation à la complémentarité
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Ne nous trompons pas de chemin

Publié le par Jacques SAMELA.

En effet, ne nous trompons pas, car demain il sera peut-être trop tard, ou alors nous aurons perdu tellement de temps, qu’il en sera encore plus coûteux qu’aujourd’hui de le rattraper.

En effet, à quelques semaines des élections régionales, où des forces contraires avancent à visages plus ou moins découverts, il est nécessaire aujourd’hui de bien réfléchir aux conséquences éventuelles que pourraient provoquer un vote plus protestataire que constructif.

Car, au de-là de l’aspect politique, important, mais pas le sujet du jour, quoique, créer un blog (fin 2012) comme le mien à un moment où les informations n’étaient que négatives, où certains prédisaient les pires catastrophes de la terre pour la France, son déclin, voire sa décadence, c’était l'air de rien faire acte d’engagement.

Mais, comme mon blog n’est quand même pas une tribune politique (pas l’ambition), c’est donc de l’aspect économique dont je vais relater, car c’est vraiment un sujet qu’il ne faut surtout pas négliger, car, tout en découle, on le voit bien aujourd'hui, chômage, précarité, tensions sociales puis politiques.

Donc, aujourd’hui, alors que les heures sombres de l’économie française semblent être derrière nous, avec notamment l’avènement de nouveaux acteurs, futurs leaders mondiaux dans leurs créneaux d’activités, ceux qui ont su résister aux vents contraires, en axant notamment sur l’innovation, l’installation de centres de R & D de grands groupes internationaux, synonyme d’une attractivité non démentie, la multiplication des Fablabs, des incubateurs, les 10 ans des pôles de compétitivité, il serait vraiment dommage de s’arrêter en si bon chemin.

Alors oui, la mondialisation fait peur, ou du moins celle que certains nous dépeignent, mais aujourd’hui, pour réussir, et encore plus demain, les entreprises françaises doivent et devront s’ouvrir à l’international, et non s’enfermer dans une étroitesse d'esprit essentiellement national, ce que d’aucuns justement souhaiteraient nous assurer. Comme un retour à un soit disant mieux avant. Quand ?

Mais non, rien ne sera plus comme avant, car que deviendrait la France, seule face à des géants en devenir comme la Chine, l’Inde, ou plus anciens comme les Etats-Unis, la Russie, le Japon ?

Le salut passe donc déjà par l’Union Européenne, même s’il est vrai qu’elle n’est pas parfaite, mais, avec un réel effort d’unité (difficile il est vrai), en respectant les spécificités et en alliant les forces de chacun, cela lui permettrait de rester ce qu’elle est déjà aujourd’hui, soit la première puissance économique mondiale, le principal exportateur mondial, ainsi que le premier destinataire des investissements dans le monde. Et avec plus de 500 millions d’habitants, le combat économique est loin d’être perdu, au contraire. Par-contre avec 65 millions, cela serait largement plus compliqué pour la France.

Ensuite, et c’est peut-être là que l’effort doit être soutenu, c’est de faire que les entreprises françaises s’ouvrent à d’autres marchés internationaux avec un esprit conquérant, aidées en cela par une jeunesse compétente, à la recherche de challenges, avec dans la tête, une image de l’industrie non plus dénigrée comme elle le fut pendant de nombreuses années, avec à la clé une perte d’influence de l’activité industrielle en France et une image on ne peut plus plus ternie encore aujourd'hui.

Et qui mieux que ces entreprises également pour permettre à ces jeunes français, dont certains disent qu’ils ne s’intègrent pas, issus pour beaucoup des banlieues, diplômés pour une grande partie, mais snobés, voire carrément discriminés à l’embauche, de démontrer leurs envies, leurs capacités à se dépasser, leurs désirs d’appartenir à une communauté nationale, apportant justement leurs connaissances des us et coutumes des pays d’origine de leurs parents ou grands-parents, important pour participer à la reconquête des marchés perdus (au profit de la Chine, déjà), ou à la conquête de nouveaux, et donc de représenter et de s'accaparer ce savoir-faire à la française, encore reconnu et apprécié.

Je souhaite donc, que dis-je, je veux une France qui gagne, mais qui gagne avec tous ses bras et non seulement certains. Aidée en cela d’une Europe forte et unie, alors que certains la souhaite désunie, comme durant l’entre deux guerre, le soit disant mieux avant peut-être, avec on le voit déjà, un repli sur soi, bien ancré dans ses frontières, défendant son pré carré, entouré d’ennemis, voir, d’envahisseurs imaginaires.

Donc, oui je m’engage, à démontrer notamment par le biais de mon blog que la France n’est pas ce pays en fin de course, qu’elle est toujours cette nation reconnue de par le monde, prise souvent pour modèle, et dont les prochaines conquêtes se feront essentiellement à l’échelle économique. C’est même déjà commencé.

Mais surtout, je m’engage parce que je ne veux pas d’une France rabougrie, aigrie, rétive à tout changement, fermée sur elle-même, retrouvant en cela certains réflexes déjà vus par le passé.

Donc, vous, mes lectrices et lecteurs assidus, engagez-vous également, à votre manière, pour que la France ne devienne pas une nation quelconque dans le monde de demain. Elle mérite mieux.

Jacques Samela

Vus et lus dans Liberation du 02 octobre 2015, et Les Echos du 08 aout, du 25 septembre, du 15 octobre et du 06 novembre 2015
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Les entreprises familiales, pérennité et compétitivité

Publié le par Jacques SAMELA.

Dans un contexte toujours difficile pour l’économie française, et donc pour ses entreprises, il en est une qui résiste mieux que les autres, l’entreprise familiale.

En effet, d’après une enquête réalisée en 2013 par le cabinet PWC (www.pwc.fr) et la Family Business network (www.fbn-i.org), entité regroupant les entreprises familiales dans le monde, 32 % d’entre elles ont enregistrées une hausse supérieure à 5 % de leur C.A., tout en consacrant près de 5 % en R&D. C’est ce que l’on appelle l’innovation persévérante.

Mais, au-delà de ces chiffres, tentons de comprendre au mieux les clés de ce succès, par ce qui me semble être les règles premières de toute entreprise familiale.

Donc, tout d’abord, le contrôle du capital.

En effet, avec le souhait de garder le capital de l’entreprise en famille, plutôt que de passer par des éléments extérieurs comme les banques ou des actionnaires financiers, plus enclins à attendre des profits rapides, celles-ci privilégient donc un actionnariat familial stable, faisant preuve de prudence dans leur stratégie de développement et d’investissements, tout en se donnant une grande liberté d’action avec des chaines de gouvernance courtes, et des décisions prisent rapidement quand il le faut, gage d’efficacité.

Ensuite, le souci du long terme.

On dit d’elles qu’elles raisonnent en termes de génération plutôt que de mois, qu’elle ont donc une vocation trans-générationnelle, et que s’inscrire dans le long terme constitue justement pour elles un objectif et une valeur à pérenniser, car tous les dirigeants de ces structures savent qu’en cas de bêtises, ce seront leurs descendants et donc la famille au final, qui paieront les pots cassés.

Et enfin, les valeurs humaines.

Alors qu’une majorité des salariés français ne se sentent pas toujours valorisés au sein de leur entreprise, dans ces structures familiales, c’est plutôt le contraire. En effet, les dirigeants, connaissent plutôt bien leurs employés, pour certains même depuis leur prime jeunesse, car ayant fréquenté les mêmes écoles, sont souvent plus à l’écoute de ceux-ci justement, plus proches d’eux, et attentifs à leur bien-être, avec comme conséquences, quand des faits que l’on appelle les variables conjoncturelles les y obligent, à être plus impliqués et plus enclins à accepter des sacrifices primordiaux pour la survie de leur entreprise.

Et, quand on sait que le turn-over du management dans ce genre de structure est limité, avec notamment une moyenne de 14 ans pour un directeur général, au lieu de 7 ans dans les autres entreprises, les salariés y trouvent donc au final un havre de paix et de stabilité, gage d’une productivité supérieure à la norme, et donc d’une compétitivité pérenne.

Cependant, tout n’est pas parfait, car par exemple, à l’heure de l’internationalisation des échanges, et à part des groupes comme Michelin, Decaux ou encore Longchamp (voir dossier futur), plus petit en taille, mais de renommée mondiale, nombre de ces entreprises n’ont aucune ou peu activités à l’international, dû justement à leur taille, car composé en grande partie de TPE ou PME, soit 83 % des entreprises familiales françaises, avec des difficultés à trouver des zones de croissance autres que locales, ce qui démontre d’un fort ancrage territorial, mais un frein à leur expansion.

Et ensuite, qui dit familial, dit succession, et là, on touche à une problématique cruciale, soit qu’une entreprise créée puisse rester dans le giron familial pendant plusieurs générations.

En effet, en France, contrairement à l’Allemagne ou l’Italie, les dirigeants de ces entreprises attendent souvent trop longtemps pour organiser leur succession, ce qui fait que seulement 10 % restent justement familiales. Les raisons, principalement la difficulté de trouver parmi les héritiers le bon profil, et pour les créateurs de passer la main, œuvre d’une vie, de leur vie. Et pourtant, ces étapes sont très importantes, car aujourd’hui, au vu du nombre d’entreprises centenaires, soit près de 1 400, il y a une entreprise familiale centenaire (EFC) qui disparaît chaque mois. Mais, fort heureusement, beaucoup résistent, et ont même pour certaines dépassées ce nombre, comme par exemple le groupe Saint-Gobain (www.saint-gobain.com), anciennement Manufacture Royale des Glaces de Miroirs, et qui, avec 570 ans d’existence, lui vaut d’être aujourd’hui la plus ancienne entreprise familiale française.

Sans oublier également que ces entreprises centenaires représentent près de 125 000 emplois et un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions d’Euros. A ne pas négliger donc.

Et à ne pas négliger non plus, l’attractivité de ces structures auprès de la population française, soit près de sept actifs sur dix, très attachée à des valeurs peu usitées dans les autres entreprises, et déjà vues plus haut, soit le sens des valeurs, l’authenticité, les notions de fidélité, l’engagement des dirigeants à long termes, mais aussi un climat social apaisé, et un espace de dialogue entre collaborateurs et dirigeants.

Donc, oui l’entreprise familiale peut être un modèle à suivre pour les autres entreprises, en mettant justement l’accent sur la stabilité, la logique du long terme, et privilégier les ressources humaines, avec pour objectif de sceller un accord de partenariat entre les principales forces vives de l’entreprise.

C’est ce que certains appellent un « changement de paradigme ».

Rendez-vous d’en plusieurs années.

Jacques Samela

Sources :

. Les Echos du 07/10/2013

. Les Echos du 15/01/2014

. Les Echos du 21/10/2014

. L’Usine Nouvelle du 12/06/2015

. Les Echos du 08/06/2015

. La Tribune du 29/09/2015

www.fbn-france.fr

www.efc-centenaires.fr

www.entreprises-familiales.com

www.economie.gouv.fr/transmettre-mon-entreprise

. Family Business Network / Montreux / 14 – 17 octobre 2015

www.fbnsummit.org

. Trophées de l’entreprise familiale

www.tropheedeschenes.fr

. A lire :

La stratégie du propriétaire, enquête sur la résilience des entreprises familiales face à la crise. Alain Bloch, Nicolas Kachaner, Sophie Mignon. Editions Pearson.

Les entreprises familiales, pérennité et compétitivité
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God save the queen, and the UK

Publié le par Jacques SAMELA.

Après le succès des Jeux Olympiques de Londres en 2012, à quelques heures de l’ouverture de la huitième édition de la Coupe du Monde du Rugby, et à l’avènement d’un éventuel « Brexit », la Grande-Bretagne est à nouveau sur le devant de la scène.

Mais, que représente-elle vraiment, et, est-elle vraiment le modèle que certains en France envient ?

Alors, sans faire acte « d’english bashing », contrairement à nos amis anglais, isn’t it Mister Cameron, son positionnement véritable

Donc aujourd’hui, la Grande-Bretagne, est devenue la cinquième puissance mondiale au détriment de la France (de peu), avec une croissance économique de près de 3 % en 2014, et une moyenne de 1,6 % sur les trois dernières années, un PIB par habitant de 34 400 €, et un chômage oscillant entre 5 et 6 %.

Ensuite, avec plus de 60 % du PIB du pays, le Royaume-Uni est l’un des acteurs les plus importants du commerce international, il est également le deuxième plus grand exportateur et le cinquième plus grand importateur au monde dans le domaine des services commerciaux, et le huitième plus grand exportateur et sixième plus grand importateur dans le domaine des marchandises.

Cependant, pour expliquer en partie cette réalité, il est un élément qu’il ne faut pas négliger, c’est l’importance de Londres. En effet, il faut savoir que la capitale britannique représente la sixième économie européenne avec près de 386,7 milliards d’Euros en termes de PIB, soit 23,7 % du revenu national, et que l’incontournable City, où seraient gérés près de 20 % des actifs mondiaux, représente à elle seule près de 4 % du PIB britannique et près de 350 000 emplois.

Un autre secteur fait aussi les beaux jours de Londres, il s’agit de la high-tech. En effet, considérée comme sa capitale européenne (devant Paris), elle attire plus d’investisseurs étrangers dans ce domaine que toute la France, et un classement d’EY (www.ey.com) estime même qu’au cours des dix dernières années, c’est plus d’un millier d’investissements étrangers qui y ont créés. Le secteur représente donc environ 40 000 entreprises actives, emploie près de 200 000 personnes, et représente près de 5 % du PIB londonien, soit 25 milliard d’Euros, et attend une croissance estimée à 5 % par an d’ici 2025.

Et donc, avec la vitalité de ces secteurs, un emploi créé équivaut à huit autres dans les services, ce qui fait que le taux de chômage de la ville y est largement plus bas que la moyenne nationale, soit à 2,6 %, et qu’elle est devenue un aimant pour toutes personnes à la recherche d’opportunités financières, mais également créative.

Le seul hic, car il y en a au moins un, c’est qu’elle tend à s’éloigner du pays réel, car même si elle semble accepter cette réalité plutôt positive, la classe moyenne londonienne quitte de plus en plus la ville, remplacée par des nouveaux venus, migrants de tous pays à la recherche de la fortune ou tout simplement de travail pour vivre dignement, ou d’investisseurs étrangers, en quête eux de rendements élevés.

Et il est vrai que quand on parle de la Grande-Bretagne ou du Royaume-Uni, le premier nom qui vient, à part peut-être la reine ou le petit Georges, c’est bien Londres.

Mais, une autre réalité est également à l’œuvre aujourd’hui, c’est notamment la création d’écosystèmes innovants et de notoriétés mondiales, remplaçant les anciens piliers de l’industrie britannique, perdus au profit des industries de service, un peu comme en France, mais garant d’un avenir radieux dans des domaines comme les Biotech avec le Biomedical Campus de Cambridge, dont le but et le souhait avoués est de concurrencer la ville de Boston, référence mondiale en bioclusters, ou encore la ville de Birmingham, avec sa « Silicon Canal », communauté high-tech regroupant notamment des start-up innovantes.

Pour autant, le secteur manufacturier et automobile en particulier reprend du poil de la bête, et le groupe Dyson (www.dyson.fr), connu pour ses aspirateurs sans sacs, représente à lui seul un exemple probant d’une certaine tradition industrielle bien ancrée, représentant malgré tout encore 21 % du PIB du pays.

Donc, au vu de ces exemples, on pourrait effectivement penser que ce pays a trouvé la solution magique pour repartir, mais, d’après certains analystes, cette reprise est à relativiser, car le déficit public s’élève quand même à 5,4 % du PIB (4,1 % prévu pour la France cette année), et l’endettement des ménages a atteint 125 % du PIB (84,7 % pour les ménages français).

Alors, pour continuer sur cette impulsion, le nouveau gouvernement Cameron a rapidement affiché ses priorités pour les années à venir, avec notamment la réduction des déficits, la baisse du coût de la vie, la poursuite de l’austérité, des investissements en matière d’infrastructure, sans oublier également la formation, car un jeune de moins de 24 ans sur cinq est au chômage.

Et, en terme de chômage, un des plus bas en Europe il est vrai, il n’a été contenu que grâce au gel des salaires, au développement du travail à temps partiel, ou à la création de ce que l’on appelle les contrats « zéro heure », qui permettent à un employeur de ne pas licencier un salarié, mais de ne l’employer que s’il a du travail à lui proposer, et de ne lui payer que les heures travaillées.

Conséquence, un appauvrissement des couches dites populaires, soit près de 700 000 britanniques (+ 19 % en un an), avec des contrats dits flexibles, et une augmentation de 18 % des visites dans les banques alimentaires durant la période 2014-2015.

Alors oui, il y a du travail, mais il faut savoir quand même que le Royaume-Uni est désormais l’un des pays au monde où les inégalités sont les plus fortes, et, ce n’est pas près de s’arranger, car malgré tout, pour la majorité des britanniques, un petit job vaut mieux que pas de job du tout, c’est ce que l’on appelle le « Workfare », et le sentiment général est que, même si ils débutent avec un emploi sous-qualifié, ils auront moyen de progresser rapidement. Et comme le choix clairement affiché par le gouvernement actuel est le travail quel qu’il soit, au détriment des aspects sociaux, il n’y a donc pas de raison que cela change.

Réalité peu envisageable aujourd’hui en France, car comme le dit l’auteur britannique vivant en France depuis plus de vingt ans, Stephen Clarke, « Le français travaille pour vivre, l’anglais vit pour travailler ». Et, comme le traitement du chômage se fait justement lui sur des aspects sociaux, avec notamment près de 50 milliards d’Euros dépensés par an pour l’indemniser et l’accompagner, contre 11,3 en Grande-Bretagne, et, avec des modes utilisés pour le combattre vraiment différents, dû certainement à leur modèle complètement différents, soit un libéralisme décomplexé pour la Grande-Bretagne, et un interventionnisme historique de l’Etat pour la France, la question est de savoir qui de ces pays aura finalement raison ?

Pour le moment, et c’est flagrant, c’est la Grande-Bretagne.

Seulement, avec l’éventualité d’un référendum sur l’appartenance à l’Union Européenne, et donc d’un « Brexit » possible, tout peut changer.

Car, selon Bruxelles, environ 3,5 millions d’emplois et 50 % des exportations dépendent directement de l’Union Européenne, et que d’après certains instituts comme Open Europe (www.openeurope.org.uk), un départ de l’Union Européenne occasionnerait une perte de 2,3 % du PIB, mais surtout fragiliserait on ne peut plus la place de la Grande-Bretagne dans le monde, déjà un peu en œuvre aujourd’hui, et ce que ce soit vis-à-vis de l’Europe ou des Etats-Unis.

Nos amis britanniques devraient donc peut-être se rappeler ce que disait Winston Churchill en 1946, « Nous devons construire quelque chose comme les Etats-Unis d’Europe », avec certainement comme idée d’être fort ensemble plutôt que séparés, ce qui est encore plus d’actualité aujourd’hui, avec l’avènement notamment de pays comme la Chine ou l’Inde. L’Empire britannique à la papa n’est plus, le savent-il ?

Nous en reparlerons.

Jacques Samela

Sources :

. Le Moci (www.lemoci.com)

. Le Point du 20 novembre 2014

. Enjeux Les Echos / Avril 2015

. Le Magazine du jeudi (Le Parisien) du 30 avril 2015

. Libération du 07 mai 2015

. Challenges du 07 mai 2015

. Les Echos du 20 mai 2015

. Le Monde Economie du 03 septembre 2015

A lire :

. Comment les français ont gagné Waterloo de Stephen Clarke chez Albin Michel.

God save the queen, and the UK
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La douane française, au service de la compétitivité

Publié le par Jacques SAMELA.

Au-delà de l’image d’Epinal, consistant à ne voir de la douane que la vérification des coffres de voiture aux frontières espagnoles et italiennes (chaque été à la télévision), il faut savoir aussi qu’elle participe amplement à la compétitivité de l’économie française.

En effet, mais avant, petit retour en arrière.

On trouve donc trace d’un semblant de douane en France dès le XII siècle, avec des actes (actions) de perceptions opérées sur les marchandises en mouvement, et un régime dit douanier par province, voire par ville. Sinon, dès l’antiquité, les Etats ont prélevés des impôts sur les marchandises franchissant les frontières.

Et, pour revenir à la France, c’est sous Louis XIV que ce modèle prend de l’ampleur, à l’instigation de Jean-Baptiste Colbert (voir photo), contrôleur général des finances et considéré justement comme le père de la douane moderne, mais, croyant également que la richesse est à la mesure de ses réserves, il estimait déjà à l’époque qu’il fallait exporter le plus possible de produits de valeur, et en importer le moins possible, avec la nécessité de développer le commerce, l’industrie et les cultures industrielles.

Précurseur me direz-vous ?

Surement, car pour encourager et protéger les productions nationales, des subventions et des exemptions fiscales furent attribuées aux manufactures de l’époque.

N’est-ce pas ce que l’on fait aujourd’hui avec les différentes incitations instituées par le gouvernement pour permettre aux entreprises de retrouver de la compétitivité ?

Comme quoi, le passé peut, et doit être parfois source d’idées, voire d’inspirations. A méditer.

Sinon, pour revenir à la douane, elle est donc aujourd’hui, en plus de ses missions fiscales, et de protection de la sécurité et de la santé publique, garante du bon fonctionnement des flux commerciaux en alliant fluidité, sécurité et qualité.

Et de fait, elle participe amplement aux actions de soutien à la compétitivité des entreprises françaises en leur proposant des procédures mieux intégrées à leurs contraintes logistiques, en développant gratuitement des services dématérialisés, en favorisant la (re)localisation d’activités génératrices d’emplois, l’organisation de rencontres avec les entreprises, appelées « Tour de France des experts », et consacrées aux dispositions qu’elles met en œuvre pour soutenir leur activité, ou encore la création récente d’un magazine intitulé « Douane magazine », afin de soutenir les entreprises à l’international.

Et justement, pour les accompagner au plus près, la douane complète ses actions par un réseau adapté à chaque structure.

Tout d’abord, en région, des cellules conseil aux entreprises dans les directions régionales proposent des conseils, conseillent et informent.

Ensuite, des services régionaux auditent gratuitement les entreprises tout en les accompagnants dans leurs démarches.

Pour les grands groupes, une Mission grandes entreprises (MGE) est à leur service en tant qu’interlocuteur unique.

Pour les PME, une mission similaire leur est dédiée au niveau national.

Et, pour les primo opérateurs, un centre d’appel national appelé « Infos douane service (IDS), est chargé d’orienter les entreprises.

Mais, comme l’activité économique n’est pas toujours synonyme de bons procédés, la douane a aussi un rôle plus protecteur, en faisant notamment respecter les règles de l’OMC concernant les politiques commerciales, en protégeant et sécurisant l’économie contre les pratiques déloyales comme le dumping et les contrefaçons, tout en soutenant l’économie légale, sans oublier également son rôle d’évaluation en établissant pour les pouvoirs publics et les entreprises, des statistiques sur le commerce international fortement appréciées.

Et l’international, synonyme d’exportation pour les entreprises, demeurera incontournable dans les actions actuelles et futures de la douane, avec notamment la certification OEA (Opérateur économique agréé), instituée pour les entreprises, afin de leur assurer certaines facilités comme la dispense de fournir certaines garanties financières, la priorité sur certaines procédures, ou encore la possibilité d’entretenir des relations de confiance avec elle, ce qui, dans le cadre du nouveau code des douanes de l’Union européenne, dont l’entrée en vigueur est prévue en mai 2016, et dont le statut d’OEA assurera aux détenteurs de ce « passeport », de devenir des opérateurs privilégiés dans l’Union européenne, mais aussi dans de multiples pays comme les Etats-Unis, le Japon, la Chine ou encore le canada. A ce jour, plus de 1 000 entreprises ont déjà obtenu ce sésame.

Donc, oui, le rôle de la douane est aujourd’hui primordial pour la compétitivité des entreprises françaises, et, avec une mondialisation croissante, suivi de son lot d’affaires potentielles, il y a fort à parier qu’il n’est pas prêt de baisser, au contraire.

Jacques Samela

Sources :

. www.douane.gouv.fr

. www.doingbusiness.org

Jean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris
Jean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris

Jean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris

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