Soitec, STMicroelectronics, Isorg
Semi-conducteurs : le groupe isérois Soitec à la tête d’un projet européen
Le 10 septembre 2024
Ce mardi 10 septembre, le groupe isérois a annoncé le lancement d’un consortium européen de recherche et industriel pour développer des semi-conducteurs plus performants et efficaces en énergie.
Installé à Bernin, le groupe Soitec pilote le projet européen “Move2THz” pour développer une future génération de semi-conducteurs haute fréquence reposant sur du phosphure d’indium. Photo archives Le DL /Stéphane Pillaud
“Move2THz” : derrière ce nom un peu complexe se cache un nouveau projet européen de recherche et industriel qui vient tout juste de se lancer. Son objectif ? Développer une future génération de semi-conducteurs haute fréquence à base de phosphure d’indium. À sa tête, on retrouve Soitec, groupe installé à Bernin et spécialisé dans la conception et la production de matériaux semi-conducteurs innovants.
« Ce projet marque une étape clé dans l’intégration des technologies semi-conducteurs toujours plus performantes et efficaces en énergie », déclare, citée dans un communiqué, Emmanuelle Bely, secrétaire générale du groupe isérois. Car les semi-conducteurs en phosphure d’indium présentent l’avantage de “fonctionner à des fréquences proches ou supérieures à 1 térahertz, offrant des vitesses supérieures et une efficacité énergétique accrue par rapport aux technologies basées sur le silicium”, explique Soitec dans le même document.
Transformer les secteurs de l’IA et des télécommunications 6G
Pendant trois ans, les 27 membres du consortium, dans lequel sont engagés des acteurs de grande envergure comme STMicroelectronics, le CNRS, le CEA-Leti ou encore Aixtron, “ont pour objectif de poser les fondations d’un solide écosystème européen d’approvisionnement et de fabrication de semi-conducteurs en phosphure d’indium et de lever les freins à leur adoption à grande échelle, notamment le coût et la disponibilité des substrats avancés en phosphure d’indium”.
« Ensemble, nous ouvrons la voie à des innovations basées sur le phosphure d’indium qui transformeront des secteurs aussi cruciaux que les télécommunications 6G, la photonique et l’intelligence artificielle », ambitionne la secrétaire générale du groupe isérois qui a réalisé 978 millions d’euros de chiffre d’affaires au cours de son exercice 2023-2024.
À noter également que ce projet “Move2THz” bénéficie d’un financement de l’Union européenne et d’un financement complémentaire des gouvernements français, suisse, allemand, suédois, néerlandais et belge.
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/05/soite-une-reponse-francaise-et-europeenne.html
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ST VA CONSTRUIRE À CATANE UNE USINE ENTIÈREMENT INTÉGRÉE À 5 MD€ POUR LE SIC
https://vipress.net/st-va-construire-a-catane-une-usine-entierement-integree-a-5-mde-pour-le-sic/
Le 31 Mai 2024
Bénéficiant d’une aide de 2 Md€ de l’État italien dans le cadre de l’European Chips Act, cette future usine, qui devrait être opérationnelle dès 2026, intégrera sur un même site la totalité des étapes du flux de production, de la R&D à la fabrication et du substrat jusqu’au module de puissance.
STMicroelectronics annonce ce jour qu’il va construire sur son site de Catane, en Sicile, la première usine au monde entièrement intégrée – de la R&D à la fabrication et du substrat au module de puissance – et dédiée à la production en grands volumes de tranches de 200 mm en carbure de silicium (SiC) pour composants et modules de puissance, ainsi qu’aux activités de test et de conditionnement. L’investissement total prévu est d’environ 5 milliards d’euros, avec un soutien de l’État italien d’environ 2 Md€ dans le cadre de l’European Chips Act.
Ensemble, l’unité de fabrication de substrats SiC en cours de construction sur ce même site et cette nouvelle usine formeront le Silicon Carbide Campus de ST, concrétisant la vision du groupe d’une installation de production entièrement intégrée verticalement et dédiée à la production de masse de carbure de silicium sur un seul site.
« Les capacités entièrement intégrées mises à disposition par le Silicon Carbide Campus de Catane contribueront de manière significative au leadership technologique de ST dans le domaine du carbure de silicium pour les clients des secteurs automobile et industriel au cours des prochaines décennies, assure Jean-Marc Chéry, président du Directoire et directeur général de STMicroelectronics. L’envergure et les synergies apportées par ce projet nous permettront d’innover davantage avec une capacité de production en grands volumes et ce, au bénéfice de nos clients européens et internationaux qui évoluent vers l’électrification et recherchent des solutions à haute efficacité énergétique afin d’atteindre leurs objectifs de décarbonation. »
Le Silicon Carbide Campus servira de pôle central pour l’écosystème SiC mondial de ST et intégrera la totalité des étapes du flux de production, à savoir le développement de substrats SiC, les processus de croissance épitaxiale, la fabrication de tranches de 200 mm (front-end) et l’assemblage de modules (back-end), la R&D des procédés, la conception de produits, les laboratoires de R&D avancée pour les circuits intégrés, les modules et les systèmes de puissance, ainsi que des capacités complètes de conditionnement. Il s’agira, selon ST, de la première unité de cette nature en Europe pour la production de masse de tranches SiC en 200 mm, chaque étape du processus – substrat, épitaxie & front-end, et back-end – utilisant les technologies 200 mm pour des performances et des rendements améliorés.
Cette nouvelle unité devrait démarrer la production en 2026 et atteindre sa pleine capacité d’ici 2033, pour produire jusqu’à 15 000 tranches SiC par semaine à pleine capacité. Le groupe franco-italien assure par ailleurs que des pratiques durables seront intégrées dans la conception, le développement et l’exploitation du Silicon Carbide Campus pour une utilisation responsable des ressources, notamment l’eau et l’énergie.
Rappelons que ST fabrique actuellement ses produits SiC en grands volumes sur deux lignes de production de tranches de 150 mm à Catane et à Ang Mo Kio (Singapour). Le troisième pôle de production est une coentreprise avec Sanan Optoelectronics, avec une unité de fabrication en 200 mm en cours de construction à Chongqing (Chine), qui permettra à ST de servir le marché chinois. Les unités de production de tranches SiC de ST sont complétées par des activités d’assemblage et de test en grands volumes qualifiées pour l’automobile à Bouskoura (Maroc) et à Shenzhen (Chine). La R&D et l’industrialisation des substrats SiC de ST ont lieu à Norrköping (Suède) et à Catane où l’unité de fabrication de substrats SiC augmente la production et où sont basées la plupart des équipes de R&D et de conception des produits SiC de ST.
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La Commission européenne a approuvé aujourd’hui une subvention de 2 milliards d’euros pour l’usine intégrée de carbure de silicium de 200 mm que ST Microelectronic est en train de construire à Catane, en Sicile.
Clap de fin à Limoges pour Isorg, pionnier de l’électronique organique
le 20/06/2024
Cela aurait dû être le fleuron de l’industrie limougeaude mais, malgré de lourds investissements, l’aventure d’Isorg s’achèvera le 12 juillet. Le licenciement économique est lancé pour la vingtaine de salariés de son usine de production de Limoges.
Créée en 2010 à Grenoble et pionnier de l’électronique organique, Isorg a fait le choix en 2014 d’implanter son unité de fabrication sur le parc d’Ester technopole à Limoges.
Une annonce reçue à l’époque avec enthousiasme par les acteurs politiques et économiques du territoire, y voyant le futur fleuron de l’industrie limougeaude. D’autant qu’une cinquantaine d’emplois sont promis d'ici au printemps 2016.
Constat d’échec
Il n’y en aura finalement jamais autant et la vingtaine de salariés actuels fait l’objet d’une procédure de licenciement économique et un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été mis en place. Conséquence du placement en liquidation judiciaire d’Isorg. Chez nos confrères de France 3, ce mardi, Cédric Laming, nouveau directeur d’Isorg nommé en décembre dernier, invoque les conséquences du Covid et l’échec technique d’un capteur*, celui, si prometteur, qui a obtenu la certification du FBI en mars 2021.
« Il y a eu, à la fin de l’année dernière, un double constat : un constat d’échec technique sur ce produit, qui est lié à des ruptures technologiques sur le marché des écrans de téléphones portables. Ça, c’est la première chose. Et puis, il y a aussi, en parallèle, la prise de conscience qu’une entreprise de la taille d’Isorg avait du mal à suivre le rythme et les exigences de clients de cette ampleur », confesse-t-il.
En « off »
Pour le licenciement économique et l’absence de repreneur, il s’agit d’une information donnée « en off » par un salarié ce jeudi. Et du « off », il y en a eu dans cette histoire… Nommé dans la catégorie « Innovation » des Trophées des entreprises de la Haute-Vienne 2023 le 7 décembre dernier et pressenti pour être lauréat, Isorg annonce son retrait quasiment la veille…
En mai dernier, à l’occasion d’une conférence de presse, un lanceur d’alerte anonyme souffle : « vous devriez vous intéresser à Isorg… ». Et de s’interroger sur le retour sur investissement.
Plusieurs levées de fonds
Or, les investissements se chiffrent en millions d’euros. En 2021, à l’occasion d’une nouvelle levée de fonds de 16 millions d’euros émanant de Sumitomo chemicalco ltd et Mitsubishi corporation, on rappelait dans nos colonnes que les actionnaires historiques Bpifrance, à travers ses grands fonds de capital-risque, New science venture, CEA investment et le Groupe Sofimac (Limousin participations), avaient permis à Isorg de lever 47,8 millions d’euros. Et aujourd’hui, le premier actionnaire de la société reste la SA Bpi participations qui détient 24.62 % du capital de l’entreprise.
La région Nouvelle-Aquitaine a, elle aussi, mis la main à la poche depuis 2015. 4.620.866,84 € ont été versés. Ces sommes concernent pour 2.280.433,42 € et une rallonge de 2.310.433,42 € la construction du site d’Ester et pour 30.000 € le recrutement d’un cadre. Il faut ajouter une aide au titre du Fonds européen de développement régional (Feder) pour l’aide à la transformation numérique d’un montant de 94.128 € avec à ce jour un solde à verser de 16.708 €.
Que d’efforts financiers vains et quelle déception pour le territoire. Reste maintenant à savoir ce que va devenir le site quasi flambant neuf de Limoges.
(*) Un module à photodiode organique pour scanners d’empreintes digitales.
Maryline Rogerie
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2014/12/isorg-une-technologie-francaise-de-rupture.html
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