FinTech (suite)
. Pour plus d'informations sur le sujet, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 29 janvier 2016, intitulé : FinTech, de la confrontation à la complémentarité.
Le luxe français, savoir-faire, rayonnement et avenir
Après le dossier consacré à la maison Longchamp (dossier du 29 octobre 2015), et celui plus récent sur Vuitton (dossier du 15 février 2016), je souhaitai, afin de boucler la boucle sur le sujet, représenter l’ensemble d’un secteur phare de l’économie française, au même titre que l’aéronautique ou l’agro-alimentaire (prochain dossier à venir), et qui bon an mal an, représente un quart du marché mondial du luxe avec 40 milliards d’Euros de recettes, et exporte près de 80 % de sa production.
Et en effet, au-delà des marques, largement représentées, dont la renommée n’est plus à faire, c’est bien de l’ensemble de ce secteur dont je vais tenter de vous relater, et ce que ce soit des créateurs, des artisans, des sous-traitants, jusqu’aux consommateurs finaux.
Représenté par le Comité Colbert (www.comitecolbert.com), créé par Jean-Jacques Guerlain en 1954, et rassemblant près de 80 grands noms du luxe, il représente donc près de 5 000 PME-PMI et TPE, soit plus de 160 000 emplois directs et indirects.
Et ce grâce justement à l’aura de ces maisons prestigieuses, car avec je me répète, près de 40 milliards d’Euros de ventes en 2013, profitant à plein de la mondialisation, c’est bien toute une industrie qui en profite, avec comme règle au sein du Comité Colbert, d’enterrer la hache de guerre au profit d’une entente entre les adhérents, pour défendre ce savoir-faire français à l’international, mais aussi par exemple pour combattre la contrefaçon, synonyme de baisses de chiffres d’affaires, et d’emplois perdus.
Et justement, en termes d’emplois, il faut savoir qu’une majeur part de ces maisons élaborent et sous-traitent en France, facilitant en cela la préservation de certains métiers par l’apport d’actions de formation et de transmission, comme la création en 2011 de la Chaire Colbert, destinée à former les créateurs de demain, mais aussi la mise en place du master 2 « stratégie du design » de l’ENSAAMA (www.ensaama.net), également appelée Ecole Olivier de Serres, soit le premier diplôme supérieur d’arts appliqués, homologué par une université, en l’occurrence celle d’Evry-Val-d-Essonne.
Sans oublier également les actions de découverte auprès des collégiens et des lycéens, par le biais de visites d’ateliers, la mise en place de stages, débouchant pour beaucoup par une première embauche, faisant de ce secteur l’un des premiers, si ce n’est le premier, à afficher un taux exceptionnellement haut en termes d’insertion professionnelle.
Comme quoi, avec des idées, des actions, de l’envie également, ne se pourrait-il pas que cet exemple puisse être repris par d’autres, des secteurs en mal de main d’œuvre ? Une idée à creuser peut-être ?
En tout cas, ce sujet, le comité stratégique de filière mode et luxe (CSF), rassemblant les professionnels du secteur, les pouvoirs publics et les organisations syndicales représentant les salariés de la filière, l’a bien intégré, en l’incluant dans ses actions permanentes que sont la consolidation et la préservation des maillons de la chaine industrielle du textile, de la mode et du luxe, l’amélioration de la sous-traitance en consolidant les liens avec les donneurs d’ordres, la préparation de l’avenir en soutenant l’émergence et le développement de nouveaux créateurs, de nouvelles marques, et pour finir, la valorisation et la promotion du Made in France.
Et l’avenir, il est déjà en action, avec notamment la généralisation de l’utilisation par les marques de l’outil internet, pas complètement acquise il y a encore cinq ans, mais qui apporte aujourd’hui une ouverture vers une nouvelle génération d’acheteurs peu touché par la communication classique comme la presse spécialisée, ou peu enclins, par manque de moyens ou d’habitudes, à pousser les portes des boutiques, mais aussi pour relever le défi du ralentissement de la croissance de leurs ventes dans les pays émergents, avec notamment comme point de mire la Chine, où la baisse des achats est significative avec une perte de 2 % à 4 % en 2015, conséquence de taxes plus ou moins élevées, et donc d’un choix de la clientèle chinoise, délaissant leurs achats sur leur marché intérieur, au profit d’autres pays à l’étranger. Ce dernier point obligeant une refonte totale dans la stratégie des marques en trouvant une cohérence dans les prix, d’un pays à un autre.
Mais surtout, pour continuer à gagner de nouvelles parts de marché (l’Iran, l’Inde ?), avec une filière française continuant à jouer, et je pense que le Comité Colbert en est conscient, sur sa différence, son savoir-faire, et son je ne sais quoi de français, que bien des pays nous envies, mais que d’autres souhaiteraient également copier.
Donc, malgré cette longueur d’avance, il est primordial pour le luxe français de se projeter en avant, ce que le Comité Colbert n’a pas manqué de faire, avec son projet « Penser 2074 », lancé en 2013.
Jacques Samela
Sources :
. Le Parisien Economie du 03 décembre 2012
. Les Echos du 14 février 2013
. Le magazine du Monde du 27 avril 2013
. Le Figaro du 13 novembre 2013
. Le Parisien Economie du 09 décembre 2013
. Les Echos du 19 mars 2014
. Les Echos du 03 novembre 2014
. Le Figaro du 04 novembre 2014
. Capital / Janvier 2016
. Les Echos du 06 janvier 2016
. http://www.entreprises.gouv.fr/conseil-national-industrie/la-filiere-mode-et-luxe
Mars 2016
Du 07 au 08 mars 2016
. Big Data paris / www.bigdataparis.com
Du 08 au 10 mars 2016
. Jec World / www.jeccomposites.com
. CFIA / www.cfiaexpo.com
Du 08 au 11 mars 2016
. Simodec / www.salon-simodec.com
Du 15 au 17 mars 2016
. Industrie et sous-traitance du Grand Ouest / www.industrie-nantes.com
Du 15 au 18 mars 2016
. MIPIM / www.mipim.com
Du 16 au 17 mars 2016
. Medi’Nov Connection 2016 / www.medinov-connection.wix
. Rail Industry Meetings / www.railindustrymeetings.com
Du 19 au 20 mars 2016
. Hypac Expo / www.hypac-expo.com
Du 22 au 24 mars 2016
. Eurocoat / www.eurocoat-expo.com
. It Meetings / www.it-meetings.fr
. RIST / www.salon-rist.com
Du 22 au 25 mars 2016
. SITL Europe / www.sitl.eu
Du 23 au 24 mars 2016
. Microwave & RF / www.microwave-rf.com
. PCH Meetings / www.pchmeetings.com
. Machine To Machine & Objets connectés / www.salons-solutions-electroniques.com
. Display / www.salons-solutions-electroniques.com
. Cloud Computing World Expo 2016 / www.cloudcomputing-world.com
Du 30 au 31 mars 2016
. Analyse industrielle / www.analyse-industrielle.fr
. Forum Labo & Forum Biotech / www.forumlabo.com
. Produrable / www.produrable.com
Vuitton, une saga française
A quelques jours de la clôture de l’exposition consacrée à la maison Louis Vuitton au Grand Palais, intitulée « Volez, Voguez, Voyagez », je voulais tenter de retracer en quelques mots l’épopée de cette marque, devenue l’un des fleurons du savoir-faire à la française, reconnu de par le monde, appartenant aujourd’hui au groupe de luxe LVMH (www.lvmh.fr), dont les ventes en 2015 ont atteint 35,67 milliards d’Euros, en hausse de 16 %, et propriété de Bernard Arnault.
L’histoire commence donc en 1821, date de naissance de Louis Vuitton, à Anchay, petit village de Franche-Comté. D’extraction modeste, son père est meunier-menuisier, il quitte son village en 1835 à l’âge de 14 ans, à pied, pour rejoindre Paris. Il mettra deux ans pour parcourir les 400 km, travaillant de-ci de-là pour subsister.
Arrivé à Paris, il est embauché comme apprenti chez un layetier-emballeur, métier qui consistait à emballer les nombreuses affaires de riches clients partants en voyage, avant de créer quelques années plus tard, et après s’être fait une clientèle, notamment l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, sa propre maison à l’âge de 33 ans, en 1854.
Quatre ans plus tard, il s’installe à Asnières avec armes et bagages, car, proche de la Seine, cela facilite l’acheminement du bois de peuplier, nécessaire à la fabrication des malles, mais aussi parce qu’elle est également desservie par le tout premier chemin de fer en France. Aujourd’hui encore, le site tient toujours une place prépondérante, étant toujours l’un de ses quinze ateliers de fabrication, mais aussi le musée Louis Vuitton, situé dans la rue du même nom.
Après l’ouverture de sa première boutique à paris, proche de la place Vendôme, et après l’invention de la malle plate, accueillant pour l’occasion des couverts également plats, une idée révolutionnaire pour l'époque, Louis Vuitton, rejoint par son fils Georges, à l’origine de son intérêt pour un développement à l’étranger, ouvre avec succès une première boutique à Londres sur Oxford Street, suivie de deux autres à New York et Philadelphie aux Etats-Unis.
Et justement, le fils Georges, on le retrouve à la tête de la maison familiale en 1892, à la mort du fondateur, épaulé par la famille, donnant l’occasion à la marque, désormais connue et reconnue, de graver dans le temps une œuvre non démentie encore aujourd’hui, en créant la toile appelée « Gris Trianon », révolutionnaire pour l’époque, parfaitement imperméable, et où apparaît pour la première fois le monogramme « LV », devenant par la suite et au fil du temps l’emblème incontournable de la marque, induisant une contrefaçon exceptionnelle, combattue farouchement, mais pas seulement aujourd’hui, car dès la fin des année 1800, le fondateur dut déposer le nom de sa marque, adoptant également un imprimé de damier beige, avec apposé dessus l’inscription « Marque Louis Vuitton déposée ». Déjà la rançon du succès.
Ensuite, c’est au tour des descendants de continuer l’œuvre de leur aïeul, suivie notamment par des actrices de légende comme Katharine Hepburn, Lauren Bacall ou encore Elizabeth Taylor, avec l’avènement en 1987, d’un groupe aux ramifications internationales, devenant le premier groupe de luxe au monde sous l’appellation LVMH-Moët Hennessy Louis Vuitton.
Et c’est en 1989 qu’apparaît Bernard Arnault, en devenant actionnaire majoritaire du groupe avec 42 %, et y impulse la diversification du groupe en lui ouvrant les mondes du prêt à porter, de l’horlogerie, des parfums, lui permettant de devenir encore aujourd’hui le plus important groupe de luxe au monde. En 2015, le magazine Forbes l’a classé 14ème dans sa liste des marques les plus influentes au monde.
Et depuis, effectivement, l’engouement autour de cette marque devenue mythique ne se tarit toujours pas, au contraire même, car à chaque ouverture d’un magasin, à chaque fois unique, car faisant appel à des architectes renommés, comme pour celui de paris sur les Champs Elysées, signé par l’architecte américain Eric Carlson, c’est la cohue, et il faut souvent attendre pour pouvoir rentrer dans l’un de ces temples du luxe, juste pour voir et rêver pour certains, et acheter pour d’autres.
Alors oui, Catherine Deneuve, Jennifer Lopez, Scarlett Johansson, Madonna et même Mikhaïl Gorbatchev, l’instigateur de la Perestroika, ont représentés un moment ou un autre l’image de la marque, mais, il ne faudrait pas oublier le vrai métier de cette maison plus que centenaire, celui de la malle, toujours en activité et à l’origine de sa création, avec des modèles comme les malles-auto, aéro, pique-nique, secrétaire, bibliothèque, tableau, coiffeuse, ainsi que les mallettes appui-pied ou à glacière, sans oublier les dernières en date, servant à habiller les trophées de la prochaine coupe du monde de football de 2018 en Russie, de la coupe du monde de rugby, ainsi que de l’América’s Cup, et créées à l’atelier historique d’Asnières.
L’histoire n’est donc pas près de s’arrêter, et allez, allons voir cette exposition, gratuite, au Grand Palais, le voyage est parait-il assuré.
Jacques Samela
Sources :
. Wikipedia
. Libération du 22 décembre 2015










































