Ne nous trompons pas de chemin
En effet, ne nous trompons pas, car demain il sera peut-être trop tard, ou alors nous aurons perdu tellement de temps, qu’il en sera encore plus coûteux qu’aujourd’hui de le rattraper.
En effet, à quelques semaines des élections régionales, où des forces contraires avancent à visages plus ou moins découverts, il est nécessaire aujourd’hui de bien réfléchir aux conséquences éventuelles que pourraient provoquer un vote plus protestataire que constructif.
Car, au de-là de l’aspect politique, important, mais pas le sujet du jour, quoique, créer un blog (fin 2012) comme le mien à un moment où les informations n’étaient que négatives, où certains prédisaient les pires catastrophes de la terre pour la France, son déclin, voire sa décadence, c’était l'air de rien faire acte d’engagement.
Mais, comme mon blog n’est quand même pas une tribune politique (pas l’ambition), c’est donc de l’aspect économique dont je vais relater, car c’est vraiment un sujet qu’il ne faut surtout pas négliger, car, tout en découle, on le voit bien aujourd'hui, chômage, précarité, tensions sociales puis politiques.
Donc, aujourd’hui, alors que les heures sombres de l’économie française semblent être derrière nous, avec notamment l’avènement de nouveaux acteurs, futurs leaders mondiaux dans leurs créneaux d’activités, ceux qui ont su résister aux vents contraires, en axant notamment sur l’innovation, l’installation de centres de R & D de grands groupes internationaux, synonyme d’une attractivité non démentie, la multiplication des Fablabs, des incubateurs, les 10 ans des pôles de compétitivité, il serait vraiment dommage de s’arrêter en si bon chemin.
Alors oui, la mondialisation fait peur, ou du moins celle que certains nous dépeignent, mais aujourd’hui, pour réussir, et encore plus demain, les entreprises françaises doivent et devront s’ouvrir à l’international, et non s’enfermer dans une étroitesse d'esprit essentiellement national, ce que d’aucuns justement souhaiteraient nous assurer. Comme un retour à un soit disant mieux avant. Quand ?
Mais non, rien ne sera plus comme avant, car que deviendrait la France, seule face à des géants en devenir comme la Chine, l’Inde, ou plus anciens comme les Etats-Unis, la Russie, le Japon ?
Le salut passe donc déjà par l’Union Européenne, même s’il est vrai qu’elle n’est pas parfaite, mais, avec un réel effort d’unité (difficile il est vrai), en respectant les spécificités et en alliant les forces de chacun, cela lui permettrait de rester ce qu’elle est déjà aujourd’hui, soit la première puissance économique mondiale, le principal exportateur mondial, ainsi que le premier destinataire des investissements dans le monde. Et avec plus de 500 millions d’habitants, le combat économique est loin d’être perdu, au contraire. Par-contre avec 65 millions, cela serait largement plus compliqué pour la France.
Ensuite, et c’est peut-être là que l’effort doit être soutenu, c’est de faire que les entreprises françaises s’ouvrent à d’autres marchés internationaux avec un esprit conquérant, aidées en cela par une jeunesse compétente, à la recherche de challenges, avec dans la tête, une image de l’industrie non plus dénigrée comme elle le fut pendant de nombreuses années, avec à la clé une perte d’influence de l’activité industrielle en France et une image on ne peut plus plus ternie encore aujourd'hui.
Et qui mieux que ces entreprises également pour permettre à ces jeunes français, dont certains disent qu’ils ne s’intègrent pas, issus pour beaucoup des banlieues, diplômés pour une grande partie, mais snobés, voire carrément discriminés à l’embauche, de démontrer leurs envies, leurs capacités à se dépasser, leurs désirs d’appartenir à une communauté nationale, apportant justement leurs connaissances des us et coutumes des pays d’origine de leurs parents ou grands-parents, important pour participer à la reconquête des marchés perdus (au profit de la Chine, déjà), ou à la conquête de nouveaux, et donc de représenter et de s'accaparer ce savoir-faire à la française, encore reconnu et apprécié.
Je souhaite donc, que dis-je, je veux une France qui gagne, mais qui gagne avec tous ses bras et non seulement certains. Aidée en cela d’une Europe forte et unie, alors que certains la souhaite désunie, comme durant l’entre deux guerre, le soit disant mieux avant peut-être, avec on le voit déjà, un repli sur soi, bien ancré dans ses frontières, défendant son pré carré, entouré d’ennemis, voir, d’envahisseurs imaginaires.
Donc, oui je m’engage, à démontrer notamment par le biais de mon blog que la France n’est pas ce pays en fin de course, qu’elle est toujours cette nation reconnue de par le monde, prise souvent pour modèle, et dont les prochaines conquêtes se feront essentiellement à l’échelle économique. C’est même déjà commencé.
Mais surtout, je m’engage parce que je ne veux pas d’une France rabougrie, aigrie, rétive à tout changement, fermée sur elle-même, retrouvant en cela certains réflexes déjà vus par le passé.
Donc, vous, mes lectrices et lecteurs assidus, engagez-vous également, à votre manière, pour que la France ne devienne pas une nation quelconque dans le monde de demain. Elle mérite mieux.
Jacques Samela
Octobre 2015
. La 4ème édition du baromètre de l’innovation de Grenoble Ecole de management / Opinionway indique que l’innovation reste stable chez les chefs d’entreprises, avec 59 % qui pensent qu’elle est importante pour la croissance. Mais ce sont la qualité, la réactivité et la productivité qui l’emportent malgré tout. Cependant, 94 % des entreprises allouent des moyens spécifiques à l’innovation, soit une hausse de 18 % par rapport à l’an dernier.
Pour la suite : http://www.grenoble-em.com/barometre-innovation
. Selon le Financial Times, le Val d’Oise abrite le 3ème meilleur master du monde en sciences du management en 2015, un cursus de l’ESSEC.
Val d’Oise / Le magazine du Conseil départemental.
. Le groupe ferroviaire Faiveley Transport fournira les systèmes HVAC (chauffage, ventilation et climatisation) des nouvelles voitures du métro de Boston (USA). Le montant du contrat s’élèverait à plus de 15 Millions d’Euros.
Faiveley (www.faiveleytransport.com)
. D’après le dernier point de conjoncture de l’Insee, la France devrait connaître une croissance de 1,1 % en 2015.
Libération du 02/10/15.
. Dans l’édition 2015 des « Best Global Brands », publié par Interbrand (www.interbrand.com), on y retrouve sept marques françaises, permettant ainsi à la France de gagner une place, et de se trouver au troisième rang des nations en compétition. Les entreprises françaises sont, L’Oréal, Danone, Axa, Louis Vuitton, Cartier, Hermès, ou encore Moët & Chandon qui y fait son grand retour.
. Alstom Transport (www.alstom.com) remporte un contrat de 150 millions d’Euros en Inde, pour la fourniture de vingt rames de métro de la ville de Lucknow, dans le nord du pays. L’accord comprend également une solution de signalisation pour le nouveau réseau de la ville, soit une ligne de 23 kilomètres composée de 22 stations.
Le groupe Thalès va fournir 1 100 blindés Hawkei, ainsi que 1 000 remorques à l’armée australienne. Le montant du contrat s’élève à 1,3 milliard de dollars australiens (820 millions d’Euros).
Les Echos du 06/10/15.
. Trois français figurent dans le classement des 50 personnalités les plus influentes du monde économique établi par l’agence Bloomberg (www.bloomberg.com). Il s’agit de Christine Lagarde à la 38ème place (prochain portrait français), de Thomas Piketty à la 20ème place, et de Renaud Laplanche à la 28ème place, fondateur de la société Lending Club (voir l’article du 21 mai 2015).
L’Express du 08/10/15.
. Embellie pour le textile français en 2014 avec une production qui a augmenté de 1 %, un chiffre d’affaires de 12,9 milliards d’Euros, et des exportations à 8,1 milliards d’Euros. Et 2015 s’annonce aussi bonne, voir même meilleure, avec pour le 1er trimestre une production en hausse de 2 %, des carnets de commandes orientés à la hausse, et des exportations toujours aussi dynamiques avec + 5 %. Ce sont les textiles techniques qui mènent la danse, avec une part qui se monte à 40 % dans le secteur.
Le Monde du 08/10/15.
. Le web français a levé en septembre 317 millions d’Euros contre 30 millions en 2014, avec 55 opérations contre 26 l’année dernière.
La Tribune du 09/10/15.
. Le géant américain des réseaux, Cisco (www.cisco.com), vient d’ouvrir son nouveau centre de R & D à Paris appelé le PIRL pour Paris Innovation Research Lab, en assurant apporter 100 millions d’Euros supplémentaires pour doper l’écosystème des start-up françaises. John Chambers, le grand patron du groupe, en a profité pour vanter le dynamisme de l’Hexagone en matière d’innovation, le comparant même à la Silicon Valley.
Industrie & Technologies du 09/10/15.
. Fort rebond de la production industrielle en aout avec une hausse de 2,2 %.
. Le montant des fonds collectés par les plates-formes de crowdfunding a plus que doublé en un an, avec 133,2 millions d’Euros au premier semestre 2015, au lieu des 66,4 millions d’Euros collectés au premier semestre 2014. Et selon le baromètre de Financement participatif France (www.financeparticipative.org), les prêts représentent désormais 85,2 millions d’Euros, l’investissement 24,3 millions, et les dons 23,7 millions. Pour plus d’information, lire ou relire le dossier du 25 juillet 2014.
Les Echos du 12/10/15.
. Fort optimisme ches les « Business angels ». En effet, les réseaux affiliés à l’association France Angels (www.franceangels.com), ont investi 22 millions d’Euros dans 180 entreprises au premier semestre 2015, soit + 15 % par rapport aux six premiers mois de 2014. Plus de 50 % des investissements vont vers le digital.
Décideurs en région du 15/10/15.
. L’équipementier aéronautique Figeac Aero (www.figeac-aero.com), vient de remporter un contrat valorisé à près de 230 millions d’Euros auprès de l’avionneur brésilien Embraer (www.embraer.com), dans le cadre du programme E-Jets E2.
Les Echos du 13/10/15.
. Le groupe Yoplait (www.yoplait.fr) ouvre sa première usine en Chine. L’objectif, 5 à 10 % de part de marché.
Les Echos du 15/10/15.
. La RATP (www.ratp.fr) a remporté le service des bus dans la région Toscane, après un appel d’offre européen, lancé en 2012 par la région italienne. Cela concerne la gestion du service urbain et extra-urbain sur l’ensemble du territoire de la région, et la concession, de 100 millions de kilomètres par an, représente 4 milliards d’Euros pour les onze prochaines années.
. La société en biotechnologies Oncodesign (www.oncodesign.com) crée un site de recherche à Montréal avec la société Mispro Biotech Services (www.misprobiotech.com), afin de répondre à ses clients nord-américains dans le domaine des molécules thérapeutiques, plus efficaces contre les cancers et les autres maladies graves, et dont la société en est l’instigatrice.
Les Echos du 16/10/15.
. L’agence de développement économique et d’innovation de Paris (Paris&CO) et son homologue new yorkais NYCEDC, lance un programme d’échanges pour permettre à des start-up françaises de profiter d’opportunités à New York et de convaincre les start-up américaines de s’implanter et de créer des emplois à Paris.
Les Echos du 19/10/15.
. Après un appel d’offre mondial, la société Ceva Santé Animale (www.ceva.com) va fournir 100 millions de doses de vaccin contre la grippe aviaire aux Etats-Unis.
Les Echos du 20/10/15.
. Le nombre d’entreprises créées a augmenté de 3,6 % en septembre, et les défaillances d’entreprises sont elles en baisse de 4,8 % sur un an.
La Tribune du 21/10/15.
. Nouvelle hausse des embauches au 3ème trimestre, avec une nouvelle hausse de 0,5%, après + 1 % durant les trois derniers mois. L’évolution provient en grande partie de l’accroissement des embauches en CDI (+ 1,4 %).
Boursier du 21/10/15.
. Le Koweït achète 24 hélicoptères Caracal à la France pour un montant de 2,5 milliards d’Euros. Ensuite, deux déclarations d’intention ont été signées sur l’acquisition de véhicules blindés légers, et pour la maintenance de patrouilleurs, une autre sur la création d’un fonds de 450 millions d’Euros pour investir dans les entreprises françaises, et pour finir, un accord portant sur la création d’un Centre de cancérologie pour 100 millions d’Euros.
La Tribune du 22/10/15.
. Le leader européen du paratonnerre, Indelec (www.indelec.fr), vient de décrocher une certification UL, afin d’accéder au marché américain, habituellement fermé. Aucun autre fabricant dans le monde n’a obtenu cet agrément. Indelec, c’est 30 millions d’Euros de chiffre d’affaires et 200 salariés.
Les Echos du 22/10/15.
. L’activité du secteur privé continue à se redresser en France, soit au plus haut depuis quatre mois.
La Tribune du 24/10/15.
. Le groupe PSA affiche un chiffre d’affaires en hausse de 3,2 % à plus de 12 milliards d’Euros. C’est le marché européen, en hausse, qui porte le groupe automobile, affichant un rebond de ses ventes de plus de 6 %.
BFM Business du 26/10/15.
. Le comité mixte économique franco-algérien (Comefa) s’est traduit par la signature de huit accord économiques avoisinant le milliard d’Euros.
Les Echos du 27/10/15.
. Le groupe de services pétroliers, Technip (www.technip.com), va fournir des conduits flexibles pour un champ pétrolier au Brésil auprès du consortium Libra Oil & Gas BV, et pour un montant avoisinant les 250 millions d’Euros.
La Tribune du 28/10/15.
. Selon l’Insee, le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) a permis de ralentir la progression du coût de la main d’œuvre en France.
Le Monde du 28/10/15.
. Première société de biotechnologies au monde capable de modéliser un muscle humain in vitro, la société Cytoo (www.cytoo.com) décroche un accord majeur avec le laboratoire pharmaceutique japonais Daiichi Sankyo, afin d’utiliser sa plate-forme issue du CEA Grenoble appelée MyoScreen, et dont l’objectif est de permettre de découvrir des candidats médicaments efficaces contre les maladies musculaires.
Les Echos du 28/10/15.
. Le secteur privé a créé en France 37 000 emplois au troisième trimestre, et ce d’après l’indicateur américain ADP (Automatic Data processing), baromètre très suivi aux Etats-Unis, et dont la particularité est de publier ses chiffres chaque mois, et non environ 45 jours après comme l’Insee le fait habituellement, jugé trop tardif pour beaucoup d’analystes.
La Tribune du 29/10/15.
. Le groupe Alstom (www.alstom.com) vend 8 trains à grande vitesse Pendolino à l’opérateur ferroviaire italien NTV (www.ntvspa.it) pour 460 millions d’Euros. L’accord comprend également un engagement de maintenance pour 20 ans.
Boursier du 29/10/15.
. La Chine commande 100 exemplaires de l' A320 au groupe Airbus, pour un montant de 9,7 milliards de dollars au prix catalogue.
AFP du 29/10/15.
Criteo (suite)
. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou relire mon article sur la société Criteo, en date du 19/11/13 et intitulé, Criteo, le rêve américain, ainsi que ci-dessous ces deux articles.
1/
Criteo poursuit sa croissance mais ses profits ont baissé. Le spécialiste français du reciblage publicitaire sur Internet, a enregistré une croissance de 54% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, à 299 millions d’euros.
Une performance qui marque une étape significative pour l’entreprise : pour la première fois depuis sa création, Criteo publie un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros sur les douze derniers mois. Hors coûts d’acquisition (ex-TAC), le chiffre d’affaires a bondi de 55%, à 120 millions d’euros au troisième trimestre.
Mais si l’Ebitda a progressé de 58% sur un an, à 31 millions d’euros, le résultat net de Criteo est cependant plus faible que l’an passé, à 5 millions d’euros, contre 11 millions un an plus tôt à la même période.
La société explique notamment cette chute par la baisse du réal brésilien face à l’euro. 90% des clients utilisent les solutions multi-écrans Au-delà des données purement financières, de juillet à août, Criteo a signé avec 720 nouveaux clients. «Nous sommes ravis que 90% de nos clients utilisent notre solution multi-écrans», déclare Jean-Baptiste Rudelle, le PDG. «Nos investissements et notre exécution payent, et nous sommes confiants sur notre capacité à délivrer des résultats solides sur l’ensemble de l’année», ajoute Benoit Fouilland, le directeur financier.
Pour son exercice 2015, Criteo prévoit un chiffre d’affaires ex-TAC entre 470 et 475 millions d’euros, et un Ebitda ajusté compris entre 120 et 127 millions d’euros.
Revoir l’interview de Cédric Vandervynckt, directeur Général France et Europe du Sud chez Criteo, sur «Comment Criteo compte garder une longueur d’avance» (octobre 2015) / www.frenchweb.fr/wp-content/uploads/2014/02/criteo.png
2/
Comment le français Critéo conquiert le monde Grâce à une stratégie tournée vers le mobile, le déploiement sur tous les écrans et l’expansion à l’international, le numéro un mondial du ciblage publicitaire tient le cap dans un marché de la pub difficile.
Malgré une baisse du bénéfice net, son chiffre d’affaires a grimpé de 54% sur un an au troisième trimestre. Le discret Jean-Baptiste Rudelle, le président-fondateur de Critéo, mise sur la mobilité et l'international. Les trimestres se suivent et se ressemblent pour Critéo.
L'ancien petit poucet de la pub, fondé en 2005 dans un incubateur parisien mais rapidement devenu le leader mondial du ciblage publicitaire, poursuit son incroyable ascension. Les résultats du troisième trimestre 2015 ne font pas exception. Le chiffre d'affaires progresse au-delà des attentes pour le 8è trimestre consécutif, à 299 millions d'euros, soit une augmentation de 46% sur un an à taux de change constant. En excluant les versements aux partenaires, le chiffre d'affaires ressort en hausse de 47% à 120 millions d'euros.
"Pour la première fois de notre histoire, le chiffre d'affaires a dépassé la barre du milliard d'euros sur un an, pour atteindre 1,1 milliard d'euros", se réjouit Benoît Fouilland, le directeur financier du groupe. Seule ombre au tableau : le bénéfice net s'établit seulement à 5 millions d'euros, soit une chute de 55% par rapport à la même période l'an dernier. Une déception qui s'explique par "un résultat financier négatif en raison d'une chute de 30% de la valeur du réal brésilien par rapport à l'euro et d'un taux d'imposition effectif exceptionnellement élevé au troisième trimestre", explique Benoît Fouilland. De quoi refroidir quelque peu les investisseurs de la société, cotée au Nasdaq depuis octobre 2013. Mais pas de quoi inquiéter Critéo, qui maintient ses objectifs sur l'ensemble de l'année d'un chiffre d'affaires autour du milliard d'euros.
Suivre le parcours des internautes sur tous les écrans Critéo est une entreprise solide dans un marché publicitaire mondial chamboulé en raison de la révolution mobile. Son secret tient en un seul mot: sa technologie. Ses algorithmes de prédiction et de recommandation, développés par ses ingénieurs parisiens dans le plus grand secret, permettent de générer en temps réel (en moins de 150 millisecondes précisément) des bannières publicitaires de "reciblage" personnalisé, en fonction des traces laissées par l'internaute sur la Toile. Leur amélioration constante vers davantage de précision et de pertinence est vitale pour Critéo, dont le modèle économique repose sur la performance.
Autrement dit, l'entreprise ne reçoit de l'argent que lorsque l'internaute clique sur la bannière qui le redirige sur les sites marchands clients. Si la pépite française réussit à croître dans un contexte compliqué, c'est qu'elle sait s'adapter aux nouveaux enjeux mobiles. Selon le Syndicat des régies internet, spécialiste de la publicité digitale, plus de la moitié des achats réalisés en ligne n'impliquent plus seulement un PC mais aussi un smartphone et/ou une tablette. Concrètement, il est donc de plus en plus fréquent de repérer un produit sur un PC, de regarder une offre concurrente sur son smartphone quelques heures plus tard, puis de finaliser l'achat sur sa tablette, le soir, par exemple. Un vrai défi pour les vendeurs d'espaces publicitaires. Depuis quelques années, Critéo cherche donc à suivre le parcours des internautes sur tous les écrans, afin de leur proposer la publicité la plus pertinente possible. Sa solution multi-écrans, utilisée par 90% de ses 9300 clients dans le monde, connaît un succès croissant. Grâce au recoupement des données et notamment des identifiants, elle permet de prendre en compte cette navigation « multi-canal », sur laquelle repose la croissance du secteur.
"L'investissement dans l'amélioration et l'adaptation de notre technologie aux nouveaux enjeux est le pilier de notre croissance" affirme Benoît Fouilland. C'est aussi la raison qui explique l'afflux de nouveaux clients. De 7.800 en mars dernier, Critéo en revendique désormais 9.300, dont 725 nouveaux clients pour le seul 3è trimestre. Un œil sur le mobile, l'autre vers l'Asie Pour les mois à venir et l'année 2016, Critéo ne compte pas changer une stratégie qui gagne.
"Nous poursuivrons les investissements technologiques pour améliorer nos algorithmes, développer des solutions mobiles et multi-écrans, tout en renforçant notre présence à l'international", indique Benoît Fouilland.
La société, qui dispose de 27 bureaux répartis dans 17 pays, réalise 43% de son activité dans la zone Europe-Moyen-Orient, 36% dans la zone Amériques et le reste en Asie/Pacifique. Elle a récemment ouvert des filiales en Chine, en Turquie, au Canada et à Dubaï. Mais Critéo lorgne surtout vers l'Asie. L'Inde, nouveau paradis des startups, et "le sud-est asiatique en général" pourraient lui offrir ses meilleures perspectives de croissance dans les années à venir en raison du gigantesque marché à conquérir.
Fidèle à sa stratégie de diversification, la pépite parisienne s'attaque aussi au marché du "search marketing", c'est-à-dire les liens publicitaires présents sur les moteurs de recherche. Pas une mince affaire, en raison de la domination de Google sur ce segment. Mais Critéo se donne les moyens de ses ambitions.
L'entreprise a récemment racheté la startup californienne DataPop, 40 salariés, pour un montant tenu secret. Sa technologie permet de relier les produits présents dans les catalogues des distributeurs aux intentions d'achat des internautes. Fait rarissime, Jean-Baptiste Rudelle, le président-fondateur de Critéo, vient aussi de débaucher, début septembre, l'ancien responsable de la stratégie "Search and display" de Google, Cédric Vandervynckt.
La Tribune du 05 novembre 2015
Longchamp, du Sultan à la maison unique
Tout commence dans les années 30, au sein d’une petite civette* appelée « Au Sultan », et située bd Poissonnière à Paris. Jacques Cassegrain et sa femme y commercialisent des articles pour fumeurs, notamment des pipes à tabac gainées de cuir, tant appréciées des troupes alliées au sortir de la deuxième guerre mondiale, qu’elles furent vendues par la suite dans les magasins approvisionnant les bases américaines de par le monde.
Pour autant, le succès n’arrête pas Jean Cassegrain, au contraire même. Il continue d’innover, tout en se diversifiant, avec notamment la confection de portefeuilles pour homme, ou encore ce qui semble être la genèse de son activité dans la maroquinerie, un porte habit en agneau souple.
Donc, petit à petit, les articles en cuir pour hommes prennent la place des articles pour fumeurs, avec un lancement officiel dans la maroquinerie en 1955.
Entre temps, la société « Jean Cassegrain et Compagnie » est créée, mais, déjà utilisée par un membre de sa famille, il est obligé d’abandonner ce nom, l’obligeant à la réflexion et à l’inspiration. Inspiration qu’il trouvera en passant près du champ de course de Longchamp où se trouvait le dernier moulin de Paris, clin d’œil à son nom.
La marque Longchamp (www.longchamp.com) naît en 1948.
Pour le logo, c’est un illustrateur de l’époque, Turenne Chevallereau, qui le trouvera, s’inspirant d’un dessin datant du 19ème siècle, et donnant le motif maintenant reconnu dans le monde entier, le cheval de course au galop. Car, à nouveau, ayant pensé à ce moulin, vu près du champ de course de Longchamp, toujours le même clin d’œil à son nom de famille, il dut malgré tout renoncer, en raison d’une nouvelle utilisation familiale. C’est donc le cheval au galop qui l’emportera sur la ligne d’arrivée.
Ensuite, soucieux d’une qualité et d’un savoir-faire à la française, il fit appel à un couple d’artisan près d’Angers, les Lallet, pour fabriquer divers articles. Racheté quelques années plus tard, le petit atelier de l’époque est devenu aujourd’hui la plus grosse unité de production des huit usines du groupe.
A partir des années 60, Jean Cassegrain parie sur la croissance du trafic aérien et donc du voyage avec l’ouverture d’une boutique à l’aéroport d’Orly, suivi d’une seconde à l’aéroport de Roissy, mais aussi sur l’international avec la commercialisation de ses produits dans une centaine de pays dont les Etats-Unis, où Elvis Presley devenant un inconditionnel de la marque, en collectionna les objets les plus significatifs.
En 1972, avec la disparition tragique de son créateur, remplacé par son fils Philippe, une nouvelle ère commence, marquant au passage une continuité familiale non démentie encore aujourd’hui. J’en reparlerai.
En effet, une nouvelle ère commence, avec une immersion remarquée dans le monde des bagages et des sacs, appuyée notamment par une idée, soit, celle de détourner la toile de nylon militaire, plus légère et plus solide que les matières utilisées à l’époque, rendant les bagages plus souples et plus légers, alors que la règle et la mode était aux bagages plutôt rigides. L’un de ses produits phares, s’appelle donc l’Xtra bag, avec comme particularité, de pouvoir se plier en quatre, et donc de pouvoir se ranger dans une petite pochette. Ce modèle sera à l’origine du sac Le Pliage, commercialisé en 1993.
Entre-temps, c’est la ligne appelée LM qui fait son apparition, en 1979, avec en parallèle l’abandon total des produits pour les fumeurs, au profit d’une ligne de maroquinerie s’adressant à une clientèle plus féminine. Dessiné par Philippe Cassegrain, le sac LM est tout d’abord destiné au marché japonais, où il rencontre un succès non démentie aujourd’hui encore.
D’autres modèles vont contribuer à assoir la réputation de la marque, en l’occurrence le Veau Foulonné en 1980, et la collection Derby en 1982, mais c’est surtout avec le modèle devenu culte, Le Pliage, qui lancé en 1993, est devenu le plus gros succès et le sac le plus vendu au monde avec près de 30 millions d’exemplaires dans le monde. Son inspiration n’est autre que le modèle Xtra bag, imaginé lui dans les années 70 (voir plus haut).
Aujourd’hui, après plus de vingt ans d’existence, Le Pliage s’écoule encore à plus de 2 millions d’exemplaires, et représente pas loin de 50 % du chiffre d’affaires de la marque.
Afin d’accompagner cette reconnaissance, toujours plus internationale, la marque est gérée aujourd’hui de mains de maitres par le fils du créateur Philippe, son épouse Michèle, qui s’occupe de la direction des boutiques Longchamp en Europe, et surtout par ses petits-enfants, Jean, directeur général, Olivier, qui s’occupe des boutiques aux Etats-Unis, et Sophie Lafontaine, directrice générale et artistique de la marque. Une vraie société familiale (voir le dossier du 12 octobre 2015).
Mais, loin de rester sur des acquis, la nouvelle génération suit les pas de leur ainé, en bousculant justement ce qui a fait la notoriété de la marque, notamment en faisant appel en 2006 au top model Kate Moss, en ruptures de contrats, suite à la divulgation d’une photo compromettante. Le partenariat durera huit ans, et elle deviendra même créatrice de sacs en 2010, avec le lancement de sa collection Kate Moss for Longchamp.
Labélisée en 2007 par l’Etat français comme « Entreprise du patrimoine vivant », faisant partie de ce que l’on appelle les 3L de la maroquinerie française avec lancel (www.lancel.com), et Lamarthe (www.lamarthe.org), d’autres partenariats, comme avec la marque Eres (www.eres.fr), ou encore le créateur Jeremy Scott pour le sac pliage, ont permis à la marque Longchamp de se faire une place de choix dans le luxe à la française, avec aujourd’hui une présence de plus en plus marquée dans le domaine du prêt à porter et des souliers. Un film étant même attendu d’ici peu sur les réseaux sociaux et le site de la marque, intitulé « Ladies Ladies Ladies », appuyant justement sur cette diversification en cours, garante d’une croissance non démentie, avec pour la première fois depuis sa création un chiffre d’affaires de 495 millions d’Euros en 2014, contre 462 millions d’Euros en 2013.
Et avec plus de 100 boutiques et 2 000 points de vente dans le monde, plus de 2 000 employés, une présence toujours aussi marquée dans le monde du numérique, mais surtout un état d’esprit familial, toujours aussi ouvert à la nouveauté, à la capacité de se renouveler pour se démarquer des autres marques du luxe français, le groupe Longchamp peut se targuer aujourd’hui d’être l’un des seuls, si ce n’est le seul à ne pas être pas dans le giron des très grands du luxe français.
Gageons donc que la génération d’aujourd’hui, et celle de demain sauront donner l’impulsion nécessaire pour que cela continue, mais en famille bien sûr.
* Civette : Bureau de tabac à priser.
Jacques Samela
Sources :
. Wikipedia
. Livre "Longchamp". Editions de la Martinière
. www.ville.segre.fr/Longchamp-une-marque
. www.inandout-blog.com/2012/01/lhistoire-de-longchamp/
Photos :
. N° 1 : Couverture du livre Longchamp des Editions de la Martinière
. N° 2 et N° 3 : © Archives Longchamp
. N° 4 et N° 5 : © Philippe Garcia
. N° 6 et N° 7 : © Adrian Wilson
Novembre 2015
Le 1er novembre 2015
. 6ème édition du TEDxParis sur le thème des (R)évolutions françaises
Du 02 au 06 novembre 2015
. Batimat
Du 04 au 05 novembre 2015
. Salon Eureka à Clermont-Ferrand
Du 04 au 07 novembre 2015
. Semaine économique de la méditerranée à Marseille
Le 06 novembre 2015
. Colloque « La petite hydroélectricité en ce début du 21ème siècle » à Grenoble
Du 06 au 08 novembre 2015
. Salon du MADE IN France (MIF) à Paris
Le 10 novembre 2015
. 15ème édition des projets urbains à Paris
Le 17 novembre 2015
. EY – T-DAY / Positive Disruption
Du 17 au 19 novembre
. Europack Euromanut CFIA
www.europack-euromanut-cfia.com
Du 17 au 19 novembre 2015
. Salon des maires et des collectivités locales
. Cartes Secure Connection
Du 17 au 20 novembre 2015
. Midest
www.midest.com
Du 18 au 19 novembre 2015
. 6ème édition de la conférence fatigue design à Senlis
. Les rendez-vous Carnot 2015
Du 18 au 20 novembre 2015
. Mapic à Cannes
Le 23 novembre 2015
. Les rencontres de la transmission d’entreprise (TRANSFAIR)
. Les trophées de l’innovation à Grenoble





































