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l'entreprise du mois

Technicolor, un fringant centenaire

Publié le par Jacques SAMELA.

Certains, plus âgés, se souviendront de Thomson CSF ou Thomson Multimedia, d’autres, plus jeunes donc, non.

En effet, fondée au début du XX siècle, filiale d’un groupe américain, elle était à ses débuts, spécialisée dans les équipements de production et de distribution d’électricité, avant d’évoluer vers la fabrication de matériels électroniques et audiovisuels, avec dans les années 80, deux activités phares qui étaient l’électronique grand public (téléviseurs), et les équipements professionnels à vocation militaire.

En 2005, après une nationalisation et quelques difficultés, elle se recentre sur les services et les équipements électroniques professionnels, destinés aux secteurs des médias et du divertissement, avec en 2010, la nouvelle appellation, Technicolor (www.technicolor.com).

Aujourd’hui, elle est spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de vidéo et d’images numériques destinés aux professionnels des médias, avec comme positionnement, celui de leader mondial dans le domaine du Media & Entertainment.

Et pourtant, cette société a failli disparaitre au moins deux fois en 2008 et 2012, avec des faillites évitées de justesse à chaque fois, et de sévères restructurations, passant entre temps de 25 000 salariés en 2008 à 14 000 en 2014, dont 1 200 suppressions d’emplois en France.

C’est alors que son dirigeant actuel, Frédéric Rose, confronté à un nouveau dilemme concernant le futur de sa société, c’est à dire temporiser et attendre que passe la nouvelle tempête, ou passer à l’offensive, choisi justement la seconde solution, en réalisant des acquisitions ciblées afin de gagner de nouvelles parts de marché.

Deux plans accompagneront ce choix, le premier s’intitulera « Amplify 2015 », et il aura pour but de lui permettre d’être un leader en matière de solutions de monétisation du contenu en favorisant l’innovation et le développement dans les activités de licence, en développant fortement des solutions innovantes pour se positionner sur les marchés numériques en pleine croissance, et enfin d’étendre sa couverture géographique afin d’avoir accès à un plus large champs de marchés potentiels.

Le second quant à lui, lancé en 2015, et connu sous l’appellation « Drive 2020 », aura pour but de saisir des opportunités de croissance dans le domaine du « Media & Entertainment », de créer des actifs de propriété intellectuelle (brevets) monétisables pour ce même secteur, et d’accroitre au final l’avantage concurrentiel des activités opérationnelles du groupe.

Et depuis, c’est bien cinq acquisitions qui ont été menées à termes, soit celles de la société Mr.X Inc (effets visuels pour la tv et le cinéma), Ouido productions (séries animées pour la tv), The Mill (leader mondial dans les effets spéciaux pour la publicité), Mikros (l’animation), et pour finir, MPC (effets visuels), connu elle pour ses interventions dans des films comme « L’Odyssée de Py », « Seul sur Mars », et plus récemment le remake du Livre de la jungle, et idéalement placé dans le top 3 mondial des professionnels du trucage pour le cinéma.

Cependant, ne souhaitant pas répéter les erreurs du passé, le désormais groupe Technicolor continue d’investir en R&D (250 chercheurs et 700 ingénieurs R&D), tout en déposant un nombre important de brevets (90 % de son résultat d’exploitation), devenant au passage le deuxième déposant français en Europe, confortant en cela sa présence dans les nouveaux formats de compression vidéo et le marché plus que prometteur de la maison connectée, après notamment l’acquisition pour 550 millions d’Euros de l’américain Cisco Connected Devices, mais, sans négliger pour autant d’autres pistes comme l’essor annoncé de la réalité virtuelle.

Alors, centenaire oui, mais certainement pas grabataire, car avec un Ebitda* d’au moins cinq cent millions d’Euros prévu pour la fin du plan stratégique « Drive 2020 », certainement atteint dès l’année prochaine, soit en avance de trois ans, et une pause dans les acquisitions, car tel un vieux singe à qui on n’apprends pas à faire des grimaces, Technicolor évitera de réitérer les erreurs du passé comme les cinquante-deux acquisitions en sept ans avant de frôler la faillite, et lui permettra de consolider ses acquis, avant certainement de repartir à l’offensive sur des projets d’avenir comme l’archivage, ou l’imagerie 4K (http://www.commentcamarche.net/contents/2200-la-4k-prochaine-revolution-de-nos-televiseurs).

Donc, il est fort à parier que Technicolor n’a pas fini de faire parler de lui, et que son avenir s’affichera de par le monde en couleurs, voire en technicolor.

*Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and amortization (Revenus d’une entreprise avant la soustraction des intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations).

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. L’Usine Nouvelle n° 3412 du 26 février 2015

. Les Echos du 19 novembre 2015 et du 02 février 2016

. Décideurs de décembre 2015

. Télérama n° 3457 du 13 avril 2016

Technicolor, un fringant centenaire
Technicolor, un fringant centenaire

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Qarnot Computing, chauffer à moindre coût

Publié le par Jacques SAMELA.

Saviez-vous que l’on pouvait chauffer des logements et des bureaux grâce aux ordinateurs ?

Eh bien oui, et ce grâce à la société française Qarnot Computing (www.qarnot.fr).

En effet, avec la création du radiateur-ordinateur Q.RAD, qui produit de la chaleur grâce aux calculs informatiques, c’est désormais possible.

A l’origine de tout cela, Paul Benoit, ingénieur polytechnicien et donc fondateur de la société en question.

L’idée quant à elle, est née il y a une dizaine d’années au département de recherche de la Société Générale où il travaillait, et où travaillaient des milliers d’ordinateurs chargés de faire des calculs informatiques complexes, mais aussi durant la pratique de son hobby préféré, soit de bricoler des ordinateurs pour les rendre silencieux, se rendant compte qu’avec la chaleur émise par les appareils, il pouvait créer un système de chauffage.

Mais, de l’idée à l’application, quelques années passèrent, avant de rencontrer son binôme Miroslav Sviezeny, et donc de créer Qarnot Computing en 2010, rendant au passage un hommage au physicien Sadi Carnot (1796-1832), pionnier de la thermodynamique, la lettre Q faisant elle référence au symbole physique de la chaleur.

Partant donc du principe que les data centers (centres de traitement de données) sont particulièrement coûteux et énergivores (8 % de l’électricité française et 3 % à l’échelle mondiale), car produisant de la chaleur en grande quantité, obligeant en cela à la construction à côté des centrales électriques pour les refroidir, l’idée fut justement d’utiliser cette chaleur en créant après trois ans d’études Q.RAD, radiateur intelligent connecté à internet, renfermant en son cœur trois ordinateurs ultra-puissants, utilisés à distance par des entreprises pour faire des calculs informatiques, et produisant grâce à des processeurs de la chaleur diffusée par la suite dans les systèmes de chauffage.

Aujourd’hui, après avoir reçu le prix « Popular Mechanics » au CES de Las Vegas de cette année, consacrant la nouvelle version 2.0 du Q.rad, considérée comme l’une des dix innovations susceptibles de changer l’avenir, la société Qarnot Computing chauffe déjà une centaine de foyers à Paris, les locaux de l’école Paristech où son fondateur obtint son diplôme d’ingénieur, 700 radiateurs pour la banque BNP Paribas avec l’utilisation de 5 % de ses calculs, des locaux chez Disney, au sein du groupe Air Liquide, avec en point de mire le Conseil départemental de Gironde et d’autres sites de grands comptes, collectivités locales ou EHPAD (hôpitaux), souhaitant utilisés à leurs profits cette alternative écologique, reconnue également par l’acteur Arnold Schwarzenegger dans son rapport de l’ONG R20, remis durant la COP21, spécifiant que cette technologie innovante pourrait économiser 5 millions de tonnes de C02 par an.

Donc, écologique, mais aussi social, car le principe de ce système, est justement de chauffer à titre gratuit, comme cette centaine de logements sociaux de la Mairie de Paris, tout en faisant payer les clients par la vente notamment des radiateurs aux bailleurs sociaux ou aux entreprises, en leur demandant 25 centimes par heure de calcul.

Ce qui fait qu’en 2015, elle a pu dégager un bénéfice de 150 000 €, et réaliser un chiffre d’affaires de 1 million d’Euros.

Seulement, pour accompagner son ambition internationale, elle se devait également de trouver un financement plus important pour continuer à innover, et c’est le fonds de Colony Data4 (www.data4group.com), spécialisé dans la gestion de « data centers », qui vient de lui octroyer 2,5 millions d’Euros, lui permettant dès à présent de se déployer sur les marchés historiques de ce fonds que sont l’Europe du Nord et l’Italie, lorgnant bien évidemment sur les Etats-Unis, pays d’origine du groupe Colony Capital (www.colonyinc.com), actionnaire du groupe français Accor, garant d’un potentiel énorme pour cette encore jeune société d’une vingtaine d’employés, mais ambitieuse.

Vivement donc les hivers prochains.

Jacques Samela

Sources :

. www.quelleEnergie.fr

. Ecoreseau n° 27

. Les Echos du 29/12/15 et du 29/01/16

. Le Parisien Economie du 25/01/16

. Management / Avril 2016

Qarnot Computing, chauffer à moindre coût
Qarnot Computing, chauffer à moindre coût
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Qarnot Computing, chauffer à moindre coût

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Tolix, le renouveau d'une dame de fer

Publié le par Jacques SAMELA.

Après Fermob (voir le dossier du 01/07/13), voici une autre incursion dans le monde, français, du mobilier dit industriel, en l’occurrence Tolix (www.tolix.fr).

Son modèle phare, connu sous le nom de chaise A, est exposé au centre Georges Pompidou à Paris, et au MoMa de New York.

Par-contre, sa fabrication elle, est toujours située à Autun en Saône et Loire (Bourgogne), fief de son créateur, Xavier Pauchard (1880-1948), pionnier de la galvanisation en France.

En effet, jeune plombier-zingueur, il créer un atelier de chaudronnerie en 1908, afin de produire des articles à usages en tôle galvanisés, suivi dans les années 20 par la production d’une gamme complète de meubles métalliques (chaises, fauteuils, tabourets, tables, etc…), et en 1927, le dépôt de la marque en question.

Ces meubles, dits à usage collectif, sont utilisés dans les jardins publics, les cafés, les bureaux, les hôpitaux, avec notamment l’utilisation de cette chaise A sur le paquebot Normandie en 1935, considéré comme l’un des plus beaux paquebots au monde, et durant l’Exposition Universelle de Paris en 1937.

A la mort du créateur, deux de ses fils reprennent l’activité, et créent en 1954 la société Tolix, complétant la gamme de mobilier par la table « 55 » et le fauteuil « A56 », avec près de 60 000 pièces fabriquées chaque année par les 80 ouvriers que compte l’entreprise.

Familiale jusqu’en 2004, année de sa liquidation judiciaire, elle est reprise de suite par Madame Chantal Andriot, son ancienne directrice financière, accompagnée d’une vingtaine de salariés, garant d’un certain savoir-faire, avec comme souhait de redonner un souffle nouveau à cette entreprise un peu endormie, perpétuant en cela l’exigence de la qualité et l’innovation.

Elle s’entourera également de deux jeunes designers que sont Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï de l’agence Normal Studio, afin d’apporter ce côté contemporain largement manquant.

Aujourd’hui, avec 95 salariés, une utilisation renforcée de machines numériques ultra-performantes, l’entreprise Tolix réalise la moitié de son chiffre d’affaires à l’export, avec une part non négligeable aux Etats-Unis, et son produit phare, la chaise A donc, se retrouve dans tous les hôtels Mama Shelter du designer français Philippe Starck (voir le dossier du 31 mars 2015), et la marque Conran Shop (www.conranshop.fr) la vend dans l’ensemble de ses boutiques.

Ce succès, récompensé en 2006 par l’obtention du label « Entreprise du patrimoine vivant», on le doit grâce à l’engouement du mobilier à l’esthétique industrielle, mais surtout à sa dirigeante actuelle, qui a su, au moment de la reprise de l’entreprise, avec ses 20 employés, repenser l’élaboration de leurs produits en répondant enfin aux attentes des clients, mais surtout en misant sur la couleur, plus dans l’air du temps, et non démenti encore aujourd’hui.

Et afin de continuer sur cette lancée, c’est dans le cadre des 80 ans de l’existence de cette entreprise que sa dirigeante a confié à huit designers la décoration de chaises A (plus à présenter désormais), leur demandant une interprétation toute personnelle, avec au final, l’exposition « Face to Face with an Icon », passé notamment par Milan, l’une des capitale du design européen, si ce n’est mondial.

C’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre à cette octogénaire, avec comme idée, de se servir du passé (réédition du petit fauteuil appelé « La Mouette »), pour se préparer un avenir radieux.

Jacques Samela

Sources :

. Télérama n° 3412 du 03 juin 2015

. Magazine Le Parisien du 03 juillet 2015

. Industrie & Technologies du 08 septembre 2015

. www.franchementbien.fr

. http://facetoface.tolix.fr

Tolix, le renouveau d'une dame de fer
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Tolix, le renouveau d'une dame de fer
Tolix, le renouveau d'une dame de fer

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Saint-Gobain, l’innovation, toujours l’innovation.

Publié le par Jacques SAMELA.

Après les 70 ans du CEA (voir le dossier du 22 avril 2016), et avant, peut-être, les 100 ans du groupe Dassault, voici les 350 ans du groupe Saint-Gobain (www.saint-gobain.com).

En effet, créé en 1665 sur une idée du ministre du roi Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), pour concurrencer le monopole de Venise dans la fabrication de miroirs, la Manufacture Royale des Glaces de Miroirs, car tel fut son nom d’origine, sut très rapidement prendre sa place en participant notamment à la construction de la galerie des glaces du château de Versailles, mais surtout par l’invention du procédé de coulage sur table, toujours utilisé aujourd’hui, et dont le secret est toujours jalousement bien gardé.

En 1693, elle s’installe à Saint-Gobain en Picardie, sur le site de l’ancien château médiéval, afin notamment de préserver son secret de fabrication, mais aussi en raison de son besoin en bois (près de 30 000 stères par an) pour faire fonctionner les machines. Par-contre, c’est seulement au moment de la révolution française qu’elle optera définitivement pour son nom actuel.

Elle devient par la suite une société anonyme en 1830, et en 1848, avec l’avènement de l’âge d’or de l’industrie des glaces, elle devient un des acteurs phares de cette ère nouvelle en habillant les serres du jardin des plantes, les halles de Baltard, la gare de Milan, ou les réalisations verrières des expositions universelles de l’époque.

Aujourd’hui, après maintes vicissitudes, fusions, rapprochements, rachats, le groupe Saint-Gobain est présent dans près de 70 pays (66), et vend ses produits dans le monde entier tout en devenant le leader mondial de l’habitat dans la production, la transformation et la distribution de matériaux avec des marques connues par tous comme Isover, Placo, Sécurit, Point P ou encore Lapeyre.

Et le groupe, fort de ses 170 000 employés dans le monde entier, il peut se targuer d’un bilan on ne plus positif, avec en 2015 un chiffre d’affaires de 39,6 Md€, en hausse de 3 % environ, et un résultat net de 1,3 Md€, dont la majeure partie est réalisé à l’international (75 %).

La raison ? L’innovation.

En effet, l’innovation est une des marques de fabrique du groupe, et ce depuis le début de son existence.

Et aujourd’hui, avec plus de 400 M€ par an consacré à la R&D, 3 700 chercheurs répartis dans les 7 centres multimétiers en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Chine, en Inde, et très récemment au Brésil, travaillant sur un modèle appelé « globallocal », permettant de servir au mieux les marchés nationaux en question, et ses 350 et plus brevets déposés chaque année, avec depuis cinq ans un positionnement de choix dans le classement annuel des 100 entreprises les plus innovantes au monde de Thomson Reuters, il est clair que ce groupe, de par ses actions, fait perdurer un savoir-faire ancestral sans cesse renouvelé, avec par exemple le lancement d’une nouvelle génération de plaques de plâtre pouvant supporter facilement des objets lourds, la mise en place d’une transformation digitale primordiale pour renforcer les liens avec une clientèle toujours plus large (artisans, architectes, consommateurs), et en point de mire, conforter son marché principal qu’est l’habitat durable, en proposant non seulement des produits, mais aussi des solutions de confort thermique (isolation), de confort acoustique (vitrages et cloisons), sans oublier les économies d’énergies et la défense de l’environnement, avec l’apport de matériaux adéquats et conformes aux nouvelles réglementations.

Et, s’il est une autre particularité importante de ce groupe, c’est bien la longévité des patrons à sa tête, plus que la moyenne, on se rapproche là des entreprises familiales (voir le dossier du 12 octobre 2015), avec pour la plupart l’essentiel de leur carrière réalisée en son sein, comme son président actuel, Pierre-André de Chalendar, à ce poste depuis 2007.

Donc, en gardant ces principes, qui ont forgés ce groupe tout au long de ces années, il est fort à parier qu’il continuera à se développer, à se réinventer, à s’adapter au temps qui passe, avec à la clé le même positionnement qui est le sien aujourd’hui, soit la plus ancienne entreprise du CAC 40.

Mais attention, la concurrence est malgré tout présente, car avec l’arsenal de Brest créé par Richelieu en 1631, et maintenant connu sous le nom de DCNS (www.dcnsgroup.com), dont l’actualité est riche d’opportunités avec notamment ce méga-contrat de 34 milliards d’Euros pour la construction de 12 sous-marins pour la marine australienne, la maison de joaillerie Mellerio (www.mellerio.fr), créée en 1613, ou encore cette entreprise que je connais bien car située dans ma ville de naissance, Chantilly, l’établissement Jacobee (www.jacobee-atelier.fr), créé lui en 1666, rien n’est joué, même si sa taille joue pour lui.

Suite au prochains anniversaires.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Les Echos du 12 juin 2016

. Alliancy Le Mag de juin-juillet 2015

. Le Parisien Economie du 11 avril 2016

. Les Echos du 21 avril 2016

. www.saint-gobain350ans.com

Saint-Gobain, l’innovation, toujours l’innovation.
Saint-Gobain, l’innovation, toujours l’innovation.

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Vuitton, une saga française

Publié le par Jacques SAMELA.

A quelques jours de la clôture de l’exposition consacrée à la maison Louis Vuitton au Grand Palais, intitulée « Volez, Voguez, Voyagez », je voulais tenter de retracer en quelques mots l’épopée de cette marque, devenue l’un des fleurons du savoir-faire à la française, reconnu de par le monde, appartenant aujourd’hui au groupe de luxe LVMH (www.lvmh.fr), dont les ventes en 2015 ont atteint 35,67 milliards d’Euros, en hausse de 16 %, et propriété de Bernard Arnault.

L’histoire commence donc en 1821, date de naissance de Louis Vuitton, à Anchay, petit village de Franche-Comté. D’extraction modeste, son père est meunier-menuisier, il quitte son village en 1835 à l’âge de 14 ans, à pied, pour rejoindre Paris. Il mettra deux ans pour parcourir les 400 km, travaillant de-ci de-là pour subsister.

Arrivé à Paris, il est embauché comme apprenti chez un layetier-emballeur, métier qui consistait à emballer les nombreuses affaires de riches clients partants en voyage, avant de créer quelques années plus tard, et après s’être fait une clientèle, notamment l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, sa propre maison à l’âge de 33 ans, en 1854.

Quatre ans plus tard, il s’installe à Asnières avec armes et bagages, car, proche de la Seine, cela facilite l’acheminement du bois de peuplier, nécessaire à la fabrication des malles, mais aussi parce qu’elle est également desservie par le tout premier chemin de fer en France. Aujourd’hui encore, le site tient toujours une place prépondérante, étant toujours l’un de ses quinze ateliers de fabrication, mais aussi le musée Louis Vuitton, situé dans la rue du même nom.

Après l’ouverture de sa première boutique à paris, proche de la place Vendôme, et après l’invention de la malle plate, accueillant pour l’occasion des couverts également plats, une idée révolutionnaire pour l'époque, Louis Vuitton, rejoint par son fils Georges, à l’origine de son intérêt pour un développement à l’étranger, ouvre avec succès une première boutique à Londres sur Oxford Street, suivie de deux autres à New York et Philadelphie aux Etats-Unis.

Et justement, le fils Georges, on le retrouve à la tête de la maison familiale en 1892, à la mort du fondateur, épaulé par la famille, donnant l’occasion à la marque, désormais connue et reconnue, de graver dans le temps une œuvre non démentie encore aujourd’hui, en créant la toile appelée « Gris Trianon », révolutionnaire pour l’époque, parfaitement imperméable, et où apparaît pour la première fois le monogramme « LV », devenant par la suite et au fil du temps l’emblème incontournable de la marque, induisant une contrefaçon exceptionnelle, combattue farouchement, mais pas seulement aujourd’hui, car dès la fin des année 1800, le fondateur dut déposer le nom de sa marque, adoptant également un imprimé de damier beige, avec apposé dessus l’inscription « Marque Louis Vuitton déposée ». Déjà la rançon du succès.

Ensuite, c’est au tour des descendants de continuer l’œuvre de leur aïeul, suivie notamment par des actrices de légende comme Katharine Hepburn, Lauren Bacall ou encore Elizabeth Taylor, avec l’avènement en 1987, d’un groupe aux ramifications internationales, devenant le premier groupe de luxe au monde sous l’appellation LVMH-Moët Hennessy Louis Vuitton.

Et c’est en 1989 qu’apparaît Bernard Arnault, en devenant actionnaire majoritaire du groupe avec 42 %, et y impulse la diversification du groupe en lui ouvrant les mondes du prêt à porter, de l’horlogerie, des parfums, lui permettant de devenir encore aujourd’hui le plus important groupe de luxe au monde. En 2015, le magazine Forbes l’a classé 14ème dans sa liste des marques les plus influentes au monde.

Et depuis, effectivement, l’engouement autour de cette marque devenue mythique ne se tarit toujours pas, au contraire même, car à chaque ouverture d’un magasin, à chaque fois unique, car faisant appel à des architectes renommés, comme pour celui de paris sur les Champs Elysées, signé par l’architecte américain Eric Carlson, c’est la cohue, et il faut souvent attendre pour pouvoir rentrer dans l’un de ces temples du luxe, juste pour voir et rêver pour certains, et acheter pour d’autres.

Alors oui, Catherine Deneuve, Jennifer Lopez, Scarlett Johansson, Madonna et même Mikhaïl Gorbatchev, l’instigateur de la Perestroika, ont représentés un moment ou un autre l’image de la marque, mais, il ne faudrait pas oublier le vrai métier de cette maison plus que centenaire, celui de la malle, toujours en activité et à l’origine de sa création, avec des modèles comme les malles-auto, aéro, pique-nique, secrétaire, bibliothèque, tableau, coiffeuse, ainsi que les mallettes appui-pied ou à glacière, sans oublier les dernières en date, servant à habiller les trophées de la prochaine coupe du monde de football de 2018 en Russie, de la coupe du monde de rugby, ainsi que de l’América’s Cup, et créées à l’atelier historique d’Asnières.

L’histoire n’est donc pas près de s’arrêter, et allez, allons voir cette exposition, gratuite, au Grand Palais, le voyage est parait-il assuré.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Libération du 22 décembre 2015

. http://fr.louisvuitton.com/fra-fr/lv-now

Vus et lus dans Télérama n° 3440 du 16 décembre 2015, et Libération du 22 décembre 2015
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Netatmo, dans l’univers de la maison intelligente

Publié le par Jacques SAMELA.

Primée à plusieurs reprises au CES de Las Vegas (www.cesweb.org), où, soit dit en passant, près de 200 entreprises françaises, dont 185 startups, étaient représentées cette année, plaçant la France en deuxième position derrière les Etats-Unis, la société Netatmo (www.netatmo.com), spécialisée dans le domaine des objets connectés, et de nouveau actrice de cet évènement incontournable du secteur, où elle présenta son nouveau produit, la caméra Présence, qui distingue les animaux des humains, vient de lever 30 millions d’Euros, avec à la clé une entrée remarquée du groupe Legrand (www.legrand.fr) comme actionnaire minoritaire dans le capital.

Leader incontesté dans les infrastructures électriques et numériques du bâtiment, ce que l’on appelle également la domotique, cette arrivée salutaire permettra certainement à Netatmo de s’ouvrir en grand le marché prometteur de la maison connectée, notamment en ce qui concerne l’éclairage ou le contrôle d’accès.

Créée en 2011 par Messieurs Frédéric Potter et Jean-Pierre Dumolard avec 2 millions d’Euros, elle s’est fait connaître un an plus tard en lançant sa station météo pour smartphone, suivi de son thermostat connecté, élaboré avec l’appui du designer français Philippe Starck, de son bracelet appelé June, qui mesure l’exposition aux rayons du soleil, ainsi que de Welcome, une caméra de surveillance reliée à internet, capable de reconnaître les visages, soit un produit par an depuis sa création, avec comme objectif avoué, de passer à deux cette année. Et avec près de 25 % de ses revenus dédiés à la R&D, le challenge ne sera certainement pas difficile à atteindre.

Présente dans près de 175 pays, l’ambition de son fondateur est d’accentuer encore plus à l’international, souhaitant y consacrer près de 90 % (80 % aujourd’hui) de son C.A., avec comme point de mire, des marchés on ne peut plus prometteurs que sont ceux de la Chine ou des Etats-Unis, sans oublier l’Europe comme la Grande-Bretagne ou la France, pays encore en retrait dans l’utilisation de ce genre d’appareils.

Et pour cela, des campagnes télévisées ont été lancées récemment, afin de présenter et de faire connaître au grand public ses produits innovants, un ancien directeur marketing et commercial du groupe britannique Dyson (www.dyson.fr), Matthew Broadway (voir document ci-dessous) vient d’intégrer la structure afin lui, d’y apporter son profil international, et, une expérience inédite a été menée durant la dernière coupe du monde de football au Brésil, en mesurant l’enthousiasme des supporters au moment des matchs de leur équipe, avec résultat pour la finale entre l’Allemagne et l’Argentine, une augmentation du son de 187 % de la part des supporters allemands, contre 88 % pour les argentins. Normal me direz-vous, puisque ce sont les allemands qui ont gagnés.

Donc, il est clair que cette société à de l’avenir, que de start-up d’une centaine de personnes déjà aujourd’hui, elle devrait aisément passer d’ici un an à près de 200 salariés, et se positionner comme un des leader, si ce n’est le leader d’un créneau appelé « smart home », fortement concurrencé par d’autres start-up comme Nest (www.nest.com), Qivivo (www.qivivo.com), elles aussi accompagnées par de grands groupes comme Google ou Saint Gobain, ou encore Ween (www.ween.fr), qui a récemment fait l’objet d’une levée de fonds de près de 2 millions de dollars, d’où son idée de se différencier par la récurrence de ses nouveaux produits (voir plus haut), toujours plus innovants bien sûr.

Le combat ne fait donc que commencer, mais l’arène ne sera pas assez grande pour accueillir tout le monde.

Gageons donc que Netatmo saura garder une longueur d’avance sur ces principales concurrentes, qui je l’espère, permettront tout de même à ce secteur en devenir d’être sous influence française.

La concurrence pour innover, oui, mais pas pour tuer.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Alliancy Le mag de juin/juillet 2015

. DirectMatin du 12 juin 2015

. Frenchweb du 05 novembre 2015

. Les Echos du 06 novembre 2015

Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016
Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016
Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016
Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016
Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016
Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016

Vus et lus dans Alliancy Le Mag de juin/juillet 2015, Direct Matin du 12 juin 2015, et Les Echos du 04 et du 06 janvier 2016

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Ma COP 21, et 1 et 2 et 3

Publié le par Jacques SAMELA.

La COP 21 (www.cop21paris.org) venant de se terminer, avec comme vous le savez un accord historique et prometteur pour l’avenir de notre planète, je ne pouvais pas me tenir éloigné de cet évènement justement planétaire.

Seulement, qui choisir parmi la multitude d’entreprises, grandes ou petites ?

Alors, après avoir retrouvé quelques informations recueillies de ci de là, j’ai donc choisi trois jeunes entreprises françaises, me paraissant être assez innovantes, ou en tout cas, sortant des sentiers battus.

Je commencerai donc mon sujet par la société Ecoslops (www.ecoslops.com). Créée en 2009 par Monsieur Pingeot, ancien PDG d’une société pétrolière appelée Heurtey Petrochem (www.heurtey.com), et ce après 5 ans de R&D au sein de cette même structure, cette société est spécialisée dans la production de carburants à partir de résidus pétroliers maritimes. Et avec près de 20 000 bateaux de types Tanker ou porte container, le marché est plus que prometteur, car ce sont près de 100 millions de tonnes de résidus pétroliers qui peuvent être traités.

Et, après avoir confirmé récemment la réalisation d’une première vente de 1 000 tonnes de carburant marin, transformé dans son usine (la seule pour l’instant) de Sinès au sud de Lisbonne au Portugal, mise en service au début de cette année, et capable de recycler 30 000 tonnes de déchets hydrocarburés, une autre est prévue d’ici deux ans en Afrique, dans le port d’Abidjan, capitale de la côte d’Ivoire, mais aussi en Asie, à Singapour plus exactement.

Et avec son entrée récente en bourse, assortie d’une levée de fonds de 18 millions d’Euros, son avenir est tout tracé, sachant qu’elle semble être la seule sur ce créneau primordial pour la santé des mers du globe.

Ensuite, la deuxième société s’appelle elle Tenevia (www.tenevia.com), et elle est spécialisée dans l’observation par traitement d’images, de l’analyse et de la simulation de l’environnement. Créée en 2012 par Georges-Marie Saulnier, docteur en hydrologie et chercheur au sein du Laboratoire Environnements, Dynamiques et Territoires de Montagne (EDYTEM) de l’Université Savoie Mont-Blanc (www.univ-smb.fr), et Arnaud Brun, ancien étudiant de cette même université, elle développe des solutions innovantes pour les collectivités et les entreprises, avec comme produit phare, sa solution d’hydrométrie par image,Tenevia River Board ®, technologie au service des populations, afin de mesurer, de surveiller et de les sensibiliser aux risques de crues.

Et manifestement cela fonctionne, car après avoir reçu des mains de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, le trophée de la croissance Verte & Bleue, la start-up vient de recevoir cette fois-ci, dans le cadre du Forum européen de l’ONU, le prix Damir Cemerin, dont l’objectif est de promouvoir et valoriser une technologie novatrice dans le secteur de la gestion des risques naturels.

Et comme dans ce domaine également, il y a déjà de quoi faire, il est à parier que l’avenir de cette jeune société sera on ne peut plus radieux.

Quant à la petite dernière, sa spécificité est une technologie appelée Aérolaf, et elle s’appelle NewWind (www.newwind.fr). Créée en 2011 par Jérôme Michaud-Larivière, ancien scénariste pour le cinéma et la télévision, elle a été imaginée après un moment de détente dans un parc.

En effet, l’arbre à vent, car il s’agit de cela, est une éolienne dite de ville, dont le principe est de récupérer la force du vent grâce à des feuilles en plastique tournant sur leur axe, et ensuite d’en récupérer le courant à travers les branches et le tronc, pour au final alimenter une maison ou une station de recharge. Dans un jargon plus technique, on dit que c’est un système éolien biomimétique.

Aujourd’hui, après l’inauguration du premier prototype installé en Allemagne à Bochum, sa présence remarquée durant la COP 21, d’autres devraient suivre d’ici peu, notamment à Rolland Garros, et près de 1 200 pré-réservation enregistrées.

Seulement, comme souvent, la technologie dite de rupture, développée après plusieurs mois de tests en laboratoire, est encore relativement chère, un prototype coûtant quand même près de 30 000 €, elle oblige la société à trouver des capitaux pour passer à une production en série, permettant justement une baisse significative du coût, car l’idée consiste à permettre à quiconque d’acquérir cette éolienne de ville, vous, moi, les entreprises et les collectivités.

Alors, après l’entrée au capital d’Arnaud Montebourg, l’ancien ministre du redressement productif, la start-up a pu lever différents fonds, qui lui permettront de répondre rapidement à la demande du marché, par l’engagement de commerciaux notamment, mais aussi de pouvoir poursuivre les développements techniques pour de nouveaux projets, comme celui d’un prototype à venir, dédié exclusivement au grand public.

Lauréate en 2014 du Grand Concours National de l’Innovation du Musée du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM), sa production est essentiellement Made in France, et comme la demande en électricité est en croissante expansion, notamment à l’étranger, et en milieu urbain, elle a toute les chances d’y trouver sa place, et d’en prendre la place de leader de ce créneau très spécifique.

C’est tout le mal que l’on puisse lui souhaiter, et en plus, cela va bien dans l’esprit d’aujourd’hui, qui consiste à trouver des réponses dites durables pour demain, crédo de la COP 21.

Donc, ces trois jeunes entreprises françaises ont leur avenir entre leurs mains, mais aussi le nôtre, car, en répondant à des besoins de plus en plus croissant, aidées en cela par d’autres, nombreuses, toute aussi innovantes, françaises, elle feront que ce secteur deviendra le fer de lance de l’industrie française, accompagnant en cela ce que l’on appelle aujourd’hui la transition énergétique, vecteur de plusieurs milliers d’emplois, mais aussi et surtout, d’un réchauffement climatique maitrisé sur le temps. On l'espère en tout cas.

Rendez-vous donc dans quelques années.

Jacques Samela

Sources :

. Les Echos du 22/05/13

. La tribune du 30/10/14

. Le Figaro du 13/01/15

. Capital du 06/02/15

. Le Figaro du 17/02/15

. 123 Savoie du 26/05/15

. Novethic du 26/09/15

. Les Echos du 14/10/15 (article)

. National Geographic / Novembre 2015

. Capital du 03/11/15

. Les Echos du 06/11/15 (photo)

. Le Parisien Economie du 30/11/15 (article)

. Les Echos du 01/12/15 (article)

. http://www.id4car.org/NEW-WIND.html

. http://www.finyear.com/La-start-up-NewWind-R-D-leve-1150-million-d-euros_a31686.html

Ma COP 21, et 1 et 2 et 3
Ma COP 21, et 1 et 2 et 3
Ma COP 21, et 1 et 2 et 3
Ma COP 21, et 1 et 2 et 3
Ma COP 21, et 1 et 2 et 3
Ma COP 21, et 1 et 2 et 3

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Big data, les français en force

Publié le par Jacques SAMELA.

Inventé par les GAFA*, mais sans la lettre A de Apple, remplacé ici par Netflix, le business model en question, soit le Big Data, devrait selon le Boston Consulting Group (www.bcg.fr) représenter d’ici 2020 près de 1000 milliards d’Euros en Europe.

Loin d’être réservé aux grands groupes américains du numérique comme Oracle, SAP, IBM ou encore HP, le Big Data, dont vous trouverez les chiffres ci-joint à ce texte, est déjà utilisé par des entreprises de l’énergie, des télécoms, de l’agro-alimentaire ou encore de la cosmétique, et ce dans des domaines aussi variés que le ciblage marketing, la réduction des coûts de maintenance, ou en invention de services, de produits et de business model.

Alors, même si ces grands groupes en sont les premiers bénéficiaires, de nouvelles structures, plus communément appelées start-up, se lancent sur ce marché plus que prometteur, et elles sont françaises.

Et, pour ne pas faire de jaloux, en suivant les lettres de l’alphabet, je commencerai donc par la société Bime Analytics (www.bimeanalytics.com). Fondée en 2009 par Rachel Delacour et Nicolas Raspail, architecte en informatique décisionnelle, elle est éditrice de solutions de Business Intelligence en mode SaaS, elle fut lauréate l’année de sa création du concours du ministère de la recherche, et pour le magazine économique américain « Forbes », elle est devenue depuis un acteur incontournable du Big Data.

Donc, aider les entreprises à la décision, accessible en mode cloud, soit partout dans le monde, et ce pour toutes les entreprises, les grandes comme les petites, telle est sa spécialité, et avec près de 300 clients dans le monde, dont un tiers aux Etats-Unis, il est à parier que l’avenir lui sourira encore, aidé en cela également par une levée de fonds de 3 millions d’Euros auprès d’Alven capital (www.alvencapital.com), fonds privé français.

Ensuite, toujours en suivant l’alphabet, je citerai la société Dataiku (www.dataiku.com), plus jeune, car créée en 2013 par Florian Douetteau, avec juste un apport de 25 000 €uros au sein de l’incubateur parisien Agoranov (voir le dossier spécial incubateurs du 29 juin 2015), et dont la spécificité est l’analyse des mégadonnées.

A l’aide du logiciel « Data Science Studio », cette start-up aide les entreprises à déduire de leurs données des prévisions pour leur business, comme par exemple anticiper les comportements d’achat des clients, leurs commandes, et affiner les délais de livraison.

Ancien de Critéo (voir le dossier spécial du 19 novembre 2013), entouré de ses trois associés (Marc Batty, Thomas Cabrol, Clément Stennac), Florent Douetteau, qui n’a jamais emprunté aux banques, car rentable dès sa première année d’existence, mais aussi grâce à un concours, où il a gagné 110 000 €uros de dotations, ainsi qu’ une levée de fonds de 3 millions d’Euros auprès d’Alven (déjà vu plus haut) et de Serena Capital, a pu par-contre séduire près de 1 000 utilisateurs comme BlaBlacar, Vente-privée ou encore Chronopost, avec comme objectif, de conquérir le marché américain, déjà commencé, avec l’ouverture notamment d’un premier bureau à New York, et l’embauche d’une trentaine de personnes pour appuyer cette implantation nouvelle.

La troisième elle, s’appelle OpenDataSoft (www.opendatasoft.com), et elle a été créée en 2011 par Jean-Marc Lazard, ancien de chez Exalead (comme le fondateur de Dataiku), et diplomé en commerce et mathématiques appliquées. Elle fut distinguée par l’Electronic Business Group (www.ebg.net) comme l’une des 10 start-up les plus innovantes en France. Première start-up française à faire partie de l’Open Data Soft (www.theodi.org), organisme anglais dont la mission est de valoriser la culture des données ouvertes, OpenDataSoft propose des solutions clés en main aux problématiques de publication, partage et ouverture de données.

Hébergée sur le cloud, la plateforme OpenDataSoft est donc conçue pour proposer à ses clients la richesse fonctionnelle et les performances nécessaires pour transformer tout type de données en applications innovantes.

Et, déjà considérée comme un poids lourd du Big data en France, et ce malgré sa taille, car ne comptant qu’une dizaine de personnes, OpenDataSoft est déjà passé à autre chose, avec la signature de premiers contrats aux Etats-Unis, véritable Eldorado pour les structures innovantes, en recherche de potentielles ventes.

Et quant à la dernière (dans ce sujet), Talend (www.talend.com), elle est spécialisée dans l’intégration et la gestion des données, dont le but est de simplifier le processus de développement, de réduire le délai d’apprentissage, et de diminuer le coût total de possession via une plateforme unifiée, ouverte et fiable.

Créée par Bertrand Diard et Fabrice Bonan en 2005, cette société compte déjà près de 400 personnes dans le monde, son siège social est basé à Redwood City (USA), mais sa R&D est basée elle à Suresnes en France, car comme le dit l’un de ses fondateurs, "la France est un paradis fiscal pour la recherche et le développement, et, avec le crédit d’impôt recherche, et le statut JEI (jeune entreprise innovante), les ingénieurs sont trois fois moins chers qu’en Californie, et en plus ils sont bons".

Membre fondateur de l’OW2 (www.ow2.org), et de l’Open Solutions Alliance, côté dans la Silicon Valley, Talend à aujourd’hui comme clients Google, Yahoo, ebay ou Orange.

Ayant bénéficié il y a de cela quelques années d’une levée de fonds de 40 millions de dollars, acquérant, pour plus de visibilité d’autres entreprises, et recrutant des salariés chevronnés, les dirigeants de Talend avancent aujourd’hui à pas comptés mais avec assurance vers une entrée au Nasdaq, place financière incontournable pour les nouvelles technologies. A suivre.

Donc, oui, la France à son mot à dire, ces quelques sociétés le démontrent, d’autres certainement (voir ci-dessous Predicsis), mais elles auront fort à faire face aux mastodontes américains, pour la plupart, mais en gardant un esprit start-up, tout en grandissant normalement, par étapes, nos petits « frenchies » y trouveront tous leurs places, si ce n’est les premières. C’est tout le mal que l’on puisse leur souhaiter.

* GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon)

Jacques Samela.

Sources :

. Wikipedia

. Le Monde du 12 décembre 2013

. Libération du 16 décembre 2013

. L’Usine Nouvelle N° 3372 du 10 avril 2014

. L’informaticien du 23 octobre 2014

. Les clés de demain du 17 juin 2015

. Management de juillet-aout 2015

Vus et lus dans Alliancy Le Mag / Aout 2015, Les Echos du 08 et du 20 octobre 2015
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Longchamp, du Sultan à la maison unique

Publié le par Jacques SAMELA.

Tout commence dans les années 30, au sein d’une petite civette* appelée « Au Sultan », et située bd Poissonnière à Paris. Jacques Cassegrain et sa femme y commercialisent des articles pour fumeurs, notamment des pipes à tabac gainées de cuir, tant appréciées des troupes alliées au sortir de la deuxième guerre mondiale, qu’elles furent vendues par la suite dans les magasins approvisionnant les bases américaines de par le monde.

Pour autant, le succès n’arrête pas Jean Cassegrain, au contraire même. Il continue d’innover, tout en se diversifiant, avec notamment la confection de portefeuilles pour homme, ou encore ce qui semble être la genèse de son activité dans la maroquinerie, un porte habit en agneau souple.

Donc, petit à petit, les articles en cuir pour hommes prennent la place des articles pour fumeurs, avec un lancement officiel dans la maroquinerie en 1955.

Entre temps, la société « Jean Cassegrain et Compagnie » est créée, mais, déjà utilisée par un membre de sa famille, il est obligé d’abandonner ce nom, l’obligeant à la réflexion et à l’inspiration. Inspiration qu’il trouvera en passant près du champ de course de Longchamp où se trouvait le dernier moulin de Paris, clin d’œil à son nom.

La marque Longchamp (www.longchamp.com) naît en 1948.

Pour le logo, c’est un illustrateur de l’époque, Turenne Chevallereau, qui le trouvera, s’inspirant d’un dessin datant du 19ème siècle, et donnant le motif maintenant reconnu dans le monde entier, le cheval de course au galop. Car, à nouveau, ayant pensé à ce moulin, vu près du champ de course de Longchamp, toujours le même clin d’œil à son nom de famille, il dut malgré tout renoncer, en raison d’une nouvelle utilisation familiale. C’est donc le cheval au galop qui l’emportera sur la ligne d’arrivée.

Ensuite, soucieux d’une qualité et d’un savoir-faire à la française, il fit appel à un couple d’artisan près d’Angers, les Lallet, pour fabriquer divers articles. Racheté quelques années plus tard, le petit atelier de l’époque est devenu aujourd’hui la plus grosse unité de production des huit usines du groupe.

A partir des années 60, Jean Cassegrain parie sur la croissance du trafic aérien et donc du voyage avec l’ouverture d’une boutique à l’aéroport d’Orly, suivi d’une seconde à l’aéroport de Roissy, mais aussi sur l’international avec la commercialisation de ses produits dans une centaine de pays dont les Etats-Unis, où Elvis Presley devenant un inconditionnel de la marque, en collectionna les objets les plus significatifs.

En 1972, avec la disparition tragique de son créateur, remplacé par son fils Philippe, une nouvelle ère commence, marquant au passage une continuité familiale non démentie encore aujourd’hui. J’en reparlerai.

En effet, une nouvelle ère commence, avec une immersion remarquée dans le monde des bagages et des sacs, appuyée notamment par une idée, soit, celle de détourner la toile de nylon militaire, plus légère et plus solide que les matières utilisées à l’époque, rendant les bagages plus souples et plus légers, alors que la règle et la mode était aux bagages plutôt rigides. L’un de ses produits phares, s’appelle donc l’Xtra bag, avec comme particularité, de pouvoir se plier en quatre, et donc de pouvoir se ranger dans une petite pochette. Ce modèle sera à l’origine du sac Le Pliage, commercialisé en 1993.

Entre-temps, c’est la ligne appelée LM qui fait son apparition, en 1979, avec en parallèle l’abandon total des produits pour les fumeurs, au profit d’une ligne de maroquinerie s’adressant à une clientèle plus féminine. Dessiné par Philippe Cassegrain, le sac LM est tout d’abord destiné au marché japonais, où il rencontre un succès non démentie aujourd’hui encore.

D’autres modèles vont contribuer à assoir la réputation de la marque, en l’occurrence le Veau Foulonné en 1980, et la collection Derby en 1982, mais c’est surtout avec le modèle devenu culte, Le Pliage, qui lancé en 1993, est devenu le plus gros succès et le sac le plus vendu au monde avec près de 30 millions d’exemplaires dans le monde. Son inspiration n’est autre que le modèle Xtra bag, imaginé lui dans les années 70 (voir plus haut).

Aujourd’hui, après plus de vingt ans d’existence, Le Pliage s’écoule encore à plus de 2 millions d’exemplaires, et représente pas loin de 50 % du chiffre d’affaires de la marque.

Afin d’accompagner cette reconnaissance, toujours plus internationale, la marque est gérée aujourd’hui de mains de maitres par le fils du créateur Philippe, son épouse Michèle, qui s’occupe de la direction des boutiques Longchamp en Europe, et surtout par ses petits-enfants, Jean, directeur général, Olivier, qui s’occupe des boutiques aux Etats-Unis, et Sophie Lafontaine, directrice générale et artistique de la marque. Une vraie société familiale (voir le dossier du 12 octobre 2015).

Mais, loin de rester sur des acquis, la nouvelle génération suit les pas de leur ainé, en bousculant justement ce qui a fait la notoriété de la marque, notamment en faisant appel en 2006 au top model Kate Moss, en ruptures de contrats, suite à la divulgation d’une photo compromettante. Le partenariat durera huit ans, et elle deviendra même créatrice de sacs en 2010, avec le lancement de sa collection Kate Moss for Longchamp.

Labélisée en 2007 par l’Etat français comme « Entreprise du patrimoine vivant », faisant partie de ce que l’on appelle les 3L de la maroquinerie française avec lancel (www.lancel.com), et Lamarthe (www.lamarthe.org), d’autres partenariats, comme avec la marque Eres (www.eres.fr), ou encore le créateur Jeremy Scott pour le sac pliage, ont permis à la marque Longchamp de se faire une place de choix dans le luxe à la française, avec aujourd’hui une présence de plus en plus marquée dans le domaine du prêt à porter et des souliers. Un film étant même attendu d’ici peu sur les réseaux sociaux et le site de la marque, intitulé « Ladies Ladies Ladies », appuyant justement sur cette diversification en cours, garante d’une croissance non démentie, avec pour la première fois depuis sa création un chiffre d’affaires de 495 millions d’Euros en 2014, contre 462 millions d’Euros en 2013.

Et avec plus de 100 boutiques et 2 000 points de vente dans le monde, plus de 2 000 employés, une présence toujours aussi marquée dans le monde du numérique, mais surtout un état d’esprit familial, toujours aussi ouvert à la nouveauté, à la capacité de se renouveler pour se démarquer des autres marques du luxe français, le groupe Longchamp peut se targuer aujourd’hui d’être l’un des seuls, si ce n’est le seul à ne pas être pas dans le giron des très grands du luxe français.

Gageons donc que la génération d’aujourd’hui, et celle de demain sauront donner l’impulsion nécessaire pour que cela continue, mais en famille bien sûr.

* Civette : Bureau de tabac à priser.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Livre "Longchamp". Editions de la Martinière

. www.ville.segre.fr/Longchamp-une-marque

. www.fashionmag.com

. www.inandout-blog.com/2012/01/lhistoire-de-longchamp/

Photos :

. N° 1 : Couverture du livre Longchamp des Editions de la Martinière

. N° 2 et N° 3 : © Archives Longchamp

. N° 4 et N° 5 : © Philippe Garcia

. N° 6 et N° 7 : © Adrian Wilson

Longchamp, du Sultan à la maison unique
Longchamp, du Sultan à la maison unique
Longchamp, du Sultan à la maison unique
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Devialet, une pépite (française) à l’écoute

Publié le par Jacques SAMELA.

Après avoir attiré les projecteurs sur elle durant le CES ou Consumer Electronics Show de Las Vegas en janvier dernier pour son enceinte révolutionnaire « Phantom », la société française Devialet (www.devialet.com) vient de lever auprès d’investisseurs prestigieux et français comme Bernard Arnault (LVMH), Xavier Niel (Free), Marc Simoncini (Meetic), ou Jacques-Antoine Granjon (Vente-privée.com), la somme de 25 millions d’Euros. Elle fait suite à une précédente de 15 millions d’Euros en 2012, et une première en 2009 de 1,44 millions d’Euros.

Spécialisée dans ce que l’on appelle aujourd’hui la technologie d’amplification hybride ou ADH (Analog Digital Hybrid), Devialet conçoit des amplificateurs audio haut de gamme.

Créée en 2007, avec une mise de départ approchant les 500 000 Euros, soit un an après la fabrication d’un premier prototype, Devialet est aujourd’hui considéré comme le leader international des amplis de très haut niveau avec près de 45 prix (entreprise la plus primée de l’histoire de la Hi-Fi) et 88 brevets déposés, résultat de la rencontre quasi fusionnelle de trois personnalités très différentes mais complémentaires que sont ses fondateurs, soit Pierre Emmanuel Calmel, l’ingénieur et l’inventeur de cette technologie révolutionnaire dite ADH (voir plus haut), Quentin Sannié, l’entrepreneur visionnaire, et Emmanuel Nardin, le designer.

Et avec près de 40 personnes aujourd’hui, essentiellement en France, avec notamment la fabrication, gage d’un savoir-faire à portée de mains, un chiffre d’affaires prévu pour cette année approchant les 50 millions d’Euros, alors qu’en 2013, il n’était que de 5 millions, Devialet compte justement accélérer son développement en axant tout d’abord sur une diffusion encore plus large de ses produits sur le marché international, avec notamment l’ouverture prochaine d’une boutique à New York, mais aussi et surtout, sur un élargissement de son offre vers un public plus large avec des produits moins onéreux, car aujourd’hui encore, ses produits s’adressent à un public averti, exigeant, mais surtout capable d’acquérir un produit de la gamme à près de 5 000 €.

Cependant, cet élargissement, nécessaire pour la pérennité de l’entreprise, ne se fera pas au détriment de la qualité, au contraire même, car avec cette nouvelle levée de fonds, les travaux de R&D engagés pour la miniaturisation de la technologie, pourront justement être mené à termes, et, ce sur quoi s’est bâti le succès de cette entreprise, soit la mise en place d’innovations de rupture dans le monde de l’ingénierie du son, perdurera également.

Donc, c’est bien à une montée en puissance à laquelle nous avons droit aujourd’hui, avec notamment l’élaboration de sa nouvelle enceinte Phantom, dont la direction prévoit 3 000 exemplaires livrables par mois, visant les 8 000 exemplaires d’ici la fin de l’année, estimant qu’elle lui permettra justement d’investir le grand monde, et de multiplier le chiffre d’affaires par cinq.

Nous resterons donc à l'écoute (moi et mon blog).

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Les Echos du 19/06/13

. Challenges du 18/12/14

Devialet, une pépite (française) à l’écoute
Devialet, une pépite (française) à l’écoute
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