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Connaissez vous la méthode Notre Dame de Paris ?

Publié le par Jacques SAMELA.

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Connaissez vous la méthode Notre Dame de Paris ?

150 "grands projets stratégiques" appelés à devenir des "cathédrales industrielles"

https://www.lejournaldesentreprises.com/article/150-grands-projets-strategiques-appeles-devenir-des-cathedrales-industrielles-2141572?utm_source=20260422%20BRIEF_ALL_PRO%20Le%20brief%20%C3%A9co%20du%20soir%20en%20France%20(20260422_180338)&utm_medium=Newsletters_JDE

Publié le 22 avril 2026

 

150 projets industriels sont qualifiés de "stratégiques" par l’État partout en France. Ces projets de création ou d’extension d’usines vont bénéficier de procédures accélérées avec "la méthode Notre-Dame-de-Paris", selon Emmanuel Macron. De nombreux secteurs sont concernés : des terres rares à l’énergie, en passant par la défense et la santé.

Ces projets sont appelés à devenir des "cathédrales industrielles" a annoncé Emmanuel Macron le 22 avril. Lors d’un déplacement sur le site d’Imerys dans l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes), le chef de l’État a annoncé le lancement de 150 "grands projets stratégiques" partout sur le territoire.

170 milliards d’euros d’investissements

"C’est la méthode Notre-Dame-de-Paris : un projet identifié, une chaîne de commandement claire et des délais records qu’on doit tenir", a explicité Emmanuel Macron. Concrètement, ces projets vont bénéficier de facilités et dérogations réglementaires.

Selon Emmanuel Macron, c’est une méthode qui a déjà fait ses preuves. Avec les lois industrie verte et d’accélération et de simplification de l’action publique, les délais permettant de lancer un projet ont été divisés par deux, passant de 18 à 9 mois.

Ces 150 projets, dont 70 sont répertoriés dans le tableau ci-dessous, représentent 170 milliards d’euros d’investissements selon l’Élysée, pour 30 000 emplois. Ils concernent de nombreux secteurs comme l’énergie (nucléaire, biocarburants), le recyclage, les terres rares ou encore la santé et la défense.

Trois mesures de simplification pour accélérer les procédures

Un décret sur le contentieux des projets stratégiques, publié ce 22 avril au Journal officiel, permet d’unifier le contentieux autour de la cour administrative d’appel. "Cela représente un an de gagné sur les délais de recours", affirme le chef de l’État. Ce texte concerne les projets "contribuant à des objectifs définis" comme le développement des énergies décarbonées, les infrastructures de transports, les opérations d’intérêt national, de souveraineté économique, industrielle ou alimentaire.

Emmanuel Macron a également cité la loi de simplification de la vie économique, adoptée il y a quelques jours, et qui permet de réduire les délais d’implantation des data centers.

Ces projets pourront aussi bénéficier d’évaluations environnementales accélérées. "Ce n’est pas pour réduire l’exigence mais pour acter le fait qu’on a beaucoup de procédures" émanant de différents services (État, autorités environnementales), a précisé le chef de l’État.

Une ouverture sur le foncier économique à venir

Pour permettre à des grands groupes, PME et ETI de s’installer ou de s’étendre, 44 sites disponibles ont été identifiés. Cela représente 22 000 hectares de terrains qui seront disponibles entre aujourd’hui et 2 030.

"Nous relançons la stratégie avec France foncier pour identifier et préparer les terrains", a précisé Emmanuel Macron. Sébastien Martin, ministre chargé de l’Industrie, est chargé de préparer ces "zones d’accélération industrielles".

De quoi permettre de relancer la dynamique d’implantations de sites industriels alors que le dernier baromètre de la Direction générale des entreprises faisait état de seulement 19 ouvertures ou agrandissements d’usines en 2025, contre 88 en 2024.

Mélanie Longuet Waterlot

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France, son commerce extérieur 2025

Publié le par Jacques SAMELA.

France, son commerce extérieur 2025
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Vu et lu dans Conquérir n° 204 de mars/avril 2026
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France, son commerce extérieur 2025
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Les Fintech (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Les Fintech (suite)
Les Fintech (suite)

Alan, Qonto, Ledger... Ces fintechs qui ont bousculé la finance française

https://www.lefigaro.fr/societes/alan-qonto-ledger-ces-fintechs-qui-ont-bouscule-la-finance-francaise-20260414?utm_source=premium&utm_medium=email&utm_campaign=20260414_NL_ECONOMIE&een=4a95be661899427ee6aa70e0e909d272&seen=2&m_i=WXN7xNaBC1vD82O3MsyJMoqdxoLDxTFvFDIqtDu1lnlVDxjWW8sIM6MZYyTypccC9F9Cw7rFu60VnQXliW10F0OE4wRY5PTuWP

Par Danièle Guinot / Le 14/04/26

En une dizaine d’années, grâce à leur offre innovante, ces jeunes pousses françaises ont réussi à se faire une place dans l’industrie de la finance. Le secteur des fintechs est entré dans une phase de maturité, les entreprises étant plus nombreuses à gagner de l’argent.

Elles s’appellent QontoAlan ou Ledger. En une dizaine d’années, ces jeunes pousses françaises (fintechs) ont réussi à se faire une place dans l’industrie de la finance. Et bousculé les poids lourds du secteur. Avec plus de 600.000 entreprises clientes et une présence dans huit pays européens, Qonto est en train de percer sur le marché des TPE-PME. L’an dernier, la start-up a déposé une demande de licence de crédit pour devenir une banque à part entière et accorder des prêts à ses clients. Ce qui va secouer encore un peu plus les banques traditionnelles, qui multiplient les offres en ligne et ferment des agences pour s’adapter à cette nouvelle donne.

Bas du formulaire

En dix ans, Alan est lui parvenu à s’imposer sur le marché très encadré de l’assurance santé en entreprise, en bousculant les mutuelles traditionnelles. La jeune pousse, qui compte aujourd’hui plus d’un million d’assurés, fait partie des grands gagnants de la réforme de la protection sociale des fonctionnaires. En 2024 et 2025, Alan a remporté quatre appels d’offres lancés par des ministères (dont celui des Finances) pour assurer la couverture santé de leurs agents. Ledger, est, lui, devenu leader dans la sécurisation des cryptoactifs. Il vient d’ouvrir un bureau à New York, dans le cadre d’un investissement de plusieurs millions de dollars.

Ces trois entreprises sont sur le podium du palmarès Fintech 100 réalisé par Truffle Capital et Finance Innovation, en partenariat avec BPCE et Sopra Steria. L’étude recense les 100 meilleures fintechs tricolores, principalement positionnées dans l’assurance, l’épargne ou les paiements, en fonction de leur chiffre d’affaires, de leur nombre de salariés ou des fonds levés. «Qonto, Alan et Ledger sont en train de s’installer dans le paysage et d’atteindre une taille significative, relève Bernard-Louis Roques, cofondateur de Truffle CapitalElles se sont lancées avant les autres et ont obtenu de bons financements au bon moment.» 

De fait, pendant quelques années, lorsque les taux d’intérêt étaient au plancher, les fonds d’investissement, en quête de rendement, ont massivement misé sur les fintechs et autres start-up prometteuses. Mais, depuis 2022 et la remontée brutale des taux d’intérêt, l’argent s’est tari : en 2025, les levées de capitaux ont encore fondu de 22% par rapport à 2024, déjà en forte baisse, selon le palmarès Fintech 100.

Simplicité, transparence sur les coûts et accessibilité

«Les fintechs qui sont parvenues à tirer leur épingle du jeu ont des produits innovants ou une expérience client de qualité répondant à des besoins concrets et à une demande croissante de simplicité, de transparence sur les coûts et d’accessibilité des consommateurs», avance Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la fintech. Elles sont agiles, capables d’évoluer et leurs activités s’adressent souvent à des entreprises. Des secteurs souvent un peu délaissés par les banques ou les compagnies d’assurances, qui avaient peu évolué ces dernières années. »

De façon générale, l’industrie de la fintech française, qui ne compte pas de néobanque d’envergure à l’image de Revolut ou de N26, s’est transformée ces dernières années. Certaines entreprises ont tiré le rideau (notamment les néobanques comme Ma French Bank ou Orange Bank). Et, faute de carburant, les créations de start-up, notamment par des jeunes tout juste sortis d’école, ont chuté. Les entreprises toujours en vie ont été contraintes de revoir leur business model pour continuer à avancer. «Les fintechs sont entrées dans une phase de maturité, en cherchant avant tout à devenir rentables, explique Bernard-Louis Roques. 

En deux ans, le changement est énorme et presque culturel. Ces entreprises continuent à croître, mais de façon plus modérée et disciplinée. Elles font attention à la solidité de leurs modèles, font des efforts sur le plan opérationnel et font très attention à leurs dépenses. Cela se voit notamment au niveau de leurs effectifs, qu’elles évitent de trop augmenter.» Nombre de ces jeunes pousses s’appuient sur l’intelligence artificielle. «L’IA joue un rôle clé dans cette nouvelle phase. Elle devient un moteur de performance et de transformation des business models, en particulier sur le développement de l’informatique», souligne Bernard-Louis Roques.

Grâce à une gestion plus rigoureuse, imposée par les fonds d’investissement désormais très exigeants, les fintechs sont de plus en plus nombreuses à atteindre l’équilibre, à l’image d’Alan, Qonto, Alma, Swile ou Nikel«Plus de la moitié (57%) des fintechs françaises a atteint le seuil de rentabilité et plus d’un tiers des jeunes pousses de moins de cinq ans ont un résultat opérationnel positif», note le palmarès Fintech 100. Les plus solides peuvent désormais se tourner vers le financement bancaire : il a augmenté de 20% par rapport à 2024, constate l’étude.

Ces nouveaux fonds serviront notamment à financer le développement des fintechs. «Près de la moitié des entreprises (46%) ont des projets de croissance externe ou de fusion, dont l’essentiel (73%) à l’international, principalement en Europe au cours des douze prochains mois», souligne Bernard-Louis Roques. L’écosystème des fintechs est en pleine recomposition : alors que certaines cherchent à grandir, plus d’un tiers d’entre elles, envisage de se vendre (+24% en un an), de préférence à un grand groupe (seulement 8% auprès d’une fintech). 

«Ces sociétés ont besoin de trouver des liquidités pour rémunérer les investisseurs qui veulent céder leurs parts ou pour continuer à se développer», explique Bernard-Louis Roques. Seulement quelques-unes pourront envisager d’aller en Bourse, comme Younited récemment ou encore Legder, qui aurait en projet de s’introduire à Wall Street. «Les plus solides, comme Alan ou Qonto, peuvent continuer leur route seules», ajoute l’expert. La France n’a pas les mêmes capacités que certains pays, dont principalement les États-Unis, à faire émerger de grands acteurs mondiaux de la finance.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/01/fintech-de-la-confrontation-a-la-complementarite.html

Les Fintech (suite)
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Maintien de la note française

Publié le par Jacques SAMELA.

Maintien de la note française
Maintien de la note française

L'agence Moody's maintient la note souveraine de la France à Aa3 avec une perspective "négative"

https://www.franceinfo.fr/economie/budget/l-agence-moody-s-maintient-la-note-souveraine-de-la-france-a-aa3-avec-une-perspective-negative_7929542.html

Publié le 10/04/2026

L'agence de notation Moody's a maintenu vendredi 10 avril la note souveraine de la France, la classant toujours parmi les pays dont la dette est "de bonne qualité", et maintenant également sa perspective négative sur cette note. En octobre 2025, l'agence de notation avait maintenu la note de la France à Aa3 mais abaissé sa perspective de "stable" à "négative".

Moody's, qui classe ainsi toujours la France un cran au-dessus de ses concurrentes S&P et Fitch, souligne dans son communiqué notamment que "l'accord budgétaire trouvé entre la gauche modérée et le centre droit, au sein d'un Parlement français politiquement divisé, conforte notre évaluation de la solidité des institutions et de la gouvernance françaises", et elle observe que "le déficit budgétaire prévu pour 2026", à 5%, "est légèrement inférieur à [sa] précédente prévision de 5,2% du PIB cette année""deux éléments positifs pour la solvabilité" de la France, selon elle.

 

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2024/09/comme-quoi-elles-aussi.html

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2023/05/agences-de-notation-la-reponse-francaise.html

Maintien de la note française
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ETI : 1er Sommet européen

Publié le par Jacques SAMELA.

ETI : 1er Sommet européen
ETI : 1er Sommet européen

Sommet européen des ETI : cap sur 2027

https://www.lejournaldesentreprises.com/article/sommet-europeen-des-eti-cap-sur-2027-2140420?utm_source=20260403%20BRIEF_ALL_PRO%20Le%20brief%20%C3%A9co%20du%20soir%20en%20France%20(20260403_180245)&utm_medium=Newsletters_JDE

Publié le 3 avril 2026

 

Le premier sommet européen des ETI a réuni durant jeudi 2 avril près d’un millier de dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire, à La Sorbonne à Paris, en partenariat avec le Journal des Entreprises. L’occasion de mettre en valeur les attentes et les atouts de ces maillons essentiels de l’économie à l’heure où l’Union européenne réfléchit à la mise en place d’un dispositif d’aides spécifiques.

Le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) et Croissance plus (association des entreprises en forte croissance) étaient à la manœuvre jeudi 2 avril à La Sorbonne à Paris pour le premier sommet européen des ETI. Avec en chef d’orchestre de cette manifestation inédite Alain Marty, fondateur du Cercle Wine Business et directeur de la rédaction d’ETI radio. L’ambition : faire se rencontrer et dialoguer des dirigeants d’entreprises françaises et européennes (polonaises, italiennes, allemandes, belges, espagnoles, portugaises…), des personnalités politiques (les ministres français Sébastien Martin (Industrie), Serge Papin (PME), Mathieu Lefèvre (transition écologique), Jean-Pierre Farandou (Travail), Benjamin Haddad (Europe), l’ancien Premier ministre Michel Barnier, Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, Hervé Novelli ancien ministre des PME), mais aussi des représentants d’organisations patronales européennes et des banquiers.

Fer de lance de l'économie

Au programme des tables rondes qui se sont enchaînées tout au long de la journée, les attentes et les atouts des ETI, fers de lance de l’industrie, qui créent de la richesse et des emplois sur les territoires, défendent le made in France à l’international et pâtissent unanimement de la surabondance normative et réglementaire en Europe. Au hasard des thèmes débattus : l’énergie et la décarbonation, le recrutement des talents, l’innovation, les stratégies de croissance et la dimension familiale de ces entreprises situées à mi-chemin entre les grands groupes et les PME.

Fédérer le Mittelstand

Le "Mittelstand" regroupe en Allemagne les entreprises de taille intermédiaire et compte trois fois plus d’ETI que la France où leur nombre est malgré tout passé de 4 600 en 2008 (date de leur identification officielle par la loi de modernisation de l’économie, NDLR) à 7 000 aujourd’hui. Si en France le rôle moteur des ETI sur l’économie est aujourd’hui reconnu tout comme leur ancrage territorial, elles peuvent encore à l'occasion se sentir menacées comme lors du dernier débat budgétaire (abandon de la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), remise en cause du pacte Dutreil, destiné à faciliter les transmissions familiales en allégeant la fiscalité …). Surtout les ETI françaises veulent désormais peser au niveau européen pour renforcer leur compétitivité notamment face à la Chine. En septembre 2025, le Meti et son homologue allemand, BVMW, déploraient ainsi dans un communiqué commun que le "Mittelstand européen" qui regroupe quelque 40 000 entreprises au sein de l’Union, ne soit "ni reconnu ni placé au cœur des politiques économiques, alors qu’il devrait en être la colonne vertébrale".

Une deuxième édition du Européean ETI Summit aura lieu le 11 mars 2027 à Paris, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Avec pour objectif de faire entendre à nouveau la voix des entreprises au niveau européen et défendre un allègement de la fiscalité, une simplification de la réglementation et une reconnaissance de cette identité de "large midcaps" (jusqu’à 5 000 salariés) avec, à la clef, la mise en place d’une politique d’accompagnement spécifique.

Par Philippe Flamand

 

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2014/01/les-eti-un-gisement-de-croissance-%C3%A0-prot%C3%A9ger.html

ETI : 1er Sommet européen
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Ubisoft (suite & ?)

Publié le par Jacques SAMELA.

Ubisoft (suite & ?)
Ubisoft (suite & ?)

De l’incroyable success-story d’une PME bretonne à la crise en cours... Ubisoft, 40 ans d’histoire d’un acteur majeur du jeu vidéo

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/de-l-incroyable-success-story-d-une-pme-bretonne-a-la-crise-en-cours-ubisoft-40-ans-d-histoire-d-un-acteur-majeur-du-jeu-video-20260331?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=20260331_NL_ACTUALITES&een=4a95be661899427ee6aa70e0e909d272&seen=2&m_i=3Gh2ZxsfzvMquydtjvBqA5DtJf70ppHySn1yqfC56AYyy7ZaxjEfkX5MnAoS7J48yJntSOkY6Od0vomwR85z_kitRevNysCdtL

 

Par Chloé Woitier

RÉCIT - Le Figaro revient en huit étapes sur la riche histoire de ce groupe créé en 1986 dans le Morbihan et qui a su s’imposer aux côtés des plus grands. Mais la belle histoire se fissure depuis 2020.

1986 : la création d’Ubi Soft

Les racines d’Ubisoft se trouvent dans le Morbihan, près de Carentoir, où naissent cinq frères : Claude, Michel, Yves, Gérard et Christian. Ils sont les enfants d’un couple de commerçants spécialisés depuis les années 1950 dans la vente de produits à destination des exploitations agricoles. Des engrais aux aliments pour le bétail, le groupe Guillemot va aussi participer à l’informatisation de l’agriculture bretonne en vendant micro-ordinateurs et logiciels de gestion.

Mais la création, au début des années 1980, des coopératives agricoles menace l’existence même du groupe Guillemot. Les enfants, passés par des écoles de commerce, sont mis à contribution pour trouver le moyen de sauver l’entreprise familiale. Claude aura d’abord l’idée d’importer d’Angleterre des CD audio. Michel, lui, misera dès 1984 sur l’importation de jeux vidéo pour micro-ordinateurs, vendus ensuite par correspondance à des prix défiants toute concurrence... C’est ainsi que Guillemot International va mettre le pied dans le secteur encore balbutiant de la distribution de jeux vidéo en France, et en apprendre plus sur cette industrie.

Le succès aidant, l’entreprise voit grand : en plus d’importer des succès anglo-saxons, comme Trivial Pursuit ou Pole Position, elle va créer ses propres jeux vidéo. C’est ainsi qu’est née fin mars 1986 l’entreprise Ubi Soft, en deux mots. Et contrairement aux légendes urbaines, Ubi ne signifie pas Union des Bretons Indépendants... «C’est mon frère Gérard qui a trouvé Ubisoft. Nous cherchions un nom aux sonorités agréables», expliquait Yves Guillemot dans un livre officiel dédié aux 30 ans du groupe.

Ubi Soft ouvre son premier studio à Créteil, en région parisienne, qui conçoit le tout premier jeu vidéo du groupe : Zombi (1986). Gérard en supervise la production, Yves s’occupe du développement commercial de la nouvelle entreprise, tandis que leur mère Yvette gère la comptabilité. Les recettes de Guillemot International vont permettre de financer les premières années d’Ubi Soft, qui va également éditer des titres de créateurs tiers. On doit à ce groupe les jeux Peur sur Amityville, Manhattan 95, Fer et Flamme... En 1988, Ubi Soft regroupe ses très jeunes créatifs -la plupart ont à peine 18 ans - dans un château près de Carentoir afin de stimuler leur créativité. Parmi eux se trouve un certain Michel Ancel, 17 ans... L’expérience d’un an sera fondatrice et conduira à la création du studio Ubisoft Paris.

Zombi, le premier jeu vidéo conçu par Ubisoft en 1986. 

1995 : premier grand succès avec Rayman

Ubisoft connaît son premier grand succès critique et commercial avec ce jeu de plateforme créé par Michel Ancel, dont le héros sera durant longtemps la mascotte d’Ubisoft. Destiné à l’origine à la Super Nintendo, le projet est finalement décalé à la nouvelle génération de consoles 3D. Ubisoft veut que Rayman fasse partie des jeux de lancement en Occident de la PlayStation, la première incursion de Sony dans les jeux vidéo, et ouvre pour cela une filiale au Japon. «Cela nous a permis de recevoir très tôt les kits de développement, soit environ 6 mois avant les Américains et les Européens», relate Yves Guillemot dans le livre «Ubisoft, 30 ans de création» (Les Deux Royaumes).

Sorti fin 1995, Rayman explose lors de son passage dans la gamme «Platinum», les classiques PlayStation à petits prix. «C’était pendant longtemps le seul jeu grand public de la PlayStation, ce qui en a fait une des meilleures ventes de Sony sur les 5 premières années de la console. Les revenus constants de Rayman nous ont permis d’établir les studios et d’éponger les premiers titres», explique Gérard Guillemot, dans le même ouvrage.

Le jeu Rayman, sorti en 1995 

Ubisoft arrive en Bourse en 1996 (c’est Yvette Guillemot, la mère de la fratrie, qui s’occupera du dossier d’introduction), et l’argent levé lui permet de financer une expansion internationale. C’est alors que le groupe reçoit l’appel du lobbyiste québécois Sylvain Vaugeois, qui propose à Ubisoft d’ouvrir un studio à Montréal en échange de généreux crédits d’impôts. Ce plan fera de Montréal l’un des plus grands «hubs» mondiaux de la création de jeux vidéo.... et le centre de gravité créatif d’Ubisoft.

2007 : la sensation Assassin’s Creed

Ubisoft accélère l’ouverture de studios à travers le monde, mais aussi l’acquisition de juteuses licences. Il met ainsi la main en 2000 sur le studio américain Red Storm, créé par l’auteur à succès Tom Clancy : les jeux Splinter Cell, Rainbow Six, Ghost Recon et The Division seront issus de cet univers littéraire. Peu après, il acquiert la marque Prince of Persia, qu’il relancera avec succès.

Mais le véritable tournant dans l’histoire d’Ubisoft provient d’une création originale : Assassin’s Creed, conçu à Montréal (2007). Se déroulant à Damas et Jérusalem aux temps des Croisades, ce titre narre l’affrontement séculaire entre la guilde des Assassins et celle des Templiers. Il est revécu de nos jours grâce à une machine, l’Animus, qui permet de vivre les souvenirs de ses ancêtres... Le jeu innove par son exploration libre des villes, facilitée par les talents de grimpeur du héros qui se hisse en quelques secondes en haut de n’importe quel bâtiment.

Assassin’s Creed sorti en 2007

Applaudi par la critique, Assassin’s Creed se vend en un mois à 2,5 millions d’exemplaires. La formule sera améliorée pour le deuxième opus (2009), qui fixera une formule copiée ensuite par toute l’industrie : «l’open world à la Ubisoft». Soit un monde explorable à sa guise, avec ses quêtes principales et annexes, et dont la carte se dévoile en grimpant en haut de tours.

2007-2017 : l’âge d’or créatif

Ces vingt ans sont l’apogée du groupe français, avec la sortie de nombreux jeux qui feront date dans l’histoire du jeu vidéo. La licence Assassin’s Creed devient la sortie incontournable de Noël. Alors que le Vieux Continent se passionne pour la Renaissance italienne narrée par Assassin’s Creed 2 et ses deux spin-off (2009-2011), la série conquiert les États-Unis grâce à un troisième volet centré sur leur guerre d’indépendance (2012) : il s’en vend 7 millions de copies en un mois ! L’épisode Black Flag (2013) marque aussi son époque grâce à ses batailles navales dans les Caraïbes. Mais ces sorties annuelles vont épuiser la licence, avec des épisodes perclus de bugs techniques lors de leur commercialisation. Mise au repos, Assassin’s Creed reviendra avec succès en 2017 avec l’épisode Origins, puis Odyssey (2018).

Jusque-là sous les radars, la franchise Far Cry explose en 2012 grâce à son troisième épisode, qui s’écoulera à 10 millions d’exemplaires en 2 ans. On peut également citer la réinvention saluée de la franchise Rayman avec les épisodes Rayman Origins (2011) et Rayman Legends (2013), ou l’incursion d’Ubisoft vers les jeux au style «indépendant» (petits budgets, petites équipes, forte dimension artistique) avec Child of Light (2014) et plus encore Soldats inconnus : Mémoires de la Grande Guerre (2014).

Ultime reconnaissance : Nintendo confie sa mascotte Mario à Ubisoft pour le jeu de stratégie Mario et les Lapins crétins (2017). Une récompense pour un groupe qui a été parmi les premiers à croire, 10 ans plus tôt, dans la console familiale Nintendo Wii. C’est sur une plateforme que naîtront les grands succès populaires Just Dance et Les Lapins Crétins.

Porté par ces réussites, Ubisoft s’étend sur petit (la série télé Les Lapins Crétins) et grand écran (le film Assassin’s Creed), ouvre une attraction au Futuroscope, et lance un projet de parc d’attractions en Malaisie. Ce dernier n’aboutira jamais. On perçoit déjà les germes des difficultés à venir. La formule «open world à la Ubisoft» ne se renouvelle pas. Et si le groupe vend 4 millions d’exemplaires en une semaine de sa nouvelle licence Watch Dogs, cette dernière déçoit et n’arrivera pas à s’imposer sur le temps long.

2015-2018 : la bataille boursière avec Vivendi

Le succès d’Ubisoft ne passe pas inaperçu auprès d’un autre homme d’affaires breton : Vincent Bolloré. Celui qui est arrivé en 2014 à la tête du conseil de surveillance de Vivendi entend bien faire revenir le conglomérat dans le jeu vidéo. Ce dernier avait en effet cédé en 2013 ses parts dans le géant américain Activision... Or, le gaming compléterait parfaitement les activités télécoms et médias de Vivendi (cinéma, musique, télévision...)

Début octobre 2015, Ubisoft découvre que Vivendi est en train d’accumuler des actions en Bourse. C’est le début d’une bataille boursière durant laquelle Vivendi va patiemment grimper au capital, tandis qu’Ubisoft va bruyamment s’opposer à cette prise de contrôle rampante. Les salariés du groupe font alors bloc avec leur direction, et s’affichent avec le slogan «I belYves» («je crois en Yves» Guillemot, leur PDG) ou «We are Ubisoft». Vivendi s’empare en 2016 de Gameloft, une autre société de la famille Guillemot créé en 2000 et spécialisée dans le jeu mobile, au terme d’une OPA.

Cette guerre ouverte fait flamber la valorisation d’Ubisoft, qui dépasse alors les 7 milliards d’euros. Vivendi finit par renoncer à cet actif devenu bien trop cher en mars 2018, non sans empocher 2 milliards d’euros de plus-value. Une partie de ses parts sont rachetées par un tout nouvel allié d’Ubisoft : le chinois Tencent.

2020 : Ubisoft rattrapé par sa «culture toxique»

C’est une déflagration qui va durablement abîmer l’image d’Ubisoft. De nombreux témoignages de salariés, un peu partout dans le monde, émergent sur Twitter en juin 2020 pour dénoncer «une culture de travail toxique» au sein du géant du jeu vidéo. Y sont narrés des comportements déplacés de supérieurs hiérarchiques, du harcèlement sexuel, des agressions physiques, des insultes et des humiliations.

Le cas les plus médiatisé concerne le tout-puissant service «Edito», situé au siège du groupe, et dont les membres ont pouvoir de vie et de mort sur les projets en cours de production. Son vice-président, Tommy François, sera condamné en juillet 2025 à trois ans de prison avec sursis pour harcèlement moral, sexuel, et tentative d’agression sexuelle. Son supérieur, Serge Hascoët, sera condamné à 18 mois de prison avec sursis pour complicité de harcèlement moral. Ce dernier était considéré comme le numéro 2 officieux d’Ubisoft et le moteur de sa direction créative. Il démissionnera en 2020 dès la sortie des enquêtes de Libération et de Numerama. D’autres figures du groupe partent, ou se mettent en retrait.

Depuis 2020 : la spirale infernale de l’échec

Il faut remonter à la fin 2020 pour trouver le dernier grand succès d’Ubisoft. Il s’agit d’Assassin’s Creed Valhalla et ses plus de 20 millions d’exemplaires vendus. Cette aventure dans l’univers des Vikings aura bénéficié d’une fenêtre de lancement idéal : il s’agissait du tout premier blockbuster accompagnant la sortie des nouvelles consoles PlayStation 5 et Xbox Series, et ce durant la pandémie de Covid-19...

Mais les autres productions Ubisoft vont rimer avec échec commercial : Immortal Fenyx Rising (2020), Far Cry 6 (2021), Mario + The Lapins Crétins: Sparks of Hope(2022), Avatar : Frontiers of Pandora (2023), Skull and Bones (2024), Star Wars Outlaws (2024)... et même Prince of Persia : The Lost Crown (2024), pourtant salué par la critique. Grand espoir du groupe, Assassin’s Creed Shadows (2025) va connaître un bon démarrage (5 millions de joueurs en deux mois), mais sans décoller par la suite.

Ubisoft semble avoir perdu son mojo, et chacun en cherche la cause. Le départ de Serge Hascoët en 2020? Un trop grand nombre de recrutements (le groupe va doubler de taille entre 2018 et 2022), avec des nouvelles troupes mal intégrées à cause du recours massif au télétravail ? Une direction qui ne s’est pas renouvelée, avec les mêmes visages aux manettes depuis 40 ans ? Des jeux copiant avec retard les grandes tendances du marché, plutôt que de les créer? Une ligne éditoriale davantage progressiste ? Sur YouTube et les réseaux sociaux, le «Ubi Bashing» bat son plein. Certains salariés sont harcelés et menacés de mort par des créateurs de contenus qui ont compris que la critique facile et gratuite du groupe était récompensée par des taux d’engagement massifs.

2025-2026 : la grande réorganisation

Ubisoft entame en 2021 un plongeon boursier qui se poursuit encore aujourd’hui. De 80 euros, son action passe à 3,90 euros en l’espace de cinq ans. La place de Paris s’interroge : Ubisoft va-t-il se faire croquer et dépecer par un fonds de private equity ? Le groupe se met à l’abri en 2022 en renforçant son alliance avec le chinois Tencent, qui monte au capital du groupe mais aussi de sa holding de contrôle, Guillemot Brothers.

Mais Ubisoft est contraint à des décisions difficiles. Les plans d’économies se succèdent, et riment avec fermetures de studios, licenciements et arrêt du développement de nombreux jeux. Adulé jusqu’alors, Yves Guillemot perd le soutien de nombre de ses salariés, dont certains appellent à son départ.

Ubisoft a vécu plusieurs mouvements de grève ces dernières années. DIMITAR DILKOFF / AFP

En 2025, la direction annonce un big bang. Le groupe va être réorganisé en 5 filiales, les «creative houses», qui vont chacune gérer de A à Z des licences et des styles de jeux vidéo. Objectif, réinjecter de l’agilité et de la créativité grâce à ses structures plus petites, et responsables de leurs finances. La première creative house, nommée Vantage Studios, va gérer les plus belles marques : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six. Elle est codétenue par Tencent, qui injecte 1,5 milliard d’euros. Mais la nomination du fils d’Yves Guillemot, Charlie, à la tête de la structure, fait grincer des dents.

Cette réorganisation est censée entrer en application ce 1er avril, mais plusieurs nominations n’ont pas encore été actées. Il faudra attendre plusieurs année avant d’en connaître les résultats.

 

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2013/12/ubisoft-union-des-bretons-ind%C3%A9pendants-ubi-soft-software.html

Ubisoft (suite & ?)
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Le groupe LU, 180 ans d'histoire

Publié le par Jacques SAMELA.

Le groupe LU, 180 ans d'histoire
Le groupe LU, 180 ans d'histoire

Nantaise depuis 1846, la marque iconique LU célèbre «180 ans d’histoire, de savoir-faire et de gourmandise »

https://www.lefigaro.fr/conso/nantaise-depuis-1846-la-marque-iconique-lu-celebre-180-ans-d-histoire-de-savoir-faire-et-de-gourmandise-20260329?utm_source=premium&utm_medium=email&utm_campaign=20260329_NL_ECONOMIE&een=4a95be661899427ee6aa70e0e909d272&seen=2&m_i=cNX_VGCrdUimAFoWor6G4_LusctrP6n8v1jP%2BHdXwGZXdr_cwJ6TiHUrKTn6G2Zadv%2Be7hSLrnBhHo0IkwKADeHfbPieCMfJcw

 

Présents dans 8 foyers sur 10 en France, les biscuits iconiques de l’entreprise n’ont pas pris une ride et ont même profité d’un regain d’intérêt ces dernières années, grâce à un repositionnement de la marque.

Paraît-il que lorsque le vent soufflait à Nantes, l’on pouvait sentir dans toute la ville l’odeur du « véritable Petit Beurre » tout juste sorti du four. C’est là qu’en 1846 naissait la célèbre biscuiterie Lefèvre-Utile, souvent présentée sous l’acronyme de LU, devenue en 180 ans une marque iconique. Et si celle-ci est bien connue des Français, ce sont surtout ses produits devenus emblématiques, comme les biscuits Petit Écolier ou Prince, qui l’ont rendue populaire. « J’ai encore le souvenir prégnant de dévorer les Petits Écoliers sur le canapé avec ma petite sœur. C’était il y a plus de 30 ans, mais c’est une histoire si bien ancrée chez nous qu’il nous arrive souvent d’en reparler au détour d’un déjeuner de famille », raconte Clément, évoquant sa « madeleine de Proust ». Une émotion qu’il a souhaité à son tour transmettre à ses enfants, à qui le quarantenaire achète désormais ces mêmes biscuits. Et il n’est pas le seul : ils sont consommés par 8 foyers sur 10, soit plusieurs millions de consommateurs. Un long chemin parcouru depuis que Jean-Romain Lefèvre et Pauline-Isabelle Utile ont décidé de fonder une pâtisserie artisanale, rue Boileau, à Nantes. Avant d’accoler leur nom pour officialiser cette union conjugale et entrepreneuriale.

Un choix qui sera couronné de succès, alors que le couple de pâtissiers réussit, en quelques années seulement, à conquérir le cœur des Nantais tout en poursuivant le développement de leur entreprise familiale. Ils font aussi les bons choix comme celui de faire construire, quai Baco à Nantes, une usine de 2000 mètres carrés où sont installées des machines, des fours ainsi qu’une machine à vapeur, de dernière génération. Pas moins de 130 personnes y travaillent chaque jour pour assurer une production quotidienne de trois tonnes de biscuits. C’est aussi à cette époque que naît, en 1886, le Petit Beurre, « pensé comme un symbole du temps ». Emblématique de la marque, le biscuit - d’apparence simpliste - affiche pourtant des caractéristiques toutes particulières : 52 dents comme le nombre de semaines en une année, 4 coins symbolisant les 4 saisons et 24 trous pour les 24 heures de la journée.

Au même moment, le fils des fondateurs, Louis Lefèvre-Utile, reprend les affaires de ses parents et met en place une vraie stratégie d’innovation. Celle-ci passe par l’invention d’un logo fort et reconnaissable mais aussi par des collaborations avec des artistes de l’époque. Ceux-là créent pour LU des affiches publicitaires dont la plus connue n’est autre que le « Petit Écolier » de Firmin Bouisset. Celui-là même qui inspirera le biscuit du même nom, 30 ans plus tard. Plus qu’un détail dans l’histoire de la marque, ces affiches ont contribué à sa reconnaissance et sa renommée. C’est aussi l’époque où l’entreprise abandonne la vente en vrac et commence le conditionnement de ses produits dans des boîtes en fer blanc, appelées « tin box », gages de qualité pour les consommateurs et devenues objets de collection.

Un repositionnement nécessaire

S’ensuivent des années de réussite « qui se reflètent dans les performances du marché » pour cette « marque historique et leader » de son secteur, se félicite Marion Thouveny, directrice marketing de cette marque historique, propriété de Mondelez. Et qui n’a jamais dévoré une Barquette à la fraise, un Pepito, un Napolitain ou des Mikados en rentrant de l’école ? Pour autant, malgré son expansion, la marque est loin d’être invincible et connaît même quelques accidents de parcours. À l’instar de l’arrêt de la production du Figolu. En 2015, ce petit biscuit aux figues avait changé d’emballage, devenu de petits pochons individuels, entraînant la chute de ses ventes et conduisant in fine à l’arrêt de la production. Une pétition avait alors été lancée par les consommateurs eux-mêmes, réclamant le retour de leur goûter préféré. Une demande entendue par la direction qui annonçait, en plein confinement, en mars 2020, son grand retour.

Après la crise sanitaire, elle connaît d’ailleurs un ralentissement de son activité. « Nous étions parmi les leaders du marché mais nos ventes stagnaient », rembobine Marion Thouveny. Appuyée sur le groupe Mondelez, la direction amorce alors le repositionnement de la marque, avec pour objectif de « renforcer le lien émotionnel » qui existait entre LU et les Français. « La marque a eu besoin d’être relancée pour nourrir sa force. On capitalisait sur l’héritage de la marque, mais sa puissance se diluait », poursuit la directrice marketing, alors convaincue du « potentiel énorme » de celle-ci. Pour cela, il est alors décidé de remettre la marque au premier plan. Un logo LU de couleur rouge omniprésent face aux noms des biscuits relégués au second plan. Résultat : une marque bien plus visible dans les rayons des supermarchés.

LU fait aussi le « choix assumé de se recentrer sur ses produits phares ». Ainsi, 40 des 140 références de la marque sont abandonnées. De quoi se concentrer sur ce qui fonctionne le mieux, les dix plus grosses références de la marque réalisant les trois quarts de l’activité. Il est aussi question d’investissement. En cinq ans, entre 2020 et 2025, pas moins de 250 millions d’euros ont été investis sur l’ensemble des 11 sites de la marque dont 8 biscuiteries, et encore 30 millions d’euros prévus pour 2026.

Un vent de renouveau

Une stratégie qui n’a pas tardé à porter ses fruits. L’an dernier, la marque LU représentait à elle seule 25,5% des parts de marché du segment des biscuits céréaliers et gâteaux moelleux, selon les chiffres du cabinet NielsenIQ. Cette même année, son chiffre d’affaires - réalisé à 97% en France - affichait une croissance spectaculaire de 12,2%, à 900 millions d’euros. Notamment en raison de la hausse des tarifs imposée par l’inflation des matières premières comme le cacao, mais pas que. En volumes, ses ventes ont également bondi de 9% sur un an. Un record presque historique, alors que le marché de la grande consommation est morose. « Le Prince est le biscuit le plus vendu depuis plus de 10 ans, sur l’ensemble du marché. Un marché stable en volume, et qui résiste assez bien à l’inflation », constate Marion Thouveny, selon qui « des marques comme LU restent des valeurs refuges ».

Apothéose cette année, l’anniversaire de LU sera marqué par le lancement de deux nouvelles galettes inspirées du moule d’origine. « Clin d’œil à la ville où tout a commencé », précisent les équipes, qui ne veulent pas en dire davantage pour l’instant. Depuis le début du mois de février, l’entreprise mise surtout sur une campagne publicitaire « d’envergure », baptisée « Dites-le avec LU » et diffusée à la télévision, sur les réseaux sociaux ou encore dans le métro, en gares et dans les centres-villes. L’occasion pour les fidèles de la marque d’offrir des paquets « édition limitée » sur lesquels l’on peut lire « Maman en or », « Ami(e) au top » ou encore « Fils extra ». Des « mots doux » qui « transforment un biscuit du quotidien en une attention particulière », assure-t-on en interne, souhaitant remettre le consommateur au cœur de cette histoire centenaire.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2023/07/lu-et-plus-qu-approuve.html

 

Le groupe LU, 180 ans d'histoire
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Le groupe Bel (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Le groupe Bel (suite)
Le groupe Bel (suite)

Les recettes de Pom’Potes et Babybel pour convaincre les consommateurs du monde entier

https://www.lefigaro.fr/societes/les-recettes-de-pom-potes-et-babybel-pour-convaincre-les-consommateurs-du-monde-entier-20260325?utm_source=premium&utm_medium=email&utm_campaign=20260325_NL_ECONOMIE&een=4a95be661899427ee6aa70e0e909d272&seen=2&m_i=Ji6JZqLU0VieI3_gsGZsI2tiJSLNnfMYYgrHWIf0HeRujxvJyqbKSTZVLw0c9zf5LQyY4TJbKej_iNKfp2RKgrEkgdPoobg6JN

 

Il y a quelques semaines, Bel a lancé un investissement de 200 millions de dollars (170 millions d’euros) pour doubler la capacité de production de Mini Babybel de son usine américaine de Brookings (Dakota du Sud).

DÉCRYPTAGE - Le groupe familial Bel, qui détient aussi La Vache qui rit, a vu son activité augmenter l’an passé. Une performance dans un contexte où la consommation mondiale est morose.

Le propriétaire de La Vache qui rit porte bien son nom. L’an dernier, le groupe familial Bel, qui détient aussi Kiri, Boursin, Materne et Montblanc, a enregistré une hausse soutenue de 4,7 % de son chiffre d’affaires, à 3,8 milliards d’euros. Une performance remarquable dans un environnement de consommation perturbé partout dans le monde.

Aux États-Unis, le français surfe sur l’engouement pour les produits hyperprotéinés et plus sains, lui-même porté par le boom des médicaments anti-obésité qui modifient les goûts de ceux qui en prennent. Ses gourdes de compote GoGo squeeZ (l’équivalent américain des Pom’Potes) s’arrachent, et le groupe a lancé des Babybel enrichis aux protéines.

Fort de ces succès, Bel pousse les feux outre-Atlantique. Il a annoncé, il y a quelques semaines, un investissement de 200 millions de dollars (170 millions d’euros) pour doubler la capacité de production de Mini Babybel de son usine américaine de Brookings (Dakota du Sud). Celle-ci passera de 10 000 à 20 000 tonnes. Cela fait suite à une précédente enveloppe de 110 millions d’euros investie dans l’usine de Nampa (Idaho) pour doubler la capacité de production des gourdes GoGo squeeZ. Les États-Unis sont désormais son plus gros marché, avec un tiers de ses ventes.

Mais Bel ne progresse pas qu’en Amérique du Nord : le chiffre d’affaires a augmenté de 3,2 % en Europe (45 % de l’activité), de 3,4 % dans la zone Moyen-Orient et Grande Afrique, et de près de 7 % dans la zone Amériques et Asie. Le groupe dispose d’un portefeuille qui est en plein cœur des tendances de consommation : produits de snacking mais sains, comme Pom’Potes, ou petits fromages (Babybel, Kiri…) et produits protéinés (Babybel protéiné…). « Quand nous avons un positionnement juste comme nous essayons de le faire, avec des produits peu transformés, à la juste portion, accessibles et avec des marques joyeuses, cela apporte de la valeur pour le consommateur, explique Cécile Béliot, la directrice générale de Bel. Alors qu’il est amené à faire des choix tous les jours dans les magasins, c’est cela qui fait que nous sommes en très bonne place. »

De nombreuses innovations

Le groupe entend continuer son rythme très soutenu d’innovations. L’an dernier, il a lancé pas moins de 160 nouveautés sur ses marques principales. Désormais, ses nouveaux produits représentent 8 % du chiffre d’affaires de ses produits laitiers, et 20 % sur ses produits aux fruits, un niveau historiquement haut.

En plus des États-Unis, les versions du Babybel enrichies en protéines ont été lancées en France, au Royaume-Uni. Bel a aussi fait le pari des produits sans lait. Si tous n’ont pas fonctionné, comme sa marque de fromage végétal Nurishh, arrêtée mi-2025, les déclinaisons véganes de ses marques historiques (Boursin, Babybel…) semblent trouver leur public.

Après avoir lancé des Pom’Potes mêlant légumes et fruits, le groupe réfléchit à lancer l’an prochain des versions 100 % légumes de ses célèbres gourdes. Dans les prochains jours, des versions « sport » enrichies en vitamines arriveront aussi dans les rayons français.

Pour l’année en cours, le groupe reste prudent mais confiant, dans un environnement géopolitique marqué par des tensions au Moyen-Orient. « Depuis quatre ans, les chocs se répètent et mettent à l’épreuve notre modèle, mais celui-ci tient, estime Cécile Béliot.  Cela s’explique entre autres par le choix que nous avons fait du multi-local, que nous poursuivrons. » En Chine, il vient ainsi de lancer la construction d’une nouvelle usine ; l’automne dernier, il a pris une participation minoritaire dans le leader indonésien du fromage.

Grâce à son modèle, l’an dernier, le groupe a été relativement épargné par les guerres tarifaires entre les États-Unis, la Chine et l’Union européenne qui ont perturbé de nombreux secteurs. « 75 % de ce qui est consommé aux États-Unis est produit sur place », explique la dirigeante.

Le groupe a réussi à accroître son résultat opérationnel courant de 6,7 % en 2025, à 260 millions d’euros. Ce qui fait ressortir une marge stable de 6,8 %. Alors que les acteurs laitiers ont dû faire face l’an dernier à des prix du lait historiquement hauts (au-delà de 500 euros la tonne en 2025, selon l’Association française de la transformation laitière), le groupe a amorti le choc grâce à des gains de productivité, à la hausse soutenue de ses volumes, mais aussi grâce à « notre capacité à passer des hausses de prix maîtrisées », selon Frédéric Médard, le directeur financier du groupe.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2022/07/vqr-en-maturation-perpetuelle-episode-3.html

Le groupe Bel (suite)
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Denv-R (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Denv-R (suite)
Denv-R (suite)

Le data center flottant : la start-up « Denv-R » basée à Nantes, va industrialiser son innovation

https://www.ouest-france.fr/economie/le-data-center-flottant-la-start-up-denv-r-basee-a-nantes-va-industrialiser-son-innovation-b311c23a-f510-11f0-bfca-235f15251990

Publié le 24/01/2026 

 

Implantée à Nantes et soutenue par le groupe « TotalEnergies », la start-up « Denv-R » annonce que son data center flottant, refroidi par la Loire, va être commercialisé.

Bas du formulaire

L’avenir du data center (centre de stockage et de traitement de données) est-il nantais ? La start-up Denv-R va commercialiser son système de cloud flottant écoresponsable. Et reçoit le soutien du mastodonte TotalEnergies pour son industrialisation.

La jeune entreprise estime que son démonstrateur sur la Loire, installé quai Wilson à Nantes, est « un succès technique ». En conséquence, elle officialise la commercialisation de son offre dite pour les initiés de « cloud computing souverain et bas carbone ».

Ce démonstrateur abrite quatre baies informatiques (structures métalliques hébergeant les équipements) avec une puissance évolutive pouvant aller jusqu’à 200 kilowatts. Pour le refroidir,  on ne pompe pas d’eau. On se sert de sa fraîcheur naturelle en utilisant les mouvements du fleuve. Par rapport à un data center classique, on divise la consommation d’énergie par deux », expliquaient dans nos colonnes les deux cofondateurs de Denv-R, Maxime Rozier et Vincent Le Breton

Les futures unités flottantes, qui peuvent être installées au cœur des villes, sur les fleuves ou en zone portuaire, s’appuient sur un système de refroidissement breveté utilisant l’eau environnante. « Cette approche permet de réduire drastiquement la consommation énergétique tout en valorisant le foncier fluvial », décrypte l’entreprise.

Un prêt à taux zéro

La phase de test validée, dans sa désormais stratégie d’industrialisation, l’entreprise bénéficie du soutien de TotalEnergies via un prêt visant à accélérer son déploiement et la création d’emplois locaux. La direction régionale Pays de la Loire de TotalEnergies a accordé à la start-up un prêt à taux zéro (PTZ) de 20 000 €. Ce financement a pour vocation de soutenir l’investissement matériel nécessaire à l’industrialisation.

Bientôt des emplois

« Bénéficier du soutien d’une entreprise comme TotalEnergies ancrée dans notre territoire, avec des opérations en France et à l’étranger, est une marque de confiance qui nous honore. Nous sommes désormais opérationnels pour accueillir les charges de travail d’entreprises cherchant à réduire les émissions carbone liées à leurs outils informatiques et répondre à la demande croissante de puissance de calcul responsable , explique Vincent Le Breton, cofondateur et président de la start-up nantaise.

Au-delà de l’aspect financier, « ce soutien valide la solidité du modèle Denv-R », qui prévoit la création de douze emplois à horizon trois ans pour soutenir le déploiement de ses nouvelles unités.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2025/02/denv-r-que-vogue-les-datas.html

Denv-R (suite)
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La Deeptech (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

La Deeptech (suite)
La Deeptech (suite)

Après les records de 2025, les écosystèmes européen et français de la deeptech doivent se renforcer

https://www.lejournaldesentreprises.com/article/apres-les-records-de-2025-les-ecosystemes-europeen-et-francais-de-la-deeptech-doivent-se-renforcer-2139007?utm_source=20260316%20BRIEF_ALL_PRO%20Le%20brief%20%C3%A9co%20du%20soir%20en%20France%20(20260316_180430)&utm_medium=Newsletters_JDE

Publié le 16 mars 2026

 

Dopées par l’intelligence artificielle, les start-ups de la deeptech française ont levé 4,1 milliards d’euros en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2018. Pour Bpifrance, ces résultats ancrent le secteur dans l’économie, partout en France. Mais pour faire face à la concurrence, l’écosystème français et européen va devoir se renforcer.

Avec 4,1 milliards d’euros de fonds levés et 410 start-ups créées en 2025, la deeptech française, dont les projets reposent sur des avancées scientifiques ou technologiques de rupture, se renforce. Si les levées de fonds sont en forte hausse par rapport à 2024 (2,8 Md€), elles sont en revanche au même niveau (élevé) que 2023 (4,1 Md€).

"Le 3e écosystème deeptech mondial en montants levés"

Dans son bilan annuel du plan Deeptech, Bpifrance relève que la France est en bonne position. Paris est "désormais le 3e écosystème deeptech mondial en montants levés" et la France est le 2e acteur du continent européen, derrière le Royaume-Uni.

Des résultats portés par l’IA

Derrière ces chiffres record, portés par l’intelligence artificielle, de gros investissements ont été réalisés notamment dans Mistral AI (1,7 Md€). 72 % des fonds levés concernent des technologique stratégiques comme le spatial, la défense, l’intelligence artificielle, le cloud, la cybersécurité et les semi-conducteurs. Parmi les entreprises de ce domaine, Bpifrance cite Loft Orbital (dans le spatial), Alice & Bob (le quantique) ou encore le secteur de la santé avec Adcytherix, Nabla ou Wandercraft.

Un secteur de plus en plus présent dans l’économie française

Avec plus de 2 800 start-up actives, générant 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et représentant 50 000 emplois directs, la deeptech "s’intègre concrètement dans le tissu socio-économique français", selon la banque publique d’investissement. 2 000 sites industriels sont par ailleurs exploités par ces entreprises qui sont à 47 % composées de start-ups industrielles.

Hors Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes est la région qui rassemble le plus de start-up de la deeptech.

De grands groupes investissent

Pour Bpifrance, "le signal le plus structurant de l’année est le développement de l’activité de grands groupes technologiques européens dans la deeptech". Comme Dassault Aviation qui a pris des participations dans Harmattan AI ou encore Renault dans Wandercraft.

Un écosystème européen à renforcer

Malgré ces bons résultats, l’écart se creuse entre l’Europe et son voisin américain. Le Vieux continent a engrangé 21,6 milliards d’euros de levées de fonds dans la deeptech, contre 137 milliards d’euros aux États-Unis. L’Europe se place quand même devant la Chine qui a levé 16,2 milliards d’euros dans le domaine.

30 milliards d’euros nécessaires d’ici 2 030 pour l’écosystème français

Pour Bpifrance, le continent dispose pourtant de leviers pour se renforcer sur ce marché comme les rapprochements entre industrie et start-up en généralisant les prises de participation stratégiques et en activant la commande publique et privée. Bpifrance appelle aussi à mobiliser davantage les capitaux privés. Ce point sera en effet une nécessité alors que l’écosystème français aura besoin de 30 milliards d’euros pour se développer d’ici 2030.


http://competitiviteinfrance.overblog.com/2017/06/les-deep-tech-innovations-de-rupture-ou-disruptives.html

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