complement d'information
VivaTech 2025 : Le compte-rendu
L’IA trace les nouvelles frontières de l’innovation : Que retenir de VivaTech 2025 ?
Le 20 juin 2025
Présent dans les allées de VivaTech la semaine passée, notre chroniqueur Stéphane Gervais nous livre son regard de spécialiste de l’innovation habitué aux évènements mondiaux consacrés au sujet. Il nous partage ce qui l’a le plus marqué sur le salon.
L’édition 2025 de VivaTech s’est imposée comme un moment charnière, à la croisée des ambitions technologiques, géopolitiques et économiques. Plus que jamais, l’intelligence artificielle s’y est affirmée non seulement comme booster de la transformation numérique mondiale, mais aussi comme un catalyseur de réinvention pour les entreprises, les institutions et les territoires. Un temps fort de cette édition qui illustre bien ? L’annonce conjointe de Jensen Huang (NVIDIA), Arthur Mensch (Mistral AI) et Emmanuel Macron : la création d’une infrastructure européenne souveraine d’IA, combinant la puissance de calcul de NVIDIA et les modèles d’IA de Mistral AI, hébergée en France. Emmanuel Macron a salué une « démonstration de souveraineté technologique et de coopération transatlantique réussie ».
Jensen Huang à Paris : la révolution industrielle selon NVIDIA
Lors de la keynote GTC Paris, Jensen Huang a présenté sa vision d’une nouvelle révolution industrielle propulsée par l’IA et les centres de calcul haute performance. De l’architecture Blackwell à la création du premier cloud industriel d’IA européen, NVIDIA a redéfini l’IA comme une infrastructure critique à l’échelle des États et des industries. « Nous construisons des usines à IA – ce sont les nouveaux centres de génération de revenus. » Le générateur de revenus rentables reste encore à démontrer mais c’est la promesse.
L’IA en action, partout et pour tous
VivaTech a confirmé l’irruption de l’IA dans tous les secteurs : santé (Bodyo, Reveal AI), sécurité (Filigran, Helsing), logistique (Prewave, Exotec), mobilité (Moduly, Volta Trucks), création numérique (Kittl, Kinetix). L’ère des usages est ouverte. Pays invité d’honneur, le Canada a brillé par sa capacité à conjuguer excellence scientifique et IA responsable. Plus de 150 entreprises étaient présentes, issues des écosystèmes de Montréal, Toronto et Vancouver, illustrant une IA ouverte, collaborative et éthique. Parmi les acteurs les plus remarqués : le Mila bien sûr (recherche en IA responsable), BrainBox AI (efficacité énergétique), Airudi (RH augmentées), Moduly (stockage d’énergie intelligent) et BlueDot (santé publique préventive), Videns et Ivado Labs (mise en œuvre de l’IA) Des collaborations concrètes ont été annoncées avec des institutions européennes comme le CEA, Gaia-X ou l’Inria, autour de la souveraineté des données, de la certification IA et de la coopération scientifique. Cette forte présence ouvre la voie à des partenariats stratégiques transatlantiques dans les domaines de la santé, cybersécurité, mobilité et IA embarquée.
L’Europe accélère son autonomie technologique
Le classement des Top 100 Rising European Startups a mis en évidence une génération AI-native européenne prête à rivaliser avec les géants mondiaux. Mistral, Synthesia, Aily Labs ou Smartness symbolisent une ambition continentale de reconquête technologique. Cette édition 2025 a aussi marqué un tournant par la forte présence d’enjeux géopolitiques dans les stratégies IA. La concentration des annonces sur le sol européen – qu’il s’agisse de capacités de calcul souveraines, de centres de données localisés, ou de modèles entraînés en Europe – montre une volonté claire de se prémunir contre les dépendances vis-à-vis des infrastructures américaines ou chinoises. La présence du président Macron et son discours sur une « souveraineté numérique stratégique », conjuguée aux choix de NVIDIA d’installer en Europe une partie de sa puissance de calcul industrielle, traduisent un début de rééquilibrage. L’IA n’est plus seulement une affaire de R&D ou de cloud : elle devient un levier d’influence, de stabilité et de résilience économique.
L’énergie : le carburant invisible de l’intelligence artificielle
Derrière chaque modèle d’IA, il y a des millions de calculs… et des mégawatts. À l’heure où l’IA devient l’infrastructure critique des économies numériques, la question énergétique s’impose comme un enjeu stratégique de premier plan. Former un modèle comme GPT, entraîner des jumeaux numériques ou faire tourner des IA génératives 24h/24 : ces opérations nécessitent des infrastructures énergivores. Par exemple, le GB200 de NVIDIA (avec 72 GPUS) consomme à lui seul 120 kW. D’ici 2030, les datacenters d’IA pourraient absorber plus de 10 % de la consommation électrique des pays industrialisés. Comment soutenir cette croissance sans épuiser nos ressources ? Si l’on évoque souvent l’optimisation logicielle, les architectures plus sobres ou les énergies renouvelables, cela ne suffira pas. Il faudra un saut technologique massif. C’est là qu’intervient un espoir : la fusion nucléaire. Le projet ITER, en construction à Cadarache et présenté à Vivatech, pourrait d’ici 2035 démontrer la faisabilité d’un nouveau modèle énergétique. Son objectif : atteindre un rendement de 1 à 10, c’est-à-dire produire 500MW d’énergie à partir de 50 MW injectés dans le plasma. Un rendement inégalé, qui ferait de la fusion la source idéale pour soutenir la prochaine révolution industrielle, numérique et climatique. Un horizon encore trop lointain (premiers essais en 2035), mais décisif. Car sans énergie abondante et propre, l’intelligence artificielle ne pourra ni tenir ses promesses, ni respecter ses limites.
L’heure des choix décisifs
VivaTech 2025 n’a pas seulement reflété une accélération technologique : il a acté un changement de paradigme. L’IA sort du laboratoire, s’installe dans les usages, et redessine les rapports de force économiques et géopolitiques. Les écosystèmes français, européens et canadiens ne se contentent plus de suivre — ils revendiquent leur place dans la construction de l’IA mondiale. Mais cette ambition impose des choix. Nous entrons dans une décennie où il faudra arbitrer entre performance et responsabilité, vitesse et souveraineté, automatisation et inclusion. Ce n’est plus une question de savoir si l’IA va transformer nos sociétés, mais de quelle IA nous voulons – et pour qui. Le défi n’est plus vraiment technique. Il est politique, stratégique, culturel. Et il ne fait que commencer.
Le Bourget 2025 : Ouverture des portes ce jour
Le Bourget 2025 : que faut-il attendre de la 55e édition du salon aéronautique ?
Le 18 mai 2025
Sur fond d’économie de guerre, de décarbonation des avions civils et de révolution dans le spatial, la 55e édition du salon aéronautique du Bourget, du 16 au 22 juin 2025, pointe à l’horizon. De quoi attirer en masse les professionnels et le grand public. Infos pratiques, acteurs à ne pas rater, principaux enjeux, programme… Un mois avant l’échéance, voici de quoi préparer votre venue.
Si nombre de salons internationaux ont perdu de leur superbe, en particulier dans le monde automobile, il en est un qui reste indiscutablement au centre du jeu : le salon de l’aéronautique et de l’espace Paris-Le Bourget. Alors que se profile sa 55e édition, du 16 au 22 juin 2025, cet événement promet de rassembler, cette année encore, quelque 300 000 visiteurs, entre les professionnels venus faire des affaires et le grand public, qui ne boude pas son plaisir lors des innombrables démonstrations en vol ponctuant les déambulations sur le tarmac. D’autant que le secteur se situe aujourd’hui à un moment charnière, dans la défense, le civil et le spatial.
Comme à chaque édition de ce salon, organisé tous les deux ans, les quatre premiers jours sont réservés aux professionnels. Sont ensuite accueillis, du vendredi au dimanche, les scolaires et le grand public. Un conseil pour tous ? S’équiper de bonnes chaussures et penser à s’hydrater. Une visite au Bourget tient du marathon : le salon s’étend sur 70 hectares, répartis entre des halls d’exposition, un tarmac, où se montrent quelque 150 aéronefs sur le "statique", et des chalets d’affaires, attenants à la piste de l’aéroport, d’où sont assurées les démonstrations en vol. En 2023, le salon avait accueilli 2500 exposants et 300 start-up. Cette année encore le Paris Air Lab vaudra le détour : c'est l'espace où s’exposent les projets ultra innovants, tout comme le Paris Space Hub, un espace inédit dédié au secteur spatial.
La défense au centre du jeu
Si les organisateurs du salon du Bourget ont prévu de fournir tous les détails de cette nouvelle édition le 5 juin prochain, nul doute que l’événement marquera l’année industrielle. D’abord parce qu’il doit servir à confirmer pour les acteurs de l’aéronautique l’engouement populaire qui avait caractérisé la précédente édition (première post-Covid après l'annulation de 2021). Si le secteur n’échappe pas à la critique sur son empreinte environnementale - il représente environ 2,5% des émissions mondiales de CO2 d'après l'Agence internationale de l'énergie - force est de constater que le grand public était venu en aussi grand nombre en 2023 qu’en 2019. Cette année, l’affluence aura de nouveau valeur de test quant à l’attractivité d’un secteur qui recrute à tour de bras (25000 embauches en 2025). Un "Avion des métiers" présentera de nouveau les besoins du secteur en matière de ressources humaines.
Surtout, cette nouvelle édition s’inscrit dans un contexte géopolitique particulier, sur fond de conflit en Ukraine, d’économie de guerre et de sursaut européen en matière de souveraineté du secteur de la défense. Les principaux poids lourds de l’armement seront en effet présents : Airbus Defence and Space, le britannique BAE Systems, le groupe franco-allemand KNDS, l’italien Leonardo, les français Dassault Aviation, Safran, Thales… Des nouveaux venus seront aussi de la partie, telle que la société de fabrication de drones franco-allemande Helsing ou bien encore le nouvel acteur américain qui monte, Anduril, qui souhaite bouleverser l’aviation de combat avec en mettant l’intelligence artificielle aux commandes.
Le spatial en pleine recomposition
Nul doute que l’événement sera l’occasion de faire le point sur les grands programmes aéronautiques militaires en cours menés en coopération à l’échelle européenne. En premier lieu le système de combat aérien du futur (SCAF), successeur du Rafale qui doit entrer en service vers 2040. Lors de l’édition précédente, Dassault Aviation, chef de file des industriels du programme avec Airbus, avait présenté une impressionnante maquette de l'appareil de combat à l’échelle 1. Avec une interrogation en suspens : les Etats participants – la France, l’Allemagne et l’Espagne – annonceront-ils des contrats pour enclencher l’étape de construction d’un démonstrateur ? C’est ce qu’attendent les industriels concernés.
Le tumultueux secteur spatial, marqué par le dynamisme des acteurs du new space qui chamboulent depuis plusieurs années les modèles économiques des acteurs établis, ne devra pas être oublié. Le salon pourrait être l’occasion pour les acteurs européens de faire un point de leurs discussions, entamées depuis plusieurs mois, en vue d’un rapprochement de leurs activités de satellites de télécommunications qui connaissent de sérieuses difficultés. Airbus, Thales et Leonardo vont-ils sortir du bois et annoncer un possible rapprochement dans ce domaine ? ArianeGoup, qui sera également présent, pourrait pour sa part communiquer sur le calendrier des tirs du second semestre d’Ariane 6.
L'immanquable bataille des commandes
Enfin, côté civil, le salon sera sans le moindre doute marqué par l’éternel bras de fer commercial entre Airbus et Boeing. La guerre des commandes fera rage, l’événement restant un moment hautement symbolique de cette rivalité. En 2023, l’avionneur européen avait plié le match, avec plus de 800 commandes et options d’achats, contre moins de 300 pour son concurrent américain. Les deux premiers jours de cette nouvelle édition seront ponctués par les annonces des deux grands géants. Et comme à chaque édition, le nom de celui qui raflera la mise est déjà connu : CFM International, la société commune entre le français Safran et l’américain GE Aerospace, qui fournit le moteur Leap, équipant tous les 737 MAX et 60% des Airbus A320neo.
Outre les deux géants, seront aussi présents des challengers, comme le chinois Comac – même si le C919 ne sera pas présent – , le brésilien Embraer et le canadien Bombardier. Au-delà des commandes, il faut s’attendre à des annonces liées à la décarbonation des aéronefs (démonstrateurs, partenariats…), un enjeu qui a vraiment pris de l’ampleur depuis l’édition 2019 du Bourget. Et qui n’est pas l’apanage des seuls grands industriels, loin s’en faut. Dans les halls d’exposition comme sur le «statique», les petits aéronefs bas carbone seront légion. En 2023, ces acteurs – VoltAero, Beyond Aero, Ascendance, Aura Aero… – avaient retenu l’attention. Ils ne manqueront pas de faire connaître l’état d’avancement de leurs projets. Les start-up des e-VTOLS (aussi appelés taxis volants) seront aussi de la fête, comme le chinois Ehang.
Olivier James, avec Hassan Meddah
http://competitiviteinfrance.overblog.com/le-dossier-du-mois-le-salon-du-bourget
Connaissez-vous les "Meufs de l'Industrie " ?
Les Meufs de l’Industrie : ce média qui veut dépoussiérer et féminiser la filière industrielle
Le 09 avril 2025
Avec pour slogan « Le média qui va vous faire aimer l’industrie » et des contenus vidéos percutants, Les Meufs de l’Industrie (LMDI) insuffle un vent de fraîcheur dans un secteur souvent perçu comme traditionnel et masculin. Créé il y a trois ans, le média s’efforce de montrer (au grand jour) les femmes qui travaillent dans la filière industrielle. Mais aussi d’attirer les nouvelles générations vers un secteur qui peine à les recruter. Big média a rencontré deux de ses cofondateurs, Marion Garcia et Nicolas Maury.
LMDI. Derrière ces initiales (pour Les Meufs De l’Industrie), se cache une équipe de jeunes entrepreneurs passionnés par l’industrie et bien déterminés à « vous la faire aimer ». Marion Garcia, 25 ans, Nicolas Maury, 36 ans et Elena Jérôme, 28 ans, ont cofondé il y a trois ans, un média au nom évocateur : Les Meufs de l’Industrie. A l’époque, tous les trois travaillent au sein de Safehear, une startup industrielle basée à Lyon qui conçoit des technologies de protection auditives, et co-dirigée par Elena Jérôme. « Un jour, en revenant d’un rendez-vous, elle vient nous voir, étonnée, et nous dit : ‘je ne comprends pas, je suis toujours la seule femme dans l’atelier. Mais, elles sont où les meufs ?’ raconte Nicolas Maury, ancien ingénieur dans l’aérospatial. En plaisantant, on s’est dit, ‘on va montrer où elles sont’ ».
Donner la parole aux entrepreneures inspirantes
Très vite, la page LinkedIn Les Meufs de l’Industrie, voit le jour. Puis, plus tard, le compte Instagram. Sur ces réseaux sociaux, les entrepreneurs s’attellent à mettre en avant les parcours de femmes inspirantes qui évoluent dans le secteur industriel. Car, même si celles-ci sont peu représentées - la filière en compte actuellement moins de 30 % - il y en a bel et bien. A travers des contenus vidéos courts, scénarisés et au ton percutant, le média aspire également à mieux valoriser les entrepreneures industrielles, à leur donner la parole. Sans pour autant « mettre des paillettes là où il n’y en a pas », exprime Manon Garcia. Selon la présidente de LMDI, beaucoup de femmes « arrivent dans l’industrie un peu par hasard », cela a d’ailleurs été son cas. Après des études en communication et en audiovisuel, elle met un pied dans le monde industriel par le biais d’une alternance chez Safehear. Aujourd’hui, c’est elle qui dirige toute la partie opérationnelle du média Les Meufs de l’Industrie ainsi que de l’agence de communication du même nom, née il y a tout juste un an. « Quand on a commencé à aller interviewer des femmes au sein des entreprises qui nous sollicitent, c’est là que j’ai découvert un important panel de métiers de l’industrie, explique la jeune femme. Tous ces discours clichés sur l’industrie, qui serait un milieu sale, bruyant, réservé aux hommes est complètement dépassé. Une femme a tout autant sa place qu’un homme dans cette filière. C’est cette réalité-là que nous laissons transparaître dans nos vidéos. »
Avec au total, une quarantaine de dirigeantes industrielles interviewées depuis le début de leur activité (en dehors des événements industriels qu’il couvre) et notamment celles œuvrant dans les usines, LMDI ambitionne aussi de créer des modèles d’inspiration pour les jeunes filles. « Cela est très important. Généralement, si on demande de citer le nom de grands patrons, on pense à des Bill Gates, des Steve Jobs. Et pour les femmes ? », insiste Nicolas Maury. Avec Marion, on se dit souvent que si, en faisant le portrait de femmes dans l’industrie, on arrive à faire en sorte qu’une jeune se reconnaisse en l’une d’elles, et se dise, c’est chouette, j’ai envie de faire ça, alors on aura tout gagné », poursuit-il.
Les Meufs de l’Industrie : un média « passerelle entre les entreprises et les jeunes »
Renault, Bpifrance, La French Fab, Siemens… Aujourd’hui, LMDI, qui se définit comme un média à impact réalise des solutions digitales sur-mesure pour les différentes entreprises avec lesquelles il collabore. Le plus souvent, des PME et ETI industrielles. « 80 % de leurs attentes et besoins sont liés à des sujets en lien avec l’attractivité », précise Nicolas Maury. L’approche des Meufs de l’Industrie consiste à répondre à une problématique ou à un enjeu auquel font face ces entreprises. Le but étant de les accompagner dans leur volonté de « démystifier » la filière industrielle, qui souffre d’une « mauvaise réputation dans la tête du grand public », explique Marion Garcia. Voilà pourquoi, la plupart d’entre elles souhaite travailler davantage sur « l’aspect image de marque de l’employeur ». Ce qui implique de définir une cible, de trouver une audience. Pour les industriels, il s’agit des jeunes, ces futurs talents de demain. « L’industrie manque de personnel, elle a besoin de techniciens, de responsables de production, d’ingénieurs. Il y a des métiers en tension dans tous les secteurs et à tous niveaux d’études », continue l’entrepreneure. Aujourd’hui, la première urgence des dirigeants d’industrie est donc de recruter afin de ne pas « avoir des postes vacants pendant des semaines, des mois, voire des années ».
Là où Les Meufs de l’Industrie se démarque avec brio, c’est dans leur capacité à capter le bon public grâce à leurs vidéos et à utiliser des codes entrant en résonance avec ce que pensent les jeunes générations. « Nous sommes jeunes et nous connaissons les codes qui parlent aux jeunes. Ce n’est pas toujours le cas des industriels. Nous faisons la passerelle entre les entreprises et les jeunes dans le but de créer un point de rencontre, sinon les deux univers restent séparés et il ne se passe rien », avance encore Marion Garcia. Une approche qui a du sens et qui plaît. « En mettant le meilleur des deux mondes, nous composons de très jolies histoires comme avec Renault, qui nous fait confiance depuis le début », commente Nicolas Maury. Avec le groupe automobile, le média a composé une série de vidéos mettant en lumière des profils féminins mais aussi des savoir-faire. Une autre thématique sur laquelle LMDI planche. « Outre le fait de montrer des talents, il y a aussi des entreprises qui nous disent : « nous, on sait faire ça en France ! », confie l’ingénieur.
« Dans l’industrie, il y a tellement de métiers »
Comment attirer les jeunes dans l’industrie et casser les stéréotypes ? Quels sont les premiers mots qui leur viennent à l’esprit lorsqu’ils pensent à la filière ? Quels sont les métiers qui montent dans l’industrie ? Pour le collectif La French Fab créé en 2017 dans le but de donner un nouvel élan à l’industrie française, LMDI a couvert plusieurs salons industriels et événements. Le média a pu apporter grâce à ses vidéos et son expertise, une plus-value sur le vaste sujet qu’est l’industrie.
L’équipe composée actuellement de cinq personnes, travaille aussi sur du contenu Endutainment (mélange des mots éducation et divertissement) dans l’objectif de donner aux jeunes qu’ils croisent et interviewent, des clés pour appréhender le marché de la formation et leur permettre de se poser les bonnes questions sur leur avenir professionnel. « Les jeunes peuvent se projeter dans des métiers comme boulanger, fleuriste, pompier. A LMDI, on aimerait que ce soit la même chose pour les métiers d’ingénieurs, de techniciens. Il faut qu’il y ait un renversement. Faire un bac pro, ce n’est pas une tare, bien au contraire », s’exclame Marion Garcia. Et d’ajouter : « L’industrie, c’est aussi de super parcours, il y a du boulot et des salaires qui vont avec ». Même son de cloche du côté de celui qui, par le passé, est entré dans l’industrie aéronautique très rapidement. « Il y a tous les métiers dans l’industrie. Ça va de l’opérateur, au commercial en passant par la robotique. On parle de réindustrialisation, de plans de relance, de France 2030. Mais, aujourd’hui, l’enjeu est aussi de « garder les cerveaux ». Le discours actuel sur l’industrie doit insister sur le côté épanouissant de certains métiers, préconise Nicolas Maury. A ses yeux, « l’industrie, c’est également hyper intéressant en termes de développement de compétences et même en termes d’intellect. »
A quoi ressemblera Les Meufs de l’Industrie, dans un avenir proche ? Le média qui compte plus de 1 500 abonnés sur son compte Instagram, et plus de 10 200 sur LinkedIn a « de jolies et grandes ambitions ». Très suivi, il a su développer sa propre expertise en matière de solutions digitales et commence d’ores et déjà à proposer ses services dans l’accompagnement d’entreprises. Le média est aussi sollicité par des écoles d’ingénieurs, des institutions lors de journées portes ouvertes et collabore avec des entités de l’écosystème industriel. L’équipe a notamment pour ambition de « faire grossir » encore plus leur agence et de se focaliser sur des sujets axés communication, entreprises et jeunes tout en développant de nouvelles activités. Toutefois, LMDI ne souhaite pas non plus « se perdre » et souhaite garder ce qui constitue leur singularité, leur patte, c’est-à-dire, la création de contenus en lien avec l’industrie, les écritures de formats. En somme, tout ce pour quoi les gens aiment Les Meufs de l’Industrie ». Après tout, aux dires de Nicolas Maury, depuis la création de ce média, « on s’éclate avec les filles ».
Si on vous dit industrie, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?
Big média a soumis Les Meufs de l’Industrie à LA question fatidique, très souvent posée aux jeunes lors d’événements. Définir l’industrie en trois mots… Pas facile…
Marion Garcia : « Ça fait un peu cliché mais je dirais d’abord, MAGIQUE. AVENIR, parce que sans industrie, nous n’aurions pas grand-chose et QUOTIDIEN car je répète tous les jours que l’industrie, c’est tous les objets du quotidien »
Nicolas Maury : « L’industrie, c’est l’OMNIPRESENCE. Je dirais ensuite SAVOIR-FAIRE car en France, on sait faire des choses incroyables, que ce soit dans la mécanique, l’aéronautique, la verrerie… Et enfin, PASSION. Petit, je voulais fabriquer des machines, et aujourd’hui ça reste quelque chose qui me passionne. »
Waga Energy (suite)
Waga Energy consolide ses positions
Le 11 février 2025
Avec plusieurs contrats d’envergure annoncés en 2024 et 2025, le producteur de biométhane à partir des déchets confirme sa trajectoire : porter son chiffre d’affaires à 200 M€ d’ici fin 2026.
Fondée en 2015, Waga Energy célèbre beaucoup plus que ses 10 ans en 2025 ! Avec 30 sites en exploitation en France, en Espagne, aux États-Unis et au Canada, l’entreprise fait la démonstration qu’il est possible de produire du biométhane à prix compétitif, en valorisant le gaz issu des sites de stockage des déchets grâce à sa technologie brevetée, la Wagabox®. Le gaz vert ainsi obtenu, exploité et géré par l’entreprise, est ensuite injecté dans les réseaux de distribution du gaz, en substitution du gaz naturel fossile.
En début d’année 2025, les installations de Waga Energy représentent une capacité de 1,4 TWh/an, soit l’équivalent de la consommation de 230 000 foyers français. Parmi les marqueurs forts de 2024 et 2025, la société d’Eybens confirme sa percée aux États-Unis, avec trois importants contrats dernièrement en Californie. Elle dispose de 12 machines en construction aux USA (sur 18 au total), qui entreront en fonctionnement d’ici 2027, pour des capacités très supérieures aux installations européennes. En Europe, un premier contrat a été signé en Italie, après l’Espagne et la France. La société cotée sur Euronext Paris (CA 2024 : 55,7 M€, plus 67 % par rapport à 2023) est présente, via ses filiales, au Royaume-Uni, et depuis février dernier, au Brésil. Pour répondre à l’augmentation du volume de commandes, Waga Energy prévoit de doubler l’effectif aux Etats-Unis de ses équipes dédiées aux projets de construction et maintenance des unités Wagabox® en 2025. La société emploie actuellement 250 personnes, dont 150 en Isère. La construction d’un bâtiment annexe au siège a démarré à Eybens, pour assurer la production des modules de distillation cryogénique, tous fabriqués en France.
Waga Energy ouvre une unité de biométhane au Canada
C'est un projet qui germait depuis plusieurs années : le site de stockage de déchets Une Wagabox conçue pour produire jusqu’à 100 gigawatt-heure (GWh) de biométhane par an, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la région de la capitale de près de 475 000 tonnes de dioxyde de carbone au cours des 25 prochaines années, soit l’équivalent des émissions de 105 000 foyers canadiens pendant la durée de vie de l’installation.
Waga Energy, basée à Eybens et solidement implantée à l'international, exploitera et entretiendra l’installation pour le compte du district de Vancouver pendant 25 ans.
« Ce projet représente une étape importante dans la lutte contre le changement climatique et pour faire progresser la transition énergétique. Nous sommes ravis d’y participer en fournissant une technologie de pointe et à bas carbone, au service de la population locale », s'est exprimé Julie Flynn, directrice générale de Waga Energy Canada.
Qu'est-ce qu'une SCOP déjà ? : Rappel(s)
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Duralex : La renaissance d’un géant du verre à travers la SCOP
Duralex, marque emblématique du verre trempé, célèbre pour ses verres incassables, a marqué des générations depuis les années 1950. Après une série de difficultés financières, l’entreprise a été reprise en Société coopérative de production (SCOP), offrant un nouveau souffle à ses 228 salariés et à son avenir.
En bref
Après avoir été placée en redressement judiciaire en avril 2024, Duralex a été reprise en juillet sous forme de SCOP (Société coopérative de production), permettant de sauver 228 emplois. Le modèle SCOP, qui repose sur la gestion par les salariés eux-mêmes, offre une plus grande implication des équipes dans la gestion quotidienne, tout en limitant les frais de structure. Ce modèle, bien que vertueux, pose cependant des défis en matière de financement, nécessitant un soutien accru des collectivités et des partenaires financiers. Duralex, désormais libérée de ses anciens actionnaires, vise à restaurer sa santé financière et à accroître son chiffre d'affaires de 30 % d'ici 2026.
Ce qu’il faut retenir
• Maintien des emplois : 228 salariés conservent leur poste.
• Relance en 2024 : Reprise en main après des années d’instabilité financière, notamment avec des soutiens publics (5,8 millions d’euros).
• Objectif de croissance : Augmentation du chiffre d'affaires de 30 % sur 5 ans, pour atteindre 40 millions d'euros.
• Exportation cruciale : 80 % des ventes réalisées à l'international.
Décryptage et Analyse
Duralex a mis en place un ensemble de mesures concrètes pour sortir du rouge et capitaliser sur son potentiel historique tout en s'adaptant aux nouvelles attentes du marché. Voici un décryptage de ces actions stratégiques :
Optimisation de la distribution : L’un des points critiques identifiés par la nouvelle direction est le manque de visibilité de Duralex dans les grandes surfaces. Pour pallier cela, la SCOP a déjà repris contact avec la moitié de ses distributeurs en France, avec pour objectif de repositionner ses produits dans les rayons. Un exemple concret est la création d'un pack en édition limitée « Allons enfants de la cantine », en collaboration avec Le Slip Français, visant à reconnecter avec le public français et à augmenter la notoriété de la marque dans les points de vente.
Expansion du canal digital : Le digital est un levier encore peu exploité par Duralex. En réponse, l’entreprise a recruté une équipe marketing dédiée pour booster les ventes en ligne. En seulement un jour, 1 200 packs de la nouvelle collection ont été vendus via le site web de Le Slip Français, démontrant le potentiel du e-commerce pour la marque.
Internationalisation renforcée : Duralex prévoit de se renforcer sur les marchés internationaux, qui représentent 80 % de ses ventes. Un effort particulier est fait sur le marché américain, où la marque avait perdu en visibilité. La constitution d'une nouvelle équipe commerciale internationale permet à Duralex d’attaquer des marchés où elle est sous-représentée, tout en capitalisant sur sa réputation de qualité et de durabilité.
Innovation produit et développement durable : Duralex s’appuie sur son patrimoine, mais innove aussi pour répondre aux nouvelles tendances de consommation. Outre des nouvelles gammes de verres colorés et des solutions de conservation, la SCOP met en avant ses efforts en matière de RSE. Le succès de Duralex dans les années 1950 s’est construit sur les cantines scolaires. Aujourd’hui, la SCOP veut y revenir en misant sur la durabilité de ses produits et sur des arguments environnementaux convaincants. Le bilan carbone de ses verres est désormais mis en avant dans les appels d’offres publics, un atout clé dans un contexte où la commande publique tend à privilégier des produits locaux et respectueux de l’environnement.
Opportunité business
Pour les acteurs du foodservice, Duralex représente un partenaire de choix. Avec des produits solides, durables et à faible empreinte carbone, la marque s’aligne parfaitement avec les tendances de consommation actuelle, notamment dans le secteur de la restauration collective. La SCOP vise à renforcer sa présence dans l’hôtellerie-restauration, secteur jusqu’ici insuffisamment exploité, avec des produits adaptés aux professionnels soucieux de leur impact environnemental.
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2024/05/duralex-vraiment-incassable.html
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/04/scop-ti-resilience-apaisante.html
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