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Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi

Publié le par Jacques SAMELA.

Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi
Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi
Photo Jacques Samela

Photo Jacques Samela

Jacques Samela. Aujourd’hui je vous propose une nouvelle entrevue, une vraie cette fois-ci, avec quelqu’un que je côtoie depuis de nombreuses années, et qui a bénéficié du programme Erasmus, j’ai nommé Chloé. Donc, bonjour Chloé, es-tu prête pour relater de ton expérience ? Au fait, on se tutoie ?

Chloé. Oui bien sûr qu’on se tutoie ! Tout à fait prête, c’est l’une des plus belles périodes de ma vie, donc je me fais un plaisir d’en parler à toi et à tes lecteurs.

JS. Eh bien allons-y. En préparant ce face à face, j’ai découvert que tu étais née l’année de la création du programme Erasmus, est-ce vrai ? Je rappelle que c’était en 1987.

Chloé. Tout à fait, moi qui pensais que le programme était né au moment de la sortie du film l’Auberge Espagnole… Je n’ai appris que récemment que ce programme européen n’était pas si jeune que ça, et même qu’une cousine en avait bénéficié à ses débuts.

JS. Super, et peux-tu justement nous expliquer ton parcours, t’amenant justement à bénéficier de ce programme européen ?

Chloé. Les langues étrangères m’ont toujours intéressées pendant ma scolarité, c’est donc tout naturellement que je me suis orientée vers des études linguistiques. Mais comme je ne voulais pas spécialement devenir professeur (ce que réservait la filière LLCE - Langue et Littérature des Civilisations Etrangères), je me suis donc  tournée vers la partie commerciale de cette formation à l’Université de Saint-Etienne, soit la filière L.E.A. (Langues Etrangères Appliquées au commerce international). Cette formation me permettait de conserver 2 langues « fortes », qui ont été pour moi l’anglais et l’italien. Nous suivions des cours d’économie, de négociation internationale ou encore d’interprétariat et traduction, certains cours étant en langue anglaise ou italienne.

 

Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi

JS. Et donc après ton bac, et le début de tes études supérieures, tu as souhaité approfondir ton expérience en adhérant à ce programme ? Peux-tu nous expliquer comment tu t’y es prise, et où es- tu allée surtout ?

Chloé. C’est au cours de ma première année que j’ai fait la rencontre de ce qu’on appelait les « étudiants Erasmus », et notamment quatre étudiants stambouliotes et un italien qui suivaient certains cours avec moi. De projets scolaires en fêtes étudiantes, nous nous sommes liés d’amitié et l’été suivant leur séjour, je suis allée leur rendre visite à Istanbul. C’est à ce moment-là qu’est né le goût du voyage.

Dès que j’en ai eu l’opportunité (en 3ème année d’université), j’ai donc fait les démarches administratives pour bénéficier du programme Erasmus, un vrai parcours du combattant pour une étudiante de 20 ans pas vraiment habituée à la paperasserie jusque-là.

Comme j’avais la chance d’étudier 2 langues, l’Université me proposait donc de scinder mon année Erasmus en 2 périodes, c’est ainsi que je me suis retrouvé pendant un semestre en Ecosse, près de Glasgow et un semestre à Salerne, une ville italienne de la Campanie (près de Naples) qui était une toute nouvelle destination proposée par l’Université de Saint-Etienne.

Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi
Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi

JS. Pourquoi ces choix ?

Chloé. Erasmus fonctionne un peu comme des jumelages entre villes. Plus l’Université et la ville d’origine sont prestigieuses, plus les destinations le sont. Saint-Etienne étant une ville de taille moyenne avec somme toute une université de qualité, les choix étaient quand même restreints.

Je ne pense pas que j’aurai choisi l’Ecosse pour parfaire mon anglais par exemple, l’accent y est terriblement fort et contraignant, mais comme c’était une des seules destinations anglophones disponibles pour moi. Je n’ai donc pas reculé et j’ai découvert une culture et des personnalités qu’une ville comme Londres ne m’aurait pas offerte.

L’Italie du Sud pour moi par-contre, c’est une véritable histoire d’amour… et comme le second semestre tombait entre février et septembre, autant étudier en bord de mer pour cette période ! Donc j’ai pris la direction de Naples, puis de Salerne, ma destination finale. Le fait d’être dans une ville moyenne était également une opportunité de se fondre plus rapidement à la population locale et de rencontrer des personnes en dehors des autres étudiants Erasmus venus de toute l’Europe : Allemagne, Espagne, Roumanie, Turquie, Portugal, Russie, etc…

JS. Etait-ce vraiment comme dans le fameux film de Cédric Klapisch ?

Chloé. Mon Auberge Espagnole a été véritablement en Italie. Pour la fête et le soleil évidemment mais pas seulement ! Je vivais dans un vieil appartement avec 6 autres personnes : un couple de français (l’un d’origine sicilienne comme moi et l’autre dont la famille était des Pouilles) et 4 espagnols (2 garçons de Madrid qui étudiaient le droit et 2 filles de Séville étudiantes en médecine). Je me souviens que la propriétaire venait prendre l’argent en liquide chaque mois, nous n’avions bien sûr ni bail, ni garantie…

La cuisine était le lieu de vie commun où nous partagions les spécialités culinaires des uns et des autres. C’est là que j’ai appris l’art de la « tortilla de patata ». Sur les meubles, nous avions inscrits quelques mots de vocabulaires dans les trois langues de la maison pour les ustensiles de cuisine : Poêle / Padella / Estufa, ... L’appartement était un vrai lieu d’échange interculturel, spécialités culinaires, musique, danse, traditions, etc… Nous avons vécu au rythme de Saint-Etienne, de la Sicile, des Pouilles, de Madrid et de Séville, sans oublier les amis salernitains, qui apportaient cette touche d’italien qui nous avait tous réunis là. 

A l’école, nous avions enfin l’occasion de rencontrer les étudiants locaux. Les professeurs et étudiants étaient très accueillants et compréhensifs avec nous. Nous étions encouragés, appuyés. Que ce soit en Ecosse ou en Italie, je me suis rapidement rendu compte que les étudiants étaient beaucoup plus encouragés à prendre la parole qu’en France. J’ai par exemple suivi des cours d’économie pendant lesquels le professeur demandait l’avis des étudiants, qui se faisaient un plaisir de répondre, alors que dans ma classe en France une telle question entraînait un silence gênant. Erasmus c’est aussi découvrir comment ça se passe ailleurs, puis cet ailleurs devient un quotidien (il suffit de quelques mois) et on ressort grandi, ouvert et riche de nouveaux points de vue.

JS. Donc effectivement, ce n’est pas seulement un film, mais bien une réalité. Et suite à cette double expérience, manifestement enrichissante, qu’as-tu fait depuis, et as-tu gardé des contacts avec tes anciens colocataires et les autres étudiants rencontrés ?

Chloé. La maîtrise de la langue italienne a vraiment été un atout majeur pour la suite de mon parcours puisque c’est grâce à elle que j’ai trouvé mes différents stages, dont mon stage de fin d’études dans la société pour laquelle je travaille encore aujourd’hui.

Aujourd’hui je vis à Paris, il se trouve que c’est un lieu de passage pour de nombreux anciens camarades Erasmus qui ont comme moi « la bougeotte », et voyagent régulièrement. Ainsi, un ami français rencontré en Italie et vivant en Roumanie me rend visite chaque année sur son trajet pour retrouver sa famille à Noël. Mon ami Cristian, hondurien installé en Italie, a suivi une formation d’œnologie et vient donc régulièrement à Paris. Il me fait même découvrir des vins français ! Enfin, en août j’ai assisté au mariage d’une ancienne camarade Erasmus, où j’ai pu y retrouver une amie espagnole de l’époque, … Malgré le temps, nous parvenons à prendre des nouvelles les uns des autres. Cette expérience nous a soudé plus que nous ne pouvions l’imaginer.

D’ailleurs, les réseaux sociaux aident à garder ce lien. Mon année Erasmus correspond d’ailleurs à l’arrivée de Facebook en France (2007). Je me rappelle exactement le jour où je me suis inscrite dans mon « Auberge Italienne », à Salerno. Je n’imaginais pas à quel point cet outil allait m’aider à entretenir les liens tissés avec toutes les personnes rencontrées pendant mon expérience Erasmus.

JS. Mais par-contre, si ce n’est pas indiscret, pas de mariage Erasmus ? Sachant que justement, et d’après une étude de l’Union Européenne en 2014, près de 30 % d’étudiants de ce programme auraient rencontré leur conjoint ?

Chloé. Non, pas pour le moment en tout cas !

JS. Donc, amis lecteurs, anciens d’Erasmus, il y a manifestement un cœur à prendre. Mais, avant de clôturer cette entrevue, si je comprends bien, au vu de tes réponses, tu conseillerais sans problèmes à tous nos jeunes d’intégrer ce programme, assurés qu’ils en sortiraient grandis, plus ouverts à leurs semblables, jeunes européens, étudiants ou non ?

Chloé. Je conseille évidemment ce programme. Quel que soit le domaine d’étude, Erasmus est synonyme de découverte, d’ouverture et d’apprentissage de l’autonomie. C’est un pas de géant vers l’âge adulte. Montaigne avait raison en affirmant que « les voyages forment la jeunesse », parole d’Erasmus !   

JS. Eh bien c’est donc sur ce manifeste en faveur du programme Erasmus que nous clôturons cette entrevue, qui plus est, accompagnée de la maxime de Montaigne, et de la non moins sympathique Chloé, que je salue chaleureusement pour ce temps passé en ma compagnie, lui souhaitant pour la suite, de réaliser ses rêves et ses désirs d’hier et d’aujourd’hui. Bonne route à toi. Mais après ton café bien sur.

Photo Jacques Samela

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Le rendez-vous de l'Europe : Chloé, mon auberge à moi

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Blade, Criteo, Soitec, Withings (suites)

Publié le par Jacques SAMELA.

Blade, Criteo, Soitec, Withings (suites)
Blade, Criteo, Soitec, Withings (suites)

https://www.frenchweb.fr/a-loccasion-dune-levee-de-fonds-jerome-arnaud-prend-la-direction-de-la-startup-blade/381641

Le 14/10/19

Pendant que les GAFA mobilisent les grands moyens pour s’offrir la plus grosse part du gâteau sur le marché du cloud gaming, la start-up française Blade est également de la partie, avec des moyens plus modestes mais une énergie que n’ont peut-être pas ses concurrents. Pionnière dans ce secteur, la société annonce aujourd’hui un nouveau tour de table de 30 millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques, à l’image de l’homme d’affaires thaïlandais Nick Suppipat, et fait également entrer à son capital Marc Simoncini, Philippe Lazare (ancien PDG d’Ingenico) ou encore Serena via son fonds V13 Invest spécialisé dans le divertissement.

Parmi les investisseurs, on retrouve également l’entreprise alsacienne 2CRSi, spécialisée dans la conception et la fabrication de serveurs informatiques. Dans le cadre de ce tour de table, 2CRSi a pris une participation de 2 millions dans Blade, un investissement réalisé par conversion de créances. A noter que l’entreprise française spécialisée dans le cloud gaming est le principal client de 2CRSi. Or fin septembre, la société alsacienne avait subi un lourd revers boursier après avoir publié des résultats trimestriels décevants, pénalisés par des reports de commandes, notamment de la part de Blade.

Début octobre, Marie de Lauzon, directrice générale de 2CRSi, avait réagi en indiquant à Boursier.com que Blade n’avait «pas renouvelé ses commandes au même niveau que l’an passé, pour des raisons internes», à savoir une levée de fonds, celle annoncée aujourd’hui. Auparavant, Blade avait levé 51 millions d’euros en juin 2017 pour accélérer la production de son ordinateur dématérialisée et développer son offre à l’international.

Jérôme Arnaud, actionnaire historique 

Ce nouveau tour de table s’accompagne d’une réorganisation de la gouvernance de l’entreprise. En effet, Blade a annoncé l’arrivée de Jérôme Arnaud, ancien patron de la marque suédoise Doro spécialisée dans les téléphones destinés aux seniors, au poste de directeur général. Ce dernier est d’ailleurs l’un des investisseurs de la première heure de Blade aux côtés de Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister) et de Michaël Benabou (Vente Privée).

De son côté, Emmanuel Freund ne quitte pas l’entreprise. Il est chargé de définir le cap à suivre par la société en qualité de Chief Strategy Officer. «L’arrivée de Jérôme Arnaud va me permettre de me consacrer davantage à la vision et au futur de l’entreprise», indique-t-il.

70 000 utilisateurs, contre 100 000 attendus avant 2019 

Avec ces 30 millions d’euros supplémentaires, l’accélération s’annonce cette fois encore plus conséquente, d’autant que Blade a signé un partenariat avec OVHcloud pour décupler la puissance des serveurs en ligne permettant le fonctionnement de sa solution «Shadow». Alors que le cloud gaming est en plein essor, l’apport technique de la licorne française est plus que bienvenu pour donner à Blade les armes nécessaires pour gagner du terrain à l’international. A ce jour, OVHcloud, qui ne veut pas vivre le fiasco du cloud souverain, compte 30 data centers dans 12 villes à travers le monde.

Fondée en 2015 par Emmanuel Freund, Acher Criou et Stéphane Héliot, l’entreprise française, qui compte 200 employés à Paris et San Francisco, revendique désormais 70 000 utilisateurs pour son ordinateur dématérialisée hébergé dans le cloud, encore loin des 100 000 attendus avant 2019. Avec Blade, tous les composants de l’ordinateur sont stockés dans un data center. De cette manière, l’utilisateur a accès à un ordinateur n’importe où et sur n’importe quel terminal (smartphone, tablette, TV…), tant qu’il est connecté à Internet. Shadow prend la forme d’une application disponible en ligne ou d’un petit boîtier auquel il est possible de brancher sa souris et son clavier. 

Le cloud gaming, un marché à 2,5 milliards de dollars en 2023

Jusque-là accessible pour une trentaine d’euros par mois, le service sera désormais proposé aux utilisateurs au travers de trois offres d’abonnement différentes, comprises entre 12,99 euros et 39,99 euros, l’offre la plus chère permettant logiquement de profiter d’une expérience plus aboutie avec une meilleure qualité d’image, un processeur plus puissant et une capacité de stockage plus grande. Avec ces nouvelles formules, Blade espère tirer son épingle du jeu sur un marché du cloud gaming qui devrait peser 2,5 milliards de dollars en 2023, contre à peine 387 millions de dollars l’an passé, selon une étude d’IHS Markit.

La bataille dans le secteur est en train de s’intensifier, notamment avec le lancement par Google de la plateforme de jeux vidéo en streaming Stadia le 19 novembre prochain. Celle-ci sera accessible dans 14 pays, dont la France, avec un catalogue d’une trentaine de jeux pour débuter. Dans le même temps, Microsoft s’apprête à lancer sa plateforme de cloud gaming xCloud. Une concurrence qui n’effraie pas outre-mesure Emmanuel Freund, co-fondateur de Blade : «On a été les premiers à montrer que le cloud gaming fonctionne. D’autres acteurs nous ont suivi : à nous de montrer que nous restons pionniers, innovants, à la pointe de la Tech, et fiers de porter les valeurs d’une start-up française dans le monde.» Dans la même veine que Blade, la France peut aussi compter sur le Rennais Blacknut qui développe un service de distribution de jeux vidéo dans le cloud.

Blade : les données clés

Fondateurs : Emmanuel Freund, Acher Criou et Stéphane Héliot
Création : 2015
Siège social : Paris
Secteur : Jeux vidéo
Activité : ordinateur spécialement conçu pour le cloud gaming
Effectifs : 200 collaborateurs

 

. Pour plus d'informations sur Blade, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 10 janvier 2018, intitulé : Blade, de l'ombre à la lumière .

IA : Bruno Le Maire virulent, aux côtés de Criteo

Catherine Moal - le 3 octobre 2019

https://www.alliancy.fr/a-laffiche/intelligence-artificielle/2019/10/03/ia-bruno-le-maire-chez-criteo-ce-matin-de-plus-en-plus-virulent?utm_source=Newsletter10octobreDossierFormation&utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter

Jeudi 3 octobre, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, était présent aux côtés de Jean-Baptiste Rudelle à la journée « IA » organisée chez Criteo pour le premier anniversaire du centre de R&D parisien de la licorne française. L’occasion pour le ministre de repréciser la stratégie du gouvernement en la matière.

 « L’intelligence artificielle (IA) est une question existentielle pour nos nations. Au XXIème siècle, les nations qui pèseront sur la scène internationale seront celles qui maîtriseront l’IA. Les autres seront vassalisées et perdront leur souveraineté ! » Bruno Le Maire n’a pas mâché ses mots chez Criteo ce matin, société créée par Jean-Baptiste Rudelle et qui fête aujourd’hui la première année de son centre de recherche parisien en IA*.

Le gouvernement a annoncé déjà depuis quelques mois une stratégie nationale dans ce domaine. Le ministre a donc rappelé encore l’importance d’investir encore davantage dans cette technologie ; de développer la formation et de bâtir une intelligence artificielle à la française, respectueuse des droits des utilisateurs. Soit prendre une voie différente de celle choisie par les Etats-Unis ou la Chine.

Pour y parvenir, un plan « Intelligence artificielle » est en cours de déploiement d’ici à 2022. D’ailleurs, était inauguré, jeudi 3 octobre, le Paris Artificial Intelligence Research Institute (Prairie), l’un des quatre « 3IA » (Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle) porté par le CNRS, Inria, l’Institut Pasteur, l’Université de Paris, l’Université PSL et des industriels annoncés dans ce cadre. Ce réseau d’instituts dédiés devra constituer un hub de recherche au meilleur niveau mondial en IA et surtout, favoriser les échanges de chercheurs entre les secteurs public et privé, considérés comme largement « insuffisants à ce jour » par le ministre.

L’ensemble du plan Intelligence Artificielle représente sur le quinquennat un effort de près de 1,5 milliard de crédits publics, avec une enveloppe de 650 millions réservée à la recherche et une autre de 800 millions aux premiers projets et défis d’innovation de rupture notamment dans la santé, la cyber-sécurité et la certification des algorithmes. 

« Il y a un avantage à ce fonds, a indiqué Bruno Le Maire. Il n’est pas dans le budget, il est indépendant. Avec cet argent, nous voulons surtout financer des technologies de rupture, c’est-à-dire qui ne sont pas toujours rentables immédiatement. » Et de citer pour exemple l’amélioration des diagnostics médicaux par l’imagerie médicale et la certification des algorithmes qui guideront demain une voiture autonome…

Le ministre a également insisté sur le deuxième élément de financement qui est le Crédit d’impôt Recherche. « Il a besoin de stabilité. Nous n’y toucherons pas. Ce sont plus de 6 milliards d’euros qui sont au cœur du succès de la French Tech notamment. »

Pour bâtir une offre française compétitive en IA, il a enfin rappelé les atouts de la France, revenant sur divers éléments du Pacte productif.

 « Notre premier défi est la question de la formation, a-t-il indiqué. Il nous faut anticiper nos besoins de chercheurs d’ici à 2025 et former. Nous devons également faire tomber le firewall entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise et établir des liens plus étroits, c’est une de nos faiblesses françaises ! Enfin, il faut développer l’accès des femmes au monde de la tech, au monde des ingénieurs, aux grandes écoles… Il faut la parité, c’est encore un élément de faiblesse ».

Le ministre est revenu aussi sur les données, qu’il considère « comme le carburant de l’IA ». « Ces données doivent obéir à un certain nombre de règles. Il faut un meilleur partage de nos données publiques avec le monde de l’entreprise. Il faut les mutualiser davantage pour que les industriels puissent y avoir accès plus facilement. Pour autant, on ne veut pas que certaines données sortent. Les données politiques et de santé ne seront donc jamais partagées. Nous voulons un modèle français qui protège la vie privée. »

Reste évidemment la question récurrente et cruciale du stockage de ces données… majoritairement réalisée dans le privé à ce jour chez les géants américains du cloud. Concernant les données sensibles, l’Etat souhaite donc mettre en place un cloud de confiance et a mandaté Dassault Systèmes et OVHCloud pour lui faire des propositions d’ici à la fin de l’année.

 « Le Cloud Act est un problème pour nous.  Il faut trouver un accord avec les Etats-Unis sur le sujet. Nous ne pouvons pas accepter que l’on puisse aller chercher des informations sans recours, sans aucune information ! Ce travail sur le stockage se fera à l’échelle franco-allemande », a précisé Bruno Le Marie.

L’importance d’une « stratégie européenne de l’IA et du digital » avec les mêmes valeurs est donc indispensable selon lui, avec des piliers offensif et défensif. « Nous devons investir en Europe beaucoup plus dans ces domaines et mettre en place un fonds pour l’innovation de rupture au niveau européen », soit une union des marchés de capitaux… Pourquoi ? « Il nous faut plus de Criteo ! On ne veut plus financer les start-up pour qu’elles soient ensuite racheter par les Américains. Nous ne sommes pas leur incubateur de start-up. »

Le ministre a conclu sur l’importance de renforcer la législation antitrust. « Il faut des mesures de rétorsion plus efficaces car nous sommes les premiers concernés ». Et s’est ensuite interrogé sur l’intérêt de séparer chez les géants du numérique les activités grand public de la monétisation des données que font ces Gafa…

Libra, le projet de monnaie virtuelle à l’étude chez Facebook, n’a pas non plus échappé aux commentaires : « On doit refuser l’extension à de nouveaux champs d’activité qui pourraient menacer nos Etats, a-t-il lancé. La création d’une monnaie digitale dans les mains de facebook me paraît dangereuse. Elle n’a pas sa place en Europe. Pour autant, nous devons apporter des réponses aux consommateurs sur le coût des transactions… Nous devons travailler sur le projet de monnaie digitale publique ! »

Des réflexions autour de cette dernière seront lancées mi-octobre lors de la réunion des ministres des Finances à Washington pour avoir des projets concrets d’ici à quelques mois.

La réussite de Criteo lui a offert sa conclusion : « Vous êtes un motif de fierté considérable, a-t-il relevé. Mais il faut le porter auprès des autres Français. Il faut le partager ! Car il faut inclure tous les Français dans le succès digital et technologique et ne laisser personne de côté. »

« *100 chercheurs, 20 millions d’euros investis, une grosse puissance informatique installée, dirigé par Romain Lerallut »

Changement de patron à la tête de Criteo, la licorne française qui tente de se transformer

Olivier Chicheportiche / Le 30/10/19 / BFM Business

Encore du changement à la tête de Criteo. Le groupe français de ciblage publicitaire sur internet annonce le départ du poste de directeur général de son fondateur Jean-Baptiste Rudelle à compter du 25 novembre. Il reste néanmoins dans l'entreprise en tant que président du conseil d'administration.

Il est remplacé par Megan Clarken, néo-zélandaise, spécialiste de la mesure d'audience venue du groupe américain Nielsen.

"Je suis ravie de rejoindre Criteo à un moment unique", commente la future dirigeante. "Criteo est une entreprise impressionnante, avec des équipes talentueuses, et qui fait référence dans le marché. Je suis très honorée de conduire les prochaines étapes de son développement"

Au cours des dix-huit derniers mois, Criteo a engagé un profond processus de transformation afin de "devenir une plateforme technologique de référence". Une diversification à marche forcée voulue par la mise en place en Europe du RGPD, la nouvelle législation européenne de protection des données personnelles qui impacte directement le business-model de Criteo. En effet, l'entreprise qui travaille sur les cookies et les habitudes de  navigation des internautes, voit son business régulièrement menacé par les grandes plateformes qui veulent le contrôle exclusif de ces informations. Enfin, la taxe GAFA à la française, censée être appliquée au 1er janvier prochain avec effet rétroactif, devrait toucher la firme. 

Perspectives maussades

Jean-Baptiste Rudelle était ainsi revenu en mai 2018 aux manettes du groupe afin de gérer cette transition. Mais les résultats tardent à venir. 

Si au troisième trimestre, le bénéfice net de la société, l'une des rares françaises cotées sur le Nasdaq, a bondi de 10% à 19 millions de dollars, son chiffre d'affaires hors reversement aux partenaires (indicateur de référence), baisse de 1% à 221 millions de dollars. Tout comme le chiffre d'affaires à 523 millions de dollars.

Surtout, le groupe ne prévoit plus de croissance pour son exercice annuel après avoir déjà revu son objectif en avril d'une fourchette de 3 à 6% à une autre de 0 à 2%. "Avec des perspectives plus modérées pour le quatrième trimestre, nous nous attendons maintenant à atteindre la limite basse" de cette dernière fourchette, explique l'entreprise dans son communiqué.

L'approche "plus modérée" des perspectives pour la fin d'année est expliquée par "les incertitudes sur l'effet lors des vacances de Noël" de "la tendance plus douce de nos activités avec les clients importants en particulier dans le mobile", explique l'entreprise dans son communiqué. Cette nouvelle révision à la baisse fait plonger l'action du groupe au Nasdaq de plus de 12%...

 

. Pour plus d'informations sur Criteo, n'hésitez-pas à lire ou à relire le sujet du 19 février 2013, intitulé : Criteo, le rêve américain.

Soitec confirme une prévision de croissance annuelle de 30%

16 Oct 2019

https://www.vipress.net/soitec-confirme-une-prevision-de-croissance-annuelle-de-30/

 

Le Grenoblois Soitec, un leader mondial de la conception et la production de matériaux semiconducteurs innovants, annonce un chiffre d’affaires de 139 millions d’euros pour le 2e trimestre de l’exercice 2019-2020 (clos le 30 septembre 2019), en hausse de 46,4% par rapport aux 95,0 millions d’euros réalisés au 2e trimestre 2018-2019.

Cette progression résulte d’une croissance de 40% à périmètre et taux de change constants ainsi que d’un effet de change positif de +4,6% et d’un effet périmètre de +1,8%. L’effet périmètre est lié à l’acquisition des actifs de Dolphin Integration réalisée en août 2018 et dans une moindre mesure à l’acquisition d’EpiGaN réalisée en mai 2019. En variation séquentielle, le chiffre d’affaires du 2e trimestre 2019-2020 a augmenté de 16% en données publiées par rapport au 1er trimestre 2019-2020.

Par rapport au 2e trimestre 2018-2019, les ventes de tranches de 200 mm de diamètre ont progressé de 17% à taux de change constants, tandis que les ventes de tranches de 300 mm ont enregistré une forte croissance de 68%. Par conséquent, la part des ventes de tranches de 300 mm est passée de 45 à 54% du total des ventes de tranches.

Soitec continue d’anticiper pour l’exercice 2019-2020 une croissance de son chiffre d’affaires à périmètre et taux de change constants autour de 30% et une marge d’EBITDA de sa division électronique de l’ordre de 30%.

« Nous avons réalisé un très bon deuxième trimestre avec une croissance organique ayant atteint 40%. Cette performance a été tout particulièrement portée par le succès avéré de nos produits de radiofréquence, qu’il s’agisse de nos plaques de 200 mm ou, de façon encore plus spectaculaire, de nos plaques de 300 mm. Ceci démontre la traction exercée par le déploiement des protocoles de communication avancés, notamment la 5G. Forts de cette performance et malgré un environnement globalement difficile, nous confirmons nos perspectives pour l’ensemble de l’exercice », commente Paul Boudre, directeur général de Soitec.

Augmentation de la capacité de production de POI à Bernin III

Le 13 septembre 2019, Soitec a annoncé une augmentation de la capacité de production de ses substrats innovants piézoélectrique-sur-isolant (POI) à Bernin III afin de répondre à la demande croissante de ses clients pour les filtres de smartphones 4G et 5G. Les réseaux 4G et 5G utilisent un nombre croissant de bandes de fréquences pour permettre la transmission de données à haut débit. En conséquence, les smartphones doivent intégrer davantage de filtres de plus en plus performants pour garantir l’intégrité du signal et une communication fiable. Les substrats POI permettent aux filtres des smartphones 4G et 5G d’allier performance et intégration à l’échelle industrielle. Ils incorporent un mécanisme de compensation de la température et permettent l’intégration de plusieurs filtres sur une même puce

« Au cours du trimestre, face à la demande croissante de nos clients, nous avons décidé d’augmenter nos capacités de production de plaques de POI destinées aux filtres de radiofréquence. Ceci représente une étape importante dans notre stratégie visant à étendre notre champ technologique au-delà du SOI, notre cœur de métier », a ajouté Paul Boudre. 

 

. Pour plus d'informations sur Soitec, n'hésitez-pas à lire ou à relire le sujet du 30 mai 2018, intitulé : Soitec, une réponse française et européenne.

 

We Love Innovation] L’heure du renouveau pour Withings après deux ans chez Nokia

Écrit par Maxence Fabrion et réalisé par Joseph Postec le 14/10/2019

https://www.frenchweb.fr/we-love-innovation-lheure-du-renouveau-pour-withings-apres-deux-ans-chez-nokia/355760

Dans les locaux de Withings à Issy-les-Moulineaux, l’ambiance paisible qui y règne tranche avec les dernières années riches en rebondissements vécues par les équipes de cet ancien fleuron tricolore des objets connectés. En effet, la société avait été rachetée par Nokia en 2016 pour 170 millions d’euros avant finalement d’être reprise l’an passé par Eric Carreel… qui n’est autre que l’un des fondateurs de Withings. Le montant de l’opération n’aurait pas excédé 30 millions d’euros, mais secret des affaires oblige, aucune information financière n’a été confirmée. De retour sous pavillon français, le spécialiste de la santé connectée n’a pas tardé à se faire à nouveau remarquer sur le plan technologique. Pour clore définitivement le chapitre Nokia, la société a sorti le grand jeu au CES de Las Vegas en dévoilant deux montres, dont l’une capable de réaliser des électrocardiogrammes, ainsi qu’un tensiomètre permettant de détecter d’éventuelles maladies cardiaques

Un marché de la santé connectée en plein essor

Withings espère tirer profit d’un marché des wearables qui ne cesse de prendre de l’ampleur. L’an passé, il a augmenté de 27,5% avec 172,2 millions de produits écoulés, selon IDC. Le marché est principalement porté par les montres connectées, segment sur lequel l’entreprise française espère s’imposer. Dans ce sens, elle a créé une «manufacture» dans ses locaux d’Issy-les-Moulineaux pour que sa montre analogique connectée et personnalisable, la Move, soit «made in France». Celle-ci aura cependant fort à faire face à des acteurs comme Xiaomi, Fitbit ou encore Apple. Plus largement, la société veut profiter de la croissance du marché de la santé connectée. En 2020, il y aura ainsi 161 millions d’appareils de santé connectés dans le monde, contre 73 millions en 2016, selon une étude de Grand View Research.

Fondée en 2008 par Eric Carreel, Cédric Hutchings et Frédéric Potter, également fondateur de Netatmo, spécialiste des objets connectés pour la maison racheté par Legrand, Withings compte plus de 200 collaborateurs répartis entre Issy-les-Moulineaux, Boston et Hong Kong. Outre les montres connectées et des tensiomètres, la société s’est distinguée en commercialisant des balances connectées et des trackers d’activité. Pour mettre en lumière la vision de Withings en matière de santé connectée, Decode Media est allé à la rencontre de Mathieu Letombe et d’Eric Carreel, respectivement directeur général et président de la société française…

Withings : les données clés

Fondateurs : Eric Carreel, Cédric Hutchings et Frédéric Potter
Création : 2008
Siège social : Issy-les-Moulineaux
Activité : spécialiste de la santé connectée
Effectifs : 200 collaborateurs

 

. Pour plus d'information, n'hésitez-pas à lire ou à relire le sujet du 15 avril 2019, intitulé : Withings, reconnexion française

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Le marché de Rungis (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Le marché de Rungis (suite)
Le marché de Rungis (suite)
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J.M. Weston, so Frenchy

Publié le par Jacques SAMELA.

J.M. Weston, so Frenchy
J.M. Weston, so Frenchy

Alors que le Brexit n’est toujours pas acté, je vais vous narrer cette fois-ci l’histoire d’une marque et d’une entreprise incontournable d’une certaine élégance à la française, mais qui avec son nom, pourrait être tout bonnement british.

Originaire de Limoges en Haute Vienne, elle s’appelle donc J.M. Weston ou tout simplement Weston (www.jmweston.com).

Mais au fait, pourquoi ce nom à consonance anglaise ?

Pour suivre le style empire britannique, très en vogue à l’époque de sa création en 1891 ? Rien n’est moins sûr.

En fait, cette appellation ne sera utilisée que plusieurs années après, déposée par le fils du créateur en 1922, Eugène Blanchard, qui en 1904, pour peaufiner son savoir-faire acquis auprès de son père, Edouard Blanchard, se rendit aux Etats-Unis, et notamment dans la ville de Weston (Massachusetts), afin d’y apprendre les dernières techniques de production, mais surtout la technique dite du cousu Goodyear, qu’il importera au bout de ses trois années de perfectionnement, permettant de monter et de ressemeler des chaussures tout en les rendant plus résistantes.

La seule inconnue réside dans les deux premières lettres, manifestement, personne ne sait d’où elles viennent ? Les initiales d’une love story américaine ? Si quelqu’un le sait, faites m’en part, merci.

Donc, initié par son père, bottier de profession, le fils, en association avec un dandy parisien du nom de Jean Viard, rencontré sur des champs de courses, déposa donc cette nouvelle appellation en ouvrant une première boutique dans la capitale au 98 bd de Courcelles (1922), suivi dix ans après par celle des Champs Elysées.

Par la suite, après avoir décidé de limiter la production des chaussures, passant de 600 paires à 80 par jour, il obtint une notoriété avec son modèle « 180 », appelé également « Mohican » ou encore « Janson-de-Sailly », grâce à l’avènement de la mode des mocassins.

Aujourd’hui, après avoir été racheté en 1974 par la famille Descours, propriétaire du groupe EPI (Bonpoint, Piper-Heidsieck, Alain Figaret, etc…), la maison confectionne toujours ses chaussures à Limoges et dans sa région, où justement se trouve sa propre tannerie végétale de cuir à semelle (utilisation d’extraits végétaux, sans produits chimiques), plus précisément à Saint Léonard de Noblat, connu sous le nom de Tannerie Bastin, fondée en 1806, et racheté par le groupe en 1981.

Pour information, c’est l’unique chausseur en France à posséder sa propre tannerie.

Ensuite, loin des cadences habituelles de l’industrie, la marque, un peu comme Ferrari pour la confection de ses modèles, produit environ 100 000 objets par an, dont 70 000 paires de chaussures grâce à l’apport de près de 200 collaborateurs, artisans chausseurs pour la plupart, et garant d’un savoir-faire primordial pour accompagner les deux mois nécessaires à l’élaboration d’une paire de chaussures, sur lesquelles 150 prises en main sont exécutées. Et depuis 2015, en partenariat avec Pôle Emploi et les Compagnons du Devoir, l’école des Ateliers Weston a ouvert ses portes, assurant chaque année la formation d’une dizaine d’artisans, dont la plupart intègre l’entreprise, intégrant parfaitement la pâte de la maison, pas de trop pour continuer à élaborer les modèles emblématiques que sont « le chasse », « le demi-chasse », « le cambre » et « le golf ».

Et, soucieux de ses clients fidèles, elle propose à présent une réparation maison d’environ 10 000 paires par an, ainsi qu’un atelier dédié aux commandes dites spéciales, permettant à ceux-ci d’imaginer les modèles de leurs rêves.

Et en termes de clients privilégiés, il faut donc savoir que la Garde Républicaine en est un fervent depuis 1975, utilisant les bottes d’équitation modèle appelée « la Saumur », confectionnées sur mesure, en fonction notamment de la pointure du pied, de la hauteur de la jambe, du jarret, du mollet, du mi-mollet, de la cheville et de la grande entrée du cavalier, que la gendarmerie nationale, la police nationale et les officiers de l’armée française en sont également, sans omettre, moins martial, l’utilisation massive des modèles phares de la marque par les hommes politiques français de renom comme les anciens présidents que sont Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand, qui à lui tout seul en possédait près d’une trentaine de paires, Jacques Chirac, Nicola Sarkozy, ou encore Laurent Fabius et Francois Fillon. Une question quand même, qu’en est-il de Francois Hollande et de Emmanuel Macron ? A vérifier.

Mais, sa notoriété ne s’arrête pas seulement à l’hexagone, puisque qu’elle possède près d’une trentaine de points de vente à l’international, représentant en 2017 près de 40 % de ses ventes, et en attente de 60 % attendus d’ici cinq ans. Par-contre, comme toute marque de renom, elle fait l’objet d’imitations, l’obligeant il y a quelques années de cela de faire fermer une usine illégale en Chine.

Quant à son avenir, proche et lointain, soucieuse de garder son image de marque, elle met en oeuvre des initiatives privilégiant la formation, la création, l’innovation, mais surtout la valorisation du travail manuel et la transmission de ce savoir-faire, en créant en 2011 sa fondation d’entreprise, grâce à laquelle elle a pu nouer depuis un partenariat avec les Compagnons de devoir pour lancer le « Défi Innover Ensemble », ou encore avec l’Ensad via le programme « Savoir-faire et création ».

Ce qui fait que, loin de vouloir se reposer sur ses lauriers, elle se prépare au contraire un avenir radieux, doublé d’un nouveau challenge, double même, soit de développer encore plus sa gamme féminine, représentant actuellement moins de 10 % de son activité, tout en continuant également à proposer une gamme de maroquinerie reprenant avec succès les modes de fabrication de ses chaussures, et qui font que sa notoriété soit définitivement reconnue.

Nous assistons peut-être là à la naissance d’un nouveau futur grand de la maroquinerie française, à l’instar de ses prestigieux prédécesseurs que sont Louis Vuitton (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/02/vuitton-une-saga-francaise.html), Hermès, ou encore Longchamp (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2015/10/longchamp-du-sultan-a-la-maison-unique.html). L’avenir nous le dira.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.jmweston.com

. Wikipedia

. http://www.patrimoine-vivant.com/fr/showcompany/4990

. https://leatherfashiondesign.fr/manufacture-weston/

. Mag’in France n° 3 de sept/oct 2016

. L’Usine Nouvelle n° 3500 du 26/01/17

. Les Echos du 22/09/17 et du 20/08/18

. Gala n° 1354 du 23/05/19

A voir :

. Exposition « Marche et démarches, une histoire de la chaussure » 

 https://madparis.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/expositions/expositions-en-cours/marche-et-demarche-une-histoire-de-la-chaussure/

 

Vu et lu dans Mag'In France n° 3 de sept/oct 2016

Vu et lu dans Mag'In France n° 3 de sept/oct 2016

Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3500 du 26/01/17
Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3500 du 26/01/17
Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3500 du 26/01/17

Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3500 du 26/01/17

Vus et lus dans Les Echos du 22/09/17 et du 20/08/18
Vus et lus dans Les Echos du 22/09/17 et du 20/08/18

Vus et lus dans Les Echos du 22/09/17 et du 20/08/18

Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19
Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19

Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19

Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19
Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19
Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19

Vu et lu dans Gala n° 1354 du 23/05/19

Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3617 du 27/06/19
Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3617 du 27/06/19

Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3617 du 27/06/19

Publié dans L'entreprise du mois

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Octobre 2019

Publié le par Jacques SAMELA.

Octobre 2019
Octobre 2019

CONCESSION. De 30 ans pour le groupe aéroportuaire public français ADP, et ce pour l’aéroport Viru Viru de Santa Cruz, la capitale de la Bolivie. Elle fait suite au contrat de gestion de 10 ans signé avec l’aéroport low cost de New York, Stewart.

MASSIF. L’investissement des groupes français à l’étranger, supérieur au déficit commercial du pays.

Les Echos du 02 octobre 2019

 

VAILLANTE. L’économie française, avec une croissance prévue de 1,3 % pour l’année en cours, et avec pour le second semestre, la création de près de 100 000 emplois.

Les Echos du 04 octobre 2019

 

SIGNATURE. D’un contrat de 260 millions d’Euros pour le groupe Alstom avec TMB (Transports Metropolitans de Barcelona), portant sur la fourniture de 42 trains Metropolis pour les lignes 1 et 3 du métro de la capitale catalane.

VIPress.net du 08 octobre 2019

 

ETENDRE. Sa toile dans le renouvelable pour EDF et sa filiale EDF Renouvelables, après la mise en service de deux centrales solaires de 65 MW en Egypte dans la province d’Assouan.

L’Usine Nouvelle du 14 octobre 2019

 

PREMIERE. Pour une femme française, soit l’obtention du prix Nobel d’économie pour Ester Duflo, en commun avec son mari, Abhijit Banerjee, et un professeur d’Harvard, Michael Kremer. Leurs travaux, la lutte contre la pauvreté. Elle fut également en 2013 une proche collaboratrice du président américain Obama sur les questions de développement mondial.

Le Figaro du 14 octobre 2019

 

RECORD. Pour les levées de fonds des start-up françaises, avec 3,8 milliards d’Euros au cours des trois premiers trimestres de l’année 2019. Les trois plus grosses émanent de Meero (www.meero.com) avec 209 millions d’Euros, de Doctolib avec 150 millions, et de Wifirst (www.wifirst.com) avec 115 millions.

L’Usine Nouvelle du 15 octobre 2019

 

LIVRAISON. De 4 nouveaux camions Caesar, équipés d’un système d’artillerie, pour la société Nexter (www.nexter-group.fr) au profit du Danemark.

Les Echos du 22 octobre 2019

 

PROTOCOLE. D’accord entre Airbus et la compagnie américaine low cost Spirit, pour l’acquisition prochaine de 100 avions A320neo, et poser une option sur 50 autres avions supplémentaires.

L’usine Nouvelle du 24 octobre 2019

 

BAISSE 1. Du nombre de demandeurs d’emploi au 3ème trimestre de 0,4 %, soit 15 800 personnes.

BFM TV du 25 octobre 2019

 

GROSSE. Commande pour Airbus, avec l’achat par la compagnie indienne Indigo de 300 appareils de la famille A320neo. La somme dépasserait les 33 milliards de dollars.

L’Usine Nouvelle du 29 octobre 2019

 

AUGMENTATION. De 0,3 % de la croissance française au 3ème trimestre 2019, tirée notamment par une hausse de la consommation des ménages.

BFM le 30 octobre 2019

 

BAISSE 2. De 6,4 % pour les défaillances d’entreprises en France au 3ème trimestre, soit 10 500, jamais inégalé depuis 2007.

Les Echos du 30 octobre 2019

 

 

Et demain, ne ratez-pas le sujet consacré à la marque J.M. Weston, chausseur de renom et de tradition française.

 

Publié dans Revue de presse

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Le luxe français (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Le luxe français (suite)
Le luxe français (suite)

Hermès, Kering, LVMH… Le luxe français en grande forme malgré les tensions internationales

BFM Business / Le 25/10/19

http://www.msn.com/fr-fr/finance/economie/herm%c3%a8s-kering-lvmh%e2%80%a6-le-luxe-fran%c3%a7ais-en-grande-forme-malgr%c3%a9-les-tensions-internationales/ar-AAJkfz3?li=BBkG5mY&ocid=DELLDHP

 

L'action LVMH décollait de plus de 4%, jeudi 10 octobre au matin à la Bourse de Paris, bénéficiant à plein d'une croissance toujours au beau fixe pour le numéro un mondial du luxe au 3e trimestre.

Face aux tensions géopolitiques internationales, et en particulier la crise à Hong Kong, le luxe français fait mieux que résister et affiche toujours une croissance exceptionnelle. Tour d'horizon des performances des champions français LVMH, Kering et Hermès, qui viennent de publier leurs résultats pour le troisième trimestre. 

Kering : toujours tiré par sa locomotive Gucci

Au troisième trimestre, les ventes de Kering ont progressé de 14,2% sur un an, à 3,88 milliards d'euros, le groupe de luxe continuant d'être porté par la croissance, certes moins forte, de son fleuron Gucci (+13,3% de chiffre d'affaires sur un an) ainsi que par ses performances dans la région Asie Pacifique (+17% pour les ventes au détail en comparable), en dépit d'une situation géopolitique tendue à Hong Kong.

Face à un environnement mondial de plus en plus complexe, nous sommes pleinement confiants dans notre capacité à réaliser des performances soutenues dans la durée", a souligné jeudi 24 octobre dans un communiqué François-Henri Pinault, PDG du groupe dont le chiffre d'affaires trimestriel est conforme aux consensus établis par les agences Factset et Bloomberg.

Pour les mois de juillet, août et septembre, la croissance du chiffre d'affaires - en ligne avec les attentes - connaît cependant un ralentissement: la progression en comparable (c'est-à-dire à périmètre et taux de changes constants) est de 11,6%, contre 17,5% au premier trimestre et 13,2% au deuxième trimestre de l'exercice. "Nos performances, au-delà des impressionnantes bases de comparaison établies ces deux dernières années, sont saines et bien équilibrées entre nos différentes maisons", s'est félicité le PDG François-Henri Pinault dans un communiqué.

Hermès : les ventes bondissent grâce à l'Asie

La croissance d'Hermès a également accéléré au troisième trimestre, avec des ventes dépassant les 1,73 milliard d'euros notamment grâce à la Chine où la dynamique du groupe de luxe ne se dément pas. Pour les mois de juillet, août et septembre, le sellier-maroquinier voit son chiffre d'affaires progresser de 18,2% sur un an en données publiées (+15% à taux de changes constants), selon un communiqué diffusé jeudi.

Une performance très solide après des progressions de chiffre d'affaires sur un an aux trimestres précédents, toujours à taux de changes constants, de 12,3% (T2 2019), 11,6% (T1 2019) 9,6% (T4 et T3 2018) et de 11,6% (T2 2018). 

Le directeur financier, Eric du Halgouët, a mis en avant "une croissance exceptionnelle au troisième trimestre" et une "progression à deux chiffres dans toutes les régions du monde", lors d'une conférence téléphonique. En Asie hors Japon, le chiffre d'affaires du groupe grimpe de 21,8% à taux de changes constants (après +18,6% au deuxième trimestre). 

"Malgré l'impact des événements à Hong Kong, nous avons une performance remarquable de la Chine continentale" où il "n'y a pas de rupture de tendance", a-t-il souligné. Concernant plus précisément Hong Kong, touchée par d'importantes manifestations pro-démocratie depuis plusieurs mois, "Hermès est resté en croissance sur les neuf premiers mois de l'année grâce à notre fort ancrage auprès de la clientèle locale, même si l'activité a fléchi et qu'il y a eu quelques jours où nous avons dû fermer nos magasins", a précisé le directeur financier.

Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes totalisent 5,012 milliards d'euros, soit une progression de 13% à taux de changes constants. Hermès ne donne pas d'objectifs chiffrés, mais il indique qu'"à moyen terme, malgré le renforcement des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde, le groupe confirme un objectif de progression du chiffre d'affaires à taux constants ambitieux". Au cours du premier semestre de l'exercice, le sellier-maroquinier avait atteint une marge opérationnelle courante de 34,8%, soit très proche du niveau record de 34,9% atteint lors des six premiers mois de 2018.

LVMH: solide numéro un mondial

Enfin, LVMH bénéficie toujours d'une croissance au beau fixe. Le numéro un mondial du luxe avait publié début octobre d'excellents résultats pour le 3e trimestre. LVMH a enregistré une progression de 17% en données publiées et de 11% (en ligne avec le premier semestre) en données organiques, à taux de changes et périmètre constants. LVMH a ainsi généré 13,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires de juillet à septembre. 

Un chiffre d'affaires qui était nettement supérieur aux consensus établis par les agences Bloomberg et Factset, qui tablaient respectivement sur 12,6 et 12,7 milliards. En Asie hors Japon, le groupe constatait néanmoins un ralentissement de sa croissance à +12% sur un an en organique au 3e trimestre (contre +18% au premier semestre). 

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 29 février 2016, intitulé : Le luxe français, savoir-faire, rayonnement et avenir.

 

Et dans quelques jours, ne ratez-pas le sujet consacré à la marque J.M. Weston, chausseur de renom et de tradition française.

 

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Internet, 50 ans

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
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Vu et lu dans Jitec n° 215 / mai-juin 2019
Vu et lu dans Jitec n° 215 / mai-juin 2019
Vu et lu dans Jitec n° 215 / mai-juin 2019

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Vu et lu dans Les défis du CEA n° 236 / avril 2019
Vu et lu dans Les défis du CEA n° 236 / avril 2019

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OVH (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

OVH (suite)
OVH (suite)
Vu et lu dans Les Echos du 10/10/19

Vu et lu dans Les Echos du 10/10/19

OVHcloud ne veut pas vivre le fiasco du cloud souverain

https://www.frenchweb.fr/ovhcloud-ne-veut-pas-vivre-le-fiasco-du-cloud-souverain/378712?utm_source=FRENCHWEB+COMPLETE&utm_campaign=d559255eda-EMAIL_CAMPAIGN_2019_07_16_AM_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_4eb3a644bc-d559255eda-106733281

Patrick Randall (Decode Media) avec l'AFP

10/10/2019

 

L’OVHcloud Summit, qui se tient jeudi 10 octobre à Paris Expo Porte de Versailles, célébrera les 20 ans d’OVH, aka « On Vous Héberge? » ou « Oles Van Herman », le surnom d’Octave Klaba, le fondateur de l’entreprise qu’il conviendra désormais d’appeler OVHcloud, signe d’une internationalisation de l’entreprise née dans un sous-sol d’Iliad dans le 11e arrondissement de Paris.

Une édition qui sera l’occasion de revenir « sur cette épopée (…) qui nous a permis de nous hisser parmi les leaders mondiaux du cloud », annoncent Octave Klaba et son CEO Michel Paulin, qui a rejoint OVH il y a un an pour accélérer l’internationalisation de l’entreprise fondée 1999 et aujourd’hui membre du Next40. Nous vous proposons de revenir sur cinq points clés de cette épopée.

Du soutien d’Iliad à la prise de participation des fonds KKR et Towerbrook

Vingt ans après sa création, OVHcloud compte 30 data centers dans 12 villes dans le monde (en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Pologne, aux Etats-Unis, au Canada, à Singapour et en Australie). Cinq autres sont en construction, notamment en Inde et en Corée du Sud. Forte de 2 200 employés à travers le monde, l’entreprise basée à Roubaix, d’où est originaire une partie de la famille d’Octave Klaba, revendique aujourd’hui 1,5 million de clients et 3,8 millions de sites hébergés dans le monde. Après un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros sur l’exercice fiscal 2017-2018, elle revendique un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros sur la période 2018-2019.

Pour en arriver là, OVHcloud est passé par plusieurs phases de développement (chacun avec leurs parts de hauts et de bas):

  • En 2000, la startup, alors l’une des premières entreprises européennes d’hébergement, voit son activité décoller. Avec le soutien de Xavier Niel et Iliad, Octave Klaba développe une offre à destination des TPE, PME et startups. La force de l’offre: des délais de livraison courts et une dépendance réduite aux fournisseurs à une époque où l’hébergement web était une activité laborieuse pour les entreprises. OVH développe également un système innovant de refroidissement qui fonctionne avec l’eau pompée dans les nappes phréatiques, transitée ensuite dans son data center (en location) pour baisser la température des cartes mères.
  • De 2004 et 2009, OVH s’étend en Europe avec des filiales en Pologne, en Espagne, aux Pays-Bas, en Irlande, en Finlande, en Lituanie et en République tchèque. Octave Klaba décide également de déménager le siège social de l’entreprise de Paris à Roubaix et y construit son premier data center. Le premier réseau fibre optique est également déployé et OVH devient officiellement un télécom.
  • A partir de 2010, l’entreprise nordiste cherche à diversifier son activité: c’est le début de l’ère du cloud pour OVH avec une première offre de cloud privé. En 2011, OVH développe une offre de cloud public basé sur OpenStack. L’hébergeur web, désormais le premier en Europe, dépasse ensuite l’Europe en 2012 avec l’ouverture de bureaux et de data center aux Etats-Unis et au Canada. Il construit un an plus tard à Gravelines le plus grand data center en Europe, doté de 400 000 serveurs.
  • En 2016, l’expansion internationale se confirme: OVH réunit 250 millions d’euros auprès des fonds américains KKR & Co (spécialiste des entreprises familiales comme OVH et des entrepreneurs européens) et TowerBrook Capital Partners (adapté aux entreprises dirigées par leur fondateur) contre une participation minoritaire, et signe un an plus tard une ligne de crédit de 400 millions d’euros auprès de JP Morgan Chase, le CIC Nord Ouest et la Banque commerciale du marché nord Europe. En 2017, l’entreprise acquiert vCloudAir, le cloud public de VMware.
  • En septembre 2017, OVH annonce son intention de recruter jusqu’à 13 000 personnes dans le monde d’ici 2025 pour atteindre 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise nordiste indiquait aussi vouloir atteindre les 4 200 collaborateurs à la fin de 2019, dans le cadre d’un plan de recrutement fraichement lancé et centré sur la France. Des ambitions revues à la baisse cette année: Octava Klaba a fait état dans un post de blog en juin dernier d' »erreurs de recrutement » et déconseillait le « blitzscaling ».

Une nouvelle équipe de direction pour se poser en tant qu’alternative cloud crédible à AWS, Microsoft Azure et Google Cloud

A l’été 2018, pour accélérer l’internationalisation d’OVHcloud, Octave Klaba se choisit un CEO champion des télécoms, Michel Paulin, ancien directeur général de SFR. Il a notamment pour mission d’assurer la mise en oeuvre du plan stratégique « Smart Cloud », qui vise à consolider le positionnement d’OVHcloud en tant qu’alternative cloud crédible à AWS, Microsoft Azure et Google Cloud. Octave Klaba conserve la fonction de président du conseil d’administration. Le nouvel homme fort de l’hébergeur européen a réalisé l’essentiel de sa carrière dans les télécoms, l’IT et le web. Il a notamment supervisé l’entrée en Bourse de Neuf Cegetel lorsqu’il en était CEO (avant de diriger Méditel et SFR).

La nomination de Michel Paulin traduit la volonté d’OVHcloud de s’entourer de personnes clés et de profils techniques pour assurer son hypercroissance. C’est ainsi que Sylvain Rouri, ancien senior vice-president of global sales chez Survey Sampling International et sales director chez France Télécom, devient chief sales officer chez OVH fin 2017. Il a pour mission d’implémenter les stratégies globales de vente de l’entreprise en dirigeant les ventes directes et indirectes.

Alain Fiocco, ex-CTO de Cisco et ancien d’Alcatel, rejoint OVHcloud début 2018 en tant que CTO. Il est chargé de gérer les unités produits, R&D, ainsi que le déploiement des produits et solutions OVHcloud. L’entreprise s’était précédemment entourée en mars 2017 de Dominique Michiels en tant que chief service delivery officer. Ancien de Worldline, il supervise les services d’OVH. En juillet 2017, OVH avait aussi recruté Francois Sterin, ancien de Google et France Télécom, comme chief industrial officer. Il pilote l’infrastructure technique de l’entreprise. En août de la même année, c’est Frédéric Etheve, qui a fait ses armes chez France Télécom, McKinsey & Company et Google, qui rejoint les rangs de l’hébergeur. En 2018, Miroslaw Klaba, frère d’Octave et jusque-là CTO de la société, prend les fonctions de chief information officer.

L’entreprise a en outre trouvé un nouveau chief financial officer (en janvier 2019) en la personne de Yann Leca, fort de près de 30 ans de fonctions financières dans différents entreprises de tailles variées, une nouvelle chief human resources officer (en décembre 2018) avec Line Cadel, jusque-là HR business partner manager, et un nouveau chief legal officer (en mai 2018) avec Adam Smith, ancien de chez Safran, DCNS et Airbus.

Comment OVHcloud a su se hisser au niveau de ses rivaux américains

OVHcloud mise encore aujourd’hui sur ce qui a fait sa force ces 20 dernières années: le focus sur le développement d’un modèle intégré, une forte capacité à innover, et un choix de s’axer sur la règlementation (rivaliser avec Amazon et Google n’est pas forcément chose aisée).

En termes d’innovation, l’entreprise dispose par exemple d’une usine de serveurs de 14 000 mètres carrés à Croix, dédiée à la fabrication, la logistique et la R&D. Le taux annuel de production de serveurs, précédemment de 120 000, est aujourd’hui à 400 000 serveurs.

« Il y a 15 ans, OVH a fait un choix technologique et industriel qui est de refroidir les puces de ses serveurs par de l’eau. Il n’y a pas de climatisation, pas de ventilation, ça coûte moins cher à produire et consomme moins d’énergie. Nous avons déposé un brevet pour ces ‘Waterblocks’ dont sont équipés nos 30 centres de données répartis sur 12 sites », a expliqué Michel Paulin.

Aujourd’hui, et dans l’optique de faire d’OVHcloud un élément indispensable des stratégies cloud des entreprises, la société a par ailleurs prévu de présenter lors de son sommet son nouveau produit OVHCloud Marketplace. Celui-ci aura pour ambition de « rassembler et offrir l’ensemble des offres d’un écosystème d’entreprises partageant la même vision d’entraide, de partage et de coconstruction », annonce OVH. La place de marché proposera une « sélection d’offres et de solutions basées sur les infrastructures OVHcloud et soutenues par un réseau de partenaires-vendeurs sélectionnés ».

OVH pourra en outre détailler sa nouvelle game d’infrastructures lancée fin septembre, six mois après la refonte complète de son offre de serveurs dédiés. Cette nouvelle gamme, qui propose quatre configurations, entend répondre « aux besoins d’évolutivité et de performance des entreprises de tailles intermédiaires, des administrations ou des universités, pour notamment bâtir des architectures de serveurs en cluster ou gérer d’importantes bases de données »

L’évènement permettra enfin à OVH de détailler ses nouveaux produits et offres, dont: les solutions d’OVH pour le secteur de la santé ; OVHcloud Prescience, outil d’apprentissage automatique qui vise à accélérer les projets de machine learning des entreprises (lancé en avril dernier) ; Enterprise Cloud Databases, nouvelle offre de bases de données « as a Service » lancée cette année ; et les dernières innovations des gammes bare metal et les prochains projets de ces gammes.

Le « temps des écosystèmes et des communautés »

Une session de l’OVHcloud Summit sera dédiée aux partenaires d’OVHcloud. Le mois dernier, l’entreprise a étendu à l’international son partner program destiné à favoriser la formation des partenaires, leur assistance à la vente et le support technique autour des solutions d’OVH.

« Les temps ont changé. On n’est plus dans un rapport capitalistique, de rachats. On est dans le temps des écosystèmes et des communautés. Des partenariats et des plateformes », souligne Octave Klaba dans son post de blog du mois de juin.

« D’où l’initiative lancée il y a un an et que j’avais appelée ‘virtual GAFAM’. (…) Si les européens font écosystème et bossent ensemble, on peut être aussi fort que les Gafam, tout en respectant nos valeurs européennes de privacy. Ce mode de fonctionnement partage mieux la valeur créée et évite les phénomènes de dominance abusive », ajoute-t-il.

Cette ambition reflète les nouveaux enjeux qui attendent OVH: enrichir son écosystème pour accentuer sa position sur les big caps. L’entreprise s’est développée avec succès sur les TPE/PME. Il s’agit aujourd’hui d’aller chercher les Accenture, Capgemini, Deloitte et autres Sopra Steria, tout en développant son offre historique dédiée aux startups et nouvelles entreprises technologiques.

OVHCloud ne veut pas vivre le fiasco du cloud souverain tel que l’ont vécu Orange et SFR avec CloudWatt et Numergy

Début octobre, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a annoncé la volonté du gouvernement de développer une offre cloud alternative pour contourner le Cloud act américain. Cette loi permet aux agences de sécurité du pays de réquisitionner auprès des opérateurs de cloud américains des données de leur clients, même si ces données sont stockées à l’étranger. Il a donc demandé à Dassault Systèmes (3DS Outscale, filiale à part entière depuis 2017) et OVH de travailler sur la mise en place d’un « cloud de confiance » capable d’accueillir les données des entreprises françaises et européennes. Ce nouveau cloud souverain pourrait être créé en collaboration avec l’Allemagne dans un premier temps, puis éventuellement à un niveau européen, a fait savoir M. Le Maire.

Octave Klaba et Michel Paulin ont répondu à l’affirmative à l’appel du gouvernement. Ils ne souhaitent toutefois pas répéter les erreurs du passé commises par leurs concurrents. En 2011, le gouvernement avait lancé le projet « Andromède » (150 millions d’euros d’investissement), première tentative de cloud souverain qui s’est soldée par un échec. Le plan a mené aux projets Cloudwatt (porté par Orange et Thales, il sera désactivé le 1er février 2020) et Numergy (absorbé par SFR en janvier 2016).

« Je n’utilise pas l’expression ‘cloud souverain’, mais ‘cloud de confiance’. En 2012, on l’avait contraint à un marché de niche, avec deux acteurs (CloudWatt et Numergy, NDLR) dans un Meccano industriel très compliqué qui fonctionnait avec beaucoup d’argent public. Aujourd’hui, on ne demande pas d’argent public. On ne va pas inventer une nouvelle technologie, mais s’appuyer sur les standards du marché et travailler avec les acteurs en place. On promeut un écosystème ouvert qui n’emprisonne pas les clients », a également souligné Michel Paulin.

Octave Klaba a aussi fait savoir que la vision d’OVH n’est pas de créer un cloud souverain, mais bien un « trusted cloud » dédié à la gestion des données de ses clients.

Pour développer cette nouvelle infrastructure, OVH entend ainsi rester les mains libres et ne pas dépendre des subsides de l’Etat, que ce soit sous forme de subventions ou de demandes de prestations.

Les premières propositions d’OVH et Dassault Systèmes doivent être livrées en décembre 2019.

« Nous sommes dans une compétition technologique mondiale d’une férocité assez inégalée dans les dernières années, avec deux ensembles majeurs: les Etats-Unis et la Chine. Un impératif pour l’Europe et la France est d’être au niveau de cette compétition technologue mondiale », a déclaré le secrétaire d’État chargé du Numérique Cédric O lors de l’OVHcloud Summit. « Certains de nos alliés peuvent prendre parfois des lois un peu extra-territoriales », a-t-il ajouté.

M. O a décrit une stratégie cloud de l’Etat qui se joue sur trois cercles: la capacité de l’Etat à développer ses propres applications et infrastructures cloud ; le cloud privé ; et la capacité à utiliser des fournisseurs de cloud public.

« Il fut un temps où l’Etat s’est dit que le cloud souverain, il pouvait le faire par lui-même et pour lui-même », a-t-il également souligné. « Pourquoi OVH est important pour nous? (…) Parce que la première force d’OVH est de s’être développé tout seul, sans nous. Si OVH est fort, c’est parce qu’OVH est compétitif. Dans un monde comme le nôtre de mondialisation, de compétition, les seules solutions viables sont les solutions compétitives. Il fallait avoir une certaine audace à l’époque pour se dire qu’un acteur français, à Roubaix, pouvait être capable de concurrencer de très grands acteurs internationaux ».

L’ancien conseiller d’Emmanuel Macron chargé des participations publiques et de l’économie numérique a par ailleurs noté que pour créer une offre de cloud de confiance européen, « OVH tout seul n’y arrivera pas »: « on est dans un monde où l’imbrication entre IaaS, PaaS, SaaS, fait que la plupart des clients, de plus en plus, ne veulent pas s’embêter avec une infrastructure d’un côté, une plateforme de l’autre ».

« La solution ne viendra jamais de l’Etat. Notre job, c’est de créer les conditions », a-t-il également affirmé.

OVH: les donnés clés

Fondateurs: Octave Klaba
Création: 1999
Siège social: Paris
Effectifs: 2 200
Secteur: cloud
Marché: hébergement internet, cloud, serveurs dédiés
Chiffre d’affaires: 600 millions d’euros en 2018-2019, 500 millions d’euros en 2017-2018


Financement: près de 650 millions d’euros levés auprès de CIC Nord Ouest, JP Morgan Chase, Banque Commerciale du Marché Nord Europe, Kohlberg Kravis Roberts, TowerBrook Capital Partners

 

. Pour plus d'information, n'hésitez-pas à lire ou relire l'article du 05 octobre 2013, intitulé, OVH, une réussite française.

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Glowee (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Glowee (suite)
Glowee (suite)

Tech & Youth – Comment Sandra Rey veut faire émerger la bioluminescence sur le marché de la lumière ?

Pierre Berthoux - le 16 octobre 2019

https://www.alliancy.fr/a-laffiche/start-up/2019/10/16/comment-sandra-rey-veut-faire-emerger-la-bioluminescence-sur-le-marche-de-la-lumiere?utm_source=Newsletter17octobre&utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter

 

C’est au tour de Sandra Rey, fondatrice de Glowee, de jouer le jeu. Cette start-up utilise des micro-organismes marins pour produire un éclairage bioluminescent et écologique.

Sandra Rey nous présente son activité et répond à quatre questions :

– Ses plus grandes réussites ?
– Comment se différencier sur le marché de la lumière ?
– Comment assurer la confiance dans son écosystème ?
– Quels challenges ?
– Quel impact environnemental visé ?
– Est-ce que défendre son éthique est compatible avec la course à l’innovation ?

 

Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 23 mars 2017, intitulé : Glowee, et la lumière (bioluminescente) fût

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Novembre 2019

Publié le par Jacques SAMELA.

Novembre 2019
Novembre 2019

Du 04 au 08 novembre 2019

. Salon Batimat / www.lemondialdubatiment.com

 

Le 05 novembre 2019

. Les Assises de l’Industrie / www.evenements.inforpo-digital.com

Exportation, relocalisation, Made in France : La reconquête de l’industrie

. Impact PME / www.impact-pme.com

 

Le 06 novembre 2019

. Digital x Outdoor / www.digital-x-outdoor.com

Le digital au Coeur de la réussite de votre entreprise

 

Du 08 au 11 novembre 2019

. Salon du Made in France / www.mifexpo.fr

 

Du 12 au 14 novembre 2019

. European Utility Week / www.european-utility-week.com

L’écosystème énergétique intelligent

 

Du 13 au 14 novembre 2019

. Blockchain Paris / www.blockchainevent.fr

Le rendez-vous n°1 des applications business de la blockchain

. BendWebMix / www.blendwebmix.com

Conférence sur les nouveaux métiers, les nouveaux usages et les nouvelles technologies du web

 

Le 14 novembre 2019

. Teratec Quantum Computing Initiative / www.teratec.eu

Séminaire sur le calcul quantique

 

Du 14 au 16 novembre 2019

. L’Usine extraordinaire / www.usineextraordinaire.com

 

Du 19 au 20 novembre 2019

. BE 4.0 / www.industriesdufuture.eu

Salon de l’industrie du futur

 

Du 19 au 21 novembre 2019

. Europack Euromanut CFIA / www.europack-euromanut-cfia.com

Process, emballage & manutention

. Le Salon des Maires / www.salondesmaires.com

Villes et territoires durables Horizon 2030

 

Du 20 au 21 novembre 2019

. Fatigue Design2019 / www.fatiguedesign.org

Conférence internationale

. Salon des Entrepreneurs de Nantes / www.salondesentrepreneurs.com

 

Du 20 au 22 novembre 2019

. Women’s Forum Global Meeting. 19 / www.womens-forum.com

 

Du 26 au 27 novembre 2019

. Transrail Connection 2019 / www.transrail-connection.com

Le rendez-vous international du ferroviaire et de la mobilité urbaine

. Voicetech Paris / www.voicetechparis.com

Ouvrons la voix aux usages de demain

. Paris Citylife / www.evenement.latribune.fr

Bougeons la ville ! “Quelles mobilités demain ?”

 

Du 27 au 28 novembre 2019

. Future Days / www.futuredays.fr

L'évènement du Grand Paris sur les villes de demain

 

Le 28 novembre 2019

. Energies pour l’Industrie / www.energiespourlindustrie.fr

Transition énergétique et compétitivité des entreprises

. Journée 100 % Europe / www.systematic-paris-region.org

Financements, aides et bonnes pratiques pour aborder l’Europe

 

Publié dans Agenda

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