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Un autre 11 novembre & Rappel

Publié le par Jacques SAMELA.

Un autre 11 novembre & Rappel
Un autre 11 novembre & Rappel

La manifestation des étudiants à l’Étoile du 11 novembre 1940 »,

par Laurence Négri

 

Directrice des projets pédagogiques de la Fondation Charles de Gaulle
Professeur agrégé d’Histoire
Docteur en Histoire

https://www.charles-de-gaulle.org/blog/2020/11/10/la-manifestation-des-etudiants-a-letoile-du-11-novembre-1940-par-laurence-negri/

Le 10 novembre 2020

« […] ça arrive dans l’histoire que l’image réelle, l’expression profonde d’un pays, ne soit pas la majorité mais au contraire une minorité, une minorité qui s’engage tellement qu’elle finit par avoir raison, ce qui est arrivé d’ailleurs à ceux qui se sont révélés comme cela. A ce moment-là, la réalisation de la France, c’est l’étudiant qui remonte les Champs-Elysées, qui se fait arrêter, qui risque tout de même d’être tué comme otage, qui est blessé aussi. »
Geneviève Anthonioz-de Gaulle

L’orage gronde

La manifestation du 11 novembre 1940 claque comme un coup de tonnerre dans le ciel de l’occupation naissante. Depuis la rentrée universitaire, comme le rappelle un témoin de l’époque François de Lescure, « on discute plus qu’on ne travaille en bibliothèque ». Délégué général de l’union Nationale des Étudiants de France de la zone occupée (UNEF), ce dernier dirige clandestinement l’union des étudiants communistes sous le nom de François Lescure. Le Quartier latin centralise alors les activités étudiantes dont le mouvement « Maintenir » illustre l’engagement contre l’occupant. L’opinion parisienne est de plus en plus critique vis- à -vis de Vichy et l’anglophilie progresse rapidement. Les premiers tracts ont commencé à circuler dès le mois de juillet et une revue, La Relève, est éditée contre la collaboration qui s’annonce. Le 1er novembre, alors qu’aucune consigne n’a été donnée, des milliers de personnes déposent des fleurs sous l’arc de Triomphe. La préfecture de police du Quartier latin déplore la propagande « anglophile et en faveur de l’ex-général de Gaulle ».

Trois événements servent de catalyseurs à la première forme de résistance de la jeunesse : C’est d’abord la poignée de mains entre Pétain et Hitler à Montoire le 24 octobre, qui déclenche un sursaut national et alimente une fermentation patriotique à la Sorbonne. C’est dans ce climat qu’intervient la décision des Allemands d’interdire toute célébration le 11 novembre. Cette interdiction ne fait que populariser davantage cette commémoration. L’arrestation de Paul Langevin s’inscrit dans ce contexte traumatisant : le 30 octobre, on apprend que la Gestapo a arrêté la grande figure de la science française, professeur au collège de France. L’émotion est grande à l’Université. Un Comité de défense des professeurs et étudiants de l’Université de Paris diffuse un appel :

« Étudiants !
contre l’arrestation du professeur Langevin
le premier de nos maîtres jeté en prison !
contre la censure exercée sur les livres !
contre la présence de la “Gestapo” dans nos salles de cours !
contre l’asservissement de l’Université française !
rendez-vous
vendredi 8 novembre à 16 h
au collège de France
où le professeur Langevin aurait dû faire son cours.
Conservez votre calme. N’offrez pas de prétexte à la répression.
Le 11 novembre, organisez dans les Facultés et Écoles une manifestation du souvenir ! 
»

Le matin du 8 novembre, le Quartier-Latin est en état de siège. Les véhicules militaires allemands le quadrillent. La police de Vichy est omniprésente. Des étudiants manifestent boulevard Saint Michel aux cris de «Vive la France», «Libérez Langevin», «A bas Pétain et Hitler». La «Marseillaise» éclate sur la place de la Sorbonne. La police intervient. Les étudiants se dispersent. Bientôt, la rumeur court : Une manifestation doit se tenir le 11 novembre, sur les Champs-Elysées. De Londres, René Cassin lance un appel aux étudiants sur la BBC. Les canaux sont multiples, à la craie, sur les murs et les tableaux noirs, avec des papillons glissés dans les livres des bibliothèques, de bouche à oreille… Un appel à manifester reproduit sur une feuille de cahier, sans coloration politique propre, circule depuis le début du mois de novembre. Il témoigne de la façon dont se propage le mot d’ordre de manifestation et révèle la spontanéité du mouvement :

« Étudiant de France !
le 11 novembre est resté pour toi jour de
Fête nationale
Malgré l’ordre des autorités opprimantes, il sera
Jour de recueillement.
Tu n’assisteras à aucun cours.
Tu iras honorer le Soldat Inconnu, 17 h 30
Le 11 novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire.
Le 11 novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore
Tous les étudiants sont solidaires pour que
Vive la France !
Recopie ces lignes et diffuse-les »

Le ministère de l’Éducation Nationale met en garde les élèves, relayé par certains chefs d’établissements qui menacent d’exclure les élèves qui y participeraient.

Paris s’éveille

  • 5 heures 30 du matin, intersection des avenues des Champs Elysées et Winston Churchill : André Weil-Curiel, Léon-Maurice Nordmann et Michel Edinger, membres du Réseau du Musée de l’Homme, déposent une gerbe sur le Monument à Clemenceau, accompagnée d’un ruban de la France Libre et d’une carte de visite au nom de de Gaulle. D’autres suivront. 300 personnes défilent dans la matinée devant cette statue.
  • 10 heures 40 : Une vingtaine d’étudiants remontent les Champs Elysées. La police intervient.
  • 11 heures 45 : Une centaine de jeunes descendant l’avenue par groupes d’une dizaine se heurtent à la police ; René Baudoin, professeur de Sciences naturelles au lycée Lakanal est arrêté.
  • 15 heures : Des élèves de Janson-de-Sailly escaladent les grilles du lycée. Parmi eux, Igor de Schotten, qui a organisé une collecte pour une gerbe, a fait circuler un message dans les classes :« On sèche la dernière heure et on défile jusqu’à la place de l’Étoile ». Accompagné de son ami Claude Dubost, il court récupérer le bouquet chez le fleuriste. Tout sourire, Charles Landrat les entraîne au fond de sa boutique, où il leur montre « la petite gerbe » qu’il a composée à leur intention : une croix de Lorraine bleu ciel de deux mètres de haut ! En un temps record, il a réussi, assisté de son épouse et de deux employés, à se procurer aux Halles cinq cents œillets blancs, à les assembler et à les teindre par vaporisation. Les trois couches nécessaires pour fixer la couleur leur ont fait passer une nuit blanche. Igor Schotten raconte :

Nous avons remonté l’avenue Victor-Hugo avec mon camarade Claude Dubost. La place de l’Etoile était déserte et silencieuse ; c’était très impressionnant. Les Allemands étaient à dix mètres, ils se sont précipités vers nous. Heureusement, des policiers français nous ont aussitôt entourés pour nous protéger et nous ont conduits jusqu’à l’Arc de Triomphe où nous avons déposé notre gerbe. Puis ils nous ont à nouveau escortés jusqu’à l’avenue des Champs-Elysées avant de nous lâcher… On pétait de trouille. J’ai dit à Claude « Enlève la croix de Lorraine que tu portes en insigne », il m’a dit « Jamais ». Il s’est fait arrêter quelques instants plus tard et a passé plusieurs semaines en prison[1].

  • 16 heures : Etudiants et lycéens arrivent de toute part et convergent vers la place de l’Etoile.
  • 16 heures 30 : Les premiers incidents sérieux éclatent.
  • 17 heures 30 : En bas des Champs Elysées, des bagarres ont lieu avec des groupes de jeunes nazis français de Jeune Front et de Garde Française qui ont leur permanence sur l’avenue.
  • 18 heures : La place de l’Etoile est noire de monde. La nuit tombe. Les cris de « Vive la France », « Vive de Gaulle », « À bas Hitler » fusent de partout. Des jeunes portent deux cannes à pêche, « deux gaules » et les cocardes sont légions. La Marseillaise est reprise en chœur. C’est alors que les Allemands prennent position et chargent. Un général allemand dépêché sur place laisse échapper un cri de stupeur : « Mais ce sont des enfants ! ». Pierre Lefranc témoigne :

En remontant les Champs-Élysées, nous avons vu qu’en haut il se passait quelque chose : tout le monde a couru. Et puis j’ai entendu des coups de feu : et la galopade a recommencé. J’ai traversé les Champs-Élysées pour me retrouver à la hauteur de l’actuel Drugstore : je me suis retourné et j’ai vu que les Allemands, déployés en tirailleurs, déblayaient les Champs-Élysées en les descendant au pas de gymnastique. Je me suis engouffré dans la rue de Presbourg, à peu près vide : nouveaux coups de feu — des éclats de pierre tombaient. Avec une dizaine de camarades, nous avons tourné à gauche dans l’avenue Marceau ; c’est là que j’ai été touché par des éclats de grenade à la cuisse gauche : sous l’effet du souffle, je suis tombé par terre. Des Allemands m’ont ramassé et emmené jusque devant le Drugstore, bras en l’air[2].

« Cultivons cette fureur sacrée »

Certains témoins évoquent des morts parmi les victimes. Le choc, caché par la presse pendant plusieurs jours, est terrible. C’est la première fois que se déroule au cœur de Paris une opération des troupes allemandes. Pourtant le bilan n’est pas aussi dramatique : 15 blessés, 1041 arrestations, 123 incarcérations dont 23 longues. A l’université, les suites de la manifestation du 11 novembre se traduisent par une fermeture d’un mois et le limogeage du recteur Gustave Roussy.

Au-delà de ce bilan, quels sont la portée et le sens de cet événement ? La répression a renforcé la prise de conscience de la véritable nature du régime en place : la France avait retrouvé la parole. La réalité de la résistance française prenait le visage de la jeunesse française. Ce sont 5000 jeunes qui ont manifesté, soit une part significative de la population estudiantine. Le caractère spontané et improvisé de la journée lui donne une place à part dans la mémoire collective.

Quelques jours plus tard, le général de Gaulle rendait hommage aux rebelles du 11 novembre en évoquant dans un discours à la BBC « la passion salutaire » qui a soulevé les jeunes manifestants :

 Cette passion c’est la fureur, la bonne fureur, la féconde fureur, à l’égard de l’ennemi et de ses collaborateurs (…) C’est cette sainte fureur, celle de Jeanne d’Arc, celle de Danton, celle de Clemenceau, qui nous rend l’espérance, qui nous fait retrouver les armes. Cultivons cette fureur sacrée pour hâter le jour où la force nous fera justice de nos ennemis et de leurs amis de Vichy[3].

[1] Interview d’Igor Schutten, Le Parisien, 12 novembre 2004.

[2] Cité par P. Giolitto, Histoire de la jeunesse sous Vichy, pp. 408-409.

[3] Allocution du général de Gaulle à la BBC le 25 novembre 1940.

 

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2021/11/le-11-novembre-anecdotes-suites-et-consequences.html

https://www.bleuetdefrance.fr/nos-missions/aides-aux-blesses-de-guerre/

Un autre 11 novembre & Rappel
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Le salon du MIF 2025 : J'en étais, eux aussi

Publié le par Jacques SAMELA.

Le salon du MIF 2025 : J'en étais, eux aussi
Le salon du MIF 2025 : J'en étais, eux aussi
Photos J.S
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Photos J.S
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Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 26/10/25

Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 26/10/25

Photos J.S / Chantilly en force
Photos J.S / Chantilly en force

Photos J.S / Chantilly en force

Le salon du MIF 2025 : J'en étais, eux aussi
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Aujourd'hui s'ouvre la journée du recyclage des terres rares

Publié le par Jacques SAMELA.

Aujourd'hui s'ouvre la journée du recyclage des terres rares
Aujourd'hui s'ouvre la journée du recyclage des terres rares

Recyclage des terres rares et des aimants permanents : une journée autour de la structuration de la filière

https://www.ledauphine.com/economie/2025/10/24/recyclage-des-terres-rares-et-des-aimants-permanents-une-journee-autour-de-la-structuration-de-la-filiere?utm_source=adobe&utm_medium=newsletter&utm_campaign=LDL_dl_entreprises&ii=

Le 24/11/25

 

Dans ce moteur d'une roue de trottinette électrique, les aimants permanents qu'on souhaite recycler constituent la rangée qui entoure les fils de cuivre orange.

Une journée autour du recyclage des terres rares et des aimants permanents, le 7 novembre à Paris, est initiée par le pôle de compétitivité Team2 accompagnant la structuration des filières industrielles recyclage et valorisation des métaux.

« Nous étions peu présents sur la thématique des terres rares, pose Aude Mortier, qui a pensé l'évènement au sein de Team2. Or étant très impliquée dans la structuration de la filière du recyclage des batteries [chemin que prend l'Isèrois MTB] -nous sommes situé dans les Hauts-de-France [où le Grenoblois Verkor installera bientôt sa magfactory ]-, j'ai eu l'impression que la structuration de la filière terres rares prenait le même chemin, allait devoir appliquer les mêmes méthodologies de structuration et rencontrer les mêmes écueils, excepté l'inflammabilité des intrants. Ces difficultés sont la massification des gisements, la collecte, l'organisation de la collecte, le fait d'avoir des gisements variés donc automatiser le démantèlement devient compliqué. Ce sont des produits qu'il faut décomposer pour obtenir une fraction avec un haut degré de pureté. C'est très compliqué. »

 Alors cette journée du 7 novembre veut rassembler au-delà de la petite communauté d'acteurs de premier plan. «Nous voulions faire cette journée pour qu'ils soient entendus, et que leurs problématiques soient entendues par les fonctions support, qui pourraient éventuellement leur apporter des réponses, ou tout du moins œuvrer pour collecter des données socio-économique, industrielle, pour établir des outils législatifs et réglementaires qui leur permettent d'avancer, ou tout du moins de pouvoir avoir accès à ce dont ils ont besoin », espère notre interlocutrice.

Infos pratiques : Le 7 novembre, de 8h30 à 17h, au Groupe des industries métallurgiques (34 av. Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine).

La programmation

Les domaines d'applications explorés au cours de la journée seront :  aimants permanents, piles à combustibles, industrie de l’éclairage et duplication des solutions extractives de la mine urbaine aux déchets miniers (inscriptions ici).

9h. Introduction avec Team2, A3M, Pôle Avenia, CSF TVD

9h15. Évolution des notions géo‑économiques.

10h. Conférence et débats autour des règlementations manquantes, à venir, ou nécessaires : contraintes, évolutions réglementaires avec des interventions Eurométaux, Joint Research Center, DGE, A3M, Afnor, Ecologic, Derichebourg, Ademe.

11h15. Table ronde sur la traçabilité, la collecte et le démantèlement : état de l’art des technologies, des gisements, des besoins et des voies d’amélioration avec Team2, Ensam L2EP, Comet, Ecosystem, Renault, Daimantel, Federrec.

14h30. Différentes voies d’extraction et innovations technologiques pour l’amélioration du recyclage avec MagREEsource*, Caremag, CEA, Orano, Solvay, Reefine Technologies, Oloron PM, Centrale Lille, Université de Lille, Université de Lille/UCCS, Reecover, Remedy.

16h. Ouvertures :

  • Duplication aux déchets miniers - Intervention : Pôle Avenia
  • Utilisation de l’IA - Intervention : Sovereignpialpha

 16h30 - Zoom sur les appels à projets européens en cours avec pôle Team2 et pôle Avenia.

*http://competitiviteinfrance.overblog.com/2023/10/magreesource-recyclage-et-souverainetes.html

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La Commission européenne lance un plan pour assurer l’approvisionnement en terres rares

https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-commission-europeenne-lance-un-plan-pour-assurer-lapprovisionnement-en-terres-rares-2129612?utm_source=20251028%20BRIEF_ALL_PRO%20Le%20brief%20%C3%A9co%20du%20soir%20en%20France%20(20251028_180430)&utm_medium=Newsletters_JDE

Publié le 28 octobre 2025

 

Pour faire face à la dépendance de l’Union européenne à la Chine sur les matières premières critiques et les terres rares, la Commission européenne lance le plan "RESource EU". Son objectif est de créer une filière européenne de recyclage et de stockage et de diversifier les partenariats avec d’autres pays producteurs.

Face aux restrictions de la Chine sur l’accès aux métaux et terres rares, l’Europe répond. La Commission européenne lance le plan "RESource EU" sur les matières premières critiques. "L’objectif est de garantir l’accès de notre industrie européenne à d’autres sources de matières premières critiques à court, moyen et long terme", a déclaré sa présidente Ursula von der Leyen le 25 octobre. Cette annonce avait été esquissée il y a quelques jours à l’occasion d’une réunion avec des industriels.

Stocker et recycler en Europe

Ce plan passera par l’économie circulaire et l’exploitation des matières premières critiques déjà contenues dans les produits vendus en Europe. "Certaines entreprises peuvent recycler jusqu’à 95 % des matières premières critiques contenues dans les batteries", cite notamment la présidente de la Commission. En France, l’entreprise lyonnaise Carester prévoit par exemple de recycler 2 000 tonnes d’aimants et de raffiner 5 000 tonnes de concentrés miniers par an à partir de fin 2026 dans son usine des Pyrénées-Atlantiques.

Le plan RESource EU couvre l’ensemble de la chaîne de production, de l’achat en commun à la constitution des stocks. La Commission européenne va créer un "centre d’achat commun et de stockage des matières premières sur le modèle japonais", a précisé Stéphane Séjourné, vice-président exécutif à la stratégie industrielle, sur X.

Des partenariats avec d’autres pays

"L’Europe ne peut plus faire les choses de la même manière. Nous avons appris cette douloureuse leçon avec l’énergie ; nous n’allons pas la répéter avec les matières critiques. Il est donc temps d’accélérer, et de prendre les mesures qui s’imposent", a prévenu Ursula von der Leyen.

La Commission européenne entend donc stimuler "les investissements dans des projets stratégiques pour la production et la transformation de matières premières critiques". Pour diversifier les sources d’approvisionnement, l’accélération de partenariats avec l’Ukraine, l’Australie, le Canada, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Chili ou le Groenland est également prévue.

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/leconomie-mondiale-a-la-merci-des-metaux-rares-149528/

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/nouveau-code-minier-la-france-va-relancer-son-industrie-miniere-150381/

Aujourd'hui s'ouvre la journée du recyclage des terres rares

Publié dans Agenda

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Aujourd'hui s'ouvre la 13ème édition du MIF Expo Paris 2025

Publié le par Jacques SAMELA.

Aujourd'hui s'ouvre la 13ème édition du MIF Expo Paris 2025
Aujourd'hui s'ouvre la 13ème édition du MIF Expo Paris 2025
Photo J.S

Photo J.S

MIF Expo Paris 

 

https://www.mifexpo.fr/

Du 6 au 9 Novembre 2025

Après une 12ème édition qui a regroupé 1000 exposants et réuni plus de 110 000 visiteurs, MIF Expo vous donne rendez-vous les 6, 7, 8 et 9 novembre 2025 à Paris – Porte de Versailles.

MIF Expo, c’est le plus grand évènement célébrant la fabrication française.

Au programme, de nombreux exposants vous feront découvrir leur savoir-faire et leurs produits et redoubleront d’inventivité pour animer leur stand et vous faire gagner de nombreux cadeaux ! Une belle occasion de découvrir et acheter des milliers de produits de tous secteurs confondus : mode, déco, gastronomie, innovation, high-tech, enfance, tourisme… et bien d’autres encore 

Aujourd'hui s'ouvre la 13ème édition du MIF Expo Paris 2025

Publié dans Agenda

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Duralex, belle réussite

Publié le par Jacques SAMELA.

Duralex, belle réussite
Duralex, belle réussite

Duralex : la verrerie a déjà levé plus de 19 millions d'euros de promesses d'investissements

https://www.franceinfo.fr/economie/industrie/duralex-la-verrerie-a-deja-leve-plus-de-19-millions-d-euros-de-promesses-d-investissements_7596707.html

Publié le 05/11/2025

 

La verrerie Duralex espérait lever 5 millions d'euros auprès de particuliers. L'objectif a été largement dépassé puisque le montant s'élevait à près de 19 millions d'euros dans la soirée du mardi 4 novembre.

Dans la verrerie de Duralex (Nouvelle fenêtre), c'est une journée que les salariés ne sont pas près d'oublier, mardi 4 novembre. Sophie Chaudier, assistante e-commerce, croule sous les appels. "Depuis hier, on s'est transformés en standardistes", confie-t-elle. Des appels de toute la France pour aider financièrement l'usine reprise par ses salariés il y a un an.

Au départ, Duralex espérait attirer de nouveaux investisseurs, avec un objectif : lever 5 millions d'euros auprès de particuliers. L'objectif a été atteint en à peine 5 heures. Mardi soir, le montant s'élevait à près de 19 millions d'euros, un soulagement pour les salariés. "Ça va servir à investir, à rafraîchir notre usine. On aura des nouveaux moules, des nouveaux articles, des nouveautés", explique Suliman El Moussaoui, technicien relais qualité chez Duralex Scop.

Les habitants d'Orléans rassurés

Pour Arnaud d'Ussel, un entrepreneur, miser sur Duralex était une évidence. "J'ai investi 5 000 euros. Déjà, c'est une société française, une société reprise par ses salariés. Et puis, c'est une boîte aussi qui a un beau chiffre d'affaires", affirme-t-il.

À Orléans (Loiret), l'usine est un symbole. Les habitants sont rassurés. "C'est très important parce que moi, je la vois depuis que je suis tout petit. Cela fait toujours bien de voir un peu d'économie locale dans notre secteur", déclare l'un d'entre eux. Des promesses d'investissement qui doivent toutes être confirmées courant novembre.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2024/05/duralex-vraiment-incassable.html

Photos J.S
Photos J.S
Photos J.S
Photos J.S

Photos J.S

Duralex célèbre ses 80 ans avec l’ouverture d’un café-boutique à Paris

https://www.homefashionnews.fr/duralex-celebre-ses-80-ans-avec-louverture-dun-cafe-boutique-a-paris/

 

En partenariat avec Loïc Ballet, la verrerie française investit une épicerie du 11e arrondissement pour y proposer une expérience gourmande et design à son image.

À l’occasion de son 80e anniversaire, Duralex inaugure un nouveau lieu hybride au cœur du 11e arrondissement parisien, au sein de L’Épicerie de Loïc B. (7 rue Sedaine). Pensé comme un café-boutique, cet espace de 80 m² met en scène les collections iconiques de la marque dans un décor coloré et chaleureux, entre mobilier d’époque et atmosphère conviviale.

Le projet est né en 2024 de la rencontre entre Vincent Vallin, directeur stratégie et développement de Duralex, et Loïc Ballet, chroniqueur gastronomique. Tous deux partagent une même vision : promouvoir une consommation locale, durable et accessible. Moins d’un an plus tard, cette idée commune prend forme autour du Café Duralex, qui incarne l’art de vivre à la française.

Côté boutique, les verres colorés emblématiques — longtemps absents des étagères parisiennes — sont mis en avant dans des compositions personnalisables. Une ligne de vêtements Duralex viendra compléter l’offre dès le mois de juin. Côté comptoir, la carte fait la part belle aux produits français d’exception, servis du petit-déjeuner à l’apéro dans la vaisselle maison.

https://epiceriedeloicb.com/

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Le château de Chantilly, j'en reviens, allez-y

Publié le par Jacques SAMELA.

Le château de Chantilly, j'en reviens, allez-y
Le château de Chantilly, j'en reviens, allez-y
Photos J.S / Vues d'extérieurs
Photos J.S / Vues d'extérieurs

Photos J.S / Vues d'extérieurs

Photos J.S /
Photos J.S /

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Photos J.S / Vues d'extérieurs
Photos J.S / Vues d'extérieurs

Photos J.S / Vues d'extérieurs

Photos J.S / Ses jardins et ses chemins forestiers
Photos J.S / Ses jardins et ses chemins forestiers
Photos J.S / Ses jardins et ses chemins forestiers
Photos J.S / Ses jardins et ses chemins forestiers
Photos J.S / Ses jardins et ses chemins forestiers

Photos J.S / Ses jardins et ses chemins forestiers

Photos J.S / Le château à d'autres époques
Photos J.S / Le château à d'autres époques
Photos J.S / Le château à d'autres époques

Photos J.S / Le château à d'autres époques

Photo J.S

Photo J.S

Photos J.S / La galerie de peinture (1)
Photos J.S / La galerie de peinture (1)
Photos J.S / La galerie de peinture (1)
Photos J.S / La galerie de peinture (1)

Photos J.S / La galerie de peinture (1)

Photos J.S / La galerie de peinture (2)
Photos J.S / La galerie de peinture (2)
Photos J.S / La galerie de peinture (2)
Photos J.S / La galerie de peinture (2)

Photos J.S / La galerie de peinture (2)

Photos J.S / Pièces diverses (1)
Photos J.S / Pièces diverses (1)
Photos J.S / Pièces diverses (1)
Photos J.S / Pièces diverses (1)

Photos J.S / Pièces diverses (1)

Photos J.S / Pièces diverses (2)
Photos J.S / Pièces diverses (2)
Photos J.S / Pièces diverses (2)

Photos J.S / Pièces diverses (2)

Photos J.S / Autres oeuvres
Photos J.S / Autres oeuvres
Photos J.S / Autres oeuvres
Photos J.S / Autres oeuvres

Photos J.S / Autres oeuvres

Photos J.S / Tableaux de Raphaël
Photos J.S / Tableaux de Raphaël
Photos J.S / Tableaux de Raphaël

Photos J.S / Tableaux de Raphaël

Photos J.S / Le cabinet des livres (1)
Photos J.S / Le cabinet des livres (1)

Photos J.S / Le cabinet des livres (1)

Photos J.S / Le cabinet des livres (2)
Photos J.S / Le cabinet des livres (2)
Photos J.S / Le cabinet des livres (2)

Photos J.S / Le cabinet des livres (2)

Photos J.S / Le cabinet des livres (3)
Photos J.S / Le cabinet des livres (3)
Photos J.S / Le cabinet des livres (3)

Photos J.S / Le cabinet des livres (3)

Photos J.S / La chapelle
Photos J.S / La chapelle
Photos J.S / La chapelle

Photos J.S / La chapelle

Photos J.S
Photos J.S
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Photos J.S

Photos J.S / Le Duc d'Aumale
Photos J.S / Le Duc d'Aumale

Photos J.S / Le Duc d'Aumale

Photo J.S / Les Grandes Ecuries

Photo J.S / Les Grandes Ecuries

Le château de Chantilly, j'en reviens, allez-y
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La DGA, certainement pas une agence quelconque

Publié le par Jacques SAMELA.

La DGA, certainement pas une agence quelconque
La DGA, certainement pas une agence quelconque

Alors que la France se doit d’engager une transformation profonde de son outil de défense* afin de tenir son rang pour peser dans le concert des puissances militaires de demain, il est une agence, créée en 1961 par le général de Gaulle, qui justement par ses actions a permis tout au long de ces années à notre pays d’honorer à plusieurs reprises son statut, non démenti encore aujourd’hui, au contraire.

Son nom d’origine, la DMA ou Délégation ministérielle pour l’armement, et désormais, depuis un décret de 1977, la DGA ou Direction Générale de l’Armement.

L’idée première de cette création était donc de doter la France d’une force de dissuasion nucléaire, mais aussi de forces armées indépendantes, capables de répondre à un besoin souverain de se défendre, sans pour autant dépendre de qui que ce soit.

Et donc, si la France est aujourd’hui positionnée au 7ème rang des puissances militaires mondiales, la 1ère en Europe, c’est justement grâce à cette agence hors normes, et copiées de par le monde que nous le devons.

Mais quelles sont ses secrets pour justement attirer autant l’attention de pays comme l’Afrique du sud, l’Espagne et bien d’autres ?

De cela aucunes fuites à espérer, mais par contre des missions primordiales et toujours autant attendues pour pérenniser sa vocation première, qui est celle d’équiper les forces armées et préparer l'avenir. 

Et notamment ce que l’on appelle le nerf de la « guerre » avec un investissement financier à hauteur de près de 20 milliards chaque année, servant à soutenir l’innovation technologique, le développement de nouveaux équipements, ainsi que l’acquisition de nouveaux matériels pour une utilisation efficace de la part des armées.

Vu et lu dans La Tribune Dimanche / Supplément Argent du 26/10/25

Vu et lu dans La Tribune Dimanche / Supplément Argent du 26/10/25

Ensuite, sur des aspects plus techniques, la préparation des futurs systèmes de défense, la conduite des programmes d'armement, l'expertise scientifique et technique, les essais et évaluations des équipements et des systèmes de défense, représentant, tout en maintenant également des relations internationales dans le domaine de l’armement, avec entre autres une présence internationale dans plus de 20 pays, à l’Otan et bien évidemment au sein de l’UE, le cœur même de son positionnement stratégique pour maintenir une certaine pérennité et compétitivité du tissu économique et industriel français.

Sans oublier également l’apport journalier des dix mille et plus femmes et hommes, civils et militaires (20 %), ingénieurs, experts, cadres (60 %), disséminés sur les 18 sites hexagonaux, dont 9 centres d’expertise et d’essais, assurant s’il en est la création de passerelles vers le monde économique, celui des grands groupes industriels**, des PME, des start-ups (de plus en plus), ou encore le monde académique, avec des laboratoires de recherche, des écoles de renoms, afin d’y trouver justement des synergies entre des mondes parfois très éloignés.

Eloignés, mais finalement pas tant que cela, car rejoignant de plus en plus les besoins technologiques de nos armées aujourd’hui, ce que la DGA a bien compris avec l’Agence de l’innovation de défense ou AID***, placée sous sa responsabilité depuis le 1er septembre dernier, et dont les projets consistants à développer des technologies sur le long terme pour garantir la supériorité opérationnelle et l’autonomie stratégique des armées françaises, à accélérer les processus d’innovation, à favoriser l’innovation dite participative, notamment de la part du personnel civil comme militaire du ministère des armées, permettront la détection voire l’émersion de nouvelles technologies.

Rejoignant grandement l’un des objectifs de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 (https://www.defense.gouv.fr/ministere/politique-defense/loi-programmation-militaire-2024-2030/loi-programmation-militaire-2024-2030-grandes), qui, avec un budget de 10 milliards d’Euros dédiés, et donc le désir d’accentuer les efforts pour accroitre l’innovation au sein des forces armées, doit répondre à la consolidation de la supériorité technologique de celles-ci pour répondre cette fois-ci aux nouvelles menaces que nous découvrons chaque jour, et que nous appelons désormais hybrides ( https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_156338.htm).

Donc oui, la DGA n’est certainement pas une agence quelconque, car de ses actions dépend plus que jamais de notre capacité à nous défendre, seuls ou bien accompagnés, mais aussi comme l’a dit un certain Végèce (https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9g%C3%A8ce), « Si vis pacem, para bellum » ou « si tu veux la paix, prépare la guerre », mais sans occulter également de ne pas se trouver dépourvu au moment venu ou la paix, malheureusement, ne serait plus d’actualité.

* https://www.defense.gouv.fr/actualites/comment-france-se-prepare-haute-intensite

** https://vipress.net/thales-va-developper-le-plus-grand-radar-europeen-de-surveillance-de-lespace-depuis-la-terre/

***https://www.defense.gouv.fr/aid/mieux-nous-connaitre/presentation-lagence

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.defense.gouv.fr/dga/nous-connaitre/presentation-direction-generale-larmement

.https://fr.wikipedia.org/wiki/Direction_g%C3%A9n%C3%A9rale_de_l%27Armement#:~:text=La%20DGA%20a%20trois%20missions,promouvoir%20les%20exportations%20d'armement.

. https://www.lajauneetlarouge.com/la-dga-une-reconnaissance-internationale/

 

Rappel :

. http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/06/l-industrie-de-defense-innovations-exportations-emplois.html

 

Agenda :

. https://www.defense.gouv.fr/fid

La DGA, certainement pas une agence quelconque

Publié dans L'entreprise du mois

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K-Way fête ses 60 ans

Publié le par Jacques SAMELA.

K-Way fête ses 60 ans
K-Way fête ses 60 ans

A l'occasion de son 60ème anniversaire, la marque K-Way célèbre ses 6 décennies de style et d'innovation à travers une exposition éphémère.

https://www.paris.fr/evenements/exposition-k-way-in-y-our-life-a-l-atelier-richelieu-paris-99479

Après Milan et Londres, In Y/Our Life arrive à Paris, marquant l’étape finale d’un projet d’exposition en constante évolution. À l’occasion de l’Art Week d’Art Basel, l’historique Atelier de Richelieu accueillera une exposition mêlant art, design et vision contemporaine pour célébrer les 60 ans de K-Way®.

Sous la direction de Gianluigi Ricuperati, In Y/Our Life se présente comme un récit multidisciplinaire, poétique et collectif : une exploration du quotidien à travers des objets, des images et des matériaux emblématiques, en collaboration avec des marques symboliques de la culture pop mondiale et des artistes venus du monde entier.

Paris – ville de transformation – est le décor idéal pour clore ce voyage qui a rassemblé perspectives, histoires et réflexions autour de thèmes tels que l’identité, le temps et la mémoire collective.

En plus des artistes déjà présents lors des deux étapes précédentes, l’événement parisien propose de nouvelles collaborations, de nouvelles performances et expressions artistiques avec des figures de la scène artistique internationale.

Point d’orgue du projet, le K-Way Café représente le cœur convivial de l’exposition. Un espace qui rend hommage à la culture des cafés parisiens, conçu comme un lieu chaleureux et dynamique, offrant nourriture, boissons et moments d’échange. Le café devient une galerie chromatique où œuvres, objets et pièces d’archives sont présentés selon leur couleur.

In Y/Our Life propose également un programme riche de conférences, d’ateliers et d’activités interactives avec des artistes et des communautés locales. Une salle est dédiée à la personnalisation de l’iconique Le Vrai, offrant une expérience créative et participative.

Enfin, l'ouvrage commémoratif « K-Way, 60 ans » de l'auteur Pascal Monfort retraçant l’histoire de la marque à travers des images d’archives et contemporaines, des témoignages et des récits sera disponible à l’achat dans la boutique de l’exposition, accompagné d’objets co-brandés réalisés avec les marques partenaires.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2022/08/k-way-le-chemin-du-retour-episode-8-et-fin.html

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Compétitivité & Réindustrialisation : La France doit mieux faire

Publié le par Jacques SAMELA.

Compétitivité & Réindustrialisation : La France doit mieux faire
Compétitivité & Réindustrialisation : La France doit mieux faire

Les Scandinaves en tête de la compétitivité mondiale, la France en deuxième division

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/les-scandinaves-en-tete-de-la-competitivite-mondiale-la-france-en-deuxieme-division-2194783#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_email_type=retention&utm_campaign=lec_matinale_gratuite&utm_email_send_date=20251027

Publié le 27 oct. 2025

Les pays scandinaves trustent les premières places du classement mondial de la compétitivité élaboré par le cabinet Eight Advisory. Cette évaluation classe la France seulement à la 17e place.

 

Ça pourrait être pire, mais peut vraiment mieux faire. La France figure à une modeste 17ème place sur 58 pays concentrant les trois quarts de l'humanité dans le classement de compétitivité établi par le cabinet de conseil en stratégie et finances Eight Advisory publié ce lundi.

Ce classement synthétique après enquête dans tous les membres de l'OCDE, plus la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Ethiopie, le Nigeria, l'Egypte, le Kenya, l'Arabie saoudite, l'Afrique du Sud et une demi-douzaine de tigres d'Asie du Sud-Est, ou d'Amérique latine, établit que les sept pays à la compétitivité synthétique (économie, enseignement, soutenabilité, cohésion sociale) la plus élevée sont tous les pays scandinaves, plus la Suisse, les Pays-Bas et l'Irlande. Visiblement « small is beautiful » en matière de compétitivité d'un pays et être situé en Europe du Nord constitue un avantage décisif.

La France devant les Etats-Unis

Cette « première division » est suivie par un groupe de « puissances tranquilles », toutes européennes, Allemagne (10e), Royaume-Uni, Benelux, France (17e), ainsi qu'Australie et Canada. La France est nettement handicapée par son économie sur ce critère, puisqu'elle figure au 30e rang sur 58, notamment la faute à une calamiteuse 53e place en matière de désincitation fiscale ! Mais elle est sauvée par son classement à la sixième place dans l'enseignement, ce qui peut surprendre mais s'explique par la forte proportion d'enfants scolarisés et la qualité de son tissu de grandes écoles.

Elle figure donc, surprise, deux places devant les Etats-Unis, handicapés sur le plan de la cohésion sociale et la soutenabilité environnementale, ainsi que l'Italie, malgré ses bons résultats économiques liés à son tissu de PME familiales, au sein d'un troisième groupe regroupant surtout l'Europe de l'Est. Le quatrième groupe compte la Grèce, la Hongrie, le Brésil et… la Chine, 38e, handicapée sur le plan environnemental et social, mais très performante (16e) sur l'enseignement. En queue de peloton, l'Inde, le Vietnam, l'Arabie saoudite, le Mexique, l'Argentine et la Turquie, ainsi que les principaux pays africains.

Quatre piliers qui se conjuguent

L'enquête du cabinet établi dans une trentaine de pays et élaborée à partir de 28 indicateurs allant du PIB à la proportion d'enfants scolarisés et l'efficacité de la dépense publique, montre que la compétitivité ne peut pas se définir selon un seul paramètre, mais plutôt par la force combinée de quatre « piliers ». « Un vibrant climat des affaires, de la stabilité sociale, un enseignement de qualité et une soutenabilité sur le plan environnemental » sont les quatre ingrédients clés de la compétitivité internationale d'un pays, souligne le rapport.

Si le PIB par habitant est essentiel, car pas de bien-être sans revenu moyen élevé, et nourrit la dynamique d'un pays de concert avec les infrastructures et la numérisation, force est de constater que « la puissance économique seule peine à fournir une compétitivité durable : un enseignement de qualité nourrit l'innovation et l'adaptabilité. Un haut degré de confiance mutuelle au sein de la population et de libertés individuelles crée la stabilité qui soutient l'investissement et les performances économiques ».

En clair, chacun de ces quatre piliers nourrit les autres. Le rapport cite la liberté de la presse et la lutte contre la corruption parmi les facteurs les mieux corrélés avec la compétitivité et ajoute qu'un niveau élevé de taxation, comme le montrent les pays scandinaves, n'est pas rédhibitoire… à condition que l'argent public soit bien utilisé !

Yves Bourdillon

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La France : entre résilience et fragilité

https://www.ecoreseau.fr/expressions/tribune-libre/la-france-entre-resilience-et-fragilite-2025-10-26-117505?utm_campaign=Lundi%2027102025&utm_medium=email&utm_source=brevo

Le 26 octobre 2025

 

TRIBUNE. Chaque jour, la France continue de fonctionner comme si rien n’était menacé. Les métros circulent, les hôpitaux soignent, les écoles ouvrent, les services publics répondent présents… Et pourtant, derrière cette apparente normalité, se cache une fragilité désormais structurelle. Avec plus de 43 % de son PIB prélevé sous forme d’impôts et de cotisations, le pays reste riche et protecteur, mais cette générosité fiscale pèse désormais fortement sur sa compétitivité et sa prospérité future. Par Étienne Gorgeon, responsable gestion obligataire chez Sanso Longchamp AM. 

 

Comme le dit la maxime : « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console. » Jamais elle n’a été aussi vraie pour notre pays. À la différence des États-Unis, où un shutdown peut paralyser l’administration fédérale et suspendre le paiement de centaines de milliers de fonctionnaires, la France échappe à une interruption brutale.

Et elle n’est pas seule à connaître des tensions institutionnelles : il aura fallu attendre mardi 21 octobre avant d’avoir un premier ministre au Japon (Sanae Takaichi est devenue la première femme nommée à la tête du gouvernement japonais, ndlr), preuve que l’instabilité politique est un phénomène mondial, et non l’apanage de notre Ve République.

La pression fiscale, frein à l’avenir

La France porte en elle des fragilités qu’il devient urgent d’affronter. La pression fiscale reste parmi les plus élevées des pays développés, atteignant 43,8 % du PIB en 2023, contre 34 % en moyenne dans l’OCDE. Les dépenses publiques, à près de 57 % du PIB, témoignent d’un État-providence généreux… mais une générosité qui bride notre capacité à investir dans l’avenir.

La dette publique, autour de 113-115 % du PIB, continue de croître. Pourtant, la charge nette d’intérêts reste contenue à 3,8 % des recettes publiques, bien inférieure à celle des États-Unis (18 %) ou de l’Italie (9 %) et seulement légèrement au-dessus de l’Allemagne (2 %). La France n’est donc pas au bord du gouffre financier, mais sa marge de manœuvre s’érode lentement, et chaque renoncement économique devient plus contraignant. La suspension de la réforme des retraites illustre l’incapacité chronique du pays à assurer la soutenabilité de son modèle social, un renoncement de plus qui creuse le sillon du déclin.

Riche aujourd’hui, mais pour combien de temps ?

Le véritable enjeu n’est pas la crise immédiate, mais l’appauvrissement relatif à long terme. Faute d’investissements substantiels dans les secteurs stratégiques, éducation, innovation, transition énergétique, technologies de pointe, la France risque de décrocher dans la compétition mondiale.

Le ralentissement de notre compétitivité nous expose à un décrochage progressif face à nos voisins européens et aux puissances émergentes.

Pourtant, il y a de quoi se consoler… un peu. Le PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat) a progressé de plus de 20 % en dix ans, et notre rang international est resté globalement stable. Nous restons un pays riche. Mais la richesse actuelle ne garantit pas celle de demain. La France doit agir, réformer et investir, si elle veut rester une puissance influente et compétitive.

En somme, la France tient encore debout quand elle se compare… mais faute de réformes, elle pourrait devoir chercher sa consolation du côté du FMI.

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Réindustrialisation En France, des outils existent pour relocaliser l’industrie, mais ils sont mal utilisés

https://www.ledauphine.com/economie/2025/10/24/en-france-des-outils-existent-pour-relocaliser-l-industrie-mais-ils-sont-mal-utilises?utm_source=adobe&utm_medium=newsletter&utm_campaign=LDL_dl_entreprises&ii=

Le 27/10/25

L’État déploie des moyens financiers importants pour inciter les entreprises à rapatrier leur production. Mais l’accès à ces dispositifs reste complexe, leur efficacité difficile à mesurer et leurs effets parfois ambivalents, entre soutien réel, effets d’aubaine et stratégies opportunistes.

Depuis la pandémie de Covid-19, la nécessité de reconquérir une base industrielle est devenue une priorité politique. Les relocalisations industrielles apparaissent alors comme une mesure phare de la réindustrialisation. Pour encourager cette mesure, l’État déploie massivement une panoplie d’aides : subventions, appels à projets, dispositifs comme France Relance ou France 2030, favorisant la relocalisation. À cela s’ajoute la commande publique, présentée comme un levier d’entraînement et de soutien de la production locale. Mais quel est le degré d’accessibilité et d’efficacité réelle de ces soutiens ?

Des aides publiques massives mais difficilement accessibles

Celles-ci sont devenues l’instrument central de la politique de relocalisation. Pourtant, leur efficacité est difficile à évaluer. D’abord parce qu’accéder à ces aides n’est pas si facile pour les entreprises, notamment pour les plus petites. Nombre de ces dernières dénoncent une gestion administrative trop complexe, qui freine la sollicitation et l’accès auxdites aides.

Ces aides font parfois l’objet d’un détournement d’utilisation. En effet, certaines entreprises « chasseuses de prime » utilisent les aides disponibles dans les territoires sans s’installer durablement. Certaines aides peuvent être acquises par l’entreprise a posteriori, une fois que la relocalisation a bien été effectuée mais cela s’apparente alors à un « effet d’aubaine » et non comme un élément déterminant de la relocalisation. Certaines entreprises n’utilisent pas ces aides comme un soutien déclencheur de la relocalisation de leur activité, mais plutôt comme un accompagnateur.

La commande publique : un levier sous-exploité et peu conditionné

La commande publique représente environ 8 % du PIB en France. Privilégier le « Fabriquer en France » pour les achats publics permet à l’État de soutenir nombre d’entreprises et ainsi de participer à la réindustrialisation du pays.

La société Fil Rouge en est un bon exemple. Entreprise dans le secteur du textile, elle a notamment pu bénéficier de cette commande publique lors des Jeux olympiques (JO) de Paris 2024. L’entreprise a honoré une commande de Paris 2024, en collaboration avec d’autres entreprises de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur : c’est elle qui a produit 100 000 tee-shirts pour les volontaires des JO.

La SNCF a fait de même. La PME de Villefranche-sur-Saône, Cepovette Safety, spécialisée dans le vêtement de protection, va fournir près de 280 000 vêtements à l’entreprise ferroviaire. Auparavant, ces produits étaient fabriqués à base de coton venu d’Asie. Dorénavant, ces nouveaux vêtements sont confectionnés à partir de lin français*, ce qui vient souligner l’engagement de la SNCF pour l’environnement et la réindustrialisation du territoire. Cette initiative est réalisée en collaboration avec Terre de lin, premier producteur de lin mondial en Normandie et Tenthorey, tisseur français dans le Grand Est.

Les acheteurs publics ne mobilisent pas tous le levier de la commande publique, et font même parfois machine arrière. C’est le cas de l’armée française, qui confiera la confection de certains uniformes à Paul-Boyer Technologie, entreprise française délocalisée à Madagascar. Elle se fournissait auparavant auprès de l’entreprise Mark et Balsan, ce qui contraint cette dernière à fermer une de ses usines, qui comptait 66 employés à Calais. Cette décision a suscité de vives réactions ainsi qu’une certaine incompréhension.

De manière générale, la dépendance aux achats publics peut avoir de graves conséquences lorsque ceux-ci ralentissent. En 2024, Lucibel, entreprise spécialisée dans l’éclairage LED, en a fait les frais. Après des commandes régulières de la part des musées nationaux, ses principaux clients, pour leurs éclairages, tout a changé à l’approche des Jeux olympiques. Les subventions dont bénéficiaient les musées auraient été redirigées vers les JO, et les achats de la part des musées ont cessé cette même année pour Lucibel et ses éclairages LED.

Bien que les achats publics puissent jouer un rôle indéniable pour certaines entreprises, le recours à la commande publique comme outil de politique industrielle reste en grande partie marginal et encore à construire. L’ancien ministre Arnaud Montebourg met notamment en lumière une fragmentation des acheteurs publics entre les différents niveaux de collectivités. Il souligne la différence du nombre d’acheteurs publics avec l’Allemagne : 120 000 acheteurs publics en France, contre seulement 3 000 en Allemagne.

Centraliser les acheteurs publics et mettre en place une stratégie commune d’achat semble alors nécessaire, mais difficile à réaliser en France sans volonté politique, pour faire de la commande publique un véritable levier de la relocalisation.

Quelle stratégie industrielle derrière les outils ?

Au fond, la faiblesse principale de l’action publique réside moins dans ses moyens que dans leur mise en œuvre. L’État, comme les entreprises, peut prendre des dispositions afin de renforcer son efficacité.

Pour les entreprises, mettre en place une veille stratégique et intégrer les aides publiques en amont du projet permettraient de mieux les mobiliser lors d’une stratégie de relocalisation. Du côté des pouvoirs publics, simplifier l’accès aux aides et s’adapter aux besoins réels du terrain faciliteraient la coordination entre les pouvoirs publics et les entreprises, en répondant clairement à leurs besoins.

De plus, la mise en place d’un suivi des activités de l’entreprise qui prendrait en compte le taux de maintien de l’activité, le nombre d’emplois créés, la contribution à l’écosystème local, etc., reste encore marginale mais gagnerait à être implémentée à grande échelle. Sans aperçu concret des résultats, il reste compliqué d’évaluer le ciblage et l’efficacité des soutiens publics.

Catherine Mercier-Suissa, Professeure des Universités en sciences économiques, iaelyon School of Management – Université Jean Moulin Lyon 3 et Daniel Suissa, Responsable pédagogique master management industriel, ESDES - UCLy (Lyon Catholic University)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original

*https://competitiviteinfrance.overblog.com/2022/10/industrie-territoires-le-lin-il-coche-presque-toutes-les-cases.html

 

Compétitivité & Réindustrialisation : La France doit mieux faire

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Le Louvre malgré tout ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Le Louvre malgré tout ?
Le Louvre malgré tout ?

Renaissance du Louvre : entre gloire et fissures, quel avenir pour le plus grand musée de France ?

https://www.ecoreseau.fr/art-de-vivre/culture/renaissance-du-louvre-entre-gloire-et-fissures-quel-avenir-pour-le-plus-grand-musee-de-france-2025-10-23-117447?utm_campaign=Vendredi%2024102025&utm_medium=email&utm_source=brevo

Le 23 octobre 2025

 

Le cambriolage du Louvre, dimanche 19 octobre, met en lumière les difficultés rencontrées par le plus grand musée de France. À la suite d’une note alarmante de sa présidente évoquant de nombreuses « avaries » menaçant à la fois la sécurité des visiteurs et la préservation des œuvres, Emmanuel Macron avait annoncé, fin janvier 2025, une « nouvelle renaissance » du musée. Marie-Alix Molinié-Andlauer (docteure à Sorbonne Université) avait alors listé pour The Conversation les grands enjeux de ce chantier.

Problèmes de sécurité, équipements techniques obsolètes, climatisation défaillante pour les œuvres, ascenseurs en panne pour les personnes à mobilité réduite… Le Louvre se délite à vue d’œil et pourtant ce musée continue à attirer toujours plus de monde (9 millions d’entrées en 2024).

Les chiffres de fréquentation témoignent d’une tension entre l’attractivité de ce musée et les contraintes structurelles liées au bâtiment – un ancien palais royal empêchant d’accueillir plus de visiteurs. La particularité de ce géosymbole est sa proximité avec le pouvoir, notamment le pouvoir présidentiel. Les grands travaux du Louvre sont impulsés en 1981 par le président Mitterrand ; en 2000, le président Chirac inaugure le pavillon des Sessions ; en 2012, c’est au tour du président Hollande d’inaugurer le nouveau département des arts de l’Islam. En 2017, Emmanuel Macron célèbre sa victoire devant la pyramide et, en 2025, il annonce la « nouvelle renaissance » du Louvre.

C’est toute la particularité du musée du Louvre qui, au-delà d’un patrimoine national, est un véritable symbole. Outre ces événements, le musée accueille régulièrement des visites d’État pour montrer une certaine image de la culture française. Pourtant, celle-ci n’est pas un bloc homogène. Elle se conjugue au pluriel et aujourd’hui elle se morcelle dans la société, mais également dans et au-delà des murs du plus grand musée de France.

Les ambitions contemporaines des président(e)s

Parmi les annonces d’Emmanuel Macron pour cette « nouvelle renaissance du Louvre », la première est le déplacement du tableau le plus emblématique du musée, la Joconde (symbole de la période Renaissance). Actuellement, elle est exposée dans la salle des États et est entourée d’une quarantaine d’œuvres, devenues invisibles tant cette voisine captive le public. L’idée serait de la déplacer sous la Cour carrée, pourtant située en zone inondable, à proximité de la nouvelle entrée du musée. Munis d’un billet spécial, les visiteurs pourraient alors la contempler dans un espace qui resituerait l’œuvre dans l’histoire de l’art. Une expérience 100 % Joconde serait donc proposée.

La deuxième annonce est celle d’une entrée au niveau de la colonnade, de Perrault, à l’est du musée. Cet espace, entouré par les « fossés Malraux » est peu accueillant et peu praticable en temps de pluie, accentuant la rupture avec la ville. Intégrer une nouvelle entrée à cet endroit permettrait de redéfinir et désengorger les circulations au sein du musée.

En revanche, le déplacement d’une telle entrée ne doit pas résulter d’un déplacement du problème d’un point A vers un point B. Il s’agit de réfléchir à comment mieux intégrer des entrées – ce qui en contexte Vigipirate relève de l’exploit – pour repenser la circulation dans sa globalité et une meilleure relation entre le Louvre et la ville. Car, outre les fossés qui sanctuarisent le musée au cœur de la ville, les différentes architectures urbaines –renaissance et néoclassique du musée et haussmanniennes pour les bâtiments voisins – accentuent cette rupture. Il y aurait une réflexion architecturale à mener pour redessiner cette partie du paysage urbain de Paris à l’aide d’un travail de « contraste retardé » qui favoriserait l’articulation entre les espaces.

Enfin vient l’idée d’un tarif plus élevé pour les visiteurs étrangers extra-européens. Cette augmentation comblerait en partie le manque à gagner pour enclencher toutes ces mesures. Emmanuel Macron a indiqué qu’elles ne coûteraient pas un centime aux contribuables. Pourtant, le coût des travaux serait estimé à plus de 700 millions d’euros, une somme vertigineuse quand on connaît le contexte économique actuel.

On peut notamment s’interroger sur la possibilité de mettre en place cette tarification spéciale sans porter atteinte à la protection des données personnelles. Y aura-t-il une obligation d’acheter son billet en ligne et d’y présenter son passeport ? Des files seront-elles créées, comme à l’aéroport, avec une ligne pour « Européens » et une autre pour le public « extra-européens » ? En ces temps troublés, l’idée d’une mesure stigmatisante des étrangers extra-européens ne devrait pas trouver écho au sein d’un lieu de culture et, qui plus est, au sein d’un lieu aussi emblématique que le musée du Louvre.

Emmanuel Macron parle de pouvoir accueillir 12 millions de visiteurs d’ici 10 à 15 ans. Avec ses couloirs étriqués et son architecture patrimoniale contrainte par le respect des normes des architectes des bâtiments de France, l’ancien palais royal ne peut absorber tant de visiteurs dans de bonnes conditions. Pourtant, le financement des travaux reposerait principalement sur la billetterie. En effet, si on reprend les quatre principales ressources du musée en 2023, en dehors des subventions de l’État qui sont autour de 100 millions d’euros, la première ressource est la billetterie (95,9 millions d’euros).

Depuis 2016, le mécénat est une ressource de plus en plus importante pour le musée du Louvre.

Viennent ensuite d’autres pôles qui seraient également mis à contribution : la licence de la marque Louvre Abu Dhabi (83,1 millions d’euros qui émanent de l’accord intergouvernemental signé en 2007 entre la France et les Émirats arabes unis et prolongé de 10 ans, jusqu’en 2047), la valorisation du domaine (25,2 millions d’euros) et le partenariat médias et mécénat (20,6 millions d’euros). Pour le mécénat, on suppose l’implication du groupe LVMH, ainsi que d’autres événements régulièrement accueillis par le musée. S’il est considéré comme fonds propre, il ne faut pas oublier que le mécénat est défiscalisé de 40 à 60 %, donc en partie payé par les contribuables.

Le symbolisme du Louvre confronté aux réalités du terrain

La question du financement de ces travaux laisse les syndicats du musée du Louvre circonspects. Plus largement, les annonces suscitent un accueil très mitigé. Aussi séduisantes soient-elles, elles paraissent déconnectées de la réalité du terrain, bien moins glamour, que vivent les salariés, contractuels et prestataires du fait des conditions de travail et d’accueil.

Ces grandes annonces traduisent un arbitrage difficile : opter pour un fonctionnement normal avec une jauge gérable au sein d’un musée hors norme, ou choisir un fonctionnement à flux tendu pour répondre à la demande d’un public toujours plus grand et désireux de visiter un symbole culturel.

Au-delà de l’expérience muséale, il y a une dimension pratique et matérielle. En 2016, le « projet Pyramide » à 53,5 millions d’euros était censé améliorer l’accueil des visiteurs face à la structure vieillissante de l’entrée principale, souvent assimilée à un hall de gare. Il n’a pas permis de réel changement, si ce n’est que les sorties se font par le Carrousel. Or, les individus de passage suffoquent aux premières chaleurs sous cette structure de verre. Dans le département des arts de l’Islam, la proximité avec la Seine provoque des odeurs parfois désagréables et, en temps de crue, les réserves sont en alerte. Le déménagement de certaines de ces réserves vers le Centre de conservation et de ressources à Liévin (Pas-de-Calais), non loin du Louvre-Lens, répond en partie à ce besoin de préservation et conservation des œuvres. Le musée est inadapté aux changements climatiques et aux pratiques muséales.

Penser le Louvre dans un maillage culturel et sociétal

Dans ce projet, il y a une ambiguïté entre une volonté de mieux intégrer le musée à son territoire et l’accueil de ces 12 millions de visiteurs. Car, que ce soit le Louvre ou son territoire alentour, aucun des deux ne peut absorber 12 millions de visiteurs par an, en termes de gestion des flux. A titre de comparaison, le MET ou le British Museum accueillent moins de 6 millions de visiteurs par an. Le Louvre n’est pas un vaisseau déterritorialisé et sanctuarisé, il s’inscrit dans un territoire avec toute sa complexité.

Peut-être devrait-il plutôt être question de repositionner le musée dans la société, de favoriser une meilleure expérience qualitative du musée et de son territoire alentour ? Le Louvre est au cœur de Paris, dans un maillage culturel dense. Ces lieux de la culture doivent pouvoir se répondre pour permettre de changer de perspectives sur le Louvre et pour mieux le comprendre dans son ensemble urbain. Cette dimension territoriale ne peut se lire sans la dimension sociale attachée au musée : les discours proposés et les œuvres montrées sont autant de portes vers la confrontation à l’altérité.

La dimension symbolique et la notoriété du Louvre sont fortes. Ce musée en arrive à la fois à être désincarné de toute forme de spatialité et à incarner à lui seul la France. En 2017, le candidat Macron avait indiqué son intention de mettre en chantier le pays à coup de réformes successives. Après Notre-Dame de Paris, le Louvre deviendra un chantier de plus, mais à destination de quelle France ?

Le Louvre a également une dimension politique dans le sens noble du terme. Lieu de pouvoir, lieu de rencontre, lieu de revendication contre des mécènes aux pratiques environnementales douteuses ou pour justifier les restitutions des œuvres d’art. Le Louvre montre aux yeux du monde des géographies et des positionnements pluriels au service de l’histoire de l’art et de l’histoire contemporaine. Il est infiniment politique, il s’y reflète toute la complexité et toutes les contradictions de notre monde, tel un miroir de notre société, où les barrières symboliques et physiques s’érigent, au lieu d’œuvrer pour tous les ponts qui mériteraient d’être créés.The Conversation

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence creative commons. Lire larticle original.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/07/la-petite-histoire-du-plus-grand-musee-du-monde.html

 

Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 26/10/25

Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 26/10/25

Le Louvre malgré tout ?
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